Evolution spontanée

Bruce H. Lipton et Steve Bhaerman (2011)


Culpabilité

 

« Contrairement à la société européenne « axée sur la culpabilité » et bourrée d’interdits, la culture tribale iroquoise était « axée sur la honte ». Autrement dit, une forte identification à la communauté incitait les individus à éviter les transgressions qui auraient pu amener la honte dans le clan et pour eux-mêmes. »


 

Iroquois et rôle des femmes

 

« La raison pour laquelle les sociétés amérindiennes n’avaient ni roi, ni noblesse, c’était que leur culture était à peu près égalitaire et que les ressources de la tribu étaient distribuées en fonction des besoins, non de la classe sociale. Et cette raison avait pour nom le Conseil des grand-mères.

 

La culture amérindienne percevait la planète, les plantes et la terre comme étant de caractère féminin. Puisque les femmes âgées étaient les plus proches de ce qui est essentiel à la vie, à savoir la culture et la préparation des aliments, l’accouchement et les soins aux enfants, ainsi que les diverses tâches communautaires, il était évident pour les hommes de reconnaître le pouvoir des femmes.

 

Pour les Amérindiens, l’unité de base du gouvernement était le clan, habituellement dirigé par une femme d’un certain âge. Les clans possédaient collectivement leurs biens et les utilisaient en vue de produire suffisamment de nourriture pour l’ensemble de leurs membres. Politiquement, les Iroquois avaient compris la nécessité pour les femmes et les hommes d’atteindre à l’unité et de travailler ensemble dans l’équilibre et l’harmonie. Les femmes plus âgées, membre du Conseil des grands-mères, détenaient le vrai pouvoir politique ainsi que le pouvoir exclusif de choisir le chef ou de le destituer pour compétence ou faute grave. C’était même les femmes qui prenaient en dernier la décision d’entrer ou non en guerre.

 

Pour éviter de trop exalter l’influence des femmes, signalons que les hommes iroquois acceptaient parfois difficilement d’accorder aux femmes le droit de décider du moment d’entrer en guerre. Ils se plaignaient que les femmes voulaient trop souvent les envoyer à la guerre ! N’oubliez pas que même si l’existence de la Confédération iroquoise empêchait la guerre entre ses tribus confédérées, des conflits éclataient avec les tribus voisines qui se livraient au rapt d’enfants. Les femmes avaient donc une furieuse envie de venger ces enlèvements. En outre, les femmes éprouvaient et exprimaient une plus profonde douleur devant la perte de leurs maris et de leurs fils, ce qui se traduisait également par des appels à la vengeance et à la guerre.

 

Lorsque les femmes n’étaient plus en âge de procréer, elles devenaient des mères de clan ; certaines devenaient aussi des guerrières. Elles accompagnaient souvent les guerriers lorsqu’ils allaient au combat, afin de s’assurer qu’ils tuaient suffisamment d’ennemis et qu’ils ne se dérobaient pas à leurs obligations. Certains rapports indiquent que les guerriers faisaient des prisonniers et les remettaient aux femmes pour qu’elles les tortures. On a demandé à un Chef pourquoi il faisait cela et il a répondu : « Pour qu’elles se lassent de la guerre. »

 

Fait intéressant à signaler, même si cela n’a rien d’étonnant, le contact avec les cultures autochtones a peut-être joué un rôle dans la naissance du mouvement des femmes en Amérique. La chercheuse Sally Roesch Wagner, l’une des premières femmes à avoir reçu un doctorat en études sur la condition féminine, rapporte que deux des fondatrices du mouvement pour le droit des femmes à la fin du XIXe siècle, Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, avec des contacts déterminants avec des Iroquoises. »

 

 

Malthusianisme

 

« Dans un ouvrage publié en 1798 et intitulé Essai sur le principe de population, Thomas Robert Malthus a décrit les conséquences de sa vision de la réalité :

            « La capacité de reproduction de la population est tellement supérieure à la possibilité de la terre de produire suffisamment pour permettre à l’homme de subsister, que les êtres humains subiront inévitablement une forme ou l’autre de mort prématurée. Les vices de l’humanité sont des moyens actifs et efficaces de dépopulation. Ils sont les précurseurs de la grande armée de destruction et ils achèvent souvent eux-mêmes l’horrible boulot. Mais s’il advenait qu’ils échouent dans cette guerre d’extermination, les saisons de morbidité, les épidémies et la peste s’avanceraient telle une armée invincible et les élimineraient à coups de dizaines de milliers. Si d’aventure la réussite était encore incomplète, une gigantesque et inévitable famine les traquerait sans pitié et équilibrerait d’un coup puissant la population avec la nourriture que peut produire le monde. »

 

Au moins, le bon côté du pessimisme, c’est que l’on ne peut jamais être déçu. Mais ce dont Malthus se souciait avant tout, ce n’était pas que les choses empirent, mais bien qu’elles s’améliorent. Que se passerait-il si les nations cessaient de faire la guerre ? Si la pauvreté et la maladie était éliminées ? Selon Malthus, nous aurions alors vraiment un gros problème sur les bras ! Plus nous réussirions à sauver des vies, plus nous manquerions de nourriture. Les malthusiens du XIXe siècle mirent en œuvre toutes sortes de programmes sociaux dans le but de prévenir une telle éventualité, notamment en décourageant les pauvres de se multiplier et en créant des bidonvilles dans les marécages, là où la maladie mettrait un frein à leur croissance démographique galopante. »