Je suis ou je ne suis pas Charlie

Michel Collon (2015)


Laurent Fabius ment

 

"Après l'attentat contre Charlie, Fabius a rejeté les critiques en continuant à prétendre que le Qatar ne soutient pas le terrorisme : "Nous avons fait faire par nos services des enquêtes précises qui ont montré que cela n'était pas exacte." Mensonge complet : le 8 octobre 2012, sur C dans l'air, Louis Caprioli, ancien sous-directeur de la lutte contre le terrorisme à la DST, a déclaré : "Des Français vont en Tunisie s'entraîner dans des camps djihadistes tunisiens financés par le Qatar, ou en Libye, notamment dans la région de Derna, où des gens s'entraînent avant d'aller faire le djihad en Syrie."

Le 8 octobre 2012, Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, a déclaré à la Dépêche du Midi : "On n'ose pas parler de l'Arabie  saoudite et du Qatar, mais il faudrait peut-être aussi que ces braves gens cessent d'alimenter de leurs fonds un certain nombre d'actions préoccupantes."

Le 4 mars 2014, David Cohen, sous-ministre des Finances pour le terrorisme et le renseignement financier, a constaté que le Qatar et le Koweït laissent opérer sur leur territoire les collecteurs de fonds du terrorisme. Laurent Fabius ment, il sait depuis le début que le Qatar finance les combattants islamistes. Il sait aussi que ce financement est sous-traité depuis 2013.

Enfin, si la France prétend combattre le terrorisme, pourquoi Manuel Valls déclara-t-il en 2013 : "Je ne peux pas, en tant que ministre de l'intérieur, empêcher des djihadistes français d'aller en Syrie et d'accomplir leur djihad" ? Pourquoi son successeur Cazeneuve se contente-t-il de répéter encore le 5 août 2014 à RTL : "Ce n'est pas un délit de prôner le jihad" ?"



Relations publiques


"En avril 1993, le président  bosniaque Izetbegovic reçoit solennellement à Ryad le Prix islamique "en récompense de son engagement en faveur du Jihad, la guerre sainte des musulmans contre les infidèles". En fait, c'est un racisme militant qu'Izetbegovic pratique en Bosnie.

 

Ce fanatisme raciste a été entièrement camouflé par une grande campagne orchestrée par l'agence de relations publiques US Ruder Finn. Cette agence a fabriqué une image de marque positive pour ce régime, comme son directeur l'a avoué au journaliste Jacques Merlino (France 2) : "Le président Izetbegovic avait pris trop fortement position en faveur d'un Etat islamique et fondamentaliste. Entre le 2 et le 5 août 1992, lorsque le New York Newsday a sorti l'affaire des camps (de concentration), nous avons saisi l'affaire au bond, et immédiatement nous avons contacté trois grandes organisations juives : B'nai Brith ; American Jewish Committee et American Jewish Congress. l'entrée en jeu des organisations juives du côté des Bosniaques fut un extraordinaire coup de poker. Aussitôt, nous avons pu dans l'opinion publique faire coïncider Serbes et nazis."  A quoi le journaliste fait remarquer que l'affaire des prétendus camps de concentration serbes en Bosnie était bidon. Réponse directe et cynique : "Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale." "

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)


Al-Qaida et CIA

 

« Avec le temps, le fait que la CIA avait créé Al-Qaida est devenu un secret de polichinelle. Mais les dirigeants US ont alors prétendus que « tout cela était terminé depuis la chute de l’Union soviétique en 1989 ». Encore un mensonge. Que Sibel Edmonds a dévoilé. Peu connue du grand public, cette femme courageuse mériterait pourtant d’être autant célébrée que Bradley Maning et Edward Snowden.

 

Deux semaines après le 11 septembre, elle fut engagée comme traductrice pour le FBI grâce à sa connaissance du turc, du farsi et de l’azerbaïdjanais. Chargée de traduire des rapports secrets concernant les opérations terroristes menées au-dedans et en-dehors des Etats-Unis, elle put alors constater de façon directe que la CIA, les Affaires étrangères et le Pentagone avaient travaillé main dans la main avec des terroristes de haut niveau.

 

Par exemple, le bras droit de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, devenu ensuite le chef d’Al-Qaïda, s’est réuni régulièrement entre 1997 et 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) avec des fonctionnaires de l’armée US et des services de renseignement. A cette époque, lui et des membres de la famille Ben Laden avaient été transportés dans des avions de l’OTAN vers les Balkans et certaines régions de l’Asie centrale, aux fins d’y mener des opérations de déstabilisation, soutenues par le Pentagone. En 1998, le frère d’Al-Zawahiri, mohamed, dirigeait une unité d’élite de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Tout ceci se passait dans le cadre d’une opération appelée « Gladio B ».

 

Que signifie « Gladio B » ? En fait, ce serait le prolongement de l’Opération Gladio, entamée dans les années 1940 en Europe occidentale. Longtemps niée par les autorités occidentales, l’existence du Réseau Gladio a bien été confirmée et ses activités éclaircies par une commission d’enquête officielle du Parlement italien, suite à un attentat commis par ce réseau à Bologne (Italie) en 1980. Selon cette commission, la CIA et le MI16 britannique avaient constitué tout un réseau secret paramilitaire, comprenant de nombreux éléments fascistes et collaborateurs des nazis. Une de leurs missions consistait à préparer des attentats terroristes en Europe occidentale, attentats dont les communistes seraient accusés. Les services secrets italiens baptisèrent ceci la « stratégie de la tension ». A son procès en 1984, un ancien agent de Gladio, Vincenzo Viciguerra, expliqua cette stratégie :

« Il fallait terroriser les citoyens, hommes, femmes, enfants, gens innocents, des inconnus, engagés dans aucune activité politique. La raison était simple. Nous devions forcer ces gens à se tourner vers l’Etat pour exiger davantage de sécurité. »

 

Sibel Edmonds a été décrite par la très renommée American Civil Liberties Union comme étant « la personne à qui on a le plus fermé la bouche dans l’histoire des Etats-Unis ». Et, en effet…

 

Sibel Edmond accusa plusieurs collègues du FBI d’espionnage. Ses plaintes furent finalement examinées par le ministère de la Justice, qui ne se prononça pas mais critiqua fortement le FBI pour n’avoir pas sérieusement enquêté sur ces accusations. Les révélations d’Edmonds furent vérifiées par deux journalistes du Sunday Times britannique auprès de hauts fonctionnaires du Pentagone et du MI16. Le journal britannique comptait publier sur ce thème une série de quatre dossiers, mais au dernier moment, la publication fut supprimée de façon inexpliquée.

 

Finalement Sibel Edmonds entama la publication d’un livre Classified Woman racontant son expérience. Le FBI tenta de l’en empêcher. Légalement, il avait trente jours pour demander la suppression de certains passages pour raisons de sécurité. Un an plus tard, toujours rien, sauf une lettre interdisant de publier l’ouvrage. Mais Sibel Edmonds passa outre. Ses mémoires accusent de hauts fonctionnaires US de négligence, corruption et collaboration avec Al-Qaida. Et sa conclusion est très claire : les autorités US ont soutenus des réseaux du terrorisme international et du crime organisé. »