Médias

 

  Terrorisme et responsabilité des médias

 

« Il faut ajouter enfin la folle irresponsabilité des médias, qui semblent servir à plaisir les entreprises terroristes. Le but d’un attentat est toujours d’être connu, de ceux qu’on souhaite inquiéter d’abord, de ceux dont on escompte la solidarité ensuite. Faire connaître la grandeur du crime possible, et la cause pour laquelle on le commet, sont les seuls objectifs pratiques de cette sorte d’opération. On ne peut donc qu’être effaré des efforts considérables des médias pour servir les desseins terroristes. C’est en première page de quotidiens à grand tirage que sont publiées les menaces et les revendications des terroristes. Les journaux leur consacrent des exposés circonstanciés, parfois accompagnés de photographies édifiantes. Aux informations télévisées, le dernier attentat islamiste, ou seulement le projet avorté d’un tel attentat, occupe une place privilégiée. Les crises de plusieurs jours qui suivent certaines opérations terroristes sont exposées d’heure en heure par des journalistes fébriles, et l’inquiétude est entretenue avec beaucoup de « professionnalisme » au moyen de détails terrifiants ou macabres. On ne peut nier que les journalistes travaillent largement pour les terroristes, et que leur opération publicitaire est bien servie par des médias follement inconscients ou faramineusement fourbes. »

 

Michel Bonan, logique du terrorisme (2e édition : 2011)

 

Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)
Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)


La propagande d'Hollywood et de la presse américaine


Pour faire accepter à l'opinion public que les USA entrent en guerre (la 2ème Guerre mondiale), dans le même camps que les communistes soviétiques, contre l'Allemagne Nazie, il fallu le concours de la presse et d'Hollywood :

"Les soviétiques furent l'objet d'une métamorphose tout aussi remarquable, en passant de bolcheviks "sans-dieu" à d'héroïques patriotes "russes". Hollywood, qui n'avait manifesté que peu d'intérêt et encore moins de sympathie pour l'Union soviétique avant la guerre, donna le ton - de toute évidence à la suite d'un signal donné par Washington - avec des films pro-soviétiques tels que Mission à Moscou, L'étoile du nord et La chanson de Russie. Les magazines populaires américains comme Life, le Saturday Evening Post et le Reader's Digest, qui avaient auparavant diffusé avec enthousiasme de la propagande anti-communiste et anti-soviétique et qui le feront à nouveau après la guerre comme l'écrivent les historiens Clayton R. Koppes et Gregory D. Black, et publièrent des articles pro-soviétiques de leur cru. Les habitants du lointain "paradis des travailleurs", jusque-là décrits des spécimens résolument sinistres, étaient désormais présentés comme des gens braves, diligents, modestes et décents qui, comme le prétendait Life en 1943, "ressemblent aux Américains, s'habillent comme les américains et pensent comme les Américains". Staline devint même la coqueluche des magazines américains qui, pour ainsi dire, l'adoptèrent dans la grande famille américaine sous le nom d'"Oncle Joseph". Des photos flatteuses de Staline furent publiées en couverture des magazines et en 1943, Time le proclama "l'homme de l'année"."


A nos amis, comité invisible (2014)
A nos amis, comité invisible (2014)


Suspect ?

 

" Nous croyons que nos données "personnelles" nous appartiennent, comme notre voiture ou nos chaussures, et que nous ne faisons qu'exercer notre "liberté individuelle" en décidant de laisser Google, Facebook, Apple, Amazon ou la police y avoir accès, sans voir que cela a des effets immédiats sur ceux qui le refusent, et qui seront désormais traités en suspects, en déviants potentiels. "A n'en pas douter, prévoit The new Digital Age, il y aura encore dans le futur des gens qui résistent à l'adoption et à l'usage de la technologie, des gens qui refusent d'avoir un profil virtuel, un smartphone, ou le moindre contact avec des systèmes de donnée online. De son côté, un gouvernement peut suspecter des gens qui désertent complètement tout cela d'avoir quelque chose à cacher et d'être ainsi plus susceptible d'enfreindre la loi. Comme mesure antiterroriste, le gouvernement constituera donc un fichier des "gens cachés". Si vous n'avez aucun profil connu sur aucun réseau social ou pas d'abonnement à un téléphone mobile, et s'il est particulièrement difficile de trouver des références sur vous sur Internet, vous pourriez bien être candidat pour un tel fichier. Vous pourriez aussi vous voir appliquer tout un ensemble de règlements particuliers qui incluent des fouilles rigoureuses dans les aéroports et même des interdictions de voyager." "

 

Principe du gouvernement représentatif, Bernard Manin (1995)
Principe du gouvernement représentatif, Bernard Manin (1995)


Représentants médiatiques

 

"On affirme parfois que la représentation connaît aujourd'hui une crise dans les pays occidentaux. Depuis des décennies, elle semblait se fonder sur une relation de confiance puissante et stable entre les électeurs et les partis politiques, la grande majorité des électeurs s'identifiait à un parti et lui demeurait fidèle. De nos jours, les électeurs de plus en plus nombreux votent différemment d'une élection à l'autre et les enquêtes d'opinion montrent que le nombre de ceux qui refusent de s'identifier par référence à un parti politique existant augmente. les différences entre les partis semblaient être l'effet et le reflet des clivages sociaux. Aujourd'hui au contraire, on a l'impression que les partis politiques imposent à la société des clivages dont les "observateurs déplorent le caractère artificiel. Chaque parti proposait aux électeurs un programme détaillé de mesures qu'il s'engageait à mettre en œuvre s'il accédait au pouvoir. A présent, la stratégie électorale des candidats et des partis reposent sur la construction d'images assez vagues, dans lesquelles la personnalité des leaders occupe une place prééminente, plutôt que sur la promesse de politiques déterminées. Enfin, le personnel politique est maintenant principalement constitué ou environné d'individus appartenant à des cercles particuliers, distincts du reste de la population par leur profession, leur culture et leur mode de vie. la scène publique est dominée par un ensemble de journalistes, d'experts en communication et de spécialistes des sondages dans lequel on a peine à voir un reflet représentatif de la société. les hommes politiques parviennent au pouvoir en raison de leurs talents médiatiques, non parce qu'ils sont socialement semblables à leurs électeurs ou proches d'eux. L'écart semble s'accroître entre le gouvernement et la société, entre les représentants et les représentés."


L'être contre l'avoir, Francis Cousin (2012)
L'être contre l'avoir, Francis Cousin (2012)

 

"Pendant que l'OTAN arme ses bombardiers et prépare des missiles de croisière funèbres, l'émotion occupée de l'opinion publique des pays occidentaux est, elle, massivement préparée médiatiquement à la nécessité morale hollywoodienne de l'intervention militaire pour la défense affermie des droits de l'homme toujours plus marchandisé.

De cette manière, après l'abracadabrante invention des nouveau-nés koweïtiens jetés de leur féeriques couveuse par les forces de Saddam Hussein, après les ahurissants charniers sensationnels de l'ex-Yougoslavie portés au compte des Serbes, après les fabuleuses pilules de Viagra distribuées par Kadhafi à ses troupes pour encourager les viols des opposantes, voici venu le temps mirifique des enfants-boucliers de l'armée syrienne qui vient achever le pont  sensationnel entre les anciennes et et nébuleuses armes de destruction massive irakiennes, et les nouvelles et indiscernables menaces nucléaires portées au crédit de l'Iran.

La véritable guerre économique que livre aujourd'hui Washington au reste du monde au travers des conflagrations commerciales, financières, monétaires et militaires en tout lieu développées et orchestrées, ne fait que confirmer le caractère mortel de la crise inhérente au fonctionnement du système capitaliste en entier ; mortel dans le sens où celui-ci pour essayer en vain de s'en sortir ne peut qu'entraîner l'Humanité dans une nouvelle guerre mondialisée, et donc dans un accroissement considérable d'abjection, d'épouvante et de charognes."

 

Oliganarchy, roman de Lucien Cerise (2013)
Oliganarchy, roman de Lucien Cerise (2013)

 

 

« Cette société était obèse, disait Baudrillard. Obèse d’informations, notamment. Au-delà d’une certaine masse critique, toute chose s’annule, disparaît, s’effondre sous son propre poids et devient sa propre caricature, d’une manière analogue à l’obésité physique, disparition du corps sous un surcroît de corps.

 

Lucien zappait toujours. Seul face à l’écran, toute lumières éteintes, hypnotisé par les flux de paroles et d’images, de couleurs et de sons qui défilaient automatiquement sous ses yeux ahuris, il se laissait ainsi dicter un nouveau mode de développement psychique. A force de changer de chaîne sans arrêt et de regarder ce bric-à-brac de mots, d’images, de brides de récits invérifiables et d’analyses trop rapidement interrompues, de clips, de publicités et de bandes annonces de films, sa structure mentale adoptait elle aussi ce rythme fragmenté, syncopé, impatient, qui lui rendait la concentration à long terme difficile. Sa « pensée-zapping » réclamait désormais de la vitesse, de l’impact et du court terme, sinon c’était l’ennui. Dans une espèce de transe immobile, d’extase minérale, il se laissait penser par sa machine, il la laissait coloniser son intimité cognitive. Consommateur passif, Lucien devenait un cyborg, du moins par l’esprit. »

 

Oliganarchy, roman de Lucien Cerise

 

Black list, Kristina Borjesson, Editions Les Arènes (2003)
Black list, Kristina Borjesson, Editions Les Arènes (2003)

 

Journalisme d'investigation


     "Au moins six grands facteurs contribuent au déclin du journalisme d'enquête en Amériques.

1- l'impact croissant des procédures judiciaires pesant sur les médias d'information. Au début des années 1990, la chaîne de supermarchés Food Lion a obtenu la condamnation de la chaîne ABC à 5,5 millions de dollars en contournant la législation sur la diffamation. On reprochait à deux journalistes de s'être fait recruter comme ouvriers bouchers en dissimulant leur véritable statut. En 1905, Upton Sinclair avait utilisé la même technique pour réaliser son remarquable reportage sur les conserveries de viandes de Chicago, dont il a rendu compte dans La jungle. Cela avait alors permis au pays de se doter de ses premières lois sur l'hygiène alimentaire et pharmaceutique.

Au début du XXème siècle, les entreprises américaines avaient recours aux agences de communication pour réduire les fouilles-merdes au silence. Elles disposent désormais d'un moyen plus radical : les tribunaux.

 

2- Un second facteur tient à la concentration des grands groupes de communication. A l'heure où une poignée de conglomérats ont la haute main sur l'ensemble des circuits de diffusion de l'information, l'espace accordé au discours réformiste se réduit à une peau de chagrin. Le spécialiste des médias Ben Bagdikian souligne dans The Média Monopoly, qu'il y avait en 1993 cinquante groupes de communication importants. Désormais, ils ne sont plus qu'une demi-douzaine, qui plus est rattachés aux principaux poids lourds de l'industrie. Aucun journaliste de NBC ne se risquerzait, de nos jours, à proposer une enquête sur les radiations dégagées par les réacteurs nucléaires construits par General Electric, propriétaire de la chaïne.

 

3- Les enquêtes sont de plus en plus souvent le résultat d'un travail en équipe. [...] Or les enquêtes qui dérangent ont plus de force lorsqu'elles dépendent de la détermination d'un seul individu, poussé par sa conscience sociale et hermétique aux pressions de ses patrons.

 

4- L'avenir du journalisme d'enquête apparaît sombre au vu de l'arrêt rendu par la Cour suprême en 1988 dans l'affaire Disctrict scolaire d'Hazelwood contre Kuhlmeier. La direction d'un lycée de banlieue de Saint-Louis avait empêché des élèves de consacrer des articles aux grossesses adolescentes et aux effets du divorce sur les élèves du secondaire dans le journal du lycée. Etrangement, cette infraction flagrante au 1er amendement -une censure par autorisation préalable- a été totalement passée sous silence par les grands médias d'information. Malgré d'inlassables manifestations étudiantes, en dépit du tollé qu'a soulevé l'arrêt Hazelwood dans l'opinion publique, qui l'a jugé anticonstitutionnel, la décision de 1988  fait toujours jurisprudence. Elle confère aux administrateurs des établissements scolaires le pouvoir de censurer avant publication les journaux d'étudiants, rompant résolument avec la tradition selon laquelle les campus scolaires bénéficiaient eux aussi de la protection offerte par le premier amendement. Dorénavent, les futurs journalistes américains sont formés, dès le plus jeune âge, à considérer la censure comme faisant partie intégrante de l'exercice de leur profession.

5- L'opinion publique doute de l'aptitude des médias à remplir leur rôle de quatrième pouvoir. Confrontée à une information insipide et monocorde, dans laquelle elle ne reconnaît plus son quotidien, elle s'interroge sur la pratique actuelle du journalisme et remet en question l'éthique et les préocupations des journalistes. [...]

6- En dernière analyse, c'est la logique même des médias -devenue strictement financière- qui soulève les plus grave inquiétudes sur l'avenir d l'enquête journalistique. La priorité des patrons de presse, c'est de maximiser les bénéfices qu'ils présenteront lors de l'assemblée trimestrielle des actionnaires. Contrairement à ce que certains observateurs se plaisent à penser, le devoir d'information n'est pas leur principal préocupation. Cela n'a pas échappé aux journazlistes : selon un sondage réalisé en 2000 par le Pew Research Center et la Columbia Journalism Review auprès d'un échantillon de quelques trois cent journalistes et responsables rédactionnels, plus d'un quart des personnes interrogées reconnaissent qu'elles évitent de traiter les sujets susceptibles de porter préjudice aux intérêts financiers de leur entreprise ou de ses annonceurs. En tout, 41% des sondés avouent intentionnellement des suets dignes d'intérêt et/ou édulcorer leurs articles dans l'intérêt de leur entreprise.

La loi du silence filtre depuis les conseils d'administration des grands médias jusque dans les salles de rédaction. Un jeune enquêteur prometteur qui débarquerait auourd'hui à ABC comprendrait sans tarder que le président du conseil d'administration de Disney -qui est aussi propriétaire de la chaîne- apprécierait peu qu'il aille fourrer son nez à Disneyland dans certains dossiers d'embauche discriminatoire.

 

 

     "Un prestigieux directeur de rédaction m'a confié un jour, dans un soupir de lassitude, que la puissance qu'il détenait lui pesait. Nostalgique, il évoquait l'aspiration de liberté qui l'avait conduit à embrasser la carrière de journaliste. Désormais, l'influence détenue par sa publication lui confère des pouvoir aussi étendus que ceux d'un sénateur. Sans pour autant cracher dans la soupe, il regrette d'avoir perdu la liberté de parole et d'écriture qu'il chérissait tant à ses débuts.

Faire la pluie et le beau temps, c'est souvent un fardeau. On doit peser scrupuleusement ses mots avant de parler. On exerce un pouvoir que l'on a pas forcément cherché. Le monde a considérablement changé au cours de ces vingt dernières années. Les partis politiques se sont atrophiés. C'est maintenant la télévision qui opère le tri entre les différents candidats. L'ère de l'information est en marche. Les groupes médiatiques sont devenus des acteurs clés de l'économie et de la politique. Ces bouleversements ont modelé l'attitude des journalistes contemporains, bien payés et dotés d'un statut enviable. Ceux-là n'ont plus d'audace de se montrer désinvoltes. Ils admettent tacitement qu'il vaut mieux se contenter d'effleurer certains sujets délicats, afin d'éviter au public cette désagréable découverte : Il arrive aux dirigeants de mentir."

 

 

     "La presse a fait sienne la devise de la Reine de coeur dans Alice au pays des merveilles : "d'abord la sentence, et ensuite les preuves"."

 

 

Les égarés, Jean-Michel Vernochet, Sigest (2013)
Les égarés, Jean-Michel Vernochet, Sigest (2013)

 

Al-Jazirah

 

     "La journée du 8 juillet 2013 aura en effet marqué un pénible tournant dans l'histoire d'Al-Jazirah : ayant été officiellement interdite en Egypte, dès le 2 juillet, son bureau au Caire n'a pas voulu obtempérer et pire, "il a persisté dans son travail d'incitation à la violence et d'intoxication, comme le montre ses derniers reportages où des images de massacres d'enfants en Syrie étaient transposées en Egypte". Ce qui a conduit ses "deux correspondants à annoncer, à quelques heures d'intervalle, leur démission à l'antenne en direct : "La chaîne sème la discorde entre le peuple égyptien, un agenda existe contre l'Egypte et de nombreux pays arabes, des instructions ont été données pour soutenir les Frères musulmans". Une démission collective suivie de celle de 6 journalistes du bureau du Caire, le même jour et pour le même motif : "désinformation et mensonge sur les évènements qui secouent actuellement leur pays". Le même jour un nouvel épisode achevait de discréditer la chaîne qatariote sur la scène égyptienne : des journalistes locaux appartenant à différents organes de presse, expulsèrent leurs confrères d'Al-Jazirah lors d'une conférence de presse tenue par des membres de l'état-major de l'armée, au siège de la Garde républicaine, quelques heures après des violences qui avaient fait 51 morts"."

 

Mezri haddad
Mezri haddad

 

Lettre ouverte de Mezri Haddad adressée à une employée d'Al-Jazirah

 

Le 12 février 2013 :

La justice de la République française n’est pas celle de l’oligarchie wahhabite et obscurantiste dont vous êtes l’une des vitrines phosphorescentes ; une oligarchie féodale et mafieuse, qui condamne à perpétuité un poète libre, qui condamne à la flagellation de pauvres femmes de ménage importées du Bangladesh, parce qu’elles ont osé dénoncer leurs maîtres bédouins pour abus sexuels, qui condamne à la décapitation des ouvriers pakistanais parce qu’ils se sont soulevés contre leur condition d’esclave et qu’ils ont voulu retourner chez eux.

J’attends avec impatience l’ouverture de ce procès. Disposant de toutes les preuves matérielles qui étayent les propos que j’ai tenus lors de l’émission « Ce soir ou jamais », y compris le traçage informatique de la fameuse page Facebook « piratée », j’assume totalement la responsabilité de ce que j’ai déclaré le 5 février dernier. Depuis plus de dix années, nous allons enfin pouvoir parler publiquement du rôle abject qu’Al Jazeera joue dans la propagation du poison islamo-fasciste, pas seulement dans le monde arabe mais aussi en Europe. Par l’endoctrinement des téléspectateurs, particulièrement les jeunes Arabes ainsi que les musulmans de France, par la wahhabisation des esprits, par la manipulation de l’opinion internationale, par l’exacerbation des tensions entre les juifs, les chrétiens et les musulmans, par la banalisation du djihad et la diffusion de l’islamo-terrorisme partout dans le monde… Les terroristes, que vous autres « journalistes » d’Al Jazeera n’appelez jamais par leur nom mais par l’ignominieuse expression de « ceux qu’on appelle les terroristes » !

Nous allons aussi pouvoir parler des crimes, y compris contre l’humanité, de l’émirat bédouin dont vous servez la cause avec élégance et servilité. Les crimes commis en Tunisie, en Egypte et au Yémen par des snippers d’Europe de l’Est recrutés et payés par vos employeurs qataris. Des crimes commis en Libye et en Syrie par des mercenaires et des terroristes que l’émirat bédouin a gendarmés, armés et galvanisés. Des crimes commis par des hordes fanatisées, armées et financées par le Qatar, pas seulement au Mali mais partout en Afrique, contre des musulmans, des chrétiens et des animistes qui sont bien plus humains et civilisés que les bédouins dont vous cautionnez la cause et diffusez la propagande nauséabonde.

Dans votre interminable communiqué du 11 février, vous parlez du « philosophe » que je prétends être. Je n’ai pas fait mes études à Doha et je n’ai pas obtenu ce titre par une fatwa de votre gourou Youssef Qaradaoui, le cheikh de la fitna, de l’intégrisme, de l’hypocrisie et du mercantilisme. C’est la Sorbonne qui m’a consacrée Docteur en philosophie morale et politique, licencié en histoire et en sociologie, maître de conférences en théologie catholique. Voyez-vous, je suis nettement plus diplômé que votre avocassier et frère en secte, François Burgat.

J’ai constaté depuis hier l’affichage du drapeau algérien sur les pages Facebook qui vous soutiennent. Cette ultime manœuvre est habile, mais elle ne trompera pas les Algériens et les Franco-Algériens qui savent très bien que l’Etat-télévision du Qatar cherche à déstabiliser l’Algérie, comme il a détruit la Tunisie, la Libye et l’Egypte au profit de la canaille islamiste. Affichez plutôt le drapeau de l’émirat bédouin. Les Algériens savent que Mezri Haddad les a publiquement soutenus lorsque vos amis du FIS et du GIA tranchaient les gorges et massacraient les innocents, en attribuant leurs exactions au régime, exactement comme font leurs frères en barbarie aujourd’hui en Syrie. Ils savent qui a dénoncé l’imposture du « Qui tue qui en Algérie », dont François Burgat a été l’un des plus actifs promoteurs.

Sachez, Madame, que je n’ai rien de personnel contre vous. Vous travaillez malheureusement pour une pseudo-télévision dont l’opinion arabe et internationale a fini par découvrir les sombres desseins et les pratiques criminelles et honteuses. Partout dans le monde arabe, Al Jazeera a perdu toute crédibilité et son audience est en chute libre : fatwa de Qaradaoui appelant au soulèvement, faux témoignages, scènes montées de toutes pièces, couverture des « événements » de Benghazi avec des images de Basra, couverture des « événements » à Homs avec des images d’archive sur Baghdad, trucages, désinformation… Une propagande digne de Goebbels, dont le chef d’orchestre a été le frère musulman Waddah Khanfar et le commanditaire, Hamad Ibn Jassim Al-Thani, l’esclave d’Hillary Clinton et l’ami intime de Tzipi Livni et de Shimon Perez. On peut mentir quelque fois à quelques-uns mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde. Les Egyptiens ont retrouvé leur esprit après avoir subi le matraquage d’Al Jazeera et ils ne se laisseront pas gouverner par les Frères musulmans. Les Tunisiens ont compris dès octobre 2011 et ils ne permettront pas aux mercenaires du Qatar d’imposer leur idéologie rétrograde au pays d’Ibn Khaldoun, d’Ibn Rachik, de Tahar Haddad et de Habib Bourguiba.

Non, je n’ai rien de personnel contre vous. C’est contre l’oligarchie bédouine et wahhabite qui vous abrite et vous récompense que je mène le combat. Le combat des lumières contre l’obscurantisme, de l’humanisme contre le fascisme vert, du progrès contre la réaction, de l’islam contre l’islamisme, de la liberté contre le totalitarisme, de la modernité contre l’ignorance, de l’honneur arabe contre le néocolonialisme. J’espérais vous voir suivre l’exemple de vos collègues qui ont quitté Al Jazeera parce qu’ils ont compris que cette chaîne subversive travaillait au morcellement du monde arabo-musulman conformément à un agenda impérialiste dont l’émirat bédouin n’est que le vil sous-traitant et Al Jazeera, la sinistre boîte de marketing et de communication. J’espérais vous voir suivre l’exemple de Louna Al-Chabi, d’Eman Ayad, d’Aksam Suleyman, de Sami Haddad et de mon compatriote Ghassan Ben Jeddou, dont cette phrase devrait vous interpeller, mieux vaut tard que jamais : « J’ai peut-être perdu Al Jazeera, mais j’ai gagné ma dignité. »

Il faudrait plus d’un procès suscité par l’émirat bédouin pour m’intimider ou me faire renoncer à démasquer, en France et partout dans le monde, les menées subversives et terroristes de votre patrie d’adoption, le Qatar, et de votre officine d’exécution, Al Jazeera. Vos employeurs vont devoir employer d’autres moyens ! Je sais qu’ils en sont capables, mais cela n’effraye point l’homme de foi que je suis, encore moins le Tunisien et l’Arabe qui n’acceptera jamais l’hégémonisme qatari sur la Tunisie, la Libye et l’Egypte. Je prie seulement l’Unique qu’Il me prête vie jusqu’au jour où j’assisterai à la disparition de la marée noire du pétro-wahhabisme de toute la Méditerranée, d’Alger jusqu’à Damas.