Le terrorisme

 

 Jouer avec le feux 

 

« Entre autres, les Etats-Unis susciteront les Talibans, et Oussama Ben Laden, contre l’union soviétique, avant d’affronter les Taliban et de nommer Ben Laden ennemi public numéro un. La créature se retourne toujours contre son créateur, le golem échappe toujours à la maîtrise de son fabricateur. Alors, faut-il conclure que les USA sont depuis un siècle des apprentis sorciers, ou, en d’autres termes, des imbéciles géopolitiques, de grands enfants incapables de remplacer la Grande-Bretagne dans le rôle de gendarme du monde ? C’est ce qu’il paraît difficile de croire à la longue. D’autant qu’ils jouissent des moyens de renseignement les plus puissants du monde, d’universitaires érudits, de cercles de réflexion (« think tanks ») et de revues de géopolitique où se débattent longtemps à l’avance les questions les plus graves. On doit en tirer la conséquence que, sinon les dirigeant de façade, du moins ceux qui les commanditent, savent ce qu’ils font et que cette stratégie désastreuse est voulue. »

  

 

Martin Peltier, 20 bonnes raisons d’être anti-américain (2015)

 


Terrorisme islamiste

Qui le nourrit ?

 

« Dans les années 1980, il est certain que l’Agence [la CIA] espérait répandre le fondamentalisme islamique en Ouzbékistan, cet objectif étant partagé par les renseignements pakistanais et saoudiens ; la CIA a même « engagé un exilé ouzbek vivant en Allemagne afin de produire des traductions du  Coran en langue ouzbèke », qui devaient être distribuées à des factions islamistes. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.112

 

« Deux semaines après le 11 septembre, Sibel Edmonds fut engagée comme traductrice pour le FBI grâce à sa connaissance du turc, du farsi et de l’azerbaïdjanais. Chargée de traduire des rapports secrets concernant les opérations terroristes menées au-dedans et en-dehors des Etats-Unis, elle put alors constater de façon directe que la CIA, les Affaires étrangères et le Pentagone avaient travaillé main dans la main avec des terroristes de haut niveau. Par exemple, le bras droit de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, devenu ensuite le chef d’Al-Qaïda, s’est réuni régulièrement entre 1997 et 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) avec des fonctionnaires de l’armée US et des services de renseignement. A cette époque, lui et des membres de la famille Ben Laden avaient été transportés dans des avions de l’OTAN vers les Balkans et certaines régions de l’Asie centrale, aux fins d’y mener des opérations de déstabilisation, soutenues par le Pentagone. »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« En 1998, le Président Clinton décida de soutenir l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui était appuyée par al-Qaïda. Cette politique fut mise en œuvre alors qu’ « en 1998, le Département d’Etat avait listé l’UCK comme une organisation terroriste internationale, l’accusant d’avoir financé ses opérations avec les revenus du trafic globale d’héroïne et des prêts accordés par des terroristes notoires, comme Oussama Ben Laden ». Il s’agit d’un autre exemple de cette volonté gouvernementale d’utiliser des forces de soutien liées à al-Qaïda pour remplir des objectifs géostratégiques. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.124

 

« Les allégations de Kadhafi affirmant qu’il luttait contre l’extrémisme islamique, y compris al-Qaïda, à Benghazi, ont été rejetées comme farfelues par l’Occident. Pourtant, le 15 avril 1998, la Libye, avait été le premier gouvernement à dénoncer Oussama ben Laden à Interpol pour l’assassinat d’un grand expert allemand de l’extrémisme islamique, Silvan Becker, ainsi que son épouse Vera à Syrte en 1994. Kadhafi  était toujours dans une lutte à la vie ou à la mort contre les extrémistes islamiques pour l’avenir de la Libye et de l’Afrique. Sa plainte à Interpol fut ignorée. Dans ce cas comme tant d’autres, les puissances occidentales se sont trouvées plus ou moins de facto du côté des extrémistes islamiques. »

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)

 

« C’est principalement sur la méthode que les Frères musulmans et les jihadistes ne sont pas d’accord. Sinon, ils poursuivent le même objectif. Leur principal ennemi, ce sont les Etats nationalistes et laïcs du monde arabe [que nous avons participé à détruire]. Cet ennemi passa avant même les puissances impérialistes. Si bien que pour combattre les premiers, ils n’hésitent pas à s’allier aux seconds. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« L'Irak, qui n'avait auparavant aucun lien avec le terrorisme, est devenu un havre pour les terroristes, subissant son premier attentat suicide depuis le XIIIème siècle.»

Jessica Stern (2014), enseignante à Harvard et spécialiste du terrorisme

 

 « Le front al-Nosra [branche d’Al-Qaida] fait du bon boulot [en Syrie]. C’est difficile de les désavouer. »

Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, décembre 2012

 

« Souvenez-vous de Khalid al Hamad, ce rebelle qui avait porté le cœur d'une de ses victimes à la bouche en déclarant : "O héros de Bab Amr, vous massacrez les alaouites et vous sortez leurs cœurs pour les manger !". La vidéo du cannibale a fait scandale. Mais Khalid al Hamad était-il membre du Front Al-Nosra, de l'Etat islamique ou de quelque autre groupe "extrémiste" ? Non, c'était le chef de la brigade al Farouk affiliée à l'ASL [opposants au régime syriens, censés être des modérés, soutenus par les occidentaux et les monarchies du golfe]. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« Les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011. J’ai été deux ans, à peu près, avant que les hostilités ne commencent en Syrie, je me trouvais en Angleterre par hasard (…) J’ai rencontré des responsables anglais et quelques-uns qui sont mes amis m’ont avoué, en me sollicitant qu’il se préparait quelque chose en Syrie. L’Angleterre préparait l’invasion des rebelles en Syrie. Et on m’a même demandé à moi, sous prétexte que j’étais ancien ministre des Affaires étrangères si je participerais comme ça à cette… J’ai évidemment dit le contraire, je suis Français, ça ne m’intéresse pas. C’est pour dire que cette opération vient de très loin, elle a été préparée, conçue, organisée (…) dans le but très simple de destitué le gouvernement syrien, car dans la région il est important de savoir que ce régime syrien a des propos anti-israéliens (…) J’ai la confidence du Premier ministre israélien qui m’a dit : on essaiera de s’entendre avec le Premier ministre syrien et avec les Etats autour et ceux qui ne s’entendront pas, on les abattra. »

LCP, Ça vous regarde, Poland Dumas, 14 juin 2013, cité par Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« Un soutien aux Islamistes : Le minuscule mais richissime Emirat du Golfe – dont l’armée est équipée à 75% par la France – a financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars l’instruction de rebelles [en Syrie], souvent peu expérimentés. En sous-main, la Qatar a également livré plus de 20.000 tonnes d’armes aux insurgés, notamment des missiles antichars. Un soutient qui a reçu l’aval des Etats-Unis et des principaux pays occidentaux dont la France.»

Le Figaro, (21 octobre 2011) cité par Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)

 

« La télévision pour laquelle je travaillais, Al-Lazeera, propriété du Qatar, a refusé de diffuser les images de combattants armés luttant contre le régime syrien sur les frontières entre le Liban et la Syrie. J’ai vu des dizaines de bandits armés traversant la frontière en mai 2011 ; la preuve évidente que la révolution devenait militarisée. Cela ne collait pas avec le récit requis d’un soulèvement propre et pacifique, c’est pourquoi mes supérieurs me demandèrent d’oublier les combattants armés. »

Ali Hasem, ancien journaliste du Qatar, cité par Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« HBJ [Hamad ben Jassem Al-Thani, Premier ministre du Qatar et ministre des affaires étrangères jusqu’en juin 2013] a transformé Doha en station de repos pour la plupart des extrémistes du globe. La seule condition d'admission est d'être islamiste. Outre un bureau de représentation des Talibans, on trouve le Front islamique du salut algérien, plusieurs branches de fous de Dieu Tchétchènes, des Syriens intégristes, et la liste de ces avatars est sans limite. Vladimir Poutine est le seul à mal digérer cet œcuménisme. Enragé de savoir que l'ancien président tchétchène, le terroriste islamiste Zelimkan Iandarbiev, a ouvert une antenne à Doha, le patron du Kremlin envoie une équipe du FSB, le successeur du KGB, pour lui régler son compte [le 13 février 2004]. A l'heure du repas, une explosion met fin à la vie de ce saint homme. La fumée de la dynamite dissipée, deux agents de Poutine sont rattrapés par une patrouille : à Doha la police est rapide, elle roule en Porsche ou en Lamborghini. Quelques temps plus tard, imprudent, HBJ laisse partir pour Moscou une équipe sportive qui doit représenter le Qatar. Bien informé, Poutine lui-même téléphone à HBJ : "Si vous voulez retrouver votre équipe au complet, relâchez nos deux  Russes !" Et Doha a docilement laissé filer les exécuteurs du Tchétchène. »

Le vilain petit Qatar, N. Beau et J-M Bourget (2013)

 

 « Un ancien agent de la CIA, Bruce Riedel, a révélé que le principal financier saoudien du terrorisme en Afghanistan et en Bosnie était… Salman  bin Abdulaziz Al Saud, qui est monté sur le trône en janvier 2015 avec le soutien et les félicitations d’Obama, de Hollande et de tous les dirigeants occidentaux. »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« Il n'y a pas de pays musulman plus intégriste que l'Arabie Saoudite et pourtant c'est à la fois un ami et un pays important pour les Etats-Unis. Nous ne devons nous opposer à l'intégrisme que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l'exigent.»

                                                         James Baker(1996), ex ministre US des Affaires étrangères

 

« La seule distinction valable pour les Etats-Unis consiste à différencier les terroristes qui travaillent pour eux et ceux qui poursuivent leurs propres intérêts. Washington n'a pas de problème avec les combattant qui égorgent des enfants, arrachent le cœur de leurs victimes ou jouent au foot avec la tête de leurs ennemis. Pour autant que ces combattants se limitent à combattre l'armée syrienne sans contrarier les intérêts US. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« Et qui définit les « terroristes » ? Les mêmes qui ont qualifié Nelson Mandela de terroriste jusqu’en 1994 ? Les Etats-Unis qui, aujourd’hui encore, inscrivent sur leur liste noire toute organisation qui résiste à leurs violences ? Israël qui qualifie systématiquement les palestiniens de « terroristes » comme les nazis le faisaient de la résistance ? »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)

 

« George Bush a lancé la guerre « contre » le terrorisme en 2001. Elle est menée avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Pakistan. Or, les élites de ces trois pays ont été les principaux soutiens financiers et politiques des réseaux jihadistes que les Etats-Unis sont censés avoir combattus jusqu’à présent. Dans le même temps, les plus farouches opposants à ces terroristes sunnites – les gouvernements d’Irak, de Libye, de Syrie et d’Iran – ont été renversés (Irak, Libye), déstabilisés avec l’appui des Etats-Unis et de la France (Syrie) ou sanctionnés et menacés en tant qu’élément de l’ « Axe du Mal » (Iran). Selon des estimations crédibles, cette guerre « contre » le terrorisme aurait engendré au moins 1,3 million de morts en Afghanistan, en Irak et au Pakistan depuis 2001. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015)

 

« Souvenons-nous que les gens que nous combattons aujourd’hui, nous les avons créé il y a 20 ans parce que nous ne voulions pas que les Soviétiques contrôle l’Asie centrale. En partenariat avec les militaires pakistanais nous avons recruté des moudjahidines, des gens venus d’Arabie Saoudite importer leur mouvement wahhabite. »

Hillary Clinton (2009)

 

« Nous, Etats-Unis, avons créé Al-Qaida. »

Hillary Clinton (2012), https://www.youtube.com/watch?v=TAhpacLjiXY

 

« Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre [l’Etat islamique] ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les États-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. Il est puissant, même s’il est marqué de profondes vulnérabilités. Il est puissant mais il sera détruit. C’est sûr. Il n’a pas d’autre vocation que de disparaître. »

Vincent Desportes, Général de division, professeur associé à Sciences Po Paris, audition

le 17 décembre 2014 en vue du débat en séance publique sur la prolongation

de l’opération Chammal en Irak, en application de l’article 35 de la Constitution.

 

« L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition et la possibilité d’établir un émirat salafiste officiel ou pas, dans l’Est de la Syrie et c’est exactement ce que veulent les forces qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien »

Defense Intelligence Agency (2012), extrait d’un document déclassifié le 18 mai 2015,

                                                                                        cité par l’association Judicial Watch

 

« Ni le président des USA, Barack Obama, ni les 22 pays vassaux armés jusqu’aux dents faisant théoriquement partie de sa coalition de volontaires n’ont envoyé le moindre drone équipé de missiles Hellfire contre les brutes frappées de noir du faux califat [DAESH]. »

Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015

 

« Les Américains ont pu détecter de l’eau sur Mars, mais ils ne parviennent pas à repérer les installations de l’Etat islamique. »

Vladimir Poutine, octobre 2015

 

« Israël ouvre ses frontières à des djihadistes d’Al-Qaïda et du Front Al-Nosra engagés dans la guerre civile en Syrie afin de les soigner, a assuré le Wall Street Journal cette semaine [le 12 mars 2015]. »

A. Yadlin, i24news.tv, mars 2015

 

« Les forces anti-terrorisme irakiennes ont arrêté en juillet 2015 quatre conseillers militaires étrangers provenant des Etats Unis et d’Israël qui étaient en train d’aider l’Etat Islamique, selon l’Agence de presse iranienne Tasnim. »

http://sputniknews.com/middleeast/20150307/1019201301.html#ixzz3Tk5BBhK3

 

« La chaîne internationale allemande Deutsche Welle a publié la première vidéo réalisée par un média occidental montrant qu’EI [Etat islamique ou DAESH] n’est pas alimenté par le marché noir du pétrole ou par les rançons contre les otages, mais par des fournitures valant des milliards de dollars, acheminées en Syrie par la frontière de ce pays membre de l’Otan qu’est la Turquie, grâce à des convois de plusieurs centaines de camions par jour.»

Toni Cartalucci, 9 juin 2015, relayé par lesakerfrancophone.net

 

« Il est assurément justifié de dire que l’Occident civilisé préfère avoir affaire à un califat médiéval intolérant imbibé de wahhabisme qu’à un dictateur arabe séculaire qui refuse de se prosterner devant l’autel du néolibéralisme occidental. »

Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015

 

« La lutte contre le terrorisme génère des millions d’emplois dans les industries d’armement, de communication, etc. le terrorisme est nécessaire à l’évolution du système capitaliste, qui se reconfigure en permanence en gérant la crise. Daesh n’est donc par éradiqué mais entretenu. »

Richard Labévière (2015)

 

« Le terrorisme international n’existe pas. Ce que nous voyons n’est qu’un terrorisme instrumentalisé par les grandes puissances et qui n’existerait pas sans elles.»

Général Leonid IVASHOV (2001), ancien chef d’état-major des armées russes

 

« Au Moyen-Orient, avec la division systématique organisée, les Etats-Unis ont réussi à enterrer les tentatives des nations arabes de s’unir pour être plus indépendantes, mieux négocier le prix du baril, échapper au dollar-roi, utiliser l’argent du pétrole à leur avantage, tenir tête à Israël. Oublié tout ça ! A présent au Moyen-Orient, c’est tous contre tous, les peuples paient et les émirs sabrent le champagne. »

Jihad made in USA, Gregoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)

 

« Les trois plus grand remparts à l’islamisme wahhabite ou takfiriste au Moyen-Orient et en Afrique sont, avec l’Iran, les trois chefs d’Etats que nous, la France, ou nos alliés avons contribué à destituer ou à tenter de le faire : Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein et Bashar el Assad. Tandis que les deux plus grands financiers de l’islamisme dans la région, L’Arabie saoudite et le Qatar sont nos alliés. Et n’oublions pas le rôle de docteur Frankenstein de l’Empire US auquel nous sommes inféodés, ni la stratégie du chaos suivie au Moyen-Orient par les tenants du grand Israël, cet état qu’il est aujourd’hui officiellement interdit de critiquer sous peine d’antisémitisme. Mais tant que les Français dorment, bercés par nos médias… qui, comme le disait Malcom X, arrivent à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »

Lectures au peuple de France (2015)

 

 

Al-Qaida et CIA

 

« Avec le temps, le fait que la CIA avait créé Al-Qaida est devenu un secret de polichinelle. Mais les dirigeants US ont alors prétendus que « tout cela était terminé depuis la chute de l’Union soviétique en 1989 ». Encore un mensonge. Que Sibel Edmonds a dévoilé. Peu connue du grand public, cette femme courageuse mériterait pourtant d’être autant célébrée que Bradley Maning et Edward Snowden.

 

Deux semaines après le 11 septembre, elle fut engagée comme traductrice pour le FBI grâce à sa connaissance du turc, du farsi et de l’azerbaïdjanais. Chargée de traduire des rapports secrets concernant les opérations terroristes menées au-dedans et en-dehors des Etats-Unis, elle put alors constater de façon directe que la CIA, les Affaires étrangères et le Pentagone avaient travaillé main dans la main avec des terroristes de haut niveau.

 

Par exemple, le bras droit de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, devenu ensuite le chef d’Al-Qaïda, s’est réuni régulièrement entre 1997 et 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) avec des fonctionnaires de l’armée US et des services de renseignement. A cette époque, lui et des membres de la famille Ben Laden avaient été transportés dans des avions de l’OTAN vers les Balkans et certaines régions de l’Asie centrale, aux fins d’y mener des opérations de déstabilisation, soutenues par le Pentagone. En 1998, le frère d’Al-Zawahiri, mohamed, dirigeait une unité d’élite de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Tout ceci se passait dans le cadre d’une opération appelée « Gladio B ».

 

Que signifie « Gladio B » ? En fait, ce serait le prolongement de l’Opération Gladio, entamée dans les années 1940 en Europe occidentale. Longtemps niée par les autorités occidentales, l’existence du Réseau Gladio a bien été confirmée et ses activités éclaircies par une commission d’enquête officielle du Parlement italien, suite à un attentat commis par ce réseau à Bologne (Italie) en 1980. Selon cette commission, la CIA et le MI16 britannique avaient constitué tout un réseau secret paramilitaire, comprenant de nombreux éléments fascistes et collaborateurs des nazis. Une de leurs missions consistait à préparer des attentats terroristes en Europe occidentale, attentats dont les communistes seraient accusés. Les services secrets italiens baptisèrent ceci la « stratégie de la tension ». A son procès en 1984, un ancien agent de Gladio, Vincenzo Viciguerra, expliqua cette stratégie :

« Il fallait terroriser les citoyens, hommes, femmes, enfants, gens innocents, des inconnus, engagés dans aucune activité politique. La raison était simple. Nous devions forcer ces gens à se tourner vers l’Etat pour exiger davantage de sécurité. »

 

Sibel Edmonds a été décrite par la très renommée American Civil Liberties Union comme étant « la personne à qui on a le plus fermé la bouche dans l’histoire des Etats-Unis ». Et, en effet…

 

Sibel Edmond accusa plusieurs collègues du FBI d’espionnage. Ses plaintes furent finalement examinées par le ministère de la Justice, qui ne se prononça pas mais critiqua fortement le FBI pour n’avoir pas sérieusement enquêté sur ces accusations. Les révélations d’Edmonds furent vérifiées par deux journalistes du Sunday Times britannique auprès de hauts fonctionnaires du Pentagone et du MI16. Le journal britannique comptait publier sur ce thème une série de quatre dossiers, mais au dernier moment, la publication fut supprimée de façon inexpliquée.

 

Finalement Sibel Edmonds entama la publication d’un livre Classified Woman racontant son expérience. Le FBI tenta de l’en empêcher. Légalement, il avait trente jours pour demander la suppression de certains passages pour raisons de sécurité. Un an plus tard, toujours rien, sauf une lettre interdisant de publier l’ouvrage. Mais Sibel Edmonds passa outre. Ses mémoires accusent de hauts fonctionnaires US de négligence, corruption et collaboration avec Al-Qaida. Et sa conclusion est très claire : les autorités US ont soutenus des réseaux du terrorisme international et du crime organisé. »


Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)
Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)


"- Alors, quand les Etats-Unis parlent de soutenir les "rebelles modérés" face aux combattants de l'Etat islamique, de qui parlent-ils ?

- C'est un discours destiné à enfumer les médias et qu'i faut pouvoir décoder. Nous aurions pu croire que ces rebelles modérés étaient des combattants aux méthodes plus respectables et aux aspirations plus démocratiques que celles de jihadistes. Or, souvenez-vous de Khalid al Hamad, ce rebelle qui avait porté le cœur d'une de ses victimes à la bouche en déclarant : "O héros de Bab Amr, vous massacrez les alaouites et vous sortez leurs cœurs pour les manger !". La vidéo du cannibale a fait scandale. mais Khalid al Hamad était-il membre du Front Al-Nosra, de l'Etat islamique ou de quelque autre groupe "extrémiste" ? Non, c'était le chef de la brigade al Farouk affiliée à l'ASL [opposants au régime syriens, censés êtres des modérés soutenus par les occidentaux et les monarchies du golfe].

Il n'y a pas de distinction entre des rebelles laïcs et démocrates d'un côté et des extrémistes fanatiques de l'autre. La seule distinction valable pour les Etats-Unis consiste à différencier les terroristes qui travaillent pour eux et ceux qui poursuivent leurs propres intérêts. Washington n'a pas de problème avec les combattant qui égorgent des enfants, arrachent le cœur de leurs victimes ou jouent au foot avec la tête de leurs ennemis. Pour autant que ces combattants se limitent à combattre l'armée syrienne sans contrarier les intérêts US. Par contre, ceux qui sortent de leur rôle et s'opposent aux objectifs de Washington comme les terroristes de l'Etat islamique, ceux-là sont des "extrémistes" qu'il faut combattre. Et pour ce faire, la CIA n'hésite pas une fois de plus à nouer des alliances douteuses. Le principal groupe que l'agence soutient officiellement est le Mouvement Hazm, une nouvelle coalition de rebelles modérés que Washington a sortie de son chapeau. C'est elle qui doit combattre l'Etat islamique au sol alors que la coalition internationale emmenées par Obama bombarde les positions des terroristes. Or, des responsables du Mouvement Hazm ont déjà avoué qu'ils travaillaient avec le Front al-Nosra [lié à Al-Qaïda]."


Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)
Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)


"Le fait est qu'après les fiascos d'Irak et d'Afghanistan, Barack Obama s'est trouvé dans l'impossibilité d'engager ses troupes dans un nouveau conflit. Pourtant, les Etats-Unis n'ont pas renoncé à leurs prétentions sur le Moyen-Orient. la présidence d'Obama consacre donc le retour du "soft power" : plutôt que d'envoyer ses soldats au casse-pipe, Washington utilise des groupes sur place. Ca ne vous étonnera sans doute pas, parmi les proches conseillers d'Obama, on retrouve un certain Zbigniew Brzezinski. C'est lui qui a eu l'idée d'armer des fanatiques musulmans en Afghanistan pour combattre l'armée afghane et les troupes soviétiques dans les années 1980.

En Libye, les Etats-Unis n'avaient d'autres choix que de recourir aux jihadistes. En Syrie, ils espéraient pouvoir démobiliser une grande partie de l'armée en jouant la carte confessionnelle Les déserteurs devaient ainsi venir grossir les rangs de l'Armée syrienne libre. Or, i y a bien eu des défections. Mais les soldats qui ont quitté leur poste ont généralement quitté le pays en même temps. En Syrie aussi, les Etats-Unis n'avaient donc d'autres choix que de s'appuyer sur les jihadistes. Mais utiliser ces groupes est une chose, les contrôler en est une autre. Certains mouvements comme l'Etat islamique ont profité de l'aide de Washington tout en poursuivant leur propre agenda."


Jihad made in USA, grégoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)
Jihad made in USA, grégoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)


"Alors que les Tunisiens et les Egyptiens étaient parvenus à faire tomber leurs dictateurs par la seule force des protestations, l'opposition libyenne, par contre, a eu besoin d'un sérieux coup de pouce de l'Otan. Toujours prompte à secourir les peuples en détresse, l'alliance serait intervenue pour empêcher un massacre. Bilan ? Des dizaines de milliers de morts, des villes dévastées et une résolution ("no fly zone") de l'ONU complètement bafouée. Depuis le passage des bombardiers et du fait de l'armement important fourni aux islamistes, la Libye est en proie au chaos. Et les télévisions ne passent plus des images de Libyens en liesse scandant : "One, two, three, thank you Sarkosy ".

Le Bahrein ensuite. Moins médiatisé, le soulèvement populaire qui a défié la dictature des Khalifa n'a pas obtenu les faveurs de chancelleries occidentales. Par contre, L'Arabie Saoudite a envoyé son armée pour aider le roi à réprimer des manifestations totalement pacifiques.

Pas médiatisées du tout, ces monarchies absolues que sont le Qatar et l'Arabie saoudite. On y lapide la femme adultère. On y décapite les travailleurs immigrés après un simulacre de procès. Et personne ne s'étonne que ces pays participent activement à faire triompher "la démocratie" et "les droits de l'homme" dans des pays voisins. Quant à l'Egypte, notre vision idyllique du printemps arabe a pris un sérieux coup avec l'éviction du président démocratiquement élu, Mohamed Morsi. Son successeur, le général Abdel Fattah al-Sissi, a condamné à mort des centaines de partisans de son rival. Silence gêné du côté des gouvernements occidentaux qui, au même moment, condamnaient la répression politique en Syrie.

La Syrie, parlons-en ! Depuis les premières manifestations de 2011, le printemps a déchanté également. Avec un tas de contradictions. On disait que les vaillant héros de la révolution feraient triompher le bien, mais ils mangent des cœurs face caméra et jouent au foot avec la tête de leurs victimes. On disait Bachar el-Assad honni par tout un peuple mais même des réfugiés sunnites, dont les maisons avaient pourtant été bombardées par l'armée syrienne, soutiennent leur alaouite de président. On pensait que le dictateur avait franchi la ligne rouge en utilisant des armes chimiques, et pourtant Obama n'est pas intervenu. On pensait que les Etats-Unis étaient en guerre contre le terrorisme, mais leurs armes tombent étrangement entre les mains...des terroristes. On pensait que pour éliminer notre nouvel ennemi, l'Etat islamque (Daesh), il faudrait le couper de ses rentrées financières. Daesh reste malgré tout une entreprise florissante qui écoule son pétrole jusqu'en Europe."



Occident et islamisme


"Les impérialistes ont toujours craint de voir les peuples du Sud s'unir. Avec leur vision sectaire, les islamistes réactionnaires avaient et ont toujours le profil de l'allié idéal.

Par ailleurs, ces dictateurs féodaux totalement déphasés avec notre époque ne peuvent compter sur un soutient massif des populations pour rester au pouvoir. Ils sont donc totalement dépendants de l'appui et de la protection que leur apportent les impérialistes.

Ainsi, les puissances occidentales, qui prétendent défendre la démocratie et les droits de l'homme à travers le monde, entretiennent des rapports ultra-privilégiés avec des pays comme l'Arabie saoudite."



Les confessions d'un assassin financier, Johns Perkins, Al Terre (2005).
Les confessions d'un assassin financier, Johns Perkins, Al Terre (2005).

 

     "Les Etats-Unis n'ont aucunement caché leur désir de voir la maison des Saoud financer la guerre d'Oussama Ben Laden contre les Soviétiques en Afghanistan dans les années 80, et Riyad et Washington ont fourni ensemble aux moudjahidin environ 3 millions et demi de dollars. Cependant, la participation américaine et saoudienne alla beaucoup plus loin.

Vers la fin de 2003, U.S. News and World Report publia une étude titrée "The Saudi connection". Le magazine avait dépouillé des milliers de pages de procès-verbaux, de rapports des services de renseignements américains et étrangers, ainsi que divers autres documents, et interviewé des dizaines de hauts fonctionnaires, d'experts en terrorisme et de spécialistes du Moyen-Orient. On avazit fait les découvertes suivantes : 

La preuve est indiscutable: L'Arabie Saoudite, vieil allié des Etats-Unis et plus grand producteur de pétrole du monde, était devenu, selon un haut fonctionnaire des Finances, l'épicentre du financement des terroristes. A partir du début des années 80, après le double choc de la révolution iranienne et de la guerre des Soviétiques en Afghanistan, la générosité quasi officielle de l'Arabie Saoudite devint la principale source de fonds pour le mouvement djihad, en croissance rapide. Dans une vingtaine de pays, l'argent fut utilisé pour entretenir des camps d'entraînement militaire, acheter des armes et recruter des membres.

Les Saoudiens ont fortement encouragés les Etats-Unis à détourner les yeux, affirment des vétérans du renseignement. Des milliards de dollars en contrat, en allocations et en salaires ont été versés à un large éventail d'anciens hauts fonctionnaires américains qui avaient négocié avec les Saoudiens : des ambassadeurs, des sous-directeurs de la CIA, même des secrétaires de cabinet.

Des conversations interceptées électroniquement impliquaient des membres de la famille royale dans le soutien d'Al-Qaida et d'autres groupes terroristes.

Après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone, on découvrit d'autres preuves des relations secrètes entre Washington et Riyad. En Octobre 2003, le magazine Vanity fair divulgua des informations inédites dans un rapport exhaustif titré "Saving the Saudis". Je ne fus nullement surpris par la révélation des relations existant entre la famille Bush, la maison des Saoud et la famille Ben Laden. je savais que ces relations remontaient au moins à l'époque de l'affaire du blanchiment d'argent saoudien, qui commença en 1974, et des mandats de Georges H. W. Bush comme ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies (de 1971 à 1973) puis directeur de la CIA (de1976 à 1977). Je fus toutefois étonné que la presse ait fini par les découvrir. Vanity fair concluait ainsi : La famille Bush et la maison des Saoud, les deux plus puissantes dynasties du monde, ont des liens personnels, commerciaux et politiques très étroits depuis plus de vingt ans. Dans le secteur privé, les Saoudiens ont soutenu Harken Energy, une compagnie pétrolière en difficulté dont George W. Bush était l'un des investisseurs...