Henry Kissinger

Henry Kissinger fut conseiller à la sécurité nationale américaine du 20 janvier 1969 au 3 novembre 1975, et Secrétaire d'État du gouvernement républicain du 22 septembre 1973 au 20 janvier 1977 sous les présidents Richard Nixon et Gerald Ford.


  J'aurais pu retenir  le cas des Kurdes irakiens qu'il encouragea vicieusement à prendre les armes en 1974 et 1975, contre Saddam Hussein. Après que Saddam eut conclu un accord diplomatique avec le chah d'Iran, ces Kurdes furent, délibérément livrés à l'extermination. Les conclusions du rapport d'Otis Pike -un membre du Congrès Américain- révèlent la froide indifférence de Kissinger envers la vie humaine et les droits de l'homme. Ces faits relèvent néanmoins d'une realpolitik perverse, et ne contreviennent à aucune loi connue.

J'aurais pu rappeler la façon dont Kissinger a couvert le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Il s'agit d'un dossier moralement abject, aux répercussions terribles, dont la déstabilisation de l'Angola voisin. Ce n'est, cependant, il nous faut le reconnaître, qu'un épisode particulièrement sordide de la guerre froide. Cette politique, dans ses grandes lignes, aurait été identiques quels que fussent l'Administration américaine en place, le responsable du NSC [Conseil de la sécurité nationale américaine], ou le secrétaire d'Etat.

J'aurais pu évoquer la manière dont Kissinger a dirigé la Comission présidentielle sur l'Amérique centrale, au début des années 80. Cette commission, nommée par le lieutenant-colonel de marine, Oliver North, a blanchi les activités d'un commando de la mort dans la région.

Et que dire, enfin, de la protection politique que Kissinger accorda à la dynastie Pahlavi en Iran quand celle-ci régnait par la torture et la répression ? La liste pourrait être longue, très longue [...].

Je ne les ai donc pas retenues. Je me suis attaché à l'analyse des seuls crimes qui peuvent - qui devraient- légitimer un acte d'accusation précis, qu'ils découlent ou non d'une "politique générale".

Voici la liste:

1. L'assassinat collectif, délibéré et à grande échelle, de populations civiles en Indochine.

2. La collusion délibérée en vue d'un meurtre collectif et massif, et plus tard d'individus isolés, au Bengladesh.

3. La planification de l'assassinat d'un officier supérieur d'une nation démocratique -le Chili- contre laquelle les Etats-Unis n'étaient pas en guerre.

4. l'implication personnelle dans un projet visant à assassiner le chef d'Etat d'un pays démocratique : Chypre.

5. L'incitation et le soutien d'un génocide au Timor Oriental.

6. L'implication personnelle dans un plan conçu pour kidnapper et assassiner un journaliste vivant à Washington DC.

Article de Lectures au peuple de France (Septembre 2013)
Article de Lectures au peuple de France (Septembre 2013)

 

Henry,

un ami qui vous veut du bien.

 

 Lors d’une de ses multiples conférences, monsieur François Assélineau, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR), a démontré, par un travail approfondi et sourcé, la mainmise de l’Empire anglo-saxon, et américain en particulier, sur les résultats du prix Nobel de la paix.

 

« COMPLOTISTE ! », beugleront les voix dominantes !

 

 Oui, il est aujourd’hui de mise, dans notre pays, d’être traité de complotiste dès que l’on soumet une opinion compromettant l’Empire, comme on suspecte ostensiblement d’être antisémite ceux qui osent critiquer la politique colonialiste israélienne. L’oligarchie politico-médiatique et sa machine de propagande formate le petit peuple en affublant la dissidence de tels préjugés, annihilant tout débat.

 

Comme, d’après un éminent prix Nobel de Physique, il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé, laissons alors ce dernier de côté et attachons-nous aux faits, seuls garants de la vérité. Confrontons la démonstration Assileaunienne à un prix Nobel de la paix choisi au hasard dans l’Histoire. Mais, quelle année choisir ? Le hasard vous dis-je, le hasard, ce fameux déguisement que prend Dieu pour voyager incognito. Donc au hasard…ma date de naissance…1973. Oui, je sais le temps a déjà fait son œuvre.

 

1973….euh….1973 ? Evidemment ! Le grand, que dis-je, l’éminent Henry Kissinger ! Merci, oh vénérable hasard. Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard comme l’écrivait notre cher Honoré de Balzac dans La vendetta.

 

La postérité, dictée par l’autobiographie d’Henry et par l’Histoire officielle (celle des vainqueurs) retint qu’Henry mit fin à la guerre du Vietnam en signant les accords de paix de Paris en 1973, et permis ainsi au monde de vivre dans la quiétude et l’harmonie. Il y eut donc un avant et un après Henry.

 

Vraiment un complotiste cet Assélineau !

 

Un homme qui d’autorité met fin à une guerre meurtrière et barbare (un euphémisme, un !) mérite au moins le prix Nobel de la paix, un prix sensé récompenser par définition « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». On est dans les clous. Fermez ce rideau complotiste, il n’y a rien à voir !

 

Sauf que…oui, il y a un sauf…sauf qu’une fois de plus, la véritable Histoire n’est pas tout à fait celle rapportée dans les livres scolaires. Sûrement un problème à l’impression. Un problème certes récurrent. « Y a-t-il une histoire impartiale ? Comment un historien juge-t-il qu'un fait est notable ou non ? Il en juge arbitrairement », proclamait à juste titre Anatole France…prix Nobel de Littérature.

 

Ne jugeons pas le Henry post 1973, en effet ce n’est pas pour cette période que lui a été décerné ce prix. Donc, ne parlons pas de celui qui a protégé le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ne parlons pas non plus de cet homme qui usant de reapolitk, sa patte diplomatique, envoya les Kurdes irakien se faire massacrer.  Et, derechef, ne parlons pas de son feu vert donné au génocide perpétré en 1975 par la junte indonésienne au Timor oriental pendant qu’officiellement l’administration américaine proclamait mielleusement par voie de presse que « Les Etats-Unis sont toujours inquiets lorsqu’il y a usage de la violence. Le président espère que la situation pourra être résolue pacifiquement. ». Enfin, mettons provisoirement de côté son implication dans la création du plan « Condor », réseau de chasse aux opposants dans six dictatures militaires d’Amérique latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine) qui s’étale sur la décennie 70. Oui parce que croyez-vous qu’un petit groupe de personnes, qui votent une fois l’an pour le nouveau prix Nobel de la paix ont le temps de statuer sur la légitimation des précédents prix Nobels ? A priori, l’éthique que devrait leur conférer une telle responsabilité, devrait les inciter à vérifier les pédigrées futurs de leurs têtes de gondole. Non mais voyons, eux, s’abaisser à faire du service après-vente, tu t’es cru chez Darty ou quoi ?

 

Respectons donc cette noble institution et Henry en s’attachant uniquement à la vie d’avant son élection au Nobel et à ce pour quoi il a été distingué. Ecrivons, juste, qu’en 1968 le président américain démocrate Johnson s’était mis à la table des négociations avec les Vietnamiens du sud (ses alliés) et les Vietnamiens du nord pour leur proposer un plan de paix. Les conditions de ce plan semblaient satisfaire tous les belligérants. Mais, c’était sans compter sur les obscures manipulations d’Henry. Ce dernier, après avoir mangé à différents râteliers -il est aussi difficile de trouver des convictions politiques chez cet homme que de traverser une ville française vierge de tout panneau publicitaire-, avait jeté son dévolu sur le candidat républicain Nixon. Les élections approchant, il n’était point question que le président sortant (Johnson) et son poulain (Humphrey) profitent de retombées électorales qu’engendreraient un populaire accord de paix. Cela rappellera à certains des histoires de libérations d’otages à des dates opportunes. Henry prit donc contact avec les sud Vietnamiens pour qu’ils refusent les conditions du plan de paix (qu’ils semblaient en passe d’accepter) sous le prétexte qu’un gouvernement américain républicain dirigé par Nixon leur serait beaucoup plus favorable à l’avenir. De paix, il ne fut plus question. Nixon fut élu, et Henry devint son conseiller à la défense national. Plus de quatre ans plus tard Henry signa -Nixon étant embourbé dans le scandale du Watergate- les accords de paix au Vietnam avec quasiment les mêmes conditions que proposait le gouvernement Johnson. Entre temps, des milliers d’hommes sont morts. « On sait que 20763 soldats américains, 109230 soldats du Vietnam sud et 496260 soldats du nord ont perdu la vie en Indochine entre le jour où Nixon et Kissinger sont entrés en fonction et le jour de  1973 où ils retirèrent les forces américaines et acceptèrent la logique de 1968 », écrivait le journaliste anglais Christopher Hitchens dans son livre fort documenté Les crimes de monsieur Kissinger.

 

Durant cette période mortifère Henry participa fortement -en utilisant les méthodes de l’Etat profond cher à Peter Dale Scott- à étendre le conflit vietnamien aux pays voisins que sont le Laos et le Cambodge, notamment en envoyant l’armée américaine bombarder massivement ces contrés. Un petit ordre de grandeur, le nombre des bombes lâchées en cette occasion fut largement supérieur à l’ensemble de celles lâchées par cette même armée lors des évènements de la Seconde guerre mondiale. Le déluge de bombe s’abattant sur Dresde, la «Florence de l'Elbe», en février 1945, aurait presque l’allure d’une simple ondée à côté de la submersion subie par les cambodgiens.