Enquête sur la loi du 3 janvier 1973

Pierre-Yves Rougeyron

 

Du 3 janvier 1973 au 4 août 1993

 

« Un jeune représentant socialiste, parlant au nom de son parti, et qui défendait le « oui » lors du référendum sur Maastricht, nous résume l’opinion ambiante avec son discours du 6 mai 1992 devant les députés :

            « C’est parce que nous avons accepté la mondialisation que nous sommes aujourd’hui soumis à des contraintes, monétaires, budgétaires et financières.

            Dès lors, le seul débat qui compte, c’est de savoir si nous acceptons les règles du capitalisme international ou si nous ne les acceptons pas.

            Si nous entrons dans le jeu de la mondialisation, alors les contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent »

 

Ces propos sortaient de la bouche du jeune François Holland. A le lire, on a même du mal à croire qu’il s’agit d’un député… socialiste !

Une fois déguisée en article du Traité de Maastricht, la loi du 3 janvier 1973 [ouvrant la boite de pandore de l’obligation du refinancement de l’Etat auprès de banques privées] dans sa forme européenne, applicable à tous les pays, va être retranscrite en droit français. C’est ainsi que le 3 janvier 1973 se métamorphose par un coup de baguette magique (juridico-bancaire) en 4 août 1993 ! Si la nuit du 4 août 1789 a provoqué l’abolition des privilèges des aristocrates, le jour du 4 août 1993 allait rétablir les privilèges à toute une caste de banquiers, financiers et traders.

Comme la loi du 3 janvier, elle est :

 

            « Relative au statut de la Banque de France et à l’activité et au contrôle des établissements de crédit ».

 

Dans son article 3, elle reprend non seulement la loi du 3 janvier 1973 et l’interdiction aux Banques centrales de prêter de l’argent sous quelque forme que ce soit à l’Etat, mais surtout, la loi du 4 août 1993 guillotine définitivement la Banque de France, devenant immédiatement une simple filiale régionale de la Banque Centrale Européenne et ne pouvant rendre compte à l’Elysée.

 

L’Union Européenne et la BCE ont dissous l’Etat français exactement comme les mafiosis jettent un cadavre dans l’acide pour le dissoudre.

 

Et c’est Edouard Balladur, alors Premier Ministre, qui a fait voter la loi à l’Assemblée et au Sénat avec l’accord de François Mitterrand !!!

 

Le Ministre des Finances est Edmond Alphandéry (ancien professeur à Assas, directeur du think-tank Friends of Europe, membre de la Trilatérale et éminent membre du comité consultatif européen de… la banque Lehman Brothers !!!, épaulé dans a tâche par… Nicolas Sarkozy, Ministre du Budget.

 

 

L' Euro

 

"A cause de l'Euro calqué sur le Mark, la France perdra progressivement ses marges, à l'international d'abord, et au sein de la zone euro ensuite. L'Euro, une création allemande d'essence américaine, est géré uniquement à l'avantage de l'Allemagne. Pour Berlin, marqué à jamais par Wermar et sa planche à billets, la loi du 3 janvier 1973 correspond au fonctionnement normal d'une banque."

 

 

"Que faire ? Soit l'Euro est démonté collégialement, ce qui serait souhaitable, soit nous sortons de l'Euro par décision unilatérale comme l'Argentine qui avait fait un bras d'honneur au dollar américain (en 2000 l'argentine dévalua le peso de 75% alors que c'était une monnaie fixe avec le dollar. Et quand l'Argentine revint sur les marchés pour emprunter, elle mit 3 jours à trouver des investisseurs car la dette d'Etat c'est rentable !). Soit ce sera juste une mort lente pour la France."

"Lorsqu'une banque a peur de ne pas être remboursée par l'Etat qui demande crédit, que fait-elle? Réponse: Elle augmente ses tarifs. Que peut faire l'Etat? Il paie, il doit accepter car il a donné ou abandonné son pouvoir monétaire aux banques, il devra donc faire des économies "montre l'exemple" et augmenter ses prélèvements sur la population et ce jusqu'au point de faillite s'il le faut. Si les banques refusent le crédit? Alors, c'est le défaut de paiement.

Que fait une banque malade? Au bord du défaut de paiement? Réponse : elle demandera à l'Etat de la renflouer et ce en empruntant à d'autres banques. Quand les banques gagnent, elles endettent un peu plus l'Etat, et lorsqu'elles font de mauvaises affaires, elles endettent un peu plus l'Etat.

Mais que fait la Banque Centrale? Elle est indépendante, c'est la règle? Elle peut aider les banques (à des taux bas). Mais en revanche elle n'a pas le droit d'aider un seul Etat car...c'est la règle."

 

 

Théories économiques

 

"Les buts des théories Keynésiennes étaient "l'euthanasie des rentiers" et de mener le combat contre les "capitalistes sans travail". En 1950 la Banque d'Angleterre a même été nationalisée par Hugh Dalton."

 

"Du point de vue des financiers, l'inflation a une terrible conséquence ; elle grignote la rente de l'épargnant et avec elle le revenu du financier au seul profit du travailleur salarié."

 

 

Le Dollar

 

"Le billet vert remplace l'or dans les échanges internationaux à partir de 1945. [...]

La promesse que la quantité de dollars imprimés par les américains était limitée par la quantité d'or reposant à Fort Knox. Une promesse qui ne sera pas tenue quand il leur fallut payer la note de la guerre du Vietnam. Les Alliés, et particulièrement le Général De Gaulle, commencèrent à avoir des doutes sur la capacité de Washington à tenir ses engagements. C'est à dire fournir autant d'or que de dollars émis. [...]

Le Général De Gaulle demandera aux Etats-Unis l'échange des dollars détenus par la France en or physique, au cours de 35 dollars, et envoya les navires de la Marine Nationale chercher les lingots."

 

 

Entrée des Etats-Unis dans la Seconde Guerre mondiale 

 

     "En échange de leur aide, lors de la Seconde Guerre Mondiale, les Américains avaient imposés aux Anglais, dès 1941, de pouvoir commercer librement avec toutes leurs colonies."