Les Etats-Unis d'Amérique

 

 

Crise boursière de 1929

 

« Il s’agissait bien de "tondre le public". Ce fameux "jeudi noir", tant monté en épingle par tous les médias politiques et économiques, n’était pourtant qu’une péripétie parmi d’autres d’un processus financier de crise, orchestré par des banques, répété en moyenne tous les quinze ans, qui jalonne l’histoire américaine ! On en compta au moins  une  demi-douzaine  au  XIXe  siècle !  Au  début du XXe, la fameuse "panique des banquiers" de 1907, où les actions perdirent 50% de leur valeur en 24 heures permit à J.P Morgan – ayant cautionné certains fonds – de prendre alors le contrôle du système bancaire américain. »

Note de l’Editeur (Sigest)

« Les démocrates qui cherchaient une cible à Washington pointèrent du doigt le Président Herbert Hoover. La déroute boursière, c’était lui ! Il s’avérait un excellent bouc émissaire, contrairement à ces banquiers mondialistes avec leurs ventes massives d’actions et leur assèchement brutal du crédit exécuté par des « hommes de main » grassement récompensés. »

« Il semble naturellement important de savoir qui furent les commanditaires de cette catastrophe du 24 octobre 1929. Il se peut que cette date ait été fortuite, ou bien que le mois n’ait pas été choisi. Pourtant ce mois-là avait bien été choisi pour retirer le maximum de liquidités du marché. Je pense personnellement que le « signal » était venu de l’étranger, car le mouvement massif de vente à découvert s’était produit avant le crash proprement dit, de même qu’après, naturellement. En fait, le sentiment général à Wall Street  était que les trois plus grands donneurs d’ordres à la vente étaient Tom Bragg, Ben Smith et Joe Kennedy.

Tom Bragg n’était qu’un nom pour moi. Quant à Ben Smith, je le voyais chaque jour sur le parquet. Pour ce qui est de Joe Kennedy, venu de Boston, je le rencontrerai plus tard brièvement à une réunion du parti démocrate. Il avait la réputation d’être un homme politique important, très actif dans le secteur de Boston, homme affable s’il en est, mais particulièrement « brutal ». Je crois me souvenir qu’il avait légèrement indisposé Louis Howe et Franklin D. Roosevelt en ne rejoignant le mouvement comme souhaité. Ceci dit, ce fut un donateur généreux pour le parti, ce que me dit Louis par la suite. Ce peu d’empressement pouvait s’expliquer. Imaginez juste un instant :

Supposons que la finance mondialiste européenne et américaine ait décidé que le moment était venu de faire effondrer la Bourse, après avoir pris une position baissière, une véritable « tonte » semble-t-il, tout en éliminant le président Hoover par la même occasion – celle-ci n’aurait jamais eu l’audace de choisir un Rothschild, un Sasoon, un Warburg, un Steff, un Morgan, un Schiff ou un Whitney pour « manier » la tondeuse » ! Il fallait que d’autres provoquent ce crash, d’autres qui étaient dignes de confiance pour mener à bien ces ventes massives, le paravent idéal étant un petit groupe d’Irlandais, aidé par certaines personnes, pour « tondre » le public américain.

Quoi qu’il en soit, l’opération fut menée avec une finesse redoutable et une brutalité inouïe. La destruction n’en fut que plus terrible.

Ben Smith avait un œil de verre et ce handicap donnait l’impression que lorsqu’on le regardait il ne vous voyait pas. Au cours de ces mois tragiques, je vis souvent Ben Smith réunir sa couvée de dix brokers avant que ne sonne la cloche pour la fermeture, pour passer, contre un marché qui essayait de relever la tête, des ventes massives de titres dans tous les secteurs. Le résultat final fut l’affaiblissement du marché qui se répandait dans tout le pays. On ne peut pas dire que ce comportement ait été constructif, et Ben n’était pas populaire auprès des brokers. Il est vrai que la vente à découvert peut se défendre, mais pas lorsqu’il s’agit quasiment d’un acte hostile. La tactique de Ben était foncièrement guerrière. A l’époque, je ne savais pas encore que les plus gros profits et bénéfices sont réalisés rapidement par des banquiers influents et des manipulateurs de crédit, en vendant les titres juste avant un désastre économique, afin de saper la confiance dans le monde financier, ce qui entraîne panique du peuple et guerre entre les nations.

Réfléchissons bien à ce que je viens de dire. Tom Bragg et Joe Kennedy faisaient, de plus, partir les ordres de vente de différents cabinets, ce qui donnait l’impression que la chute était générale dans le pays. Ben Smith, lui, travaillait sur le parquet même. Des trois personnes concernées, toutefois, ce fut Joe Kennedy qui fut le plus important, le plus puissant, et qui retira une fortune de cette opération. Ce service (ou cette opération !) rendit Joe Kennedy inestimable certes pour ses commanditaires, mais il était aussi évident qu’il était contrôlé politiquement par les puissances d’argent. Joe Kennedy n’a-t-il pas été choisi par ces puissances pour vendre massivement à découvert ?

Plus tard, lorsque Kennedy, ambassadeur à Londres, s’exclama dans une phrase célèbre : « On me passera sur le corps ! », voulant par là dire que jamais l’Amérique ne serait entraînée dans une second guerre mondiale, celui-ci fut immédiatement rappelé de son ambassade à Londres pour se retrouver en Floride, afin semble-t-il d’être remis dans le droit chemin. »

 

 

Curtis B. Dall, Franklin D. Roosevelt ou comment mon beau-père a été manipulé (1968)

 

 


People's Party

 

 " En 1890, un nouveau facteur apparaît sur la scène politique des Etats-Unis : après deux décennies de luttes sociales qui les avaient divisés, paysans et ouvriers font cause commune et créent un parti en bonne et due forme, le People's party, le seul "troisième" parti de l'histoire américaine.

 

L'écrivain Ignatus L. Donnelly dénonce, dans le texte d'allocution qui fut prononcé lors de la 1ère convention nationale (juillet 1892), tous les maux de la société américaine, lesquels ressemblent énormément à ceux dont souffrent encore aujourd'hui non seulement les Etats-Unis, mais tout l'Occident : 

  "Nous sommes dans une nation qui a été emmenée au bord de la ruine morale, politique et matérielle. La corruption domine les urnes, les assemblées législatives, le Congrès, et elle entache toutes les toges de la Cour. La population est démoralisée, la presse soudoyée et bâillonnée, l'opinion publique réduite au silence, les affaires muselées, nos foyers suffoqués par les hypothèques, le travail appauvri, la terre concentrée dans les mains des capitalistes."

 

La nouvelle coalition honore son premier rendez-vous électoral en 1892, mené par le vieux général confédéré J.B. Weaver qui dénonce : "Une ploutocratie audacieuse et agressive a usurpé le gouvernement, et elle est en train de l'utiliser comme un gendarme pour imposer ses décrets insolents. Elle a rempli le Sénat de ses affidés et contrôle même la branche populaire du Congrès (...)".

 

En 1896, celui-ci manque la victoire d'à peine 500 000 voix, malgré des manoeuvres électorales honteuses et des financements accordés à profusion aux adversaires des populistes."

 

Lucas Gallesi, Il était une fois l'économie (2012 ; 2015 trad. française)



Iroquois et rôle des femmes

 

« La raison pour laquelle les sociétés amérindiennes n’avaient ni roi, ni noblesse, c’était que leur culture était à peu près égalitaire et que les ressources de la tribu étaient distribuées en fonction des besoins, non de la classe sociale. Et cette raison avait pour nom le Conseil des grand-mères.

 

La culture amérindienne percevait la planète, les plantes et la terre comme étant de caractère féminin. Puisque les femmes âgées étaient les plus proches de ce qui est essentiel à la vie, à savoir la culture et la préparation des aliments, l’accouchement et les soins aux enfants, ainsi que les diverses tâches communautaires, il était évident pour les hommes de reconnaître le pouvoir des femmes.

 

Pour les Amérindiens, l’unité de base du gouvernement était le clan, habituellement dirigé par une femme d’un certain âge. Les clans possédaient collectivement leurs biens et les utilisaient en vue de produire suffisamment de nourriture pour l’ensemble de leurs membres. Politiquement, les Iroquois avaient compris la nécessité pour les femmes et les hommes d’atteindre à l’unité et de travailler ensemble dans l’équilibre et l’harmonie. Les femmes plus âgées, membre du Conseil des grands-mères, détenaient le vrai pouvoir politique ainsi que le pouvoir exclusif de choisir le chef ou de le destituer pour compétence ou faute grave. C’était même les femmes qui prenaient en dernier la décision d’entrer ou non en guerre.

 

Pour éviter de trop exalter l’influence des femmes, signalons que les hommes iroquois acceptaient parfois difficilement d’accorder aux femmes le droit de décider du moment d’entrer en guerre. Ils se plaignaient que les femmes voulaient trop souvent les envoyer à la guerre ! N’oubliez pas que même si l’existence de la Confédération iroquoise empêchait la guerre entre ses tribus confédérées, des conflits éclataient avec les tribus voisines qui se livraient au rapt d’enfants. Les femmes avaient donc une furieuse envie de venger ces enlèvements. En outre, les femmes éprouvaient et exprimaient une plus profonde douleur devant la perte de leurs maris et de leurs fils, ce qui se traduisait également par des appels à la vengeance et à la guerre.

 

Lorsque les femmes n’étaient plus en âge de procréer, elles devenaient des mères de clan ; certaines devenaient aussi des guerrières. Elles accompagnaient souvent les guerriers lorsqu’ils allaient au combat, afin de s’assurer qu’ils tuaient suffisamment d’ennemis et qu’ils ne se dérobaient pas à leurs obligations. Certains rapports indiquent que les guerriers faisaient des prisonniers et les remettaient aux femmes pour qu’elles les tortures. On a demandé à un Chef pourquoi il faisait cela et il a répondu : « Pour qu’elles se lassent de la guerre. »

 

Fait intéressant à signaler, même si cela n’a rien d’étonnant, le contact avec les cultures autochtones a peut-être joué un rôle dans la naissance du mouvement des femmes en Amérique. La chercheuse Sally Roesch Wagner, l’une des premières femmes à avoir reçu un doctorat en études sur la condition féminine, rapporte que deux des fondatrices du mouvement pour le droit des femmes à la fin du XIXe siècle, Susan B. Anthony et Elizabeth Cady Stanton, avec des contacts déterminants avec des Iroquoises. »

 

Histoire des Banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)
Histoire des Banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)


Création monétaire

 

« En 1763, l’homme d’Etat américain, Benjamin Franklin (1706-1790) visita Londres, où il fut choqué en voyant les quartiers misérables et la pauvreté grandement répandue. Lorsque le parlement britannique demanda à Franklin d’expliquer l’origine de la prospérité des colonies américaines, il répondit ceci :

 

« C’est très simple. Aux colonies nous émettons notre propre monnaie. Elle s’appelle l’effet colonial. Nous l’émettons en proportion des besoins du commerce et de l’industrie pour faciliter l’échange des producteurs aux consommateurs. De cette manière, créant nous-même notre propre monnaie, nous contrôlons son pouvoir d’achat, et nous n’avons pas d’intérêt à payer à quiconque. »

 

L’année suivante, en 1794, la Banque d’Angleterre introduisit la Currency Bill (Loi sur la monnaie) qui restreignit sévèrement le droit des colonies à émettre leur propre monnaie et interdit de fait son statut légal pour le paiement des dettes publiques et privées. A la place, la banque les força à émettre des bons du trésor portant intérêts et à les vendre à la Banque d’Angleterre afin d’obtenir en échange de la monnaie anglaise. Par la suite, seule la moitié de la monnaie fut remise. Cette loi eut pour conséquence de faire chuter l’économie des colonies et en un an, plus de la moitié de la population se retrouva au chômage et sombra dans la pauvreté. Le Stamp Act de 1765 (le droit de timbre) voté par le parlement britannique fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, mais l’abolition de la monnaie coloniale fut la cause première de la révolution américaine. »

 

La société de l'indescence, Stuart Ewen (2014)
La société de l'indescence, Stuart Ewen (2014)

 

Education

 

"Historiquement, les liens entre alphabétisation et démocratie sont inséparables de la notion d'une population cultivée, ayant une bonne connaissance des questions qui touchent son existence et dotée d'outils lui permettant de participer activement à la réflexion publique et au changement social. Les luttes du XIXe siècle pour l'alphabétisation et l'éducation n'ont jamais été limitées à la capacité de lire. Elles se rapportaient également à l'apprentissage de l'écriture. Donc à l'augmentation du nombre et de la diversité de voix pouvant s'exprimer dans les échanges et les débats publiés.

Ce lien est flagrant dans la vie de Frederick Douglass (homme politique et écrivain américain du XIXe siècle), qui a relaté à maintes reprises un incident d'enfance. La maîtresse de la plantation où il était esclave commença à lui apprendre à lire. Lorsque son mari découvrit cet écart de conduite, il la réprima sévèrement. Elle avait, ainsi que Douglass l'expliquait, violé "la véritable philosophie de l'esclavage et les règles spécifiques devant être observées par les maîtres et les maîtresses dans la gestion de leur cheptel humain". Cet épisode éclaircit un "mystère douloureux pour Douglass, en expliquant comment l'analphabétisme forcé consolidait "le pouvoir de l'homme blanc de perpétuer l'esclavage de l'homme noir". Douglass emporta avec lui cette leçon lorsqu'il s'enfuit pour la liberté vers le nord. Il devint non seulement un lecteur assidu mais, ce qui est plus important, un écrivain, le principal abolitionniste noir. L'écrit était l'outil primordial de la connaissance publique. Au XIXe siècle, savoir lire ET ECRIRE était essentiel pour les Afro-américains s'ils voulaient participer au débat contre l'esclavage."

 

Comprendre le pouvoir, Noam Chomsky
Comprendre le pouvoir, Noam Chomsky

 

Propagande capitaliste

 

"La population américaine était très sociale-démocrate après la guerre (2e G. mondiale) -elle était très en faveur des syndicats, de plus d'intervention du gouvernement dans la réglementation de l'industrie, probablement la majorité pensait même que l'industrie devrait être publique- et le milieu des affaires en était terrifié, ils étaient morts de peur. Dans leurs publications, ils écrivaient des choses comme : "Nous avons cinq ou six ans à peu près pour sauver le système des entreprises privées." Une de leurs actions a consisté à lancer aux Etats-Unis un vaste programme de propagande visant à inverser ces attitudes. A l'époque, cela faisait partie de ce qu'on appelait "la bataille perpétuelle pour l'esprit des hommes", qui doivent être "endoctrinés par le discours capitaliste"; je cite mot pour mot les écrits des relations publiques. Donc au début des années 1950, l'Advertising Council dépensait des sommes exorbitantes pour une propagande en faveur de ce qu'ils appelaient "the American way". Le budget des relations publiques pour l'Association nationale des fabricants a été, je crois, multiplié par vingt. Environ un tiers des manuels scolaires étaient fourni par des entreprises, vingt millions de personnes se sont retrouvées chaque semaine à visionner des films de propagande traitant des relations au travail. Ils ont poursuivis avec les "méthodes scientifiques pour briser les grèves" développées à la fin des années 1930 : consacrer des ressources considérables à la propagande plutôt qu'aux Goon Squad et aux casseurs de genoux. Et tout cela était lié à la croisade "anticommuniste" à l'époque -voilà le véritable sens de ce que l'on appelle le "maccarthysme", commencé bien avant l'implication de Joseph McCarthy et vraiment lancé par le milieu des affaires, les membres libéraux du Parti démocrate, etc. C'était une manière d se servir de la peur et du chauvinisme pour tenter de saper les droits des travailleurs et le fonctionnement de la démocratie."

 

JFK, 11-septembre, 50 ans de manipulations, Laurent Guyénot (2014)
JFK, 11-septembre, 50 ans de manipulations, Laurent Guyénot (2014)

 

Lobby

 

"Son soutien au sionisme n'assura pas seulement à Truman [Président des Etats-Unis de 1945 à 1953] une place dans l'histoire sacrée du peuple juif, tel un nouveau Cyrus ; il lui rapporta également deux millions de dollars pour relancer sa campagne, si l'on en croit un jeune journaliste bien informé de l'époque, du nom de John Kennedy.

John Kennedy reçut lui aussi une offre d'aide financière du lobby israélien, durant sa campagne présidentielle de 1960. Il résuma ainsi, à son ami journaliste Charles Bartlett, la proposition que lui fit le mécène Abraham Feinberg : "Nous savons que votre campagne est en difficulté. Nous sommes prêts à payer vos notes si vous nous laissez le contrôle de votre politique au Moyen-Orient." Kennedy se promit, se souvient Bartlett, que, "si jamais il devenait président, il ferait quelque chose pour changer ça". En 1962-63, il soumit sept projets d loi pour réformer le financement des campagnes électorales du Congrès ; toutes furent combattues avec succès par les groupes d'influence qu'elles visaient.

Parallèlement, avec l'appui de l'Attorney General Robert Kennedy, le sénateur William Fulbright, chairman du Committee on Foreign Relations, conduisit un audit sur "un nombre croissant d'incidents impliquant des tentatives par des gouvernements étrangers, ou leurs agents, pour influencer la politique étrangère américaine hors des canaux diplomatiques normaux". La commission sénatoriale exigea qu'en vertu de son financement par l'Etat d'Israël, l'American Zionist Council soit enregistré comme "agent étranger" et soumis aux obligations définies par le Foreign Agent Registration Act de 1938. L'enquête fut stoppée nette par l'assassinat de Kennedy. L'American ZIonist Council échappa au statut d'agent étranger en se renommant American Israël Public Affair Committee (AIPAC)."

 

Jfk, 11 septembre, 50 ans de manipulations, Laurent Guyénot (2014)
Jfk, 11 septembre, 50 ans de manipulations, Laurent Guyénot (2014)

 

Manipulation mentale

 

"Le mystère Sirhan s'est éclairci dans les années 1970, avec les révélations de la Commission Church et la déclassification de plus de 18000 pages de documents CIA. Il apparut que l'Agence [la CIA] avait initié en 1950-51 plusieurs programmes d'expérimentation en manipulation mentale, sous des noms tels que Bluebird ou Artichoke. En 1953, durant la guerre de Corée, ces programmes furent intégrés dans le projet MKULTRA (pour Mind Kontrolle ultra-secret), dirigé depuis le Technical Sevice Staff. Ce projet incluait l'expérimentation de drogues, hypnose, électrochocs et implants d'électrodes dans le cerveau.

La légitimation officielle de ce programme inspiré par les docteurs nazis était de percer le mystère du "lavage de cerveau" prétendument pratiqué par les communistes, et ainsi obtenir, selon les termes d'un mémorandum de Helms adressé à Dulles le 3 avril 1953, "une connaissance approfondie du potentiel théorique de l'ennemi, afin d'acquérir la capacité de nous défendre contre un ennemi qui a peut-être moins de retenu que nous dans l'usage de ces techniques". Autrement dit : vaincre l'ennemi par les moyens diabolique dont on l'imagine capable. En Allemagne, au Japon, en Corée et plus tard au Vietnam, le docteur Sidney Gottlieb et ses associés expérimentèrent sur des prisonniers ces techniques d'interrogatoire combinées avec des tortures classiques. Sur le territoire national, Gottlieb associa secrètement à sa recherche 3 institutions pénitentiaires, 12 hôpitaux, 15 instituts ou compagnies pharmaceutiques et 44 universités. De nombreux prisonniers, patients et étudiants servirent notamment de cobayes pour des expériences au LSD, une molécule récemment mise au point par les laboratoires Sandoz en Suisse, et dont la diffusion sur les campus dans les années 60 doit beaucoup à la CIA.

Avec la protection et le financement de la CIA, le docteur Ewen Cameron, psychiatre renommé (président de l'Américan Psychiatric Association), se livra dans sa clinique de Montréal à des expériences ayant pour but d'effacer totalement la personnalité humaine de ses patients pour la reprogrammer.

 

Grammaire des civilisations, Fernand Braudel (1963)
Grammaire des civilisations, Fernand Braudel (1963)

 XVIIe siècle, Victoire anglaise par peuplement


"Dès l'instant qu'il y avait sur ce continent un million d'Anglais, contre à peu près 70000 Français, la cause était entendue, même si la fortune des armes avait, à Québec, souri à Montcalm (1759). Bien avant Voltaire, la colonisation et surtout le peuplement n'était pas le souci essentiel du pouvoir [français]. A la crainte de la dépopulation de la France, mal fondée, s'ajoutaient les difficultés et soucis internes. Si bien que, compte tenu de l'importance respective des deux pays, il est parti d'Europe environ 30 Anglais pour 1 Français. Etrange disproportion des causes et des effets : si la langue anglaise et la culture qui l'accompagne dominent le monde aujourd'hui, c'est parce que quelques bateaux ont, tous les ans, transportés d'infimes contingents de personnes, au reste en majorité illettrées." (Alfred Sauvy)

Une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn.
Une histoire populaire des Etats-Unis, Howard Zinn.

 

Blancs et Indiens

 

"Dans les années 1820, juste avant que Jackson n'accède à la présidence des Etats-Unis et après la guerre contre les Creeks, les Indiens du Sud et les Blancs s'étaient souvent installés à proximité les uns des autres et vivaient plutôt pacifiquement dans un environnement naturel qui semblait suffire à subvenir aux besoins de tous. Ils commençaient à partager des problèmes communs, une certaine familiarité se développait ; les blancs étaient autorisés à visiter les communautés indiennes et les Indiens étaient souvent reçus chez les Blancs. Des individus vivant sur la Frontière, tels David Crockett et Sam Houston, étaient issus de cet environnement et nombre d'entre eux, à l'inverse de Jackson, devinrent des amis fidèles des Indiens.

Les pressions qui conduisirent au déplacement ne furent pas le fait de ces Blancs pauvres de la Frontière qui voisinaient les Indiens. Elles accompagnèrent en réalité l'industrialisation et le commerce, la croissance démographique, l'essor du chemin de fer et des villes, la hausse de la valeur de la terre et la cupidité  des hommes d'affaires. Les leaders des partis politiques et les spéculateurs fonciers manipulaient l'agitation grandissante. La presse et la religion excitaient la frénésie. Cette frénésie devait entraîner la mort ou l'exil pour les Indiens, l'enrichissement pour les spéculateurs fonciers, et un pouvoir accru pour les politiciens. Quant au Blanc pauvre de la Frontière, il n'étaient qu'un pion, utilisé dans les premiers engagements violents et sacrifié ensuite."

Histoire et mystifications, Michael Parenti (1999)
Histoire et mystifications, Michael Parenti (1999)

 

Intérêts du Président

 

"Salué comme quelqu’un qui faisait le bien, Herbert Hoover [président des Etats-Unis du 4 mars 1929 au 4 mars 1933] s’est surtout fait du bien. Souvent décrit comme un « ingénieur », il était en fait un multimillionnaire possédant des entreprises commerciales en Birmanie, au Nigeria, en Australie, en Afrique du Sud, au Nicaragua, aux Etats-Unis et en Russie Tsariste. Avant la première guerre mondiale, il avait pris des intérêts majeurs dans pas moins de 11 sociétés pétrolières russes, ainsi que des concessions importantes dans les mines, les chemins de fer… Si la révolution d’Octobre [en Russie en 1917] n’avait pas eu lieu et si le gouvernement bolchévique n’avait pas annulé ses vastes concessions, Hoover aurait été l’un des premiers milliardaires du monde. Motivé par le souci de placements personnels, un intérêt de classe plus général ou un conservatisme idéologique, ou un mélange de ces éléments, il a manifesté une opposition militante, inébranlable au communisme et à des réformes susceptible de limiter les prérogatives de l’entreprise privée. Il est demeuré un fervent partisan des campagnes militaires contre la Russie soviétique. "