Le monde d'hier

"Les tragédies de l'Histoire révèlent les grands hommes ; mais ce sont les médiocres qui provoquent les tragédies."

                                                                                                            Maurice Druon

Avec Histoire de France, débattons, à travers des textes, de différents feuilletons français, sans tomber ni dans le patriotisme aveugle, ni dans la repentance éternelle. Ouvrons, en outre, notre champs de vision à travers l'Histoire du Monde, témoin des soubresauts de la scène internationale d'hier et d'avant-hier. Puis, laissons discourir ceux qui n'ont pas été assez écoutés et aussi ceux qui se sont malheureusement offert une tribune au détriment de l'Humanité. Enfin, quelques citations pour agrément.

Histoire de France

Histoire des Gaulois. Amédée Thierry.
Histoire des Gaulois. Amédée Thierry.

 

La corruption des élites gauloises

 

     "Depuis le commencement de la guerre, César s'était fait livré tout les jeunes Gaulois distingués par la richesse, la naissance ou le rang de leur famille ; et il les gardait près de lui, moins comme des auxilliaires que comme des otages. Etudiant à loisir leur caractère et leur penchants, il s'appliquait à les corrompre par l'ambition, à les éblouir par la gloire, à étouffer en eux tout sentiment patriotique.

De cette pépinière de petit tyrans sortaient ses instruments les plus dévoués et les traitres les plus redoutables à la Gaule.

Le proconsul les jetait ensuite sur le point où il voulait exciter des orages. Il leur prodiguait l'argent, il leur prétait au besoin ses soldats, il préparait par leurs intrigues, chez ses alliés les plus fidèles, une conquète facile et en apparence moins odieuse que la conquète à force ouverte."

 

"D'après le chef gaulois Dumno-rix : "Cesar s'est emparé par une perfidie infâme de tout ce qui conservait encore dans l'âme quelque indépendance, quelque amour de la patrie."

  Toute l'Histoire de France

Histoire du Monde

American war machine, Peter Dale Scott.
American war machine, Peter Dale Scott.

 

     "Dans les années 1950, au lendemain de la seconde guerre mondiale, les chances de connaître un monde plus en paix et en ordre, plus juste et ouvert, semblaient plus grandes que jamais. les deux superpuissances mondiales -les Etats-Unis et l'Union soviétique- s'étaient apparemment mises d'accord sur des règles et des procédures destinées à apaiser leurs graves divergences dans le cadre d'un corps neutre, les Nations Unies. Les Etats-Unis étaient alors suffisamment riches pour financer la reconstruction de l'Europe dévastée. Par la suite, le gouvernement américain finança des programmes de santé et d'agriculture dans les pays du Tiers-Monde fraïchement émancipés.

Cependant, les Nations-Unies se montrèrent incapables de résoudre les conflits internationaux. L'une des raisons majeures étaient que l'union soviétique, les Etats-Unis, et (après 1949) la Chine poursuivaient chacun en sous-main des politiques expansionnistes, sources de conflits, voire de guerres.

Partout dans le monde, les nations marxistes-léninistes d'URSS et de Chine prêtaient main-forte à des mouvements et partis de même idéologie, dont certains étaient insurrectionnels. Washington avait souvent des perceptions inexactes de ces partis et de ces mouvements, les voyant comme des forces de soutien loyales au pouvoir soviétique et/ou chinois. Ainsi, une grande partie de la guerre froide se mua en une série de conflits secrets dans des zones -comme l'Asie du Sud-Est- au sujet desquelles les Etats-Unis et l'Union soviétique étaient incroyablement ignorants.

Au tout début de l'après-guerre, le pouvoir à Washington, percevant une menace de révolution mondiale, chercha à disposer de ses propres forces de soutien afin de la combattre. Aujourd'hui, certaines d'entre elles ont quasiment disparu des mémoires, comme les guérillas ukrainiennes appuyées par l'OPC* -initialement organisées par les SS d'Hitler- qui échouèrent dans leur bataille contre la Russie au début des années 1950. D'autres forces, comme les mafias en Italie ou à Marseille, s'affranchirent vite de leur soutien américain pour devenir de fait des acteurs régionaux indépendants.

Toutefois, l'une des premières armées par procuration des Etats-Unis, composée des éléments survivants des forces nationalistes chinoises du KMT en Birmanie puis en Thaïlande, continua de bénéficier d'un appui américain dans les années 1960. Comme les mafias en Europe et les yakuzas au Japon, ces soutiens avaient l'avantage d'être des alliés secrets hors registres, majoritairement autofinancés grâce à leur narcotrafic et fermement anticommunistes.

*OPC (bureau de coordination politique) : organisation secrète à l'intérieur de la CIA.

 

  Toute l'Histoire du Monde

 

Discours

 

Alexandre Soljenytsine 

 

A l'Université d'Harvard, le 8 juin 1978.

 

     "Je suis très sincèrement heureux de me trouver ici parmi vous, à l'occasion du 327ème anniversaire de la fondation de cette université si ancienne et si illustre. La devise de Harvard est « VERITAS ». La vérité est rarement douce à entendre ; elle est presque toujours amère. Mon discours d'aujourd'hui contient une part de vérité ; je vous l'apporte en ami, non en adversaire.

Il y a trois ans, aux Etats-Unis, j'ai été amené à dire des choses que l'on a rejeté, qui ont paru inacceptables. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d'alors.(...)

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu'à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d'un accès subit de vaillance et d'intransigeance, à l'égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs et à l'Internationale de la terreur. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ?

Quand les Etats occidentaux modernes se sont formés, fut posé comme principe que les gouvernements avaient pour vocation de servir l'homme, et que la vie de l'homme était orientée vers la liberté et la recherche du bonheur (en témoigne la déclaration américaine d'Indépendance.)Aujourd'hui, enfin, les décennies passées de progrès social et technique ont permis la réalisation de ces aspirations : un Etat assurant le bien-être général. Chaque citoyen s'est vu accorder la liberté tant désirée, et des biens matériels en quantité et en qualité propres à lui procurer, en théorie, un bonheur complet, mais un bonheur au sens appauvri du mot, tel qu'il a cours depuis ces mêmes décennies.

Au cours de cette évolution, cependant, un détail psychologique a été négligé : le désir permanent de posséder toujours plus et d'avoir une vie meilleure, et la lutte en ce sens, ont imprimé sur de nombreux visages à l'Ouest les marques de l'inquiétude et même de la dépression, bien qu'il soit courant de cacher soigneusement de tels sentiments. Cette compétition active et intense finit par dominer toute pensée humaine et n'ouvre pas le moins du monde la voie à la liberté du développement spirituel.
[...]
 

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Citations

Henri Kissinger

 

"Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester là à regarder un pays devenir communiste à cause de l’irresponsabilité de son peuple. Les enjeux sont trop importants pour laisser les électeurs chiliens décider."

 

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