Histoire des banques centrales

Stephen Mitford Goodson (2015)


Le dollar ou la mort


"Depuis 1971, lorsque les Etats-Unis ont abandonné l'étalon-or pour le pétrodollar avec la connivence de l'Arabie Saoudite, toute tentative de supplanter le dollar américain comme la monnaie de réserve dominante, s'est vue bloquée et opposée avec violence.


En novembre 2000, Saddam Hussein décréta que toutes les transactions d'hydrocarbure seraient libellées en euros, car il ne souhaitait plus commercer en usant de la "monnaie de l'ennemi". Comme cela fut par la suite démontré, la supercherie des armes de destruction massive ne fut qu'un faux prétexte et ce fut bien cette décision monétaire qui couta à Saddam Hussein sa vie et la destruction de son pays.


Dans des circonstances similaires, Kadhafi annonça en 2010 la création d'un dinar-or pour le paiement de toutes les transactions étrangères sur une région incluant 200 millions d'habitants. A cette époque, la Lybie possédait 144 tonnes d'or. Ce qui était proposé n'était pas en soi un retour à l'étalon-or per se, mais la mise en place d'une nouvelle unité de mesure concernant les exportations pétrolières et les autres ressources qui devaient être réglées en dinars-or. Kadhafi avait franchi la ligne rouge et en a payé le prix ultime.


Depuis 2007, l'Iran a exigé que les paiements soient effectués en euros. Le 17 février 2008, la Bourse du Pétrole Iranienne utilise principalement l'euro, le rial iranien et un panier de devises non-américaines pour ses échanges d'hydrocarbures, de produits pétrochimiques et de gaz. La première cargaison pétrolière fonctionnant sous ce nouveau système fut vendue à travers ce marché en juillet 2011. Cet évènement doit être considéré comme la cause principale des menaces israéliennes et américaines répétées à l'égard de l'Iran."



Banque d'Etat


"En 1919, les 48 Etats des Etats-Unis se virent offrir l'opportunité de mettre en place leur propre banque d'Etat. Le Dakota du Nord fut le seul Etat à accepter cette offre.


Contrairement aux 49 autres Etats qui souffrent d'un taux de chômage toujours croissant, celui du Dakota du Nord a baissé et est actuellement le plus bas du pays, à 2,7%. L'Etat est également celui qui détient le taux de faillite d'entreprise le plus bas des Etats-Unis. En septembre 2012, le Dakota du nord dégageait un surplus budgétaire de 1,6 milliards de dollars.


Le secret de son succès réside dans sa banque d'Etat. La mission de la banque est de fournir un service financier qui soutient l'agriculture, le commerce et l'industrie. Selon la loi, l'Etat doit déposer tous ses fonds auprès de la banque, qui lui paie un taux d'intérêt compétitif.

La banque reverse à l'Etat l'intégralité de ses profits, lesquels en 2011 se montèrent à 60 millions de dollars. Plus de 460 millions de dollars ont été versés à l'Etat sur les 11 dernières années. La plupart de ses fonds sont utilisés pour compenser les réductions d'impôts. La banque fournit également un marché secondaire pour les emprunts immobiliers, des garanties aux nouvelles entreprises et des crédits aux fermiers à un taux d'intérêt d'1% par an. Le Dakota du Nord n'a pas connu de crise du crédit ni de gel des crédits, car la banque fournit à l'Etat son propre crédit. En ayant établi sa propre souveraineté économique, le Dakota du Nord est devenu l'Etat le plus prospère et financièrement viable de tous les Etats-Unis."



Création monétaire

 

« En 1763, l’homme d’Etat américain, Benjamin Franklin (1706-1790) visita Londres, où il fut choqué en voyant les quartiers misérables et la pauvreté grandement répandue. Lorsque le parlement britannique demanda à Franklin d’expliquer l’origine de la prospérité des colonies américaines, il répondit ceci :

 

« C’est très simple. Aux colonies nous émettons notre propre monnaie. Elle s’appelle l’effet colonial. Nous l’émettons en proportion des besoins du commerce et de l’industrie pour faciliter l’échange des producteurs aux consommateurs. De cette manière, créant nous-même notre propre monnaie, nous contrôlons son pouvoir d’achat, et nous n’avons pas d’intérêt à payer à quiconque. »

 

L’année suivante, en 1794, la Banque d’Angleterre introduisit la Currency Bill (Loi sur la monnaie) qui restreignit sévèrement le droit des colonies à émettre leur propre monnaie et interdit de fait son statut légal pour le paiement des dettes publiques et privées. A la place, la banque les força à émettre des bons du trésor portant intérêts et à les vendre à la Banque d’Angleterre afin d’obtenir en échange de la monnaie anglaise. Par la suite, seule la moitié de la monnaie fut remise. Cette loi eut pour conséquence de faire chuter l’économie des colonies et en un an, plus de la moitié de la population se retrouva au chômage et sombra dans la pauvreté. Le Stamp Act de 1765 (le droit de timbre) voté par le parlement britannique fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, mais l’abolition de la monnaie coloniale fut la cause première de la révolution américaine. »

 

Clifford Hugh Douglas

Crédit social

 

« Clifford Hugh Douglas (1879-1952) était un ingénieur qui, en travaillant comme surintendant adjoint à la Royal Aircraft Factory de Farnborough en Angleterre au cours de la Première Guerre mondiale, remarqua que le coût total des biens était plus élevé que les sommes payées en terme de salaires et de dividendes. Il décida d’enquêter sur ce déséquilibre dans la manière dont l’argent circulait à travers l’industrie, et après avoir collecté les données de centaines de compagnies, il trouva qu’il existait un déficit constant du pouvoir d’achat des consommateurs en rapport avec les coûts totaux de production. Il considérait l’impôt sur le revenu comme un dividende négatif et il proposa à la place, le paiement d’un dividende national à tous les citoyens, qui viendrait combler l’écart entre les revenus et les prix. Ce dividende fournirait aux consommateurs le pouvoir d’achat additionnel nécessaire à absorber toute la production actuelle de biens d’une manière non inflationniste. Cela fait partie du théorème de Douglas A+B, à savoir que les prix sont toujours augmentés à un taux plus rapide que les revenus ne sont générés, afin que le montant total des prix de tous les biens circulant dans l’économie à n’importe quel stade, dépasse le pouvoir d’achat total des consommateurs. La théorie économique de Douglas connue sous le nom de Crédit Social, défendait le transfert à une banque d’Etat du processus de création monétaire des banques privées ; retirant à ces dernières le privilège de créer l’argent à partir de rien sous forme d’une dette portant à intérêts.

 

Il proposait également un mécanisme d’ajustement appelé le Juste prix. Ce mécanisme permettrait de réduire les prix en fonction d’un pourcentage, en relation avec les conséquences de l’augmentation de l’efficacité du processus de production dû aux améliorations technologiques. De cette manière, les bénéfices de la technologie se répercuteraient directement sur les travailleurs et amélioreraient leurs conditions de vie. Douglas était bien conscient du fait que ces avancées technologiques croissantes rendraient l’objectif du plein emploi impossible.

D’où son insistance au sujet du paiement d’un dividende national, calculé en ajoutant au revenu minimum une part de l’équivalent de l’augmentation de la production nationale et des données de consommation.

 

Après la Première Guerre mondiale, Douglas consacra le reste de sa vie à la promotion de ses idées et donna des conférences dans de nombreux pays. Il remporta deux succès notables :

 

  • Le Parti du Crédit Social remporta le contrôle du gouvernement provincial de l’Alberta, au Canada, en 1935.

  • Après une tournée de conférences au Japon en 1929, ses solutions furent adoptées par le gouvernement japonais en 1935.

 

Les propositions de Douglas étaient extrêmement redoutées par les banquiers internationaux et dans les années 1930, ils consacrèrent une somme considérable de 5 millions de livres sterling afin de contrer son programme largement réussi d’éveil des masses. Douglas n’éprouvait que du dédain à l’égard des banquiers centraux et à une occasion, alors qu’il donnait un discours à Newcastle-upon-Tyne en 1937, il qualifia la Banque d’Angleterre « d’asile psychiatrique ». »



BRI et transparence


"Le siège de la Banque des Règlements Internationaux se trouve à Bâle en Suisse, et il est actuellement situé dans un immeuble de 18 étages, qui ressemble à la tour de refroidissement d'une centrale électrique. Il s'agit de la Banque centrale des Banques centrales. Ses dirigeants sont non élus et n'ont de compte à rendre à personne. Ses statuts lui garantissent l'immunité à l'égard des lois nationales et fiscales et elle dispose de ses propres forces de police privées.

En outre, en vertu d'un agrément passé avec le Conseil Fédéral suisse, les archives de la Banque ainsi que tous ses documents et ses données électroniques sont inviolables de tous temps et en tous lieux. Cet agrément remonte à l'article X du paragraphe 2 du protocole de La Haye qui fut signé le 31 août 1929 et qui spécifie :

     "La banque, ses biens et avoirs, ainsi que les dépôts ou autres fonds qui lui sont confiés, sur le territoire de, ou dépendant de l'administration de... reste exempte de toute déficience et de toute mesure restrictive, telles que la censure, les réquisitions, la saisie ou la confiscation, en temps de paix ou de guerre, ainsi que libre de toute mesure de représailles, d'interdiction ou de restriction d'exportation d'or ou de devises et autres interférences."


Ses réunions bimensuelles, où l'économie mondiale est discutée, sont tenues dans le secret absolu. Il n'y a pas d'agenda écrit et les comptes rendus ne sont pas conservés.

Comme le professeur Quigley l'avait prédit en 1966, dans Tragedy and Hope, le but ultime de la BRI est une monnaie mondiale unique, un seul système économique mondial et un gouvernement mondial, où les lois nationales ne s'appliquent plus et ne sont plus justifiées. Le contrôle de la Banque repose entre les mains de la Maison Rothschild à travers ses investissements dans diverses banques centrales et autres banques privées."