Nouveaux textes

 

Liberté 

 

« Jeunes gens et jeunes filles, c'est d'abord en vous, c'est dans vos esprits, que vous sauverez la liberté. « Mais nous sommes des esprits libres ! » répondrez-vous. En êtes-vous sûrs ? Vous vous vantez d'être libres. C'est déjà la preuve que vous ne l'êtes pas encore tout à fait. Car la liberté de notre pensée se conquiert chaque jour contre nous-même, contre nos habitudes, nos préjugés, l'effort de la propagande, et cette lutte ne va pas sans d'amères déceptions, des défaites humiliantes, qui vous enlèveraient – si vous en faisiez la cruelle expérience – toute certitude d'être encore vraiment libres, ou du moins de vous proclamer tels. »

 

Georges Bernanos,

 

Conférence aux étudiants brésiliens, 22 décembre 1944

 

 

Supériorité du libéralisme ?

 

"Ce qui est fascinant, c'est que tout économiste un peu curieux, ne disons même pas "distingués", sait désormais que l'équilibre de concurrence est une chimère, que la concurrence a des vertus explosives et destructrices et qu'en plus, si équilibre il y a, c'est le pire ! Ou en tout cas par le meilleur ! Et il y a vingt ans que les économistes savent ça !

Pourquoi ce silence ? Apparemment, ils ont honte de leur savoir, ou n'en disent rien, en tout cas à leurs élèves, car tous les petits crétins qui se targuent d'avoir fait des études d'économie racontent encore en ville que la concurrence c'est beau et bon, beau comme les marchés, bon comme la dérégulation, l'abaissement des barrières, les privatisations, etc. Tous ces slogans, que ce pauvre Bérégovoy buvait comme de la piquette vendue pour du château-margaux, si on osait regarder la vérité en face, on aurait honte de les proférer ; encore plus honte que de dire "la lutte des classes a fait que je suis un crétin, c'est pas ma faute, c'est la société".

En privé, pas un économiste n'osera défendre le modèle walrassien, "la démonstration mathématique de la supériorité du libéralisme" -hurlons une dernière fois de rire, et puis hurlons tout court ! Pas un. Tous les économistes savent qu'il est dans une impasse totale. Qu'il est comme la théorie de Lamarck, dans un fond de tiroir. Comme le système de Ptolémée. Intéressant, pour les archivistes et les historiens. Et les psychanalystes : car comment peut-on continuer à faire "comme si"... ?"

Bernard Marris,

Lettre ouverte aux gourous de l'économie

 

 

Nos amis les Qatariens

 

« Comment nos dirigeants corrompus par les dollars de Doha vont-ils à présent pouvoir continuer à excommunier les lanceurs d’alertes dénonçant le Qatar comme pays soutenant et accueillant des groupes terroristes, alors que le maître en la matière, l’Arabie saoudite, vient lui-même de balancer son élève zélé ? Ah, pauvre France… ce paradis fiscal qatarien. »

 

Lectures au peuple de France

 

Faire tomber le Système

 

« Le meilleur moyen de faire disparaître un Système qui se nourrit de vous est de ne plus lui donner à manger. Le meilleur moyen de combattre un système qui détient la force n’est pas de l’affronter de face. De fait, le meilleur moyen de faire tomber ce Système capitaliste financiarisé aux accoudoirs néolibéraux qui gave le 1% est de créer un Système parallèle, un système vertueux et autonome, fait d’entraide, de don et contre-don que l’honneur engage et non la loi, de circuits courts – consommer local –, de la non utilisation du système bancaire, de l’emploi de monnaies d’échanges autre que l’argent – échanges de savoirs, de services, troc, or, argent métal –, etc… Et ainsi, le géant de papier s’écroulera de  lui-même. » 

Lectures au peuple de France

 

 

3e Guerre mondiale

 

« D’aucuns se lamentent d’une possible 3ème Guerre mondiale. Mais, ils sont moins loquaces sur cette guerre, létale, qui est déjà là : La guerre des thuriféraires du libre-échange qui amène nos paysans et nos ouvriers à se suicider ; la guerre contre nos sols et nos assiettes qui remplit nos cimetières de victimes de maladies cardiovasculaires ; la guerre des chantres de la société de consommation et du paraître qui produit des armées de frustrés prêts à passer à l’acte, reléguant le western au niveau anxiogène de la comédie musicale ; la guerre de nos apprentis chimistes qui nous soignent pour mieux nous tuer ; la guerre contre l’air pur qui nous met au frais pour de bon… »

Lectures au peuple de France

  

 

 

Le gâteau syrien

 

 

« Début juin 2012, la France et le Royaume-Uni participent à la réunion du groupe de travail « Relance économique et Développement » des Amis de la Syrie, aux Emirats Arabes Unis, sous présidence allemande. Il s’agit d’impliquer les Etats membres dans la guerre en leur promettant un butin. Plusieurs années auparavant les sociétés norvégiennes Ansys et Sagex avaient officiellement procédé à la recherche d’hydrocarbures en Syrie. Bien qu’elles n’aient déclaré avoir détecté 13 champs pétroliers et gaziers qu’en deux dimensions, elles les avaient en réalité arpenté en trois dimensions et connaissaient donc la valeur de chacun d’entre eux. La Sagex ayant été rachetée par une société franco-US cotée à Londres, Veritas SSGT, trois Etats se trouvent bientôt en possession de ces précieux renseignements, mais toujours pas la Syrie qui n’en prendra connaissance qu’en 2013. Selon ces recherches, la Syrie dispose d’un sous-sol au moins aussi riche que celui du Qatar. Le Royaume-Uni fait entrer Oussama Al-Kadi, un cadre de British Gas, au Conseil national syrien. Avec son aide, Paris et Londres attribuent aux présents des concessions sur l’exploitation à venir d’un pays qu’ils n’ont pas encore conquis. »

Thierry Meyssan, Sous nos yeux (2017)

 

Légitimité 

 

« En mai 2013, l’OTAN diffusait à ses membres un rapport indiquant que la population syrienne soutenait le président el-Assad à 70 %. 20 % soutenaient les rebelles et 10 % étaient sans opinion. Au même moment le Président Hollande flirtait avec les 10 % d’opinion favorable. Pourtant ce dernier voulait renverser son homologue pour cause d’illégitimité. Aujourd’hui, en mai 2017, nous avons un nouveau président qui se sent légitime pour gouverner par ordonnance alors que plus de 80 % des Français n’ont pas voté pour lui au premier tour. A-t-on un problème en France avec la définition du terme « légitimité »? »

 

Lectures au peuple de France

 Jérôme Pages, Lecturesaupeupledefrance.fr

9 mai 2017

 

 

Guerre économique 

 

« La SNCF a été accusée par deux élus démocrates de l’Etat du Maryland d’avoir collaboré avec l’Allemagne nazie en transportant des déportés vers les camps de la mort. Ces parlementaires exigèrent de la SNCF qu’elle indemnise les familles de déportés. Ils légitimaient leur approche par l’initiative d’un ancien déporté d’Auschwitz, auteur d’une pétition qui a récolté plusieurs dizaines de milliers de signatures. Cette attaque informationnelle s’est ajoutée à d’autres qui ont déjà fait perdre à la SNCF des contrats comme la construction d’une ligne grande vitesse entre les villes d’Orlando et Tampa. Ce genre de polémique n’est pas à sens unique. Les compagnies de chemin de fer américaines ont joué au cours du XIXe siècle un rôle important dans la conquête de l’Ouest américain marqué par l’extermination des tribus indiennes. A partir du moment où des élus américains réclament l’indemnisation des déportés, il serait équitable de réclamer l’indemnisation des familles indiennes déportées dans le cadre de l’expansion territoriales des Etats-Unis d’Amérique sur le continent nord-américain. La timidité de la partie française sur ce dossier est pour le moins significative de notre incapacité à mener des guerres de l’information sous-jacentes aux affrontements économiques. »

Christian Harbulot, Fabricants d’intox (2016)

 

 

 Le système capitaliste

 

« Le capitaliste désire que chacun soit à la fois riche et pauvre [un riche consommateur et un pauvre salarié].

 

Cette contradiction inhérente au capitalisme n’apparaît pas dans les premiers stades de son développement, car il existe encore alors des couches de la population qui n’ont pas été réduites à la condition prolétaire. Mais dès que les possédants, en tant que classe, emploient des salariés en tant que classe, cette contradiction nous saute aussitôt au visage. La relation d’employeur à employé en vient à ressembler étrangement à celle de Robinson à Vendredi. Robinson a deux problèmes à résoudre. Obtenir du travail à bon marché et commercer avec les indigènes. Or ces deux problèmes, dont les solutions sont antithétiques, se trouvent incarnés dans la personne d’un seul homme : Vendredi. Robinson pourra peut-être contraindre ce dernier à ne travailler que pour sa subsistance, car c’est lui qui possède toutes les armes. Tout au plus pourra-t-il faire l’économie d’une hache. Mais il ne pourra réduire à zéro le salaire de Vendredi et s’attendre à ce que celui-ci lui donne des perles, de l’or et de l’argent en échange de rhums et de fusils.

 

Or dans la mesure où le capitalisme couvre la terre entière, relie entre elles des masses humaines considérables, et obéit à des systèmes centralisés, l’analogie que nous avons tirée de l’histoire de Robinson est chaque jour de plus en plus criante. Si le commerce avec les indigènes est réellement en diminution au point de nécessiter une diminution du salaire des indigènes, alors on peut dire que la situation est réellement sans issue. Robinson est désormais bien solitaire et Vendredi est décidément bin malchanceux.

G. K. Chesterton, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (1926)

 

 

 Abstention et vote blanc

 

« L’abstention n’a aucune incidence sur l’élection et le vote blanc n’est pas reconnu. En usant de ces artifices, vous participez au mieux à valider le vote majoritaire, au pire vous en êtes complice. Alors, au lieu de subir. Agissez ! Votez pour le moindre mal ; le parti idéal n’existant que dans notre propre tête. Mieux, si vous êtes logique, votez pour un de ceux qui prônent la prise en compte de l’abstention et du vote blanc, cela vous donnera l’occasion d’être dans le futur un abstentionniste intelligent. »

 

Lectures au peuple de France

 

 

 

Du 3 janvier 1973 au 4 août 1993

 

« Un jeune représentant socialiste, parlant au nom de son parti, et qui défendait le « oui » lors du référendum sur Maastricht, nous résume l’opinion ambiante avec son discours du 6 mai 1992 devant les députés :

            « C’est parce que nous avons accepté la mondialisation que nous sommes aujourd’hui soumis à des contraintes, monétaires, budgétaires et financières.

            Dès lors, le seul débat qui compte, c’est de savoir si nous acceptons les règles du capitalisme international ou si nous ne les acceptons pas.

            Si nous entrons dans le jeu de la mondialisation, alors les contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent »

 

Ces propos sortaient de la bouche du jeune François Holland. A le lire, on a même du mal à croire qu’il s’agit d’un député… socialiste !

Une fois déguisée en article du Traité de Maastricht, la loi du 3 janvier 1973 [ouvrant la boite de pandore de l’obligation du refinancement de l’Etat auprès de banques privées] dans sa forme européenne, applicable à tous les pays, va être retranscrite en droit français. C’est ainsi que le 3 janvier 1973 se métamorphose par un coup de baguette magique (juridico-bancaire) en 4 août 1993 ! Si la nuit du 4 août 1789 a provoqué l’abolition des privilèges des aristocrates, le jour du 4 août 1993 allait rétablir les privilèges à toute une caste de banquiers, financiers et traders.

Comme la loi du 3 janvier, elle est :

 

            « Relative au statut de la Banque de France et à l’activité et au contrôle des établissements de crédit ».

 

Dans son article 3, elle reprend non seulement la loi du 3 janvier 1973 et l’interdiction aux Banques centrales de prêter de l’argent sous quelque forme que ce soit à l’Etat, mais surtout, la loi du 4 août 1993 guillotine définitivement la Banque de France, devenant immédiatement une simple filiale régionale de la Banque Centrale Européenne et ne pouvant rendre compte à l’Elysée.

 

L’Union Européenne et la BCE ont dissous l’Etat français exactement comme les mafiosis jettent un cadavre dans l’acide pour le dissoudre.

 

Et c’est Edouard Balladur, alors Premier Ministre, qui a fait voter la loi à l’Assemblée et au Sénat avec l’accord de François Mitterrand !!!

 

Le Ministre des Finances est Edmond Alphandéry (ancien professeur à Assas, directeur du think-tank Friends of Europe, membre de la Trilatérale et éminent membre du comité consultatif européen de… la banque Lehman Brothers !!!, épaulé dans a tâche par… Nicolas Sarkozy, Ministre du Budget.

Pierre-Yves Rougeyron, Enquête sur la loi du 3 janvier 1973

 

Souverainisme

 

« Le préambule à toute démocratie c’est la souveraineté nationale. Pour que la voix du peuple soit entendue, la nation ne peut tolérer d’ingérences extérieures. Il en découle qu’un vrai démocrate ne peut être autre que souverainiste. Et donc, que tous ceux qui assimilent le souverainisme à l’extrême droite nous font souverainement suer. »

Lectures au peuple de France

 

Penser par soi-même

 

 « A ceux qui, au nom d’un égalitarisme dogmatique, tendent à vouloir réduire au strict minimum l’enseignement aux écoliers de la langue française et de son florissant vocabulaire, Nietzche rappelle à propos que nous ne formons que la pensée pour laquelle nous avons précisément sous la main les mots capables de l’exprimer, et pas l’inverse. De là à supputer que l’idée qu’un élève devenu homme puisse penser par lui-même vous insupporte… »

Lectures au peuple de France

 

 

Héritage

 

« La colombe légère, qui, dans son libre vol, fend l’air dont elle sent la résistance, pourrait s’imaginer qu’elle volerait bien mieux encore dans le vide. » Sauf que, dans le vide, nous dit Kant, elle ne volerait pas du tout. Cette résistance qu’elle ressent et appréhende comme un obstacle, un empêchement, est la condition de possibilité de son mouvement, de son déplacement. Faute de « point d’appui », on se condamne à ne faire « aucun chemin », conclut le philosophe. Cette colombe nous ressemble, ou plutôt nous lui ressemblons. Comme elle, nous vivons de l’illusion que les hommes sont et seront d’autant plus libres, d’autant plus créatifs, originaux, d’autant plus eux-mêmes, qu’ils seront délestés de tout héritage.

Bérénice Levet,

Le crépuscule des idoles progressistes (2017)

 

 

Balle dans le pied

 

                           « Quand vous aurez la gageure d’acheter un bien produit à l’étranger, vous contribuerez à acculer une PME-PMI à la fermeture. Cette brisure obligera par ricochet le fondateur de la PME à annuler la réfection de sa toiture. Conséquence, son couvreur retardera son achat de voiture, le concessionnaire renoncera à rallonger le CDD de son employé Arthur. Cet employé diffèrera alors la tonte de sa chevelure, et son coiffeur abandonnera à coups sûrs l’idée d’ouvrir la porte de votre magasin, vous qui êtes marchand de… chaussures. Quand vous achetez un bien produit à l’étranger, vous vous tirez une balle dans le pied. Le reste n’est que littérature. »

                                                                           Lectures au peuple de France

 

 

Choc des civilisations ?

 

"Dans les années 1820, juste avant que Jackson n'accède à la présidence des Etats-Unis et après la guerre contre les Creeks, les Indiens du Sud et les Blancs s'étaient souvent installés à proximité les uns des autres et vivaient plutôt pacifiquement dans un environnement naturel qui semblait suffire à subvenir aux besoins de tous. Ils commençaient à partager des problèmes communs, une certaine familiarité se développait ; les blancs étaient autorisés à visiter les communautés indiennes et les Indiens étaient souvent reçus chez les Blancs. Des individus vivant sur la Frontière, tels David Crockett et Sam Houston, étaient issus de cet environnement et nombre d'entre eux, à l'inverse de Jackson, devinrent des amis fidèles des Indiens.

Les pressions qui conduisirent au déplacement ne furent pas le fait de ces Blancs pauvres de la Frontière qui voisinaient les Indiens. Elles accompagnèrent en réalité l'industrialisation et le commerce, la croissance démographique, l'essor du chemin de fer et des villes, la hausse de la valeur de la terre et la cupidité  des hommes d'affaires. Les leaders des partis politiques et les spéculateurs fonciers manipulaient l'agitation grandissante. La presse et la religion excitaient la frénésie. Cette frénésie devait entraîner la mort ou l'exil pour les Indiens, l'enrichissement pour les spéculateurs fonciers, et un pouvoir accru pour les politiciens. Quant au Blanc pauvre de la Frontière, il n'était qu'un pion, utilisé dans les premiers engagements violents et sacrifié ensuite."
                                                      Une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn (1980)

 

 

Enseignement du christianisme à l’école

 

« La seule attitude à la fois légitime et pratiquement possible que puisse avoir, en France, l’enseignement public à l’égard du christianisme consiste à le regarder comme un trésor de la pensée humaine parmi tant d’autres. Il est absurde au plus haut point qu’un bachelier français ait pris connaissance de poèmes du Moyen Age, de Polyeucte, d’Athalie, de Phèdre, de Pascal, de Lamartine, de doctrines philosophiques imprégnées de christianisme comme celles de Descartes et de Kant, de la Divine Comédie ou du Paradise Lost, et qu’il n’ait jamais ouvert la Bible.

 

Il n’y aurait qu’à dire aux futurs instituteurs et aux futurs professeurs : la religion a eu de tout temps et en tout pays, sauf tout récemment en quelques endroits de l’Europe, un rôle dominant dans le développement de la culture, de la pensée, de la civilisation humaine. Une instruction dans laquelle il n’est jamais question de religion est une absurdité. D’autre part, de même qu’en histoire ou parle beaucoup de la France aux petits Français, il est naturel qu’étant en Europe, si l’on parle de religion, il s’agisse avant tout du christianisme.

 

En conséquence, il faudrait inclure dans l’enseignement de tous les degrés, pour les enfants déjà un peu grands, des cours qu’on pourrait étiqueter, par exemple, histoire religieuse. On ferait lire aux enfants des passages de l’Ecriture, et par-dessus tout l’Evangile. On commenterait dans l’esprit même du texte, comme il faut toujours faire.

 

On parlerait du dogme comme d’une chose qui a joué un rôle de première importance dans nos pays, et à laquelle des hommes de toute première valeur ont cru de toute leur âme ; on n’aurait pas non plus à dissimuler que quantité de cruautés y ont trouvé un prétexte ; mais surtout on essaierait de rendre sensible aux enfants la beauté qui y est contenu. S’ils demandent : « Est-ce vrai ? » il faut répondre : « Cela est si beau que cela contient certainement beaucoup de vérité. Quant à savoir si c’est ou non absolument vrai, tâchez de devenir capables de vous en rendre compte quand vous serez grands. » Il serait rigoureusement interdit de rien inclure dans les commentaires qui implique la négation du dogme ; rien non plus qui implique une affirmation.

 

 

Tout instituteur ou professeur qui le désirerait et qui aurait les connaissances et le talent pédagogique nécessaires serait libre de parler aux enfants non seulement du christianisme, mais aussi, quoiqu’en insistant beaucoup moins, de n’importe quel autre courant de pensée religieuse authentique. Une pensée religieuse est authentique quand elle est universelle par son orientation. (Ce n’est pas le cas du judaïsme, qui est lié à une notion de race.)

Simone Weil, L'enracinement (1949)

 

 

Propagande capitaliste

 

"La population américaine était très sociale-démocrate après la guerre (2e G. mondiale) -elle était très en faveur des syndicats, de plus d'intervention du gouvernement dans la réglementation de l'industrie, probablement la majorité pensait même que l'industrie devrait être publique- et le milieu des affaires en était terrifié, ils étaient morts de peur. Dans leurs publications, ils écrivaient des choses comme : "Nous avons cinq ou six ans à peu près pour sauver le système des entreprises privées." Une de leurs actions a consisté à lancer aux Etats-Unis un vaste programme de propagande visant à inverser ces attitudes. A l'époque, cela faisait partie de ce qu'on appelait "la bataille perpétuelle pour l'esprit des hommes", qui doivent être "endoctrinés par le discours capitaliste"; je cite mot pour mot les écrits des relations publiques. Donc au début des années 1950, l'Advertising Council dépensait des sommes exorbitantes pour une propagande en faveur de ce qu'ils appelaient "the American way". Le budget des relations publiques pour l'Association nationale des fabricants a été, je crois, multiplié par vingt. Environ un tiers des manuels scolaires étaient fourni par des entreprises, vingt millions de personnes se sont retrouvées chaque semaine à visionner des films de propagande traitant des relations au travail. Ils ont poursuivis avec les "méthodes scientifiques pour briser les grèves" développées à la fin des années 1930 : consacrer des ressources considérables à la propagande plutôt qu'aux Goon Squad et aux casseurs de genoux. Et tout cela était lié à la croisade "anticommuniste" à l'époque -voilà le véritable sens de ce que l'on appelle le "maccarthysme", commencé bien avant l'implication de Joseph McCarthy et vraiment lancé par le milieu des affaires, les membres libéraux du Parti démocrate, etc. C'était une manière d se servir de la peur et du chauvinisme pour tenter de saper les droits des travailleurs et le fonctionnement de la démocratie." 

Noam Chomsky, Comprendre le pouvoir (1995)

 

 

Guerre froide ou économique ?

 

"Il est clair que les anxiétés et la paranoïa de ce que l'on appelle la guerre froide ont été des facteurs majeurs dans la promotion du recours para-étatique à la violence. Mais lorsque l'on observe le véritable exercice de la violence secrète par les Etats-Unis depuis 1945 -particulièrement dans des pays comme l'Iran (1953) et le Chili (1970-1973)- nous pouvons observer que cette paranoïa typique de la guerre froide concernant la "menace communiste" devint un prétexte récurrent pour dissimuler des motivations bien plus pécuniaires.

Ainsi, par le coup d'Etat américano-britannique qui a renversé le premier ministre (démocratiquement) élu Mohammed Mossadegh en 1953, le but était d'empêcher la nationalisation de l'Anglo-Iranian Oil Compagny. Pour remplir cet objectif, "la CIA finalisa un plan détaillé du coup d'Etat", qui impliquait "l'engagement de truands pour lancer des attaques contre les religieux et leurs propriétés et faire en sorte qu'elles semblent avoir été ordonnées par Mossadegh et ses partisans". Mais l'agent britannique qui a vendu ce plan à Washington, suivant "suivant les instructions de ses supérieurs", s'est évidemment abstenu de mentionner l'Anglo- Iran Oil. Il a plutôt souligné que Mossadegh "était en train de jeter les bases d'une prise de contrôle de l'Iran par les communistes"."

 Peter Dale Scott, American war machine 

 

 

Les armes de la prospérité

 

Les armes assurent la prospérité aussi sûrement que la prospérité achète les armes. Le couple a survécu à toutes les vicissitudes, et fonctionne toujours ! Quand Francis Bacon assure que la conquête de l'Irlande va rapporter à la Grande-Bretagne plus que le meilleur prêt à intérêts, quand, en 1672, Colbert incite le roi Louis XIV à envahir la Hollande, leurs arguments sont ceux de commerçants et de banquiers : l'investissement sera profitable !

 

Quand Henri VIII devient roi d'Irlande en 1541, Francis Bacon écrit sur la conquête de l'Irlande par l'Angleterre : "Je dirai avec confiance que si Dieu daigne accorder paix et justice à ce royaume, aucun usurier n'est aussi assuré de doubler son capital en dix-sept ans et de toucher intérêts sur intérêts que ce royaume ne l'est de doubler dans le même temps son capital et les hommes dont ils dispose." Aucun usurier ne peut proposer mieux ! De son côté Colbert affirme que les manufactures royales sont des régiments et les corporations une armée de réserve, et conseille à Louis XIV la guerre à la Hollande pour l'intérêt du commerce : "Si le Roy assujettissait toutes les provinces unies des Pays-Bas, leur commerce devenant le commerce des sujets de sa majesté, il n'aurait rien à désirer d'avantage."

 

Nous ne sommes pas sortis de cette hégémonie de l'intérêt marchand qui conduit des guerres, dispose des peuples et ruine ou bâtit des empires, bien au contraire. Les Américains de l'Office of Strategic Services ont entraîné et armé le Viêt-minh et poussé le Vietnam du côté du Japon pour ôter à la France la ressource stratégique du caoutchouc... et l'armée américaine ne bombardera jamais les plantations de caoutchouc, même au plus fort de sa propre guerre du Vietnam !

 

Des sociétés de gestion de fonds ont organisé, financé et armé des rébellions armées au moment des récoltes de coton ou de café en Afrique de l'Ouest ou en Ethiopie et au Kenya ; elles ont multiplié la valeur des positions accumulées sur les marchés à terme de ces produits, pendant que des géopoliticiens se penchaient doctement sur les stratégies partisanes ou ethniques à l'œuvre ! Les sociétés pétrolières et aussi les exploitants forestiers seraient les financiers de plus de plus de la moitié des conflits qui continuent de secouer l'Afrique, certains sans autre but que d'affaiblir assez l'Etat pour le soumettre à leurs arrangements !"

Hervé Juvin, La grande séparation (2013)

 

 

Manipulation mentale

 

"Le mystère Sirhan s'est éclairci dans les années 1970, avec les révélations de la Commission Church et la déclassification de plus de 18000 pages de documents CIA. Il apparut que l'Agence [la CIA] avait initié en 1950-51 plusieurs programmes d'expérimentation en manipulation mentale, sous des noms tels que Bluebird ou Artichoke. En 1953, durant la guerre de Corée, ces programmes furent intégrés dans le projet MKULTRA (pour Mind Kontrolle ultra-secret), dirigé depuis le Technical Sevice Staff. Ce projet incluait l'expérimentation de drogues, hypnose, électrochocs et implants d'électrodes dans le cerveau.

La légitimation officielle de ce programme inspiré par les docteurs nazis était de percer le mystère du "lavage de cerveau" prétendument pratiqué par les communistes, et ainsi obtenir, selon les termes d'un mémorandum de Helms adressé à Dulles le 3 avril 1953, "une connaissance approfondie du potentiel théorique de l'ennemi, afin d'acquérir la capacité de nous défendre contre un ennemi qui a peut-être moins de retenu que nous dans l'usage de ces techniques". Autrement dit : vaincre l'ennemi par les moyens diabolique dont on l'imagine capable. En Allemagne, au Japon, en Corée et plus tard au Vietnam, le docteur Sidney Gottlieb et ses associés expérimentèrent sur des prisonniers ces techniques d'interrogatoire combinées avec des tortures classiques. Sur le territoire national, Gottlieb associa secrètement à sa recherche 3 institutions pénitentiaires, 12 hôpitaux, 15 instituts ou compagnies pharmaceutiques et 44 universités. De nombreux prisonniers, patients et étudiants servirent notamment de cobayes pour des expériences au LSD, une molécule récemment mise au point par les laboratoires Sandoz en Suisse, et dont la diffusion sur les campus dans les années 60 doit beaucoup à la CIA.

Avec la protection et le financement de la CIA, le docteur Ewen Cameron, psychiatre renommé (président de l'Américan Psychiatric Association), se livra dans sa clinique de Montréal à des expériences ayant pour but d'effacer totalement la personnalité humaine de ses patients pour la reprogrammer.

Laurent Guyenot, JFK, 11 se^ptembre, 50 ans de manipulations (2014)

 

 

Hommage à une lanceuse d'alertes

qui vient de nous quitter : Claire Séverac

 

 « La science étant depuis longtemps aux ordres de ceux qui la financent, on voit bien qu’ils ne cherchent jamais à supprimer les causes d’un problème qui met en péril l’humanité, mais plutôt à concevoir une solution technologique pour pallier les conséquences de leur folie même si le remède est pire que le mal. Tout, pourvu que l’argent continue de couler ! De la même façon, ils parlent d’un vaccin contre les effets secondaires des vaccins, effets que, par ailleurs, ils refusent de reconnaître ! »

Claire Séverac,

La guerre secrète contre les peuples (2015)

 

 

Une ode à la femme à l’aube de Noël

 

« Je vivais comme toi, vieux et froid à vingt ans,

Laissant les guêpes mordre aux fleurs de mon printemps,

Laissant la lèvre pâle et fétide des vices

En flétrir la corolle, en pomper les calices,

Méprisant mes amours et les montrant du doigt,

Comme un enfant grossier qui trouble l'eau qu'il boit.

Mon seul soleil était la clarté des bougies ;

Je détestais l'aurore en sortant des orgies,

A mes lèvres, où Dieu sommeillait dans l'oubli,

Un sourire ironique avait donné son pli ;

Tous mes propos n'étaient qu'amères raillerie,

Je plaignais la pudeur comme une duperie ;

Et si quelque reproche ou de mère ou de sœur,

A mes premiers instincts parlant avec douceur,

Me rappelait les jours de ma naïve enfance ;

Nos mains jointes, nos yeux levés, notre innocence ;

Si quelque tendre écho de ces soirs d'autrefois

Dans mon esprit troublé s'éveillant à leur voix,

D'une aride rosée humectait ma paupière,

Mon front haut secouait ses cheveux en arrière ;

Pervers, je rougissais de mon bon sentiment ;

Je refoulais en moi mon attendrissement,

Et j'allais tout honteux vers mes viles idoles,

Parmi de vils railleurs, bafouer ces paroles !

 

Voilà quelle gangrène énervait mon esprit,

Quand l'amour, cet amour qui tue ou qui guérit,

Distilla dans mon cœur, des lèvres d'une femme,

Cette plante de vie au céleste dictame.

Une femme ? Est-ce un nom qui puisse te nommer,

Chaste apparition qui me força d'aimer,

Forme dont la splendeur à l'aube eût fait envie,

Saint éblouissement d'une heure de ma vie ;

Toi qui de ce limon m'enlevas d'un regard,

Comme un rayon d'en haut attire le brouillard,

Et, le transfigurant en brillant météore,

Le roule en dais de feu sous les pas de l'aurore ?

Ses yeux, bleus comme l'eau, furent le pur miroir

Où mon âme se vit et rougit de se voir,

Où pour que le mortel ne profanât pas l'ange,

De mes impuretés je dépouillai la fange.

Pour cueillir cet amour, fruit immatériel,

Chacun de mes soupirs m'enleva vers le ciel.

Quand elle disparut derrière le nuage,

Mon cœur purifié contenait une image,

Et je ne pouvais plus, de peur de la tenir,

Redescendre jamais d'un si haut souvenir ! »

 

Alphonse de Lamartine : Extrait de la cinquième médiation

de la troisième médiation poétique (1840)

 

 

Patrimoine littéraire

 

« A l’heure où une grande partie de la population s’enfonce dans une sous-culture asservissante, faite de codes individualistes, vénaux et libertaires, à l’heure où le savoir-vivre et une certaine élégance teintée d’éloquence tendent à se raréfier, il est du devoir de chacun de redécouvrir la richesse de notre patrimoine national. Ce génie, teinté d’humanité, qui s’invitait à la table quand Molière faisait dire à Alceste, un des personnages de sa pièce de théâtre Le Misanthrope, « Je veux qu'on soit sincère, et qu'en homme d'honneur, on ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur ».

 

Lectures au peuple de France (2014)

 

 

L'Adolescent

 

« L'essentiel des plaisirs de l’adolescent étant médiatisé par l'argent, il ne peut aspirer qu'à en gagner le plus possible. Mais comme tout dans son éducation l'a détourné de la contrainte et du labeur, c'est un être écartelé. D'un côté jouir par l'argent, mais pour cela subir le travail. De l'autre, ne rien faire mais renoncer aux plaisirs. »

 

Claude Alzon, La mort de pygmalion (1974)

 

 

 

A romancier, Romancier et demi

 

Lio fredonnait dans les années 80 : « la vengeance est un plat qui se mange froid ». Au même titre que la vengeance, l’analyse critique, nécessite un temps de réflexion, de digestion que l’immédiateté lui refuse. Les braises éteintes, scrutons donc froidement le buzz trappiste. Oui, rappelez-vous cette polémique, qui en chassait une autre avant, elle-même, d’être chassée, loi du genre oblige : Deux professeurs de Trappes refusaient de recevoir Lorànt Deutsch sous le prétexte que ce dernier chercherait à faire aimer la France et la République à une population d’élèves d’ascendance immigrée récente, et de surcroit en véhiculant une Histoire de France romancée.

 

Oh le goujat ce Lorànt ! Son but inavoué était donc de faire aimer, à une population de jeunes élèves, le pays où ils vivent et le système politique qui les régissent. Rendez-vous compte ! Posons-nous tout de même la question, est-il nécessaire pour la société française que nos chères têtes multicolores aiment la France ? En fait, il n’est point indispensable de regrouper des spécialistes, anthropologues, sociologues et autres psychologues, pour trois jours de symposium pour savoir qu’un minimum d’amour pour l’Hexagone est fondamental pour être capable de dire « nous » quand on parle des Français et ainsi faire société.

 

En outre, l’arme du crime du goujat serait donc la probable utilisation d’un roman national, sous-entendu l’utilisation de mythes, pour arriver à ses fins. Posons-nous aussi la question, avons-nous besoin de mythes pour souder la société française ? Pas nécessairement, même si une société multiculturelle nécessite un tronc commun parfois fantasmé. Donc, pas nécessairement, parce que nous ne sommes pas un empire et que nous n’avons pas vocation à le devenir. Nous n’avons donc pas à mystifier le peuple à coup de mythes, si possibles fondateurs, pour lui faire accepter les efforts que nécessiterait notre expansion permanente. En outre, parce que nous ne sommes pas un pays jeune dont les fondations seraient balbutiantes.

 

Après ces deux constats, on aurait envie de remettre Lorànt  et nos deux professeurs dos à dos, si tenté que notre comédien amoureux d’Histoire avait bien l’intention de romancer notre passé.

 

A dire vrai, on ne peut qu’être d’accord avec nos deux professeurs de Trappes quand ils écrivent que « l’Histoire est une science qui permet de comprendre le passé par une étude critique et dépassionnée ». Bien entendu que l’unique solution est d’enseigner l’Histoire de France factuelle. Mais bien TOUTE l’Histoire de France factuelle. Pas seulement ses zones d’ombres, qui ont aujourd’hui le vent en poupe dans nos collèges et nos lycées, mais aussi ses zones lumineuses comme serait tenté de le faire un Lorànt Deutsch. La vérité se trouve dans le TOUT.

 

Par exemple, ces deux professeurs de Trappes, s’ils devaient aborder les thèmes imposés que sont la colonisation et l’esclavage, auraient-ils l’honnêteté de préciser que la grande majorité du peuple français n’a jamais été consultée sur ces évènements, quelle que soit l’époque. Sinon, cela reviendrait à penser qu’en 2076, un petit-fils d’immigré libyen aura raison d’en vouloir à tous les Français, encouragé qu’il aura été par notre Education nationale, qui lui aurait enseigné que les ancêtres de ces Français ont détruit la Libye. 

 

De plus, auraient-ils l’honnêteté de préciser que, contrairement aux idées véhiculées, les colonies ont toujours ruiné la France, bien qu’elles enrichirent quelques marchands français et leurs obligés. Comme l’écrit Bernard Lugan, au moment de l’indépendance, la France légua à ses colonies africaines : 50 000 km de routes bitumées, 215 000 km de pistes toutes saisons, 18 000 km de voies ferrées, 63 ports, 196 aérodromes, 2000 dispensaires équipés, 600 maternités, 220 hôpitaux dans lesquels les soins et les médicaments étaient gratuits. En 1960, 3,8 millions d’enfants étaient scolarisés et dans la seule Afrique noire, 16 000 écoles primaires et 350 écoles secondaires collèges ou lycées fonctionnaient. En 1960 toujours, 28 000 enseignants français, soit le huitième de tout le corps enseignant français, exerçaient sur le continent africain. Nous sommes loin du prétendu pillage colonial !

 

Et, prenant le cas, souvent polémique de l’Algérie, Bernard Lugan précise qu’en132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait par définition jamais  possédé, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations. Elle fit entrer dans la modernité des tribus jusque-là dissociées et qui n’avaient jamais eu conscience d’appartenir à un tout commun supérieur dépassant les limites de leurs douars ou des terrain de parcours de leurs troupeaux. Mais cela eut un coût qui fut supporté par les impôts de Français. Et, pour le coup, de tous les Français serait-on tenté de rajouter.

 

Alors, pas de roman national, mais TOUTE l’Histoire de France !

 

Rien ne peut faire cautionner la colonisation, aberration suprématiste venu principalement d’esprits emplis de « lumières », tel un Jules Ferry, qui au nom du Progrès voulaient coloniser les « races inférieures ». Mais rien ne peut cautionner le mensonge historique, même par omission.

 

Ces professeurs qui soupçonnent notre comédien de romancer, ne récriraient-ils pas aussi l’Histoire si, en enseignant l’Histoire de l’esclavage, ils omettaient de citer une personne comme Tidiane N’Diaye, anthropologue sénégalaise, quand elle écrit :

 

« Bien qu’il n’existe pas de degré dans l’horreur ni de monopole dans la cruauté, on peut soutenir que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les arabo-musulmans furent, pour l’Afrique Noire tout au long des siècles, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. »

 

Idem, s’ils omettaient de citer Fernand Braudel quand il consigne :

 

« Tous les pays voisins ont, tour à tour, payé leur tribut : chrétiens  d’Europe  pris  sur  terre  ou  sur  mer  par  les  Musulmans eux-mêmes, ou achetés à l’occasion (tels ces slaves prisonniers de guerre que revendent les marchands juifs de Verdun, au IXe siècle) ; Noirs d’Afrique, Abyssins, Indiens, Turc et Slaves misérables, Caucasiens. » 

 

Et enfin, s’ils évitaient d’amener leurs élèves voir Andagaman, film du réalisateur ivoirien Gnoan M’Balla, dont ce dernier parle en ces termes :

 

« Le film met en scène la complicité des peuples africains qui ont vendu leurs frères aux trafiquants d’esclaves. Les tribus africaines se lançaient à la conquête d’autres tribus, les vaincus étaient faits prisonniers et échangés pour des fusils et du rhum. »

 

A priori, il y a peu de chance que nos professeurs, et leurs nombreux clones officiants à l’Education nationale, citent de tels auteurs. A romancier, romancier et demi, au moins par omission.

 

Au final, ce qui se cachait derrière cette polémique stérile, ce n’était pas tant de savoir comment enseigner l’Histoire de France que de savoir comment enseigner l’Histoire de France à des élèves d’ascendance immigrée récente. Le parler vrai est l’ami du parler clair. Et là vient naturellement une question, la question : pourquoi faudrait-il enseigner différemment l’Histoire de France aux élèves en fonction de leurs origines ? Ou, parce qu’on en est bien là, Est-ce du fait de notre société multiculturelle qu’on n’enseigne pas TOUTE l’Histoire de France ? La réponse par une question : Pourquoi vouloir ménager de potentielles susceptibilités à l’autre si ce n’est se penser au-dessus de l’autre ? Paradoxalement, dans cette Histoire, les racialistes, les suprématistes ne semblent pas être ceux qu’on croit !

 

C’est parce que tous ces bien-pensants jugent, certes souvent de manière inconsciente, que leur pays est différent des autres que ses méfaits au regard de l’Histoire doivent être jugés plus sévèrement. Et donc, que l’on doit protéger le reste du monde de cette France qui monopoliserait les responsabilités. Et ce, depuis des siècles et des siècles, amen. Du racialisme pur ! Ou au mieux, du maternalisme infantilisant (un pléonasme ! Un !).

 

Frédéric Lordon, icone de Nuit debout, qu’on peut difficilement taxer de xénophobe a très bien exposé ce phénomène :

 

« Il se pourrait même, paradoxalement, que la violence de leur critique [envers la nation France] soit plutôt le symptôme du contraire de ce qu’elle veut donner à entendre : car la vraie rupture, ce serait l’indifférence, la critique égale et généralisée des méfaits de toutes les nations, sans égard pour l’une d’entre elles en particulier, quand leur nation leur inspire à l’évidence un supplément de véhémence en soi significatif. Significatif, de quoi peut-il l’être sinon d’un attachement persistant qui intensifie tous les affects, et trahit le prolongement d’une appartenance quand bien même elle se proclame dans la revendication de désappartenance : ce pays dont je dis que je récuse à mesure que j’en blâme les crimes, il est, quoi que j’en dise, toujours le mien puisque ses crimes me sont visiblement plus odieux que ceux de n’importe quel autre pays. Ce pourrait donc être, non parce qu’ils le rejettent, mais parce qu’ils se font une idée très haute de leur pays qu’ils n’en tolèrent pas, à raison, les manquements. »

 

Le dommage collatéral de cet exceptionnalisme enfoui, teinté de droit-de-l’hommisme mal placé, est l’enfermement d’une catégorie de la population dans la victimisation perpétuelle, et l’autre catégorie dans la repentance perpétuelle.

 

Symptomatique d’un tel comportement, la loi Taubira, qui qualifie la traite transatlantique, et elle-seule, de crime contre l’humanité. Quand des historiens ont fait remarquer à madame Taubira que ce n’était pas la seule traite esclavagiste des siècles passés, elle s’est empressée de leur rétorquer qu’il ne fallait pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane afin que les « jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». Un raisonnement de type deux poids deux mesures qui dépasse l’entendement.

 

Attention, car avec de tels principes on n’édifie pas une nation, on prépare la guerre civile que la crise économique couve. Et la guerre civile, c’est tout sauf une sinécure. Ce serait même plutôt du genre, pour paraphraser notre chanteuse à textes précitée : « Tu peux prendre tes jambes à ton cou, vite avant que je te le torde. Ce qui ressemblerait encore beaucoup trop à de la miséricorde. »

 

                                                                                                                 Jérôme Pages

  

Lio, Fallait pas commencer (1986).

Bernard Lugan, Mythes et manipulations de l’Histoire africaine (2012)

Tidiane n’Diaye, Le génocide voilé, Ed. Gallimard (2008), 4e de couverture

Fernand Braudel, Grammaire des civilisations (1963)

Gnoan M’Balla, Andagaman (2001)

 

Frédéric Lordon, Imperium : structures et affects des corps politiques (2015)

 

 

 

 

Qui a dit ?

 

«  Quelque part dans un bar cossu, en face de l’Assemblée nationale…

 

 - Je lève mon verre à ton premier million !

- A mon premier million !

- Et merci qui ?

- Merci les vaches à lait ! 1 million d’euros reçu en même pas 7 ans juste en salaire de mes multiples fonctions électives, gracias la plèbe !

- Y a pas à dire le cumul ça a du bon.

- Hummm, mon salaud, il est excellent ce petit Saint-Julien 2011 ! On  dirait que c’est le bon Dieu en personne qui te pisse dans la bouche !

- A la troisième bouteille ça fait toujours ça ! Allez, là qu’on est bien entamé, ça te dit un petit « Qui a dit ? » ?

- Fait péter Roger !

- Alors, heu, qui a dit : « Les Etats-Unis sont toujours inquiets lorsqu’il y a usage de la violence. Le président espère que la situation sera résolue pacifiquement. » ?

- Ah ! Ah ! Tu commences fort mon salaud ! Je ne sais pas heu, Kennedy ?

- Kissinger, alors qu’il donnait en sous-main son feu vert à la junte indonésienne au génocide perpétré contre sa propre population aux accointances communistes, en 1975 !

- Joli ! Respect. A moi ! A moi ! Euh… qui a dit : « Je pense évidemment peut-être d’abord aux habitants de la bande de Gaza enfermés, qui vivent une situation infernale, dans tous les sens du terme. Je pense aussi au Liban, à l’Irak, à une politique américaine qui caricature les conflits au nom de la confrontation entre civilisations. » ?

- Mélanchon ?

- Non mon pauvre. Manuel Valls en personne, fin 2006 en plantant l’olivier de la paix dans un parc de sa ville d’Evry !

- Wow, t’es mon maître !

 

« Un politicien honnête c'est celui qui reste fidèle à celui qui l'a acheté. »

                                                                                                                      Confucius

 

- Tiens, ça c’est cadeau, devine où je vais en mai ? En plus c’est véridique.

- J’sais pas, au Delaware ? Les îles Caïmans ?

- Au forum de Doha sur la démocratie.

- Ah ! Ah ! Ah ! J’vais me faire dans le pantalon ! Trop fort !

- Oh, j’ai une pêche !!! C’est le million reçu des bouseux qui me dope ! Tiens, une autre : qui a dit en 1992 au moment de Maastricht : « Le Traité d’Union Européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » ?

- Oh ! Oh ! Oh, le coquin ! Ça, ça sent le Delors à plein nez ça !

- Allez, je suis grand seigneur, un indice : Ce gars-là était ministre quand il a dit cette phrase il y a 23 ans et il est encore ministre aujourd’hui.

- L’animal politique ! Comme quoi, se tromper, ou mentir aux gens, au choix, n’a jamais empêché personne de redevenir ministre !

 

« La politique est le moyen pour des hommes sans principe de diriger des hommes sans mémoire. »

                                                                                                                          Voltaire

 

- Ce personnage, ô combien visionnaire, c’est notre ministre des Finances… Michel Sapin !

- Pas mal. Attend, moi aussi j’ai du lourd. Quel humaniste a versé dans le populisme du genre : « Le droit non seulement de rire, mais de médire et de blasphémer de tout, absolument de tout, voilà l'oxygène de la civilisation. »

- Tu ne m’auras pas sur celle-là. Attali !

C’est une citation d’humaniste, pas d’économiste, brigand ! Et l’humaniste en question c’est Bernard-Henry Lévy, en 1997.

- Oh, excellent ! Tu mérites ta statue ! J’vais m’en faire faire une de toi dans mon bureau du Conseil régional, au frais du contribuable ! Allez, à moi. Qui a dit  le 18 avril 2011 dans le journal Sud Ouest : « Franchement, vous imaginez Hollande Président de la République ? On rêve ! »

- Je te vois venir, un socialo, je dirais la Martine Aubry ?

- Pas mal pour un assisté ! C’est bien un socialo. Mais c’était son Ministre des Affaires étrangères, l’inénarrable Laurent Fabius.

 

« Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent… et pour les mêmes raisons. »

George Bernard Shaw

 

- Grandiose. On effleure la stratosphère là. Alors restons-y. Accroche-toi. Dans quel journal, en 1920, furent écrits les mots suivant : « La meilleur place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, c’est le camp de concentration. » ?

- On aurait envie de répondre le Financial Times mais je crois bien que c’est tout sauf ça, gredin.

- La Pravda.

- La Pravda ?!?

- Oui la Pravda, l’organe de Lénine et des Bolcheviks.

- Oh, exceptionnel ! Niveau Ligue des champions ! Mais est venu le moment du coup de grâce ! Excusez du peu : Qui a dit : « J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman, un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française. ».

- Non, c’est pas lui ?! Non, ne me dis pas que c'est lui !!

- Si.

- En personne ?

- En personne.

- Jean-Marie Le Pen ?

- Jean-Marie Le Pen, à l’Assemblée nationale, le 28 janvier 1958.

- Imbattable ! Victoire par chaos. Je m’incline. La prochaine bouteille est pour moi.

- Une autre fois parce que c’est l’heure. Il faut qu’on y aille.

- Ouais, t’as raison, Faudrait pas rater le train, déjà qu’ils nous voient pas beaucoup à Bruxelles ! 

- J’vais quand même passer vite fait par les toilettes. C’est que c’est diurétique ces petits Saint-Julien ! Tu sais où elles sont ?

- C’est simple, tu descends les escaliers. Et quand t’arrives en bas, tu verras sur ta gauche une porte où il y a écrit « Gentleman ». Ben c’est pas grave, t’y va quand même.

- Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Oh putain, j’me fais dans le falzar ! Oh merde mes Weston ! J’ai uriné sur mes Weston !

 

- Défraiements garçon, défraiements ! »

 

Jérôme Pages, Lectures au peuple de France

 

 

 Culpabilité

 

« Contrairement à la société européenne « axée sur la culpabilité » et bourrée d’interdits, la culture tribale iroquoise était « axée sur la honte ». Autrement dit, une forte identification à la communauté incitait les individus à éviter les transgressions qui auraient pu amener la honte dans le clan et pour eux-mêmes. » 

Bruce H. Lipton, Evolution spontanée (2011)

 

 

 

Droits-de-l'hommisme

 

« En France, avec son remplacement de l’ouvrier par l’immigré extra-européen comme « figure christique de son combat », la gauche a « droit-de-l’hommisé » le sujet de l’immigration. Cette remarque, dont l’auteur est le journaliste du Nouvel Observateur Hervé Algalarrondo, montre très éloquemment que la possibilité de s’installer à sa guise en Europe, et plus particulièrement en France, est devenue pour tout un courant idéologique, un droit de l’homme. »

Jean-Louis Harouel, 

 

Les droits de l’Homme contre le peuple, Ed Desclée de Brouwer (2016)

 

 

Paradis fiscaux

 

« Nous sommes passés de la quête médiévale d'un paradis spirituel à la recherche des paradis artificiels de la fin du XIXe siècle pour, aujourd'hui, nous contenter d'un simple paradis fiscal. »

Luca Gallesi,

                                                Il était une fois l'économie (2012) 

 

 

 

 

 

 

 

Faites ce que je dis mais pas ce que je fais

 

« De la même manière que la nouvelle bourgeoisie vante les vertus de la société ouverte en pratiquant le grégarisme social, qu’elle fait l’éloge du vivre-ensemble en érigeant des frontières invisibles avec l’Autre, elle critique le capitalisme en appuyant toutes les réformes économiques et sociétales qui visent à le renforcer. Une posture doublement gagnante : elle permet à ces catégories sociales de capter richesse, patrimoine et emploi en portant l’étendard du rebelle, voire de l’exploité. »

Christophe Guilluy,

 

Le crépuscule de la France d’en haut, Flammarion (201), p. 135

 

 

Les foules

 

« Comment impressionne-t-on les foules ? Ce n'est jamais en essayant d'agir sur l'intelligence et la raison, c'est à dire par voie de démonstration. Ce ne fut pas au moyen d'une rhétorique savante qu'Antoine réussit à ameuter le peuple contre les meurtriers de César. Ce fut en lui lisant son testament et en lui montrant son cadavre. »

Gustave Le Bon, Psychologie des foules (1895)

 

La patrie

 

« La grande guerre a tué cet esprit salvateur en nos peuples exténués, voilà l’origine historique de notre abdication. Lorsqu’ils revinrent de l’épouvantable tuerie, nos ancêtres firent le bilan. Ils s’aperçurent qu’en somme, ils s’étaient fait tuer par millions pour préserver non leur patrie, mais plutôt les bénéfices de leurs exploiteurs. Paysans catholiques enterrés vivants pour défendre la République irréligieuse ; ouvriers socialistes mitraillés dans les barbelés pour que tournent les usines de leurs patrons ; tous pauvres ou demis pauvres, morts pour les riches et leurs richesses. La confiscation de la patrie par la bourgeoisie avait rendu absurde le patriotisme, sans lequel il n’est pas de fierté vraie pour les humbles. Et sans patrie, sans fierté, la liberté n’est plus qu’un fardeau. »

 

Michel Drac, Essais (2009)

 

 

le plus grand plan social de l’Histoire 

 

« L’économie mondialisée, qui repose sur une division internationale du travail, mais aussi sur la mécanisation et la robotisation, n’a plus besoin des classes populaires occidentales (trop chères, trop protégées), mais d’ouvriers en Chine, en Inde ou en Afrique et de cadres (biens rémunérés) et d’immigrés (sous-payés) aux Etats-Unis et en Europe. L’adaptation des sociétés européennes et américaines aux normes de l’économie-monde passe donc par la mise en œuvre du plus grand plan social de l’Histoire, celui des classes populaires. Cette procédure de licenciement massive n’a pas été annoncée, encore moins négociée. »

Christophe Guilly,

Le crépuscule de la France d’en haut, Flammarion (2016)

 

 A Mafia, Mafia et demi...

 

« En janvier 1988, la mafia colombienne de la drogue, irritée d’être seule mise en vedette, est allée jusqu’à évoquer les autres groupements qui voudraient se faire oublier en la prenant abusivement comme bouc émissaire. Elle déclara : « Nous n’appartenons pas, nous, à la mafia bureaucratique et politicienne, ni à celle des banquiers et des financiers, ni à celle des millionnaires, ni à la Mafia des grands contrats frauduleux, à celle des monopoles ou à celle du pétrole, ni à celle des grands moyens de communication. ». […] Il est juste de convenir que voilà des gens qui savent mieux que d’autres, par profession, de quoi ils parlent. »

                                                                                                                 Guy Debord, 

Commentaires sur la société du spectacle (1988)

 

 

 Traités de libre-échange

 

« Les traités de libre-échange ont souvent été dans l’Histoire le meilleur moyen d’absorber le plus faible sans verser une goutte de sang. Au détour de la première guerre mondiale, quand l’Allemagne a voulu s’emparer de la  Monarchie des Habsbourg, l’Empire Austro-Hongrois, elle lui a proposé une union économique et douanière. Parce qu’elle savait que dans un tel système le plus fort mange toujours le plus faible… sans tirer un seul coup de canon. »

 

Lectures au peuple de France (2014)

 

 

Concurrence libre et faussée

 

" Au milieu des années 1960, en pleine période de décolonisation,  l'Afrique était un exportateur net de denrées alimentaires. L'une des raisons de cette inversion spectaculaire est liée aux conditions d'attribution des prêts du FMI et de la Banque Mondiale, qui exige de ces pays qu'ils transforment leurs cultures pour produire des denrées non-alimentaires destinées à l'exportation, afin de générer une quantité suffisante de devises pour couvrir les intérêts de leur dette. En 1986, le ministre américain de l'agriculture, John Block, affirmait que "l'idée selon laquelle les pays en développement devraient se nourrir eux-mêmes est un anachronisme. Ces derniers assureraient mieux leur sécurité alimentaire en s'en remettant aux produits agricoles américains disponibles, dans la plupart des cas à des coûts plus bas". Block n'a pas mentionné que les produits agricoles américains étaient moins chers uniquement grâce aux subventions massives que le gouvernement des Etats-Unis accorde à ses groupes agro-industriels. Parallèlement, les conditions d'attribution des prêts du FMI et de la Banque Mondiale ne permettaient pas aux gouvernements africains de soutenir de manière analogue leur propre agriculture. "

Gary Leech,

Le capitalisme, un génocide structurel (2012)

 

« Le néo-libéralisme, sous couvert de prôner la "liberté", est un piège involutif. Il glorifie le gladiateur. Tous les efforts des civilisations passées pour domestiquer, pacifier les instincts guerriers, violents et destructeurs de l'homme, pour faire taire son cerveau reptilien... le modèle de civilisation que l'on nous propose aujourd'hui les renie. En vénérant le gladiateur comme modèle social, et en promouvant la concurrence à outrance, les Empereurs balaient l'Histoire, balaient les bons acquis de notre Evolution, et rendent aux mauvais toute leur dimension. Sous leur emprise, nous régressons. »

Stéphanie Aten,

La 3ème guerre (2014)

 

« On attribue à Hippocrate, le père de la médecine, cette sentence : « Que ta nourriture soit ton médicament et ton médicament ta nourriture. » Environ 400 ans av. J.-C. ! Le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle a été plus que détournée par l’industrie agroalimentaire ; l’enquête menée par le journaliste Eric Schlosser sur les bas-fonds de la plus importante industrie américaine, loin devant le pétrole (plus de 100 milliards de dollars annuellement) est terrifiante : « Les aliments sont tellement traités, déshydratés, malaxés qu’ils perdent toute saveur. On ajoute donc des éléments chimiques. Il y a une usine immense, à Dayton, qui ne fait que ça : des arômes. On y fabrique le goût de la viande, le goût de la sauce, des additifs de tout genre. Dans un banal milk-shake fraise, on compte cinquante produits chimiques. Ainsi, le butyrate d’éthyle 2-méthyle a le goût de pomme. Le péridykeltone de méthyle-2 a le goût de pop-corn. Il y a même une usine qui ne fabrique que de l’arôme « fumée » pour donner une saveur barbecue à ce que vous voulez. » Entre les aliments vidés de leurs nutriments et ceux remplis de chimie, comment pourrions-nous rester en bonne santé ? »
                                              Complot mondial contre la santé - Claire Séverac (2011)

 

 

« Le programme du CNR voulait en gros établir une démocratie plus tolérante, plus efficace, plus juste. C’est un programme basé surtout sur la justice. Il préconise, il demande la nationalisation des grands moyens de productions, des banques, des compagnies d’assurances. Il demande l’établissement d’une sécurité sociale qui garantisse à tout le monde un niveau de vie suffisant. Il demande la liberté de la presse surtout vis-à-vis des puissances d’argent. Et en effet dans les premières années après la Libération, un certain nombre de ces recommandations ont été suivies d'effets. Et puis avec le temps, avec les équilibres de forces politiques, on constate maintenant que petit à petit ce qui a été fait par une France exsangue, détruite, malheureuse, pleine des blessures de la guerre est petit à petit détruit, défait par une France qui est maintenant dix fois, vingt fois plus riche qui aurait pu continuer dans cette voie de progrès et qui ne le fait pas ! »

Raymond Aubrac,

 

Emission de radio Des sous et des hommes, Aligre FM 93.1, 1er mars 2005

 

 

« Pour que la France sorte des épineux buissons ardents où elle végète, la première des conditions est qu’elle retrouve sa souveraineté pleine et entière. Toutefois, s’arrêter à cette condition sine qua none, c’est en faire une rose sans parfum. La France doit aussi s’ôter l’épine économique qu’est la création monétaire réservée aux banques, créant un impôt sur l’argent. Elle doit, en outre, s’ôter l’épine a-démocratique qu’est la perte du droit au chapitre du citoyen une fois le bulletin déposé dans l’urne. Parce que, ce ne sont pas ses épines qui protègent la rose…c’est son parfum. »

 

Lectures au peuple de France

 

 

Instruction ou Education ?

 

« Depuis 1932, l’école ne se réclame plus d’un service d’Instruction publique mais d’Education nationale. Les mots disent ce qu’il faut : on ne se contente pas d’instruire, d’apprendre à lire et à écrire, à savoir compter et s’exprimer, on « éduque ». De l’éducation au dressage intellectuel, quelle différence ? »

Jacques Heers,

 

L’Histoire assassinée (2006)

 

 

 

Comment classer Bernard-Henry Lévy ? 

 

« Comment devrait-on classer un Bernard Henri Lévy sur l’échiquier politique quand on classe Alain Soral à l’extrême droite ? Le premier pense appartenir à un peuple élu, le second croit en l’universalité de l’élection, le premier soutient l’Etat le plus racialiste de la Terre alors que le second est pour une réconciliation nationale incluant autant les musulmans, les chrétiens que les juifs « du quotidien ». Comment devrait-on caractériser Bernard Henry Lévy quand il clame qu’Alain Soral traite avec les nazillons du FN alors que lui-même cautionna l’entrée au gouvernement ukrainien de toute une bande de vrais néo-nazis pour le coup ? Ou alors, quand notre humaniste chasseur d’antisémites se refuse à dénoncer la glorification des waffen SS dans les pays baltes ? Oui, comment ? Comment doit-t-on qualifier Bernard-Henry quand on traite Alain Soral d’antisémite alors qu’il énonce qu’une élite communautaire pèse sur l’exécutif français et s’est emparé de la diplomatie française ainsi que de sa liberté d’expression, alors que Bernard-Henry vient d’écrire un livre (L’esprit du judaïsme) où grossièrement il explique que tout ce qui s’est passé depuis 1000 en France est le fait de juifs (de la création de la langue à la révolution et la République) ? Attention à l’inversion accusatoire et aux anathèmes qui nous interdisent de penser. » 

Lectures au peuple de France

 

PIB et destruction

 

« Notre PIB prend en compte, dans ses calculs, la pollution de l'air, la publicité pour le tabac et les courses des ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts de séquoias ainsi que leur remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il comprend la production du napalm, des armes nucléaires et des voitures blindées de la police destinées à réprimer des émeutes dans nos villes. Il comptabilise la fabrication des programmes de télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à nos enfants. En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l'intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ni de notre dévouement envers notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. »

Robert Kennedy,

Discours à l’université du Kansas, 18 mars 1968

 

 

Monnaie Yin

 

« Un bel exemple de monnaie yin est le système japonais du fureai kippu, qui signifie « ticket de soin ». Au lieu de s’en remettre uniquement aux coûteuses maisons de retraite, le Japon a créé cette monnaie afin de fournir des soins à plus de 1,8 millions de personnes âgées ne bénéficiant pas de la protection de l’assurance maladie nationale.

Voici comment ce système fonctionne. Supposons qu’il y ait dans votre rue un homme âgé qui ne soit plus en mesure d’aller faire ses courses lui-même. Vous décidez de les faire à sa place et de l’aider en outre à préparer ses repas et à prendre son bain rituel, lequel bain est un aspect important de la culture japonaise. En échange, vous gagnez des crédits qui peuvent être déposés dans ce que l’on pourrait appeler un compte d’épargne fureai kippu. Vous pourrez retirer ces crédits lorsque vous serez plus âgé, ou il vous est possible de les transférer immédiatement à votre vieille mère qui vit dans une autre ville, afin qu’elle puisse payer quelqu’un pour s’occuper d’elle.

Les études indiquent que les personnes âgées japonaises préfèrent de loin les services fournis par l’entremise de ce système à ceux payés en yen par l’Etat, car ils expriment beaucoup mieux l’essence profonde de ce qu’est un véritable esprit d’entraide communautaire.

Fait intéressant, le mot communauté est dérivé des mots latins Cum munere. Munere signifie « donner » et cum « entre nous », dans ce contexte. Les mots communauté et fureai kippu partagent donc la même signification, soit littéralement « se donner entre nous ». »

 Bruce H. Lipton et Steve Bhaerman, Evolution spontanée (2010)

 

 

Liberté d'expression

 

« Un crime est un crime et une opinion n’est pas un crime, quelque influence qu’on lui impute. Interdire un propos sous le prétexte qu’il peut être nocif ou choquant, c’est mépriser ceux qui le reçoivent et les supposer inaptes à le rejeter comme aberrant ou ignoble. C’est en fait, selon la méthode du clientélisme politique et consumériste, les persuader implicitement qu’ils ont besoin d’un guide, d’un gourou, d’un maître. »

Raoul Vaneigem,

Rien n’est sacré, tout peut se dire (2015)

 

 

La famille

 

« La famille est le bastion de l’autonomie et de la singularité humaines. C’est elle qui reste le principal organe de transmission de valeurs sur lesquelles l’Etat n’a pas de pouvoir. L’Etat peut contrôler ce qui se dit à l’école ou dans les médias, il ne peut rien sur ce qui se dit en famille, une fois la télévision éteinte. Aussi n’est-il pas déraisonnable de voir dans le dérèglement actuel des mœurs et le soutien empressé que les Etats   démocratiques   lui   apportent,   une  guerre  contre  la  famille  comme  institution  naturelle. »

Christophe Buffin de Chosal,

 La fin de la démocratie (2014)

 

Le capitalisme de passager clandestin 

 

« Pour comprendre l’inefficacité foncière du capitalisme de passager clandestin on peut recourir à la métaphore des routes de la Silicon Valley : la Californie est à la fois l’Etat américain dans lequel il est le plus difficile d’augmenter les impôts (pour des raisons législatives) et un de ceux où le nombre de véhicules automobiles privés est le plus important. Résultat : les routes sont en piteux état. Pour le dire de manière lapidaire, les Californiens investissent dans leur voiture, mais pas dans leurs routes. »

Eloi Laurent,

Nos mythologies économiques,

Ed. Les liens qui libèrent (2016)

 

 

Communautarisme

 

« Le communautarisme est une technique anglo-saxonne dont le but est de diviser les individus, par des artifices identitaires ethnocentriques [voire sexuels ou religieux], qui permettent de manipuler l’ensemble de la société, en créant entre eux des barrières artificielles. »

Alain Conny,

 

Il était une fois…un blog, Les éditions du net (2013), p. 40

 

OGM

 

 « Ils ne sont pas à un paradoxe près : ils ont obtenus des gouvernements et des instances de santé que les OGM n’avaient pas besoin d’être testés sous le prétexte qu’ils étaient en tout point pareils à la plante sans gène modifié, et puis ils en réclament le brevet, la propriété, au nom de la différence qu’ils y ont apportée ! Et personne n’y a trouvé à redire ! »

Claire Séverac,

  Complot mondial contre la santé (2011)

 

 

Contre-culture

 

« A la fin des années 60, le sens du terme « contre-culture » était clair. Au modèle de société puritaine et consumériste imposé par leurs gouvernants, la jeunesse occidentale opposait d’autres aspirations et tentait d’inventer de nouvelles règles. La génération Peace and love s’opposait à la guerre du Vietnam et prônait une sexualité sans entrave, le retour à la terre, l’écoute du free jazz et d’une pop music alternative et débridée, la lecture des poètes de la Beat Generation et des philosophies orientales, ainsi que les voyages intérieurs grâce à l’usage de drogues plus ou moins douces. Depuis, cette contre-culture a été peu à peu récupérée et commercialisée par le markéting et la publicité. Les mouvements punk ou Hip Hop, qui ont par la suite brandi les drapeaux de la rébellion, ont suivi le même sort. »

 Jure George Vujic,

Nous n’attendrons plus les barbares, Kontre Kulture (2015), p. 118

 

 

La Dette et l'Euro

 

« Certains politiciens incompétents, menteurs ou les deux à la fois, prétendent que la sortie de l’euro augmentera notre dette. C’est faux ! Selon un principe de droit international appelé Lex Monetae, les dettes seront automatiquement libellées dans la monnaie du pays dans lesquelles elles ont été contractées. Or, 97 % de la dette publique française (2026 milliards) a été émise en contrat de droit français. Donc ces 2026 milliards d’euro de dette se transformeront en 2026 milliards de francs de dette, un point c’est tout. »

Régis Chamagne,

Relève-toi, Editions Astrée (2016), p. 172

 

 

 

Référendum

 

« Il est aujourd’hui possible en France de faire appel au référendum sans que le chef de l’Etat en soit à l’initiative. Cependant, ce référendum est d’initiative non populaire, puisque l’initiative appartient aux députés. Le nombre de 1/5e des députés doit être requis. A cette obligation première doit s’ajouter une caution populaire d’environ 4,5 millions de signatures. Oui, 4.500.000 personnes ! Soit 10 % des électeurs inscrits sur les listes électorales. Et encore, le référendum est rendu caduc si la proposition de loi a été examinée par l’Assemblée nationale dans le délai prescrit. "Examinée" ne voulant pas forcément dire "approuvée", il est donc fort à parier que toute tentative de référendum autre qu’à l’initiative du chef de l’Etat est vaine en France. »

Jérôme Pages,

 

Lectures au peuple de France (2014)