Rendez vous

Eric Fiorile (2014)


 Nationalisation

 

La nationalisation désigne une activité économique qui appartient à l'ensemble du peuple. Par exemple, dans le cas de la poste ou de l'énergie électrique, l'appartenance au peuple fait que ces entreprises n'ont pas pour but premier de réaliser des bénéfices (ceux-ci sont utiles pour le développement, la recherche, la modernisation, mais, en cas de crise économique par exemple, on peut les réduire afin de ne pas augmenter les difficultés de la population).

Ces mêmes activités, lorsqu'elles sont privatisées, n'ont plus pour seul but que de fournir des bénéfices aux actionnaires capitalistes. la part consacrée à la modernisation, la sécurité ou la recherche est restreinte au maximum (et seulement dictée par la concurrence) puisqu'avant tout il faut fournir des bénéfices qui rentreront bien concrètement dans la poche des actionnaires.

C'est la raison pour laquelle la qualité baisse immédiatement dès lors qu'une grande entreprise est gérée par le privé (c'est particulièrement notable en ce qui concerne par exemple la qualité des eaux dans les villes, mais c'est aussi notable en ce qui concerne les normes de sécurité des centrales nucléaires...). Et c'est la raison aussi pour laquelle les prix du gaz, de l'électricité, de l'essence, etc. augmente autant, provoquant l'accroissance de la crise, alors que nationalisées, ces entreprises gèleraient les tarifs en cas de crise, freinant l'effet de celle-ci. Par ailleurs, lorsqu'une grande entreprise vitale (énergie, communication, eaux, etc.) est contrôlée par des actionnaires privés, ceux-ci deviennent des dirigeants à l'intérieur du pays car ils peuvent influencer l'ensemble de la population politiquement (média) ou économiquement (gaz, électricité, essence, etc.) comme ils le souhaitent. Pour cela, hypocritement, les politiciens parlent de "liberté du marché" quand en réalité il s'agit d'un "monopole du marché" puisque ce sont les mêmes actionnaires qui possèdent toutes les entreprises d'un secteur "libéré", favorisés par des "normes" que mettent en place leurs politiciens pour leur garantir ce monopole. Un consensus est ensuite organisé pour que toutes ces entreprises suivent les mêmes tarifs tout en paraissant se faire la compétition (les compagnies de téléphone mobile en sont un parfait exemple).

C'est exactement le plan des dirigeants du "Nouvel ordre Mondial" en train de se dérouler actuellement : utilisant "l'Europe" et le système bancaire, ils amènent le gouvernement d'un pays à ne plus pouvoir assumer ses dettes et à ne plus pouvoir entretenir les salaires de la machine d'Etat. Arrivé à ce point, le pays n'a plus d'autres recours que de demander un prêt ; et c'est là qu'intervient la Banque centrale ou le FMI en conditionnant le prêt à des "mesures de restriction" qui comportent toujours la privatisation des biens qui les intéressent (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, sont en cours de pillage de cette manière).

L'aspect négatif de la nationalisation, c'est bien évidemment ce que l'on a vu au cours des 60 dernières années : le but n'étant pas de faire des bénéfices, l'entreprise devient une gabegie administrative qui parient même à perdre de l'argent ! C'est l'effet résultant du népotisme et de la corruption. [...] La vraie solution pour des entreprises nationalisées qui fonctionnent bien, c'est d'en confier la gestion à de vrais chefs d'entreprise plutôt qu'aux rebuts de la politique et des grandes écoles, ou aux rejetons ratés des familles riches !