La guerre est un racket

Major Général Smedley Butler (1935)

 

La guerre est un racket

 

« Réfléchissez-y, mes chers compatriotes. Ne pouvons-nous pas nous contenter de défendre nos propres foyers, nos propres femmes, nos propres enfants, ici, en Amérique ? Il n’existe que deux raisons pour lesquelles nous pourrions sacrifier nos fils : premièrement, pour défendre nos maisons ; deuxièmement, pour défendre la Déclaration des Droits inscrits dans notre Constitution et plus particulièrement le droit de croire en Dieu comme bon nous semble. Toute autre raison avancée pour justifier le meurtre de jeunes garçons n’est que pur et simple racket. »

 

 

 

Complexe militaro-industriel

 

« Lors de chaque session du Congrès revient la question de l’augmentation des crédits pour la Marine. Dans leurs confortables fauteuils en cuirs, les amiraux de Washington (ils sont toujours très nombreux) se transforment alors en habiles lobbyistes. Mais ils sont malins. Ils ne s’écrient pas : « Il nous faut beaucoup de navires pour faire la guerre à telle ou telle nation ». Oh, non ! Ils font d’abord savoir que l’Amérique est menacée par une grande puissance navale, laquelle, un jour ou l’autre, lancera son immense flotte dans une attaque soudaine qui anéantira 125 millions de personnes. Juste comme ça. Puis, ils se mettent à pleurer pour qu’on leur fournisse plus de navires. Dans quel but ? Pour combattre l’ennemi ? Mon Dieu, non ! Pensez donc… Juste pour défendre le pays.


Puis l’air de rien, les voici qui annoncent des manœuvres dans la Pacifique. Mais toujours dans le but de défendre le pays. Ben voyons…


Le Pacifique est un océan immense. Nous y possédons des milliers de kilomètres de littoral. Où se dérouleront les manœuvres par rapport à nos côtes ? A deux ou trois cent miles ? Oh, non ! Elles se feront à deux mille, oui, peut-être même à trois mille cinq cent miles des côtes.


Et, évidemment, les Japonais, ce peuple si fier, seront absolument ravis de voir la flotte des Etats-Unis manœuvrer si près de leurs côtes. Tout comme les Californiens seraient enchantés d’apercevoir un beau jour, derrière la brume matinale, la flotte nipponne en train de jouer à la guerre au large de Los Angeles.


Il est très clair que les bâtiments de notre marine devraient être tenus par la loi de ne pas s’éloigner à plus de 200 miles de notre littoral. Si cette loi avait existé en 1898, le Maine ne se serait jamais rendu à La Havane. [L’auteur fait allusion à l’incident qui déclencha la guerre hispano-américaine. Le 15 février 1898, une explosion a eu lieu à bord de l’USS Maine, ancré dans le port de La Havane. A l’époque, la cause de cette explosion n’était pas claire (i s’agissait en fait d’un accident de chaudière). Toutefois, la tension entre les Etats-Unis et l’Espagne était telle que, sous la pression des journaux et du public qui penchaient pour la thèse de l’attentat, les Américains déclenchèrent la guerre aux Espagnols.] »