Le printemps des sayanim

Jacob Cohen (2010)


"Conflit" israélo-palestinien

 

"Je voulais soulever une seule question. Et c'est le point de vue de l'historien. Les conflits ne relèvent pas des sentiments. C'est plus profond et plus concret. Le conflit israélo-palestinen ne repose pas que sur l'incompréhension entre deux peuples. A la base, il y a l'occupation et la colonisation. Et le refus l'Israël de laisser les palestiniens avoir leur Etat. La méfiance et l'incompréhension en sont la conséquence. Or vous semblez ignorer cet élément fondamental. Tous les conflits coloniaux ont eu plus ou moins la même configuration, et ne se sont réglés qu'avec l'indépendance des peuples dominés. Entretenir l'illusion d'une solution fondée sur la bonne volonté, en ignorant la réalité, ne fera qu'aggraver l'impasse, et le prix à payer pour la paix sera encore plus lourd."

 

Sayan

 

"- Savez-vous ce qu'est un sayan ? demanda abruptement Sulitzer.

- Non !

- Dans un sens, cela me fait plaisir. Cela montre qu'on peut l'être dans la plus totale discrétion. Certains membres de la loge Ben Gourion le sont. Pour vous exprimer ma confiance, je peux vous révéler que MST l'est aussi. Je le fais avec son autorisation, bien entendu.

Richar Zerbib attendit patiemment la suite.

- Le sayan est un informateur qui peut, dans le cadre de ses diverses activités, nous aider, dans la mesure de ses possibilités.

- Qui, "nous" ?

- Je ne peux pas entrer dans les détails pour le moment. Mettons les services de l'ambassade."

 

Deux poids, deux mesures


"Deux poids, deux mesures. On pouvait tout invoquer : les droits de l'homme, les résolutions internationales, Amnesty, les conventions de Genève, le droit des peuples, le TPI, les sanctions, le boycott, la mise au ban, les Etats voyous, l'axe du mal. Tant qu'il s'agissait de pays douteux, turbulents, ou aux franges de la civilisation judéo-chrétienne. Tout était envisageable. Sauf pour l'Etat juif. Pas touche ! Bas les pattes ! Le parquet poursuivait même l'insensé qui mentionnerait l'éventualité d'un boycott, pourtant légitime, au regard des violations du droit international. Une mesure qui avait conduit à la fin de l'apartheid.

Une terrible épée de Damoclès était suspendue sur la tête de ceux qui croyaient encore à l'égalité des Etats devant le droit international. L'accusation suprême, l'injure absolue. D'ailleurs, à force de matraquage médiatique, on avait fini par la faire admettre, comme allant de soi. Toute critique "exagérée" d'Israël équivalait à de l'antisémitisme."