Etats-Unis

 

« Mise à nue par certains de ses protagonistes, l’intox américaine au Moyen Orient fonctionne encore en surface dans les médias occidentaux. Mais son efficacité est relative et les voix commencent à s’élever notamment en Europe pour dénoncer l’absurdité de cette politique. Le cercle fut bouclé par le général US David Petraeus lorsqu’il proposa en septembre 2015 sur la chaîne de télévision CNN de récupérer les membres d’Al-Qaïda qui accepteraient de quitter leur mouvance en Syrie pour combattre l’Etat islamique. Les Etats-Unis sont coutumiers de ce genre de transgression des règles morales. En octobre 2014, le New York Times a rendu publiques des archives déclassifiées de la seconde guerre mondiale. Les services américains avaient recruté un millier de cadre du régime nazi pour tirer profit de leur expérience dans leur combat contre le communisme. Certains d’entre eux avaient commis des crimes contre l’humanité. Parmi ces recrues figuraient des criminels de masse tels que Klaus Barbie, l’homme qui a torturé Jean Moulin ou l’officier SS Otto von Bolschwing, ancien conseiller d’Adolf Eichmann, architecte de la « solution finale ». Utiliser de tels individus pour défendre les idéaux de la démocratie était une curieuse manière de transformer ses propres ennemis en futur amis contre ses nouveaux ennemis. »

  

 

Christian Harbulot, Fabricants d’intox (2016)

 

 

Guerres hummanitaires

 

« Encore faut-il que les « guerres humanitaires » répondent à de nobles objectifs et se soldent par des bilans positifs. Quand l’OTAN a attaqué l’Afghanistan en 2001, il fallait punir Ben Laden, chasser les talibans et relooker les Afghanes. En réalité, les talibans avaient proposé de faire juger le chef d’Al Qaida par un tribunal islamique. Quant aux considérations stylistiques du Mollah Omar sur la mini-jupe, elles n’avaient pas chagriné les Etats-Unis lorsqu’ils l’avaient installé au pouvoir.

Tout ça pour quel bilan finalement ? Depuis le passage de l’OTAN, un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de cinq ans en Afghanistan. En 2003, après que Colin Powell ait agité une petite fiole de perlimpinpin devant le Conseil de Sécurité des Nations unies, les Etats-Unis ont renversé Saddam Hussein. On apprendra plus tard que les armes de destruction massives n’avaient jamais existé. Dix années d’occupation ont coûté la vie à plus d’un demi-million d’Irakiens. Depuis le retrait des troupes US, le pays reste livré au chaos. Chaque jour, des attentats font plusieurs dizaines de morts.

Le 1er mai 2003, George W. Bush avait déclaré : « Mission accomplie ».Ces guerres n’étaient donc pas humanitaires. Et elles n’ont fait qu’empirer la situation dans les pays visés. »

 

 

Grégoire Lalieu, jihad made in USA (2014) 

 


Éminences grises


La politique américaine est émaillée de ces éminences grises au pouvoir occulte et à l’influence inimaginable. Si ce sobriquet provient du personnage du père Joseph, capucin, homme de main et agent secret de Richelieu auquel il était entièrement dévoué, l’analogie s’arrête là ! Ces éminences grises présidentielles américaines sont dévouées, non pas aux présidents qu’elles « servent », mais aux groupes de pression qui en ont assuré (entre autre) les campagnes. Ce ne sont pas des conseillers des présidents : ils les tiennent en otages !


Curtis B. Dall, Franklin D. Roosevelt (1968)



PRISM

"Les Américains ont mis en place un système d'écoute très organisé par la NSA, le programme PRISM, relevant du secrétaire d'Etat à la Défense des Etats-Unis. 

 

PRISM permet de capter les informations grâce à une collaboration organisée avec le concours des fournisseurs internet, fournisseurs d'accès, lesquels captent email, tchat, vidéos, voix, photos, et tout transfert d'information/ .es fournisseurs d'accès ont adhéré au programme par convention. La première société ayant adhérée, est Microsoft le 11 septembre 2007, Google a adhéré le 14 janvier 2009, et enfin Apple en octobre 2012."

 

Emmanuel Ludot, L'avocat à histoires (2015)

 


« Le 1er mai 1985, Reagan a déclaré un état d’urgence national aux Etats-Unis, au motif que la sécurité du pays était menacée par le gouvernement du Nicaragua, qui se trouvait à deux jours de voiture de Harlingen, Texas, et préparait la conquête du continent. Le décret de l’exécutif sur l’état d’urgence a été renouvelé tous les ans pour stimuler le soutien à la guerre menée par les Etats-Unis au Nicaragua. Combien faut-il d’esprit critique pour évaluer l’ampleur de la menace que le Nicaragua peut faire peser sur l’existence même des Etats-Unis ? »

 

Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions (2005)

  

Le bien, le mal

 

" Dans un documentaire, The Fog of war (2004), Robert McNamara (ancien Secrétaire à la Défense US) fait un aveu assez intéressant. Il cite une remarque du Général Curtis LeMay, avec lequel il a servi à l'époque des bombardements incendiaires contre les villes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale : "Si nous avions perdu, nous aurions tous été jugés comme criminels de guerre." McNamara ajoute alors : "Il a sans doute raison. Mais qu'est-ce qui rend la chose immorale quand on perd mais pas quand on gagne ?". "

 

Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions (2005)

 

 

L'Etat profond américain, peter Dale Scott (2015)
L'Etat profond américain, peter Dale Scott (2015)

Projet jugement dernier

 

" Depuis la Seconde Guerre mondiale, le secret a été utilisé aux Etats-Unis pour accumuler de nouveaux pouvoirs bureaucratiques classifiés, sous couvert de la planification d'urgence censée répondre aux désastres nationaux. Au sein même comme en dehors de l'Etat, ce programme est connu sous le nom de code de "Projet Jugement dernier". Au début de la présidence Reagan, cette planification a été rebaptisée par une appellation trompeuse, la "Continuité du Gouvernement" (COG). Notamment développée par Oliver North, Donald Rumsfeld et Dick Cheney depuis le début des années 1980, la COG est en fait devenue le vecteur d'un important changement de gouvernement depuis son instauration le 11 septembre 2001. A l'origine, les pouvoirs répressifs extrêmes qui avaient été accumulés dans le cadre du Projet Jugement dernier furent développés afin de contrôler le reste du monde. A présent, les Etats-Unis eux-mêmes sont traités comme s'ils étaient un territoire occupé - et ce à un degré sans précédent.

 

Ces plans - initialement centrés sur une éventuelle décapitation du gouvernement des Etats-Unis à la suite d'une attaque nucléaire -, furent progressivement recalibrés afin de gérer le problème de la désobéissance civile, et plus particulièrement de la résistance de l'opinion publique états-unienne aux campagnes militaires à l'étranger.

En effet, les plans de la COG furent modifiés sous l'administration Reagan afin de traiter le peuple des Etats-Unis comme une forme d'ennemi. Devant les Comités restreints du Congrès sur l'affaire Iran-Contra, Oliver North avait déclaré  "Nous n'avons pas perdu la guerre au Vietnam, nous l'avons perdue ici-même, dans cette ville [c'est-à-dire Washington]."

Ainsi, le Projet Jugement dernier a repris et élargi les directives de l'opération Garden plot développées par l'armée US. Ce programme était destiné à gérer des manifestations anti-guerres et des émeutes urbaines, qui, après l'assassinat de Martin Luther King Jr, avaient abouti à la création de ce que l'on appelle la "salle de guerre intérieure" du Pentagone (domestic war room). Les stratèges de la COG y ont également incorporé des plans du Département de la Justice, qui organisaient la mise en place d'un système de centres de détention pour des milliers de dissidents - ces derniers ayant été fichés pour être immédiatement arrêtés en cas d'urgence nationale.

 

Le résultat de cette planification de la COG fut un ensemble de mécanismes répressifs, préparés pendant deux décennies par un groupe très restreint et très élitiste, puis instaurés à partir du 11-Septembre. Cet ensemble de mesures comprenait 1) la surveillance extrajudiciaire, ce qui a été confirmé par les révélations d'Edward Snowden ;

2) la détention arbitraire, incluant des dérogations sans précédent au droit de ne pas être emprisonné arbitrairement (l'habeas corpus);

3) des mesures inédites favorisant la militarisation de la sécurité intérieure et l'érosion du Posse Comitatus Act (une loi de 1876 interdisant au gouvernement fédéral d'avoir recours à l'armée dans l'application civile de la loi).

 

Depuis 2008, une brigade de combat de l'armée US a été déployée de façon permanente aux Etats-Unis Sa mission principale consiste à être "mobilisée pour assurer la gestion des troubles civils et le contrôle des foules." Visiblement, la plupart des gens n'ont pas conscience que les citoyens des Etats-Unis ont vécu depuis 2002, comme la brigade en question, sous l'autorité d'un commandement militaire de l'US Army appelé le NORTHCOM."

 


USA et légitime défense préventive


"L'une des composantes de la doctrine Bush c'est que les Etats-Unis ont le droit de mener des opérations militaires offensives contre des pays que nous considérons comme une menace parce qu'ils ont des armes de destruction massive. De nombreuses grandes figures de l'establishment l'ont condamné. Ils n'étaient pas vraiment en désaccord sur le fond, mais ils pensaient que l'impudence avec laquelle on déclarait et on appliquait ce principe constituait, en dernière analyse, une menace contre les Etats-Unis. La revue Foreign Affair a immédiatement publié un article critique sur "la grande stratégie néo-impériale", comme elle disait. Madeleine Albright, la secrétaire d'Etat de Clinton, a fait remarquer que cette doctrine, la légitime défense préventive, avait été partagée par tous les présidents états-uniens, mais ne devait pas être proclamée à tue-tête. "La légitime défense préventive" a-t-elle écrit dans Foreign Affair, est "un outil que chaque président a tenu discrètement en réserve". On l'a dans sa poche de derrière et on l'utilise quand on veut. Le commentaire le plus intéressant a peut-être été celui d'Henry Kissinger, en réponse à un grand discours du président Bush à West Point où celui-ci avait exposé les grandes lignes de la Stratégie de sécurité nationale. Cette conception " révolutionnaire" des affaires étrangères, a dit Kissinger, allait mettre en pièces non seulement la Charte des Nations Unies et le droit international, mais tout le système d'ordre international instauré par les traités de Westphalie au XVIIe siècle. Kissinger approuvait la doctrine, mais ajoutait une précision : nous devons comprendre qu'elle ne peut pas être " un principe universel accessible à tous les pays". Elle est pour nous et pour personne d'autre. Nous utiliserons la force à notre guise contre tous ceux que nous percevrons comme une menace potentielle, et peut-être déléguerons-nous ce droit à des Etats clients, mais il n'est pas fait pour les autres."


Histoire des banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)
Histoire des banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)


Le dollar ou la mort

 

"Depuis 1971, lorsque les Etats-Unis ont abandonné l'étalon-or pour le pétrodollar avec la connivence de l'Arabie Saoudite, toute tentative de supplanter le dollar américain comme la monnaie de réserve dominante, s'est vue bloquée et opposée avec violence.

 

En novembre 2000, Saddam Hussein décréta que toutes les transactions d'hydrocarbure seraient libellées en euros, car il ne souhaitait plus commercer en usant de la "monnaie de l'ennemi". Comme cela fut par la suite démontré, la supercherie des armes de destruction massive ne fut qu'un faux prétexte et ce fut bien cette décision monétaire qui couta à Saddam Hussein sa vie et la destruction de son pays.

 

Dans des circonstances similaires, Kadhafi annonça en 2010 la création d'un dinar-or pour le paiement de toutes les transactions étrangères sur une région incluant 200 millions d'habitants. A cette époque, la Lybie possédait 144 tonnes d'or. Ce qui était proposé n'était pas en soi un retour à l'étalon-or per se, mais la mise en place d'une nouvelle unité de mesure concernant les exportations pétrolières et les autres ressources qui devaient être réglées en dinars-or. Kadhafi avait franchi la ligne rouge et en a payé le prix ultime.

 

Depuis 2007, l'Iran a exigé que les paiements soient effectués en euros. Le 17 février 2008, la Bourse du Pétrole Iranienne utilise principalement l'euro, le rial iranien et un panier de devises non-américaines pour ses échanges d'hydrocarbures, de produits pétrochimiques et de gaz. La première cargaison pétrolière fonctionnant sous ce nouveau système fut vendue à travers ce marché en juillet 2011. Cet évènement doit être considéré comme la cause principale des menaces israéliennes et américaines répétées à l'égard de l'Iran."

 


Deux poids, deux mesures

 

 « Archétype du massacre du XXIe siècle, le conflit du Darfour a été si efficacement présenté comme un « génocide » que dans son rapport de décembre 2008, la Genocide Prevention Task Force désignait le « prodigieux niveau d’engagement public dans la crise du Darfour » comme la meilleur des recettes pour « s’assurer un soutien unanime et permanent pour la prévention des génocides et des atrocités de masse » - en d’autres termes, la manière dont l’establishment américain a géré la crise du Soudan devrait servir de modèle pour montrer la meilleur façon de médiatiser un conflit estampillé d’office comme « génocide » afin de mobiliser l’élite et l’opinion publique en faveur d’une intervention militaire contre l’Etat incriminé.

  

Pourtant, durant seulement le double d’années, une crise que les chercheurs les plus renommés dans ce domaine appelèrent «  le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondial » faisait près de 20 fois plus de morts en République démocratique du Congo (RDC), soit environ 5,5 millions entre août 1998 et avril 2007. Mais le Congo n’est pas un pays musulman et les pays qui l’exploitent sont les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, et d’autres Etats africains alliés des grandes puissances occidentales (en particulier le Rwanda et l’Ouganda). De fait, c’est bien ce nombre infiniment plus grand de victimes congolaises qui pendant plus de dix ans est resté délibérément ignoré, tandis qu’à peine plus au nord, le Darfour devenait une « cause célèbre en Amérique » avec d’avantage d’ONG, de célébrités, d’étudiants, entre autres activités mobilisées sur Internet, et de tourisme compassionnel s’apitoyant sur le sort du Darfour, qu’il n’y en eut jamais pour aucune crise similaire de notre époque. Pour les deux auteurs américains, Steven Fake, et Kevin Funk, à l’inverse des « efforts déployés pour mettre un terme aux catastrophe humanitaires soutenues par l’Occident, comme le bain de sang irakien ou l’occupation israélienne, qui n’attirent ni le soutien financier des multinationales ni les serments compatissant du Bureau ovale », la mobilisation pour le Darfour ne cesse de croître parce qu’elle est puissamment enracinée dans des idéaux bénéfiques à l’establishment, comme une certaine «  pureté des armes » occidentales, qui dédaigne la recherche de solutions négociées et penche ouvertement pour le langage de la force, et en l’occurrence le recours à la force d’occidentaux bienveillants et autodésignés pour protéger des victimes noires de leurs agresseurs arabes et musulmans ». Au vu de telles variables, la campagne pour mettre fin au monumental bain de sang congolais peut attendre et le sang peut toujours couler à flot en Irak, en Afghanistan, au Pakistan ou en Palestine, avec d’autant moins d’interruptions. »

 

A nos amis, Comité invisible (2014)
A nos amis, Comité invisible (2014)


La démocratie du drone


"Ceux qui ont crus que les formes du droit étaient un acquis définitif de la démocratie, et non une forme transitoire en voie de dépassement, en sont pour leurs frais. Elles sont désormais un obstacle formel à l'élimination des "ennemis combattants" de la démocratie comme à la réorganisation continuelle de l'économie. De l'Italie des années 1970 aux dirty wars d'Obama, l'antiterrorisme n'est pas une entorse regrettable à nos beaux principes démocratiques, une exception à la marge de ceux-ci, il est bien plutôt l'acte constituant continu des démocraties contemporaines. Les Etats-Unis  dressent une liste de "terroristes" du monde entier longue de 680000 noms et nourrissent un corps de 25000 hommes, les JSOC, chargés en toute opacité d'aller tuer à peu près n'importe quand n'importe où à la surface du globe. Avec leur flotte de drones pas trop regardants sur l'identité exacte de ceux qu'ils déchiquettent, les exécutions extra-judiciaires se sont substituées aux procédures extra-judiciaires du type de Guantanamo. Ceux qui s'en offusquent ne comprennent tout simplement pas ce que signifie gouverner démocratiquement. Ils en sont restés à la phase précédente, celle où l'Etat moderne parlait encore le langage de la loi."

Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2005)
Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2005)

 

L'ennemi idéal

 

"Une fois la Guerre froide terminée, les Américains ordinaires espéraient que les immenses ressources de leur pays cesseraient d'être utilisées, ou plutôt exploités pour faire des guerres chaudes ou froides, et ils s'attendaient à bénéficier d'un "dividende de la paix".

Voilà qui posait un grand problème pour l'élite du pouvoir. Avec la fin de la Guerre Froide, de leur guerre parfaite, cette élite se retrouvait orpheline de son ennemi parfait, de cet ennemi utile et même indispensable dont la seule existence avait suffi, durant un demi-siècle, pour justifier les dépenses militaires si profitables du warefare state. Il fallait d'urgence trouver un nouvel ennemi. Une démilitarisation réelle de l'économie américaine n'aurait pas seulement tari la source des méga-profits, mais aurait confronté le pays au problème clé du système économique capitaliste : l'insuffisance de la demande.

Le problème du manque d'ennemi fut rapidement compensé par l'arrivée sur la scène, à l'instar de deus ex machina, de nouveaux Hitler" tels Saddam Hussein. Est-ce une coïncidence si ce fut précisément à la fin de la Guerre froide que Saddam Hussein devint soudain une grande menace, nécessitant une intervention militaire massive ? La prétendue menace soviétique ayant disparue et la pression populaire pour "un dividende de la paix" se faisant plus pressante, de nouvelles menaces devaient être inventées d'urgence. Le danger représenté par Saddam Hussein fut incontestablement grossièrement exagéré afin de maintenir les Etats-Unis sur pied de guerre. Or, un seul ennemi, une seule menace, ne suffisait guère à légitimer le couteux système du Pentagone. Durant les années quatre-vingt-dix, Washington rechercha donc avec acharnement de nouveaux ennemis. D'autres "nouveaux Hitler" furent dûment découverts, parmi lesquels Slobodan Milosevic.

Cependant, rien de tout cela suffisait vraiment. Alors Washington proclama une "guerre contre le terrorisme". Du point de vue de l'élite du pouvoir aux Etats-Unis, une telle guerre est parfaitement fondée. En effet, elle offre une sorte de "solution finale" au problème causé par la fin de la Guerre froide. Une guerre contre un ennemi mal défini, une guerre sans limite géographique, une guerre qui durera aussi longtemps que le président nous dira qu'elle devra durer, un guerre qui exige le soutient inconditionnel de tous ceux qui ne veulent pas être perçus comme étant du côté du terrorisme. Une telle guerre étant la panacée ultime."