Le mondialisme

La guerre des monnaies, Hongbing Song (2013)
La guerre des monnaies, Hongbing Song (2013)

 

Gouvernement mondial

 

"Le problème n'est pas tant de savoir si un "gouvernement mondial" est souhaitable ou non, mais de savoir qui en serait à la tête, si ce nouveau souverain serait en mesure de développer une prospérité commune et le progrès social. A en juger par les pratiques sociales des élites, au cours des deux cents dernières années, le grand public ne semble pas placer ses espoirs dans leurs promesses. Après avoir subi de nombreuses guerres et récessions, les gens ont enfin compris plusieurs choses : il n'existe pas de liberté économique ; la liberté politique n'est qu'une façade ; et il n'y a pas non plus d'égalité économique. Le système démocratique s'est éloigné de ses fondamentaux et il est devenu malgré lui un accessoire pour les jeux d'argent "très spéciaux". Si l'on dit que l'essence de la liberté est le pouvoir du peuple de choisir, la route vers le futur gouvernement mondial n'emprunte alors qu'une seule direction, et l'élite mondiale l'a déjà choisie pour lui."

 

, Pierre Hillard (2013)
, Pierre Hillard (2013)

 

"Toutes les époques ont eu leur idéologie. Cependant, il en existe une qui surnage et perdure sur le fond d'idéal religieux : le mondialisme. Tout d'abord, il faut distinguer cette idéologie du fait purement historique : la mondialisation. Cette dernière n'exprime que l'exigence d'échanges économiques, culturels, ou encore d'information entre collectivités humaines. Le phénomène a toujours existé. Il n'a fait que prendre une accélération considérable, depuis la révolution industrielle puis de l'informatique, facilitant les échanges et les déplacements. En se projetant dans l'avenir, on peut aisément imaginer la création de colonies humaines sur de nombreuses planètes entraînant des échanges multiples. Il sera alors possible d'évoquer l'existence d'une mondialisation interplanétaire. Il en va autrement avec le mondialisme qui est plus qu'une idéologie ; c'est une mystique. Cette spiritualité globale se caractérise essentiellement par la volonté de soustraire l'autorité politique des Etats au profit d'entités supranationales et de faire disparaître les frontières en faveur d'une "région monde" où l'humanité constituerait une sorte de grande tribu mondiale assujettie, en d'autres termes, la Cité de l'Homme. Cette expression n'est pas une vue de l'esprit. Elle anime les réflexions de nombreux penseurs panthéistes soucieux de porter la lumière de cet idéal. [...]

Ce mondialisme s'est retrouvé dans des courants apparemment aussi divers que le libéralisme et le marxisme. En fait, par des voies différentes et même en entretenant des liens de coopération derrière une façade d'opposition, ces promoteurs ont toujours à l'esprit la disparition des Nations parce que, à la base, ce sont des internationalistes. La chute du mur de Berlin a été un accélérateur d'un processus poursuivi depuis longtemps. Il s'agit de créer de grand bloc géo-économiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques,...au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l'armature générale d'une gouvernance mondiale. Comme le rappelle Jacques Attali dans son ouvrage Dictionnaire du XXIème siècle : "Après la mise en place d'institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l'urgente nécessité d'un gouvernement mondial". Ainsi, ces blocs corsetés par la même idéologie et dont les populations auront au préalable les structures mentales alignées sur les critères édictés au sommet accoucheront d'une humanité unie, interchangeable et nomade. Cependant, l'aboutissement de ces ambitions longtemps prophétisées se doit de passer par des étapes bouleversant les structures politico-économiques des sociétés, accompagnées de conséquences militaires. Dans ces évènements, la vie humaine comptera peu."