1984

George Orwell

    

Big Brother

 

"Ce serait une exagération que de dire qu'à travers l'histoire il n'y a eu aucun progrès matériel. Même aujourd'hui, dans une période de déclin, l'être humain moyen jouit de conditions de vie meilleures que celles d'il y a quelques siècles. Mais aucune augmentation de richesse, aucun adoucissement des moeurs, aucune réforme ou révolution n'a jamais rapproché d'un millimètre l'égalité humaine. Du point de vue de la classe inférieur, aucun changement historique n'a jamais signifié beaucoup plus qu'un changement de nom des maîtres."

                                                   

   "Nous écrasons déjà les habitudes de pensée qui ont survécu à la Révolution. Nous avons coupé les liens entre l'enfant et les parents, entre l'homme et l'homme, entre l'homme et la femme. Personne n'ose plus se fier à une femme, un enfant ou un ami. Mais, plus tard, il n'y aura ni femme ni ami. Les enfants seront à leur naissance enlevés aux mères, comme on enlève leurs oeufs aux poules. L'instinct sexuel sera extirpé. La procréation sera une formalité annuelle. Nous abolirons l'orgasme. Il n'y aura plus de loyauté qu'envers le Parti, il n'y aura plus d'amour que l'amour éprouvé envers Big Brother. Il n'y aura plus de rire que le rire que le rire de triomphe provoqué par la défaite d'un ennemi..."

                                                  

   "Il existait toute une suite de départements spéciaux qui s'occupaient, pour les prolétaires, de littérature, de musique, de théâtre et, en général de délassement. Là, on produisait des journaux stupides qui ne traitaient presque entièrement que de sport, de crime et d'astrologie, de petits romans à cinq francs, des films juteux de sexualité, des chansons sentimentales composées par des moyens complètement mécaniques [...]"

                                                     

   "Ils ne se révolteront que lorsqu'ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscient qu'après s'être révoltés."