L'Empire écologique

Pascal Bernardin (1998)

  

L’Effet de serre

  

« La polémique sur l’effet de serre a été engagée par les mondialistes qui y trouvent un intérêt politique et idéologique direct. Le coût des mesures envisagées est sans commune mesure avec les bénéfices qui peuvent raisonnablement en être attendus. Comme trop souvent en matière d’écologie, on provoque une réaction émotionnelle du public, à forte composante symbolique. Elle interdit toute étude sereine des questions débattues et autorise des mesures dont le coût économique, politique et social est sans rapport avec le problème réel. Pour un bien douteux mais fort médiatisé, on provoque un mal considérable mais éloigné.

  

Les données scientifiques sur lesquelles s’appuie la théorie de l’effet de serre sont très minces. Elles proviennent de mesures de la température globale contestables, contredites par les mesures effectuées par satellite, et de modèles dont personne ne songe à nier les lacunes considérables. Ainsi la réalité d’un accroissement dangereux de l’effet de serre n’est nullement assuré, bien au contraire. L’étude de l’évolution des températures au cours du XXe siècle montre qu’elles ont commencé à croitre avant la concentration en gaz carbonique, puis qu’elles sont redescendues alors que cette concentration continuait d’augmenter. Les mesures effectuées par satellite montrent que la température globale décroit légèrement. Enfin l’étude des liens entre le soleil et le climat, omis par les modèles, offre une explication suffisante des variations climatiques sans qu’il soit besoin d’invoquer l’augmentation de la concentration en gaz carbonique.

  

En outre, les résultats des modèles climatiques servent de « données », d’entrées, à d’autres modèles utilisés dans les domaines politique, social, agricole, forestier, etc. SCOPE 29 notait que ceci ne devait être pratiqué qu’avec « extrême prudence » puisque les erreurs du modèle climatique se propagent aux modèles qui utilisent ses résultats – encore plus incertains que les modèles de circulation générale.

  

Toutes ces lacunes se doublent d’une omission systématique des effets bénéfiques et certains de l’augmentation du gaz carbonique. Celle-ci favorise de manière certaine la croissance des plantes et donc l’agriculture et le développement des forêts tandis que le réchauffement redouté reste très hypothétique. Les résultats les plus récents confirment qu’un monde plus riche en gaz carbonique est un monde plus vert ! C’est ainsi que Budyko, l’un des pionniers de la recherche sur l’effet de serre, pense que le doublement de la concentration en gaz carbonique et l’augmentation de température qui en résulterait seraient bénéfiques. Il propose donc d’augmenter les rejets en gaz carbonique (EI 90) !

  

Le discours dominant souffre d’une autre déficience majeure. Il laisse à penser que l’effet de serre provoquera une augmentation de la température comprise entre 2 et 3°C et que les mesures envisagées pourraient l’éviter. Or, s’il faut en croire les prévisions de l’IPCC (groupe de scientifiques et d’experts chargé de conseiller les gouvernements et les institutions internationales dans le domaine de l’effet de serre), il n’en est rien. Si les émissions de gaz carbonique sont maintenues au niveau atteint en 1994, la concentration en gaz carbonique se stabilisera autour de deux fois la valeur atteinte lors de la période préindustrielle. La hausse des températures prévue pour un doublement de la concentration en gaz carbonique semble inévitable – s’il faut en croire les modèles. La seule question qui se pose est donc d’évaluer la différence d’augmentation de température que les mesures envisagées pourraient provoquer. Cette différence étant à l’évidence fort faible, cet aspect de la question n’est jamais évoqué… Notons à ce sujet que le seul remède généralement envisagé par les médias consiste à limiter les rejets de gaz carbonique. La récupération et le stockage du gaz carbonique, en particulier sous forme de sédiments marins, ne reçoivent guère d’attention alors qu’ils étaient envisagés par l’IPCC lui-même.

  

La polémique sur l’effet de serre aura été l’occasion de créer ou de renforcer diverses institutions (sociétés savantes, programmes internationaux) qui encadrent les scientifiques du monde entier ou les forment dès leurs plus jeunes années. La socialisation complète de la science étant en voie d’achèvement, les opposants ont toujours plus de mal à se faire entendre.

 

 

Manipulation psychologique

  

« Les techniques de manipulation psychologique permettent aujourd’hui de modifier assez facilement les attitudes, les valeurs et les comportements. Elles s’appuient essentiellement sur la psychologie de l’engagement et sur la théorie de la dissonance cognitive. La théorie de l’engagement démontre qu’en général les hommes se sentent engagés par leurs actes antérieurs.

  

Si, par exemple, on demande aux membres d’un groupe de contrôle de placer dans leur jardin un grand panneau incitant les automobilistes à la prudence mais masquant une large partie de leur façade, on obtient seulement 16,7% de réponses favorables. Si, par contre, on demande d’abord aux membres d’un second groupe de coller sur leur fenêtre un simple autocollant incitant les automobilistes à la prudence, puis ensuite seulement de placer le panneau dans leur jardin, le taux d’acceptation monte à 76% : les membres du second groupes se sentent engagés par leur acte antérieur (coller un badge sur leur fenêtre). Il s’agit donc, on le constate, d’un procédé extrêmement puissant : l’acte extorqué (placer un panneau dans son jardin) peut lui-même servir d’acte engageant pour amener les sujets à poser des actes de plus en plus coûteux. Appelée « pied dans la porte », cette technique est utilisée dans de nombreux domaines : gestion du personnel et décentralisation, négociations commerciales et, surtout, éducation. »

  

 

Les processus influençant le climat

 

« Contrairement à ce que la perception commune donne à penser, le climat, défini comme moyenne des variables météorologiques sur trente ans, varie en permanence. Les variations de température furent nombreuses sur le dernier million d’années, faisant apparaître les glaciations et les déglaciations.

 

Sur une échelle de temps plus courte, les variations sont également considérables. L’optimum climatique médiéval (950 – 1250 A.D.) fut marqué par des températures supérieures à celles d’aujourd’hui d’environ 1,5°C. Le Petit âge glaciaire (1430-1850) vit par contre un refroidissement important. Stephen Schneider, que nous avons déjà rencontré dans « l’affaire » de l’hiver nucléaire, et qui dénonce maintenant les dangers que l’effet de serre ferait courir à la planète, s’alarma un temps d’un autre problème global : Le Nouvel âge glaciaire, dont le Petit âge glaciaire n’aurait été que le prélude… les rejets industriels d’aérosols pouvaient « déclencher une glaciation ». Le réchauffement actuel semble être principalement un retour à la « normale » après cette période exceptionnellement froide.

  

Selon la théorie de Milankovitch, couramment admise, les glaciations et déglaciations sont provoquées par les lentes variations des paramètres orbitaux de la Terre autour du soleil. La quantité d’énergie reçue en été dans la zone proche de 65° de latitude N jouerait un rôle fondamental. Trop faible, elle ne peut faire disparaître la neige accumulée en hiver. L’albédo (les propriétés réfléchissantes) de celle-ci fait alors que l’énergie solaire est renvoyée dans l’espace, accélérant encore le refroidissement et l’accumulation de neige.

  

D’autres processus exercent une influence majeure sur l’évolution du climat. Les éruptions volcaniques massives peuvent le perturber durablement. Les éruptions massives ont probablement provoqué ou hâté des glaciations en opacifiant l’atmosphère et en bloquant les rayons solaires. En sens inverse, les glaciations et déglaciations, impliquant l’apparition et la disparition de calottes glaciaires de trois ou quatre kilomètres de hauteur, et donc des variations de pression considérables sur l’écorce terrestre, ont pu provoquer des éruptions.

  

Les transports d’énergie entre les pôles et l’équateur déterminent également le climat. Ils s’effectuent par l’intermédiaire de l’atmosphère et de l’océan. Toute modification de la circulation atmosphérique ou océanique a donc des conséquences climatiques importantes. El Nino, dont les effets touchent une grande partie de la planète, semble être une oscillation impliquant à la fois l’océan et l’atmosphère.

  

Le climat est donc un processus global, contrôlé principalement par le soleil, les circulations océanique et atmosphérique et l’activité volcanique. Des variations de température apparaissant depuis des siècles. Mais elles ne sauraient avoir été provoquées par les rejets industriels de CO2, survenus principalement après 1945.

  

A l’échelle des siècles, le réchauffement actuel paraît tout à fait négligeable, simple retour à la normale après une période exceptionnellement froide.

  

Le principal problème rencontré lors de la mesure de la température globale est l’influence de l’urbanisation, qui introduit une erreur systématique à la hausse. L’îlot de chaleur urbain est dû principalement aux modifications apportées au revêtement des villes. Les surfaces goudronnées ou pavées, ainsi que les murs, absorbent la chaleur pendant le jour et la restituent la nuit. L’évaporation de l’eau est empêchée. L’énergie solaire du matin n’est plus utilisée pour faire disparaître la rosée ou les gelées mais réchauffe directement les murs. L’eau ne peut plus s’accumuler dans le sol pour ensuite s’évaporer mais est rapidement évacuée. La réduction considérable de la couverture végétale provoque une diminution importante de l’évapotranspiration. La part des rejets de chaleur dans l’îlot de chaleur est en général faible mais peut s’élever en hiver. »