La guerre des monnaies

Hongbing Song (2007)

 

FMI et Banque Mondiale

 

" Les banquiers internationaux trouvèrent le moyen de recycler les institutions que sont le FMI et La Banque mondiale : "aider" les pays en développement à accéder à la "mondialisation". Avant que Stiglitz [ancien économiste en chef de La Banque mondiale] ne soit remercié, il eut accès à des documents confidentiels de La Banque mondiale et du FMI. Ces pièces montraient que les pays bénéficiaires devaient signer jusqu'à 111 clauses confidentielles, parmi lesquelles l'obligation pour les dirigeants politiques locaux d'ouvrir un compte bancaire en Suisse ou de vendre des biens publics essentiels : eau, électricité, gaz, chemins de fer, télécommunications, pétrole, banque, etc.

En échange d'un prétendu plan d'aide au développement, les Etats bénéficiaires s'engageaient donc à adopter des mesures économiques qui étaient en fait complètement destructrices. Et si leurs dirigeants avaient le courage de refuser ces conditions aliénantes, leurs pays étaient inscrits sur une "liste noire" des pays interdits de prêts d'urgence sur les marchés financiers internationaux. Dès lors, on comprend mieux la fureur des banquiers internationaux contre la Chine, qui propose sans conditions supplémentaires des prêts aux pays du tiers-monde. La Chine offre à de nombreux pays désespérés une alternative de développement sans contrepartie destructrice.

Stiglitz révéla que la même prescription attendait tous les pays sans distinction. Première potion : la privatisation ou, plus précisément, la "corruption généralisée". Les dirigeants des pays bénéficiaires n'avaient qu'à être d'accord pour vendre au rabais les actifs appartenant à l'Etat et recevaient une commission de 10%, versée directement sur leur compte secret en Suisse. Selon les propres mots de Stiglitz : "Vous pouviez voir leurs yeux s'écarquiller" à la perspective de toucher plusieurs milliards de dollars"

 

 

Gouvernement mondial

 

"Le problème n'est pas tant de savoir si un "gouvernement mondial" est souhaitable ou non, mais de savoir qui en serait à la tête, si ce nouveau souverain serait en mesure de développer une prospérité commune et le progrès social. A en juger par les pratiques sociales des élites, au cours des deux cents dernières années, le grand public ne semble pas placer ses espoirs dans leurs promesses. Après avoir subi de nombreuses guerres et récessions, les gens ont enfin compris plusieurs choses : il n'existe pas de liberté économique ; la liberté politique n'est qu'une façade ; et il n'y a pas non plus d'égalité économique. Le système démocratique s'est éloigné de ses fondamentaux et il est devenu malgré lui un accessoire pour les jeux d'argent "très spéciaux". Si l'on dit que l'essence de la liberté est le pouvoir du peuple de choisir, la route vers le futur gouvernement mondial n'emprunte alors qu'une seule direction, et l'élite mondiale l'a déjà choisie pour lui."

 

 

La World Conservation Bank (WCB)

 

"Il faut noter que jusqu'en 1987, la dette totale des pays en voie de développement atteignait 1300 milliards. Le concept de la World Conservation Bank était de "remplacer la dette par des ressources naturelles". Le plan des banquiers internationaux était de refinancer cette dette de 1300 milliards due par les pays en voie de développement. Comment ? En transférant leurs dettes sur les comptes de la WCB. De cette façon, les pays endettés utiliseraient leurs terres en garantie et ils pourraient obtenir une extension de leurs crédits, et même se voir accorder de nouveaux prêts pour devises faibles. Les terres encerclées par les banquiers internationaux se situaient en Amérique Latine, en Afrique et en Asie et représentaient 30% de la surface terrestre.

Dans les années 1970, les pays en voie de développement qui souscrivaient des prêts auprès du FMI et des banquiers internationaux n'apportaient d'autre garantie que la confiance qui leur était accordée. Après le déclenchement de la crise de la dette, les banquiers internationaux eurent des difficultés à mettre en oeuvre le règlement de faillite. Mais dès que la dette fut déposée dans la World Conservation Bank, les créances douteuses se transformèrent en actif de qualité. Etant donné que la WCB possédait des terres en garantie, dès qu'un pays en voie de développement se trouvait incapable de rembourser sa dette, ces terres appartenaient à la World Conservation bank. Et les banquiers internationaux qui contrôlaient ces terres de grande superficie pouvaient logiquement en devenir les véritables propriétaires. Les ressources mis en gage n'étaient pas seulement les sols, mais également l'eau et les autres ressources naturelles présentes dans le sous-sol."