Histoire du monde

 

"Y a-t-il une histoire impartiale ? Comment un historien juge-t-il qu'un fait est notable ou non ? Il en juge arbitrairement." 

Anatole France 

L'Esclavagisme

 

Le texte suivant n’a pas pour objet de participer à l’improductif concours victimaire, mais bien de prendre un peu de hauteur en donnant à montrer que l’esclavage fut malheureusement une des choses les plus partagées de l’histoire humaine, et ce, quelle qu’en soit la pigmentation. En outre, nous rappelons à bon escient que la culpabilité n’est pas héréditaire…comme le mérite d’ailleurs :

 

 

« Jusqu’à aujourd’hui, la France, disons plutôt l’Etat français ne reconnaît que deux génocides : celui de l’Allemagne d’Hitler contre les Juifs et celui des Arméniens par les Turcs en 1895-1896 et 1915-1916. Ce sont des crimes commis à l’étranger par des puissances étrangères et des régimes politiques qu’il convient de dénoncer. Pour la France et son passé, les législateurs demeurent plus circonspects. Si hésitants même qu’on les pourrait croire mal renseignés, peu attentifs ou bien mal inspirés pour conduire leurs lectures. Ils ne savent rien de la sinistre campagne du Palatinat au temps de Louis XIV : pays à feu et à sang pour seulement faire souffrir, villes et campagnes ravagées. Rien non plus de la Terreur à Paris et des massacres à Nantes et à Lyon. Les travaux de Reynald Secher sur les guerres de Vendée, enquêtes solides, indiscutables et appréciées de tous les spécialistes ont valu à son auteur de n’être jamais élu par les conseils ou commissions de nos universités indépendantes pour y tenir une chaire de professeur.

 

L’Etat français a décidé qu’on ne pouvait charger de telles responsabilités un homme qui démontrait l’existence d’un génocide vendéen, génocide non de hasard, sous le coup des combats mais programmé par les responsables politiques du moment. Vous pouvez publier les instructions de la Convention et du Comité de Salut Public, tous les procès-verbaux des généraux républicains qui revendiquaient haut et clair ces crimes abominables, rien n’y fait. Pas de génocide au nom de la République.

 

La seule condamnation prononcée contre des Français le fut par la loi votée en Assemblée Nationale le 10 mai 2001. Il faut dire que l’on prenait bien soin de remonter à l’Ancien Régime et de bien cibler l’accusation. Ce fut contre l’esclavage reconnu « crime contre l’Humanité ». Démarche certes audacieuse si l’on considère que, dans un passé plus ou moins lointain, tous les peuples, toutes les communautés ethniques et religieuses qui forment cette humanité ont pratiqué l’esclavage et commis le crime. Il n’est pas certain que nos élus aient, un seul instant, pris mesure de leur ignorance et n’aient agi que par manque de réflexion et niaiserie humanitaire. L’important était, comme toujours, l’effet d’annonce. Les sénateurs, mieux conseillés peut-être, ont rectifié et mieux précisé une condamnation qui, bien trop générale, risquait de faire de la peine à nos peuples amis d’Afrique et d’Asie. Ils décidèrent que n’était crime contre l’humanité que les traites négrières. Personne ne devait s’y tromper, on ne voulait parler que des Français et des Anglais, seuls responsables du « dépeuplement de l’Afrique ».

 

Fruit d’une simple gesticulation politique, ces lois partisanes, qu’aucun autre pays n’avait encore songé à faire voter par de doctes assemblées, ne faisaient que donner l’autorité d’un acte public, à une vue grossière et fallacieuse des faits, imposés depuis longtemps contre toute vérité historique, contre toute évidence même. Pour ne déplaire à d’autres nations et, tout particulièrement, par souci de ne charger les pays d’Islam de quelque péché que ce soit, on ne voulait, par une sorte de consensus, parler que des Noirs arrachés à leurs racines et tenus en servitude par des Blancs. On se gardait aussi de dire que ces esclaves étaient razziés et vendus aux trafiquants par d’autres Noirs et que ces razzias et toutes formes d’esclavage étaient pratiquées, sur une très grande échelle, dans ces pays du « Soudan » bien avant l’arrivée des Européens.

 

C’est aussi ne rien vouloir savoir de l’esclavage entre Blancs qui, dans l’ancien monde, de l’Orient à l’Occident, remontait à des temps très anciens et s’était maintenu en divers pays pendant des siècles. Nos sénateurs n’avaient jamais admiré les groupes d’esclaves sculptés par Michel Ange, tous Blancs. Ni ceux du piédestal de la statue d’Henri IV sur le Pont-Neuf, œuvre de Pierre Francheville. Et pas davantage les bas-reliefs du monument à la gloire de Louis XIV, sculpté par Martin Desjardins, que l’on peut admirer sur la place des Victoires ou le célèbre Cheval arrêté par les esclaves où Géricault (Musée de Rouen) montre trois esclaves Blancs parfaitement distincts. Dès les premiers temps, avant de fréquenter les marchés d’au-delà des déserts d’Afrique, les Arabes, les Egyptiens et les Musulmans en général ont razzié ou acheté des esclaves blancs dans tous les pays conquis. Les guerres, la piraterie et les chevauchées entre Chrétiens et Musulmans, sur mer et sur terre, jetaient en servitude des troupes d’hommes, de femmes et d’enfants tous blancs. De l’an mil ou environ, jusqu’aux dernières décennies du XVe siècle, les villes de Catalogne, de Provence, d’Italie surtout, comptaient un grand nombre d’esclaves domestiques, captifs de guerre ou achetés en Orient, à Constantinople où à Chio et dans les ports de la mer Noire.

 

Ces escroqueries intellectuelles sont délibérément préparées puis imposées par une volonté politique qui décide de ses choix et prétend, au nom d’une idéologie, d’intérêts immédiats, d’une complaisance diplomatique, écrire et réécrire l’Histoire. Il n’était nul besoin d’une loi. L’Etat tenait depuis longtemps l’opinion bien en main, pesant par toutes sortes de moyens, imposant le correct, ou plutôt le « conforme », à tous moments, sans crainte d’échouer. Que plusieurs ouvrages de qualité, solidement documentés, accessibles depuis des années, disent le contraire ou prennent soin de compléter, est sans importance. Sont seuls coupables de crimes les armateurs et marchands de France et d’Angleterre, les financiers d’avant le Révolution. Et l’on fait croire que Nantes, la Rochelle, Bordeaux et Bristol n’ont connu de réelle prospérité que par ce trafic infâme. Et l’on parle à peine des Portugais bien plus actifs, petites gens, Juifs et Lusitaniens du Cap Vert et de Sao Tomé qui furent les pionniers puis, de très loin, les principaux acteurs de la traite. Et pas du tout des Américains du Nord qui ne se contentaient pas de voir s’ancrer dans leurs ports les navires négriers de France ou d’Angleterre mais à Newport et à Charleston armaient régulièrement des dizaines de bâtiments pour la côte d’Afrique et embarquaient, pour le troc, des centaines de tonneaux de rhum, produits des distilleries qui, installées sur la côte même, ne travaillaient que pour la traite africaine. Quant aux Musulmans, mieux vaut se taire : ce serait du racisme. »

  

 

Jacques Heers, l’Histoire assassinée (2006)

 

La Guerre froide

 

 

La Guerre froide

 

« La « Guerre froide » était déjà annoncée en 1947 dans un discours du conseiller influent des présidents, le financier Bernard Baruch, qui agita la prétendue menace communiste comme argument contre la vague de revendications ouvrières d’après-guerre. Baruch en appela à l’unité entre travail et capital, à des semaines de travail plus longues, exigea la promesse des syndicats de ne pas faire de grève, car « aujourd’hui nous sommes au milieu d’une guerre froide ».

La « menace soviétique », largement inventée, et en tous cas exagérée, fut utilisée à la fois pour pomper des crédits du Congrès pour le pentagone et pour apprivoiser le mouvement syndical, en utilisant la culpabilité par association de certains syndicats avec un Parti communiste des Etats-Unis, qui n’a jamais représenté une menace, sinon pour la ségrégation raciale dans le Sud, ségrégation qu’il a continué à combattre dans la clandestinité. »

 

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015) 

 

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Le Moyen-Orient


Arabie Saoudite, origines

 

« La Grande-Bretagne d’abord et les Etats-Unis ensuite ont apporté tout leur soutien à l’Arabie saoudite et à la vision rétrograde de l’islam que ce pays défend : le wahhabisme. Une attention toute particulière a été portée à ce courant religieux dès sa création au 18è siècle par le religieux Mohammed ben Abdelwahhab, lui-même soutenu par Mohammed Ibn Saoud, un prince de la péninsule arabique. Avec ces deux familles, l’une porteuse d’un nouveau coura...nt musulman, l’autre avide de pouvoir, Londres voyait une belle occasion d’affaiblir l’Empire ottoman en y créant des divisions.
C’est ainsi qu’au début du 19e siècle, Abdulah Ibn Saoud et le petit-fils d’Abdelwahhab tentèrent un soulèvement. Accusant les chiites de diviniser Ali, quatrième calife et gendre du prophète Muhammad, les deux compères allèrent jusqu’à détruire les sanctuaires de Kerbala, de la Mecque et de Médine. L’Empire Ottoman dépêcha alors les troupes du Pacha d’Egypte, Mohammed Ali, qui écrasa le soulèvement. Abdelwahhab et Saoud furent arrêtés et condamnés à mort. Leurs corps furent exposés au bout d’une potence durant plusieurs jours. Mohammed Ali refusa ensuite qu’on les enterre, avançant que les corps de ces deux agitateurs contamineraient la terre sainte de l’islam. Ils ont donc été découpés en morceaux puis jetés à la mer. Voilà l’origine des Saoud ! »

Les Etats-Unis d'Amérique

La grande séparation, Hervé Juvin (2013)
La grande séparation, Hervé Juvin (2013)


People's Party

 

 " En 1890, un nouveau facteur apparaît sur la scène politique des Etats-Unis : après deux décennies de luttes sociales qui les avaient divisés, paysans et ouvriers font cause commune et créent un parti en bonne et due forme, le People's party, le seul "troisième" parti de l'histoire américaine.

 

L'écrivain Ignatus L. Donnelly dénonce, dans le texte d'allocution qui fut prononcé lors de la 1ère convention nationale (juillet 1892), tous les maux de la société américaine, lesquels ressemblent énormément à ceux dont souffrent encore aujourd'hui non seulement les Etats-Unis, mais tout l'Occident : 

  "Nous sommes dans une nation qui a été emmenée au bord de la ruine morale, politique et matérielle. La corruption domine les urnes, les assemblées législatives, le Congrès, et elle entache toutes les toges de la Cour. La population est démoralisée, la presse soudoyée et bâillonnée, l'opinion publique réduite au silence, les affaires muselées, nos foyers suffoqués par les hypothèques, le travail appauvri, la terre concentrée dans les mains des capitalistes."

 

La nouvelle coalition honore son premier rendez-vous électoral en 1892, mené par le vieux général confédéré J.B. Weaver qui dénonce : "Une ploutocratie audacieuse et agressive a usurpé le gouvernement, et elle est en train de l'utiliser comme un gendarme pour imposer ses décrets insolents. Elle a rempli le Sénat de ses affidés et contrôle même la branche populaire du Congrès (...)".

 

En 1896, celui-ci manque la victoire d'à peine 500 000 voix, malgré des manoeuvres électorales honteuses et des financements accordés à profusion aux adversaires des populistes."

 

Lucas Gallesi, Il était une fois l'économie (2012 ; 2015 trad. française)


La société de l'indécence, Stuart Ewen (2014)
La société de l'indécence, Stuart Ewen (2014)

 

Lire et écrire

 

"Historiquement, les liens entre alphabétisation et démocratie sont inséparables de la notion d'une population cultivée, ayant une bonne connaissance des questions qui touchent son existence et dotée d'outils lui permettant de participer activement à la réflexion publique et au changement social. Les luttes du XIXe siècle pour l'alphabétisation et l'éducation n'ont jamais été limitées à la capacité de lire. Elles se rapportaient également à l'apprentissage de l'écriture. Donc à l'augmentation du nombre et de la diversité de voix pouvant s'exprimer dans les échanges et les débats publiés.

Ce lien est flagrant dans la vie de Frederick Douglass (homme politique et écrivain américain du XIXe siècle), qui a relaté à maintes reprises un incident d'enfance. La maîtresse de la plantation où il était esclave commença à lui apprendre à lire. Lorsque son mari découvrit cet écart de conduite, il la réprima sévèrement. Elle avait, ainsi que Douglass l'expliquait, violé "la véritable philosophie de l'esclavage et les règles spécifiques devant être observées par les maîtres et les maîtresses dans la gestion de leur cheptel humain". Cet épisode éclaircit un "mystère douloureux pour Douglass, en expliquant comment l'analphabétisme forcé consolidait "le pouvoir de l'homme blanc de perpétuer l'esclavage de l'homme noir". Douglass emporta avec lui cette leçon lorsqu'il s'enfuit pour la liberté vers le nord. Il devint non seulement un lecteur assidu mais, ce qui est plus important, un écrivain, le principal abolitionniste noir. L'écrit était l'outil primordial de la connaissance publique. Au XIXe siècle, savoir lire ET ECRIRE était essentiel pour les Afro-américains s'ils voulaient participer au débat contre l'esclavage." 

 

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La 1ère Guerre mondiale

Le plan pangermaniste démasqué (1916)
Le plan pangermaniste démasqué (1916)

 

Le Plan Pangermaniste

 

"On pourrait croire que l'expression pangermanisme désigne la théorie en vertu de laquelle les Allemands prétendent absorber seulement les régions où vivent en masses denses des Allemands limitrophes de l'Empire, ce qui après tout, serait conforme au principe de nationalité. Mais le pangermanisme n'a nullement ce but restreint qui serait légitime. On pourrait encore supposer qu'il a pour objet de réunir au sein de mêmes frontières des peuples d'origine plus ou moins germanique. Le Pangermanisme n'est pas encore cela, il est en réalité, la doctrine d'origine strictement prussienne qui vise, en dehors de toute question de langue ou de race, à absorber les diverses régions dont la possession est utile à la puissance des Hohenzollern [famille qui régna sur l'Empire d'Allemagne jusqu'en 1918].

En septembre1900, Le Kaiser Guillaume II déclara :"Je n'ai aucune crainte dans l'avenir. Je suis convaincu que mon plan réussira". Ce plan se résumait dans l'esprit de Guillaume II dans la réalisation de la formule capitale de domination pangermaniste : de Hambourg au golfe persique [la construction d'une ligne de chemin de fer jusqu'à Bagdad permettant  d'exploiter les matières premières présentes en nombre, en s'assurant de la docilité des pays traversés]. Pour y parvenir, le Kaiser était résolu à attacher par des liens sans cesse plus étroits l'Autriche-Hongrie à l'Allemagne. Pour assurer son hégémonie sur les peuples des Balkans, il comptait sur le concours de leurs rois d'origine germanique (Bulgarie et Roumanie) ou subissant de très près des influences germaniques qu'il organisait lui-même. C'est ainsi qu'il fit épouser sa propre soeur, Sophie, en 1889, à l'héritier du trône de Grèce, devenu le roi Constantin. Enfin, presqu'aussitôt son avènement, il avait déjà conçu de flatter les Turc et les musulmans afin de mettre plus tard la main sur l'Empire ottoman et de se faire des mahométans répandus dans le monde une arme contre toutes les autres puissances. C'est en effet le 8 novembre 1898 que Guillaume II prononça à Damas ces paroles fameuses : "Puisse Sa majesté le Sultan, ainsi que les 300 millions de mahométans qui vénèrent en lui leur Calife, être assurés que l'empereur allemand est leur ami pour toujours."

 

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La 2ème Guerre mondiale

Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)
Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)

 

1er débarquement alliés en France

(2ème Guerre mondiale)

 

"Le 19 août 1942, quelques milliers de soldats envoyés d'Angleterre tentèrent de débarquer à Dieppe. Ils y furent taillés en pièces par les Allemands. Ce n'est pas surprenant car Dieppe était une des positions allemandes les plus fortes sur la côte atlantique française. Tous ceux qui y arrivent par la mer se rendent immédiatement compte que ce port, entouré de hautes et raides falaises, a dû constituer un piège mortel pour les assaillants. Aux yeux d'un reporter allemand qui assista au carnage, le débarquement apparaissait comme "une opération qui violait toutes les règles de la logique militaire et de la stratégie". Quant aux autorités militaires et politiques qui étaient responsables de cette opération, elles ne fournirent jamais rien de plus que des explications contradictoires et peu convaincantes. Cet épisode sanglant est parfois dépeint comme étant tout simplement une triste erreur stratégique ; plus souvent, il est ardemment justifié comme constituant une sorte de répétition générale du débarquement de Normandie de juin 1944. Nus sommes supposés croire que d'importants renseignements militaires furent recueillis grâce à l'opération de Dieppe, par exemple, que les défenses allemandes étaient particulièrement fortes dans les ports et leurs alentours. Or, de telles informations allaient de soi, et auraient en tout cas pu aisément être obtenues au moyen de reconnaissances aériennes. A posteriori, on peut également s'interroger sur la pertinence d'informations glanées en 1942 en vue d'une opération menée en 1944, surtout en sachant que, dans l'intervalle, les fortifications du "mur de l'Atlantique" furent érigées. Si l'opération de Dieppe de 1942 représentait vraiment une "répétition générale", pourquoi le vrai débarquement n'eut lieu que deux ans plus tard, en 1944 ? Jusqu'à ce jour, la tragédie de Dieppe demeure enveloppée d'un voile de propagande et de désinformation qui laisse entrevoir une autre possibilité : cette opération, y compris son échec sanglant, peut s'expliquer comme étant une façon très efficace de réduire au silence ceux qui réclamaient à cor et à cri l'ouverture d'un deuxième front. Bien qu'aucune preuve documentée ne soit aujourd'hui disponible pour supporter une telle hypothèse, celle-ci expliquerait pourquoi les "moutons" qui furent conduits au massacre à Dieppe n'étaient ni des Britanniques ni des Américains, mais bien des Canadiens. Ceux-ci constituaient en effet une chair à canon parfaite pour ce genre d'entreprise, leurs dirigeants n'appartenant pas au club exclusif du haut commandement américano-britannique qui avait organisé l'opération et qui, évidemment, aurait été peu disposé à sacrifier ses propres troupes."

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Le Communisme

L'erreur de l'occident, Alexandre Soljénitsyne.
L'erreur de l'occident, Alexandre Soljénitsyne.

   

  "Pour comprendre l'histoire de la Russie et de l'U.R.S.S. contemporaine, le lecteur occidental reçoit ses informations, pour l'essentiel, des sources suivantes: les universitaires occidentaux, historiens et slavistes, les diplomates et correspondants occidentaux en poste à Moscou ; les récents émigrés d'U.R.S.S.

La science historique occidentale aurait dû pouvoir se développer sans entrave, libre de tout parti pris. Or, confrontée à l'indigence et aux déformations des sources soviétiques, elle se retrouve souvent, à son insu, dans l'ornière que lui impose de suivre la science soviétique officielle. Elle croit emprunter une voie indépendante mais reprend involontairement la problématique, voire parfois la méthodologie de la science soviétique, et, lui emboîtant le pas, elle laisse complètement de côté les zones d'ombre ou les domaines occultés. Un exemple suffisant : l'existence même de l'Archipel du Goulag, sa cruauté inhumaine, son étendue, sa durée, son taux de mortalité, jusqu'à tout récemment n'étaient pas admis par les spécialistes occidentaux. Autre exemple : La puissance de la résistance spontanné de notre peuple au communisme dans les années 1918-1922 n'a pas été jugée digne d'être mentionnée par les historiens occidentaux ; si elle l'a été, c'est pour être qualifiée (en accord avec les communistes) de "banditisme". L'appréciation globale de l'histoire soviétique se ressent toujours de l'admiration enthousiaste que sucita "l'aube de la nouvelle vie" à l'époque où la terreur de 1917-1921 décimait des populations entières. Aujourd'hui encore, dans les travaux des professeurs occidentaux, vous trouverez, employés le plus sérieusement du monde, des expressions comme "idéaux de la révolution", alors que ces "idéaux" avaient, dès leurs tous premiers pas coûté des millions de morts."

 

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La guerre froide

    

Influence par la culture

 

"Entre 1947 et 1974, Washington soutenu par Londres investit des moyen humains et financiers importants dans un programme secret de propagande culturelle en Europe occidentale. Les nombreuses remises en cause de l'ordre ancien amorcées  depuis le début du XXe siècle avaient créé un terrain propice à de nouveau vecteurs d'influence de nature culturelle. Les Soviétiques exploitèrent habilement les états d'âmes des membres de l'intelligentsia occidentale en situation de rupture avec le système capitaliste.

Impactés par cette dynamique subversive durant l'entre-deux-guerres, les Etats-Unis réagirent à cette menace sur le plan intérieur par la répression symbolisée par le Maccarthysme et sur le plan extérieur par une stratégie d'influence centrée sur la dénonciation du totalitarisme et des initiatives culturelles défendant la liberté de création.Ll'épine dorsale de cette stratégie d'influence était le Congrès pour la Liberté et la Culture (CCF) dont la mission était de rassembler les intellectuels libéraux et socialistes dans une "internationale" anticommuniste. le comité de soutien de CCF comprenait des personnalités comme le philosophe allemand Karl Jaspers, le socialiste Léon Blum, des écrivains comme André Gide et François Mauriac, ainsi que des universitaires tels que Raymond Aron.

 

Le CCF a été dirigé de 1950 à 1967 par un agent de la CIA, Michael Josselson. Il était présent dans trente-cinq pays et menait de nombreuses opérations de communication (publication de vingt revues, organisation de conférences internationales et de manifestations artistiques)."

 

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Le colonialisme

Exterminez toutes ces brutes, Sven Lindqvist, Le serpent à plumes (1998).
Exterminez toutes ces brutes, Sven Lindqvist, Le serpent à plumes (1998).

 

  "La Tasmanie est une île de la taille de l'Irlande et se trouve au sud-est du continent australien. Les premiers colons (vingt-quatre prisonniers, huit soldats et une douzaine de volontaires, dont six femmes) débarquèrent en 1803. Le premier massacre d'indigènes, le "massacre de Risdon", eut lieu l'année suivante. Les "Bushrangers", des prisonniers évadés, eurent le droit de chasser les kangourous et les indigènes. Ils prirent les femmes de ces derniers, donnèrent leurs cadavres aux chiens ou les brûlèrent vifs.

Un nommé Carrots devint célèbre pour avoir assassiné un Tasmanien, il força ensuite l'épouse de celui-ci à porter la tête de son époux accroché à son cou. Il n'était pas nécessaire de traiter les indigènes comme des êtres humains, ce n'étaient que des "brutes".

Dans les années 1820, l'immigration blanche augmenta, et par là la pression sur les moyens de subsistance des indigènes. Comme ils mouraient de faim, ils commencèrent à voler les Blancs, qui installèrent des pièges et leur tirèrent dessus. Les Tasmaniens répliquèrent en attaquant des colons isolés. Leur chef fut capturé et exécuté pour meurtre en 1825.

La Van Diemens Land Compagny extermina les kangourous et éleva des moutons sur un demi-million d'acres. La population blanche doubla tous les cinq ans. La presse locale demanda de plus en plus bruyamment que les autorités "déplacent" les indigènes. Sinon, il n'y avait qu'à les chasser comme des bêtes fauves et les détruire.

Ce fut ce qui arriva. En 1827, The Times rapporta que soixante Tasmaniens avaient été tués, en représailles du meurtre d'un colon ; dans un autre cas, ce furent soixante-dix Tasmaniens qui perdirent la vie. La violence augmenta jusqu'au point où les colons tirèrent aussi les femmes et les enfants de leurs trous, leur "fracassant le crâne".

En 1829, le gouvernement décida de concentrer les indigènes dans une région stérile de la côte ouest. Des prisonniers furent envoyés les chasser, et recevaient cinq livres pour chaque indigène qu'ils ramenaient au camp de rassemblement. On estime qu'il y avait neuf Tasmaniens morts pour un qui arrivait vivant. La "guerre noire" continua.

En 1830, cinq mille soldats furent mobilisés pour refouler les indigènes sur une petite pointe du sud-est. L'opération coûta 30000 livres. Durant plusieurs semaines, une chaîne d'hommes, espacés de 45 m, traversa toute l'île. Une fois arrivés, ils n'avaient pas capturé un seul indigène. Il s'avéra ultérieurement qu'il est restait trois cent.

Un maçon methodiste, G. A. Robison, voulu les sauver. Il se rendit sans arme dans le bush, échappa de peu à la mort, et sauva une indigène nommée Truganina. Avec elle, il parvint à convaincre deux cent Tasmaniens de les accompagner à l'abri, sur flinder's island, où personne ne devait les chasser.

Telle était la situation quand Darwin arriva en tasmanie. le 5 février 1836, il écrivit dans son journal : "j'avoue que tous ces maux et toutes leurs conséquences ont été probablement causés par l'infâme conduite de quelques-uns de nos compatriotes."

Robison essaya de civiliser ses protégés en introduisant l'économie de marché et le christianisme sur Flinder's Island. Bientôt, il put faire part de progrès exceptionnels. Les Tasmaniens avaient commencé à travailler, acheté des vêtements et mangeaient avec des couteaux et des fourchettes. Les orgies nocturnes avaient cédé la place à des cantiques. La connaissance des commandements avançaient à pas de géants. Il n'y avait qu'un inconvénient : ils tombaient comme des mouches.

Six mois plus tard, la moitié était mort. Quand cette moitié fut à son tour réduite de moitié, les quarante-cinq survivants quittèrent l'île et s'installèrent dans un taudis à l'extérieur de la capitale, Hobart town, où ils sombrèrent rapidement dans l'alcoolisme et moururent.

Lorsque De l'origine des espèces [livre sur l'évolution de Darwin] parut en 1859, il ne restait que 9 Tasmaniennes, toutes trop âgées pour avoir des enfants. Le dernier tasmanien, William Ianney, mourut en 1869.  Son crâne fut dérobé avant même son enterrement, son cadavre fut déterré et les restes de son squelette furent dérobés. La dernière Tasmanienne fut Truganina, la femme qui avait sauvé la vie de Robinson. Elle mourut en 1876, quelques années après que Darwin eut publié De la descendance de l'homme. Son squelette est conservé au Tasmanian Museum, à Hobart."

 

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L'Amérique Latine

Black list, Kristina Borjesson (2006)
Black list, Kristina Borjesson (2006)

  

 

Putsch de la cocaïne

 

"Le 17 juillet 1980, des narcotrafiquants prennent le pouvoir en Bolivie. C'est "le putch de la cocaïne". A cette époque ce pays fournit pratiquement 100% de la cocaïne qui pénètre aux Etats-Unis. A l'occasion de ce coup d'Etat, le plus sanglant de l'histoire du pays, des mercenaires et des "narcos" recrutés par la CIA (et surnommés "les anges de la mort") renversent la présidente démocratiquement élue, Lidia Gueiler (une "gauchiste" selon la CIA), que Washington ne veut pas voir à la tête du pays. Arrivés au pouvoir, les "narcos" profitent de l'occasion pour liquider leurs concurrents, ainsi que tous les informateurs présumés de la DEA. Ils intensifient la culture de la coca, afin de satisfaire la hausse vertigineuse de la demande américaine. Pour mener à bien leur projet, ils créent une organisation tentaculaire, bientôt surnommée La Corporacion, qui n'est rien moins que "l'Opep de la cocaïne".

Au lendemain du coup d'Etat, la production de cette drogue progresse dans des proportions spectaculaires, au point de bientôt dépasser la demande. Les prix baissent, les Etats-Unis ont le nez dans la coke, et bientôt c'est le crack qui déboule dans les quartiers populaires. Le 17 juillet 1980 marque un jour noir dans l'histoire des Etats-Unis : peu d'évènements, en effet, lui ont infligés des dégâts aussi profonds et durables que le putsch des "narcos" boliviens.


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L'Asie centrale

Pétrole,, une guerre d'un siècle, William Engdahl
Pétrole,, une guerre d'un siècle, William Engdahl

Pakistan

 

Le gouvernement Bhutto ouvrit avec la France des négociations, en vue de construire une usine d'enrichissement d'uranium, qui aboutirent à un accord en mars 1976. Dans tout le Moyen-Orient, le Pakistan défendait vigoureusement le développement de l'énergie nucléaire en tant que complément des ressources pétrolières. En août 1976, le département d'Etat américain et Henry Kissinger en personne lancèrent une considérable campagne de pression contre la France et le Pakistan afin de faire échouer l'accord, proclamant que celui-ci était lié à des ambitions militaires nucléaire, et ce malgré l'approbation du projet par l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique, selon laquelle les précautions prises étaient suffisantes pour éviter le risque militaire. Selon les comptes rendus pakistanais, Kissinger avait menacé directement "de faire du Pakistan un exemple atroce" si Bhutto n'abandonnait pas le projet de retraitement nucléaire en cours de négociation avec la France.

En 1977, Bhutto fut renversé par un coup d'Etat militaire dirigé par le général Zia Ul-Haq. Avant son exécution, Bhutto accusa le Secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger d'avoir secrètement organisé sa chute à cause de son obstination à développer un programme nucléaire indépendant. Rédigeant sa défense depuis sa cellule, avant sa pendaison, Bhutto déclare :

    "Le Dr Henry Kissinger, secrétaire d'Etat des Etats-Unis, est d'une intelligence brillante. Il m'a dit que je ne devrais pas insulter l'intelligence des Etats-Unis en affirmant que le Pakistan a besoin d'une usine de retraitement pour ses besoins énergétiques. Je lui ai répondu que je n'insulterais pas l'intelligence des Etats-Unis en polémiquant sur les besoins énergétiques du Pakistan ; mais pour la même raison, il devrait s'abstenir d'insulter la souveraineté et la dignité du Pakistan en renonçant complètement à discuter de cette usine... J'ai récolté une sentence de mort."

Le général Zia inversa le cours de la politique étrangère d'indépendance nationale en adoptant rapidement les vues de Washington qui répondit en envoyant une abondante assistance militaire."

 

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Henry Kissinger

Les crimes de monsieur Kissinger, Christophe Hitchens
Les crimes de monsieur Kissinger, Christophe Hitchens


  J'aurais pu retenir  le cas des Kurdes irakiens qu'il encouragea vicieusement à prendre les armes en 1974 et 1975, contre Saddam Hussein. Après que Saddam eut conclu un accord diplomatique avec le chah d'Iran, ces Kurdes furent, délibérément livrés à l'extermination. Les conclusions du rapport d'Otis Pike -un membre du Congrès Américain- révèlent la froide indifférence de Kissinger envers la vie humaine et les droits de l'homme. Ces faits relèvent néanmoins d'une realpolitik perverse, et ne contreviennent à aucune loi connue.

J'aurais pu rappeler la façon dont Kissinger a couvert le régime d'apartheid en Afrique du Sud. Il s'agit d'un dossier moralement abject, aux répercussions terribles, dont la déstabilisation de l'Angola voisin. Ce n'est, cependant, il nous faut le reconnaître, qu'un épisode particulièrement sordide de la guerre froide. Cette politique, dans ses grandes lignes, aurait été identiques quels que fussent l'Administration américaine en place, le responsable du NSC [Conseil de la sécurité nationale américaine], ou le secrétaire d'Etat.

J'aurais pu évoquer la manière dont Kissinger a dirigé la Comission présidentielle sur l'Amérique centrale, au début des années 80. Cette commission, nommée par le lieutenant-colonel de marine, Oliver North, a blanchi les activités d'un commando de la mort dans la région.

Et que dire, enfin, de la protection politique que Kissinger accorda à la dynastie Pahlavi en Iran quand celle-ci régnait par la torture et la répression ? La liste pourrait être longue, très longue [...].

Je ne les ai donc pas retenues. Je me suis attaché à l'analyse des seuls crimes qui peuvent - qui devraient- légitimer un acte d'accusation précis, qu'ils découlent ou non d'une "politique générale".

Voici la liste:

1. L'assassinat collectif, délibéré et à grande échelle, de populations civiles en Indochine.

2. La collusion délibérée en vue d'un meurtre collectif et massif, et plus tard d'individus isolés, au Bengladesh.

3. La planification de l'assassinat d'un officier supérieur d'une nation démocratique -le Chili- contre laquelle les Etats-Unis n'étaient pas en guerre.

4. l'implication personnelle dans un projet visant à assassiner le chef d'Etat d'un pays démocratique : Chypre.

5. L'incitation et le soutien d'un génocide au Timor Oriental.

6. L'implication personnelle dans un plan conçu pour kidnapper et assassiner un journaliste vivant à Washington DC.

 

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