Israël

Le printemps des sayanim, Jacob Cohen (2010)
Le printemps des sayanim, Jacob Cohen (2010)


"Conflit" israélo-palestinien

 

"Je voulais soulever une seule question. Et c'est le point de vue de l'historien. Les conflits ne relèvent pas des sentiments. c'est plus profond et plus concret. le conflit israélo-palestinen ne repose pas que sur l'incompréhension entre deux peuples. A la base, i y a l'occupation et la colonisation. Et le refus l'Israël de laisser les palestiniens avoir leur Etat. La méfiance et l'incompréhension en sont la conséquence. Or vous semblez ignorer cet élément fondamental. Tous les conflits coloniaux ont eu plus ou moins la même configuration, et ne se sont réglés qu'avec l'indépendance des peuples dominés. Entretenir l'illusion d'une solution fondée sur la bonne volonté, en ignorant la réalité, ne fera qu'aggraver l'impasse, et le prix à payer pour la paix sera encore plus lourd."



Sayan

 

"- Savez-vous ce qu'est un sayan ? demanda abruptement Sulitzer.

- Non !

- Dans un sens, cela me fait plaisir. Cela montre qu'on peut l'être dans la plus totale discrétion. Certains membres de la loge Ben Gourion le sont. pour vous exprimer ma confiance, je peux vous révéler que MST l'est aussi. Je le fais avec son autorisation, bien entendu.

Richar Zerbib attendit patiemment la suite.

- e sayan est un informateur qui peut, dans le cadre de ses diverses activités, nous aider, dans la mesure de ses possibilités.

- Qui, "nous" ?

- Je ne peux pas entrer dans les détails pour le moment. Mettons les services de l'ambassade."

 

 

JFK, 11-septembre, 50 ans de manipulations, laurent Guyénot (2014)
JFK, 11-septembre, 50 ans de manipulations, laurent Guyénot (2014)

 

Lobby

 

"Son soutien au sionisme n'assura pas seulement à Truman [Président des Etats-Unis de 1945 à 1953] une place dans l'histoire sacrée du peuple juif, tel un nouveau Cyrus ; il lui rapporta également deux millions de dollars pour relancer sa campagne, si l'on en croit un jeune journaliste bien informé de l'époque, du nom de John Kennedy.

John Kennedy reçut lui aussi une offre d'aide financière du lobby israélien, durant sa campagne présidentielle de 1960. Il résuma ainsi, à son ami journaliste Charles Bartlett, la proposition que lui fit le mécène Abraham Feinberg : "Nous savons que votre campagne est en difficulté. Nous sommes prêts à payer vos notes si vous nous laissez le contrôle de votre politique au Moyen-Orient." Kennedy se promit, se souvient Bartlett, que, "si jamais il devenait président, il ferait quelque chose pour changer ça". En 1962-63, il soumit sept projets d loi pour réformer le financement des campagnes électorales du Congrès ; toutes furent combattues avec succès par les groupes d'influence qu'elles visaient.

Parallèlement, avec l'appui de l'Attorney General Robert Kennedy, le sénateur William Fulbright, chairman du Committee on Foreign Relations, conduisit un audit sur "un nombre croissant d'incidents impliquant des tentatives par des gouvernements étrangers, ou leurs agents, pour influencer la politique étrangère américaine hors des canaux diplomatiques normaux". La commission sénatoriale exigea qu'en vertu de son financement par l'Etat d'Israël, l'American Zionist Council soit enregistré comme "agent étranger" et soumis aux obligations définies par le Foreign Agent Registration Act de 1938. L'enquête fut stoppée nette par l'assassinat de Kennedy. L'American ZIonist Council échappa au statut d'agent étranger en se renommant American Israël Public Affair Committee (AIPAC)."

 

Comment le peuple juif fut inventé (2010),Shlomo Sand, Flammarion
Comment le peuple juif fut inventé (2010),Shlomo Sand, Flammarion

 

   L'Histoire n'en est pas à une Ironie près : il fut un temps en Europe où celui qui affirmait que les juifs, du fait de leur origine, constituaient un peuple étranger était désigné comme antisémite. Aujourd'hui, a contrario, qui ose déclarer que ceux qui sont considérés comme juifs dans le monde ne forment pas un peuple distinct ou une nation en tant que telle se voit immédiatement stigmatisé comme "ennemi d'Israël".

 

 

L'armée musulmane, surgit des déserts arabes en un typhon tourbillonnant, qui conquit la région entre 638 et 643 de notre ère, était de taille relativement réduite : selon les évaluations maximales, elle comptait quarante-six mille soldats au plus. Une partie importante de cette force militaire fut transférée par la suite pour combattre sur d'autres fronts, aux frontières de l'Empire byzantin. L'assignation sur place d'une garnison de quelques milliers de soldats entraîna évidemment le transfert ultérieur de leurs familles, et les conquérants accaparèrent sans doute des terres confisquées, mais cela ne pouvait en aucun cas causer le remaniement en profondeur de la composition démographique locale.

L'un des secrets de la force de l'armée musulmane résidait dans son "libéralisme" et sa modération à l'égard des croyances des peuples assujettis, bien entendu uniquement dans les cas où celles-ci étaient monothéistes. Les instructions de Mahomet reconnaissaient les juifs et les chrétiens comme les "gens du livre" et leur accordaient un statut protégé reconnu par la loi.[...]

Avec la conquête arabe les lieux de prière juifs se raréfièrent avec le temps. Il ne serait pas abusif de soutenir que la Palestine/terre d'Israël connut un certain processus de conversion modéré sur la longue durée, évoluant parallèlement à la "disparition" de la majorité juive.[...]

Au début de la colonisation sioniste et avant la consolidation et avant la consolidation de l'idée de nation au sein de la population palestinienne, la thèse selon laquelle une partie importante des habitants de la Palestine était composée de fait de descendants des Judéens était largement partagée, y compris par des personnalités éminentes.

Israel Belkind, par exemple, l'un des premiers colons arrivés en Palestine en 1882, était l'un des leaders du petit groupe des Bilouïm, qui constituaient en réalité le premier groupe de sionistes. Il a toujours été convaincu de l'existence d'un lien historique serré entre les habitants des temps anciens et les paysans autochtones contemporain de son époque. [...] En d'autres termes, Belkind était certain que lui-même et ses compagnons, les premiers colons, allaient rencontrer en Palestine "une bonne partie des fils de notre peuple, une partie intégrale de nous-même et la chair de notre chair".

 

 

  [En Israël], Dès le début du XXème siècle, avec l'élargissement de la colonisation et la création des premières écoles de langues hébraïques, la Bible (ancien testament) devint un livre éducatif national enseigné comme une matière indépendante [...]. Les enseignants [...] analysaient parfaitement la double fonction que le livre saint était susceptible de remplir dans l'élaboration de l'identité nationale : la création d'un point de départ "ethnique" pour unifier l'existence des communautés religieuses variées, dispersées dans le monde entier, et l'auto-persuasion quant au droit de propriété sur la terre.

 

 

  Arthur Koestler [écrivain et journaliste hongrois naturalisé Anglais] pensait que "la grande majorité des juifs survivants [de la politique génocidaire d'Hitler] vient de l'Europe orientale et [qu']en conséquence elle est peut-être principalement d'origine Khazar. Cela voudrait dire que les ancêtres de ces juifs ne venaient pas des bords du Jourdain, mais des plaines de la Volga, non pas de Canaan, mais du Caucase, où l'on a vu le berceau de la race aryenne ; génétiquement, ils seraient apparentés aux Huns, aux Ouïgours, aux magyars, plutôt qu'à la semence d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. S'il en était bien ainsi, le mot "antisémitisme" n'aurait aucun sens [...].

 

 

  La guerre de 1967 ouvrit des perspectives nouvelles à la recherche archéologique israélienne. Les chercheurs israéliens avaient jusque-là été limités dans leurs fouilles par les frontières de la Ligne verte. La conquête de la Cisjordanie leur procura de nouveaux espaces et des montagnes de glèbes nouvelles au coeur de la terre de l'"antique patrie", qui aurait osé s'y opposé?

Au début, l'allégresse des vainqueurs de la guerre se mêla à la joie des archéologues. Une bonne partie de l'intelligentsia israélienne s'abandonna au doux rêve de la grand "terre d'Israël". On comptait ainsi de nombreux archéologues qui sentaient sonner l'heure où ils pourraient souder définitivement l'antique nation à la patrie historique, prouvant ainsi la légitimité absolue du texte. Mais la jubilation [...] commença à retomber lentement à mesure qu'avançait la recherche. On découvrit en effet, sur le mont Manassé et le mont Ephraïm, autour de Jérusalem, ainsi que sur les monts de Judée, de plus en plus de vestiges qui confirmaient certaines craintes et qui s'étaient déjà révélées à la suite des fouilles de plusieurs sites antiques sur le territoire de l'Etat d'Israël.

En conclusion, d'après les hypothèses de la plupart des nouveaux archéologues et chercheurs, le glorieux royaume unifié n'a jamais existé, et le roi Salomon ne possédait pas de palais assez grand pour y  loger ses sept cents femmes et ses trois cent servantes. Le fait que ce vaste empire n'ait pas de nom dans la Bible ne fait que renforcer ce point. Ce sont des auteurs plus tardifs qui inventèrent et célébrèrent cette immense identité royale commune, instituée, évidemment, par la grâce d'un Dieu unique, et avec sa bénédiction. Avec une imagination riche et originale, ils reconstituèrent de même les célèbres récits de la création du monde et du terrible déluge, des tribulations des patriarches et du combat de Jacob avec l'ange, de la sortie d'Egypte et de l'ouverture de la mer Rouge, de la conquête de Canaan et de l'arrêt miraculeux du soleil à Gibeon.

Les mythes centraux sur l'origine antique d'un peuple prodigieux venu du désert, qui conquit par la force un vaste pays et y construisit un royaume fastueux, ont fidèlement servi l'essor de l'idée nationale juive et l'entreprise pionnière sioniste. Ils ont constitués pendant un siècle une sorte de carburant textuel au parfum canonique fournissant son énergie spirituelle à une politique identitaire très complexe et à une colonisation territoriale qui exigeait une autojustification permanente.

Ces mythes commencèrent à se fissurer, [...], et vers la fin du XXème siècle, on eut l'impression qu'ils étaient en passe de se transformer en légende littéraires, séparées de la véritable histoire pas un abîme qu'il devenait impossible de combler.

 

 

 

  Aucun juif vivant dans une démocratie libérale occidentale ne pourrait aujourd'hui s'accoutumer aux formes de discrimination et d'exclusion vécues par les citoyens palestino-israéliens résidant dans un Etat qui déclare explicitement ne pas leur appartenir. Les partisans du sionisme parmi les juifs dans le monde, tout comme la plupart des Israéliens eux-mêmes, ne s'en trouve pas gênés, ou ne souhaitent pas prendre conscience du fait que l'"Etat juif" ne pourrait être accepté au sein de l'Union européenne, ni même comme Etat légitime des Etats-Unis d'Amérique, en raison de la nature non démocratique de ses lois. Cette réalité "tordue" ne les empêche pas de continuer de s'identifier à Israël, et même de voir en lui leur pays " de réserve". Ce phénomène d'identification, comme on l'a vu, ne les pousse nullement, cependant, à abandonner leur patrie nationale pour émigrer en Israël, car, en fin de compte, ils ne vivent pas la ségrégation quotidienne ni l'aliénation identitaire que les Palestino-Israéliens chaque jour dans leur propre patrie.

Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine (2009),John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, La Découverte.
Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine (2009),John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, La Découverte.

 

 

  Les chercheurs israéliens savent bien que les premiers sionistes étaient loin d'être bienveillant à l'égard des Palestiniens. Les Arabes ont bel et bien résisté aux incursions sionistes, tuant parfois des juifs et détruisant leurs maisons. Mais cette résistance était assez naturelle dans la mesure où les sionistes essayaient de créer leur propre Etat sur le territoire arabe. "Si j'étais arabe, confia Ben Gourion [futur premier ministre de l'Etat d'Israël de 1948 à 1953] en juin 1937, je me rebellerais avec d'avantage de vigueur, d'amertumes et d'acharnement contre cette immigration qui placera un jour la Palestine et tous ses habitants sous autorité juive." les sionistes ont en effet réagi avec vigueur et parfois avec cruauté, et aucune des deux parties ne détient la palme de la morale au cours de cette période.

[...] Bien sûr, les dirigeants sionistes n'ont pas ordonné à leurs soldats d'assassiner et de violer la population palestinienne, mais ils ont prôné le recours à la violence pour chasser les masses palestiniennes des terres destinées à devenir l'Etat Hébreu. Il suffit de lire ce que Ben Gourion a consigné dans son journal le 1er janvier 1948, époque à laquelle il rencontrait souvent d'autres dirigeants sionistes pour discuter de la façon de traiter la question palestinienne :" l'heure est venue de réagir avec fermeté et violence. Il nous faut être précis sur le moment, l'endroit et la cible. Si nous attaquons une famille, nous devons les brutaliser sans pitié, femmes et enfants y compris. Sinon, ce ne sera pas une réaction efficace [...]. Il n'est nulle besoin de faire la distinction entre coupable et non coupable."

 

 

 

  Il ne fait aucun doute qu'Israël a tiré des avantages considérables du soutien américain, bien que l'on puisse également avancer que ce soutien a été utilisé pour mener des politiques -pensons par exemple à l'implantation des colonies- qui n'étaient pas toujours dans l'intérêt d'Israël à long terme. Il est également indubitable que les Etats-Unis ont tiré des profits stratégiques de leur soutien à Israël, surtout au cours de la Guerre froide. Pourtant ces bénéfices ne suffisent pas à expliquer pourquoi les Etats-Unis ont apporté ce soutien si considérable aussi longtemps. Subventionner et protéger Israël a pu -il est permis d'en douter- représenter un avantage réel pour les Etats-Unis au plus fort de la Guerre froide mais cet argument est tombé avec la chute de l'URSS et la fin de la compétition entre les deux superpuissances au Moyen-Orient. Aujourd'hui, les liens étroits qu'entretien l'Amérique avec Israël ne contribuent pas à la sécurité des Américains ni à leur prospérité. Bien au contraire : ce soutien inconditionnel sape les relations des Etats-Unis avec leurs autres alliés, jette le doute sur le sens moral de l'Amérique, contribue à l'émergence d'une génération d'extrémistes anti-américains, et complique l'action des Etats-Unis dans une région très sensible mais stratégique. En bref, on ne peut plus avancer de raison stratégique pour justifier cette "relation privilégiée". Si l'on veut trouver un argument convaincant, il faut chercher ailleurs.

 

 

 

 L'exemple le plus célèbre de ce que peut coûter à un homme politique qui contrarie l'AIPAC [principal lobby pro-israélien aux USA] est peut-être la défaite du sénateur républicain de l'Illinois Charles Percy en 1984. Ce dernier a eu beau voter majoritairement en faveur d'Israël, il s'est attiré les foudres de l'AIPAC en refusant de signer la "lettre de 76" parrainée par l'AIPAC protestant contre la "réévaluation" de la politique américaine au Moyen-Orient promise par Ford en 1975. Il a également commis l'erreur de dire du chef de l'OLP Yasser Arafat qu'il était plus "modéré" que d'autres terroristes palestiniens. Les adversaires de percy lors des primaires et de l'élection ont reçu des sommes considérables des comités pro-israéliens, et un homme d'affaires d'un autre Etat (la Californie), Michael Goland, un donateur important de l'AIPAC, a dépensé 1,1 million de dollars en publicité contre Percy dans l'Illinois (Goland fut plus tard reconnu coupable de financement illégale de campagne lors des élections de 1986 en Californie). Comme s'est vanté Tom Dine après la défaite -loin d'être aussi nette- de Percy, "tous les juifs d'Amérique, de la côte Est à la côte Ouest, se sont unis pour se débarrasser de Percy. Et les hommes politiques américains -en poste comme ceux qui y aspirent- ont entendu le message". Même si Dine [diecteur exécutif de l'AIPAC de 1980 à 1993] fanfaronne quelque peu, la leçon à tirer de ces histoires est relativement claire : ainsi que l'a formulé J.J. Goldberg, rédacteur en chef de Forward, en 2002, "au Congrès on sait qu'il ne faut pas se fâcher avec ces gens-là faute de quoi ils vous descendent".

Les efforts de l'AIPAC et des comités pro-israéliens ne se concentrent pas seulement sur l'élection de certains candidats. Ils ont également  accompli l'exploit de transformer des responsable politiques critiques d'Israël en fervents supporters. L'ancien sénateur James Helms (républicain, Caroline du nord) a ouvertement critiqué le programme américain d'aide aux pays étrangers pendant la majeure partie de sa carrière, ce qui signifie qu'il s'opposait aussi à une aide conséquente à Israël. En 1984 Helms se retrouvait au coude à coude avec James Hunt, Gouverneur populaire de Caroline du nord, dans la course (onéreuse) à sa réélection. Trouvant là un l'occasion d'éliminer un ennemi de taille, l'AIPAC a financé à grands renforts de dollars la campagne de Hunt, qui a failli remporter l'élection. Helms a compris le message : il s'est rendu en Israël l'année suivante et s'est fait prendre en photo une kippa sur la tête en train d'embrasser le Mur des lamentations. A l'occasion du même déplacement, le sénateur s'est fait prendre en photo avec Ariel Sharon, un cliché qu'il a accroché dans son bureau. Helms est resté un fervent défenseur d'Israël jusqu'à sa retrazite en 2002.

 

 

 

  Bush a formellement adopté l'idée d'un Etat palestinien au cours de l'automne 2001. Au printemps 2002, il a appelé Israël à retirer ses troupes de plusieurs zones palestiniennes de Cisjordanie, et envoyé Colin Powell dans la région pour amorcer un processus de paix. Au cours du même été, Bush prit l'initiative de la feuille de route, censé fournir un calendrier précis menant vers un Etat palestinien indépendant et démocratique. L'année suivante, Bush se rendit au Moyen-Orient pour la défendre. Après l'effondrement en 2006 des projets israéliens de règlement unilatéral, l'administration Bush -Condoliza Rice en tête- renouvela ses efforts pour trouver une issue au conflit. Dans chaque cas, le lobby pro-israélien a agi de façon rapide et efficace afin de neutraliser ces efforts, en recourant à toute une série de tactiques : lettres ouvertes, résolutions du congrès, éditoriaux, communiqués de presse, rencontre entre membres de l'administration et dirigeants d'influentes organisations de la communauté juive ou de groupes évangéliques. Des membres du gouvernement sympathisants de la cause israélienne, comme Elliot Abrams, ont assistés le lobby dans ses efforts, parfois en rencontrant secrètement des officiels israéliens afin de déjouer les initiatives en cours. Au lieu de mettre le pouvoir des Etats-Unis au service de la paix (par exemple en liant l'aide américaine à la coopération d'Israël à la feuille de route), Bush a fini par systématiquement soutenir les politiques de Sharon -et aujourd'hui d'Olmert. Comme l'a déclaré en Octobre 2004 l'ancien conseillé à la  sécurité nationale Brent Scow croft, Sharon tenait le président Bush "enroulé autour de son petit doigt".

La capacité de l'Etat Hébreu à défier les Etats-Unis et à amener Washington à s'aligner sur ses options constitue un exemple classique du fonctionnement politique des groupes d'intérêts. Bien que les sondages d'opinion indiquent que les Américain soutiendraient une politique exhortant Israël à offrir aux Palestiniens un règlement équitable, les groupes qui constituent le lobby pro-israélien -et notamment ses composantes les plus radicales- s'intéressent plus à cette question qu'à l'Américain moyen. Par conséquent, des groupes tels que l'AIPAC ou la Conférence des présidents peuvent avoir une influence disproportionnée sur des élus, de sorte que leurs options ont plus de chances de l'emporter, même si elles sont contraires à l'intérêt des Etats-Unis et se révèlent aussi, malgré leurs intentions, néfastes pour Israël.