Dialogues désacordés

Alain Soral et Eric Nolleau

 

La famille

 

     Alain Soral : "On doit considérer, comme le faisait déjà Chritopher Lasch dans les années 60 pour la société américaine -société de consommation qui a toujours de l'avance sur nous dans la dégueulasserie-, que le seul rempart à cette démoralisation d'Etat au service de la marchandise, via la logique du spectacle, est et reste la famille.

La famille, quels que soient ses défauts, est le lieu structurant de l'échange non-marchand, la structure fondée, non sur la logique du capital, mais sur l'amour. Amour d'un homme et d'une femme qui via le couple, produit des enfants, amour des parents pour les enfants, des enfants pour les parents, soit toute une logique de don. Les parents donnent de l'amour à leurs enfants sans aucune conception de rentabilité, de commerce. C'est pourquoi la société marchande, dans sa phase d'extension maximale, de dégénérescence maximale, doit casser ce dernier bastion de l'échange non marchand, désintéressé, du don.

Donc fort de ton constat, non seulement tu ne dois pas abandonner la famille traditionnelle sous prétexte que la société aurait déjà trahi les enfants, mais tu dois d'autant plus te battre pour protéger cette dernière structure protectrice face à ce processus de destruction..."