La danse avec le diable

Günther Schwab

 

Guerres et Nature


     "Si les hommes étaient si intelligents qu'ils l'imaginent, sans doute s'appliqueraient-ils à considérer l'Histoire mondiale du point de vue de la sauvegarde biologique de la Nature. Ils découvriraient alors que bien des guerres et des batailles, au cours desquelles des millions d'êtres humains furent massacrés, étaient inévitables, parce que l'attaquant avait ruiné ses forêts, son sol, le régime des eaux de son pays et qu'il était de ce fait obligé de conquérir d'autres contrées afin de pouvoir subsister. Ou encore parce qu'il ne voulait pas renoncer à un standard de vie artificiellement élevé et qu'il lui fallait, pour ce faire, réduire d'autres peuples en esclavage. Bien des rapports leur apparaîtraient sans doute entre l'effondrement de Rome et le fait que tous les pays du bassin méditerranéen appartenant à l'Empire étaient, presque sans exception, déboisés et desséchés. Car cette constatation s'impose dans tous les pays du monde antique. Les forêts d'Afrique du Nord où Hannibal captura ses éléphants de guerre ont également disparu et le Sahara s'est étendu par place jusqu'à la Méditerranée. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le reboisement est devenu si difficile dans les pays du Sud de l'Europe, car le souffle torride des vents du désert provoque le dessèchement des jeunes plantations."

  

 

Forêt

 

« La forêt est la gardienne de la vie. Avant tout, elle garantit la régularité du cycle de l’eau, l’équilibre du climat et la fertilité des sols cultivés.

 

Son toit de feuillage protège le sol du rayonnement solaire venu de l’extérieur et de la déperdition d’humidité venue de l’intérieur, équilibrant ainsi les différences de température. 27% des précipitations atmosphériques liquides sont retenues par le feuillage et s’évaporent de nouveau, pour former de nouvelles pluies.

 

L’espace parcouru par les racines des arbres forestiers retient, sur un seul mètre de profondeur deux mille tonnes d’eau à l’hectare. Lorsque la forêt est abattue, les mousses et les racines meurent, le sol perd la plus grande partie de sa capacité d’accumulation et sa plasticité. L’eau de pluie qui vient le frapper de plein fouet arrache la terre en s’écoulant. Le vent ne rencontrant plus d’obstacle, absorbe l’humidité, et l’action qu’exerce la forêt sur le climat des contrées environnantes disparaît. Ainsi sombrent la fertilité du pays et les rendements agricoles. La forêt est un organisme vivant. Grâce à la chute des feuilles au cours des millénaires, elle a créé la couche d’humus sur laquelle pousse le pain des hommes. La forêt es étroitement associée au bien-être biologique, social et spirituel des populations.

 

En outre, quatre cinquièmes des carburants du monde proviennent de sources qui ne se renouvellent pas et qui seront un jour épuisées : ce sont le charbon, le pétrole, le gaz naturel. Le bois est la seule matière première qui se renouvelle d’elle-même, il ne faut donc pas entraver sa croissance. »

 

 

Traiter la maladie

 

"Les techniciens de la médecine considèrent la maladie comme un phénomène isolé à sa cause et son domicile dans le corps humain, et ils ne comprennent pas que les racines du mal doivent être cherchées dans l'ensemble du monde ambiant : dans l'air, dans l'eau, dans le sol et aussi dans la psychologie de l'individu. Ils ne comprennent pas que c'est dans la technique que doit être combattue la morbidité, la chimie dans la cupidité, la vanité dans un faux progrès et dans un standard de vie artificiel. Toute maladie est la conséquence d'une erreur dans le mode de vie. Combattre l'apparition de symptômes dégénératifs est une lutte sans espoir si l'on ne peut tarir leur source.

La conception algébrique de l'homme dans la médecine d'aujourd'hui a conduit au mépris des moyens naturels de guérison pour leur préférer des moyen artificiels -chimiques le plus souvent- standardisés et traumatisants, qui aboutissent à de fausses guérisons, provisoires autant qu'illusoires. C'est ainsi qu'en France, les techniciens de la médecine sont parvenus à faire voter une loi (1941) imposant la fermeture des écoles d'herboristerie. Plus personne n'est aujourd'hui habilité à enseigner la médecine par les plantes aux jeunes générations, et celui qui cherche à aider ses semblables en leur enseignant certaines de ces connaissances, court le risque d'être accusé d'exercice illégal de la médecine."