Société

 

Humanité asexuée

 

« Si le sexe était réservé au plaisir et la reproduction impartie aux machines, via l’ectogénèse, il est évident que nous nous acheminerions alors à vitesse accélérée vers une humanité unisexe comme le mondialisme veut l’imposer notamment au travers de la théorie du gender. En effet la fonction de maternité liée au sexe féminin disparaîtrait. »

 

 

 

Jean-Pierre Dickès, la fin de l’espèce humaine (2015)

 

Droit contre don

 

« La simple logique du droit égalitaire conduit ainsi à ouvrir un espace spécifique – fondé sur la revendication de ce qui est dû inconditionnellement à chacun – au sein duquel le don et la morale sont nécessairement neutralisés ou mis entre parenthèses. La logique du don repose en effet sur le sentiment jusqu’ici universel que le « retour » d’un présent offert ou d’un service rendu ne peut jamais être garanti et, encore moins, exigible comme un dû (c’est-à-dire comme un droit). Elle implique, au contraire, cette liberté essentielle que l’autre a de ne pas rendre – et donc ce « droit à l’ingratitude » – qui, seule, peut donner un sens humain à l’éventuel « contre-don » et fonder ainsi, entre les partenaires de l’échange symbolique, des rapports d’amitié (ou d’alliance et de coopération) véritablement personnalisés et basés sur la confiance réciproque. Dans ces conditions, une société qui entendrait étendre à l’infini cette sphère impersonnelle et anonyme des relations purement juridiques et abstraites ne peut évidemment conduire qu’à dissoudre un peu plus (et sur un mode parallèle à celui qui gouverne simultanément la marchandisation continuelle des activités humaines) l’essence même de la vie quotidienne et des relations en face à face qui en constituent le principe. Une famille, par exemple, dans laquelle les parents ne songeraient à nourrir leurs enfants (ou à leur donner une éducation) que parce qu’ils y sont « juridiquement obligés » (ou dans laquelle ces parents n’envisageraient le « devoir conjugal » que comme une prestation imposée par le contrat de mariage) cesserait à coups sûr d’être une famille au sens humain du terme. »

Les mystères de la Gauche, Jean-Claude Michéa (2013)

 

Fractures françaises, Christophe Guilly (2010)
Fractures françaises, Christophe Guilly (2010)


Idées reçues

 

"L'idée de "ghettoïsation "à l'américaine" suggère en effet que l'Etat républicain a déserté ces territoires. Stigmatisées, reléguées, les banlieues seraient ainsi sous-équipées et l'Etat y serait moins présent qu'ailleurs.

Cette affirmation ne correspond pas à la réalité. Si la permanence des difficultés sociales révèlent une forme d'impuissance des pouvoirs publics, elle ne signifie pas pour autant que l'Etat s'est désengagé. D'ailleurs, ces territoires bénéficient le plus souvent d'une densité d'équipements publics supérieure à celle des territoires péri-urbains et ruraux.

C'est dans cette optique que le sociologue Dominique Lorrain a réalisé une étude comparative sur les investissements publics entre le quartier des Hautes-Noues à Villiers-sur-Marne et un quartier de la périphérie de Verdun. Dans les deux cas, les populations concernées sont modestes et/ou précaires et les taux de chômage sont élevés. La cité des Hautes-Noues est classée "sensible", tandis que le quartier de la périphérie de Verdun n'a jamais fait parler de lui.

Première surprise, le revenu moyen par habitant du quartier sensible de Villiers-sur-Marne est de 20% supérieur à celui de Verdun. L'auteur précise par ailleurs que les équipements culturels, les services publics et les facilités de transports sont moins fournis à Verdun : Il faut compter trois heures pour rejoindre la métropole nancéenne contre vingt minutes pour rallier Paris depuis le quartier des Hautes-Noues.

Enfin, et pour faire litière de l'idée d'un abandon des quartiers sensibles, le chercheur calcule le total des investissements publics par habitant. Le programme de réhabilitation dont bénéficie le quartier des Hautes-Noues prévoit une dotation de 12450 euros par habitant tandis que le contrat de ville mis en place dans les quartiers de Verdun n'alloue que 11,80 euros par habitant. Les investissement publics étaient donc mille fois plus élevés dans le quartier sensible que dans les quartiers de Verdun pourtant socialement défavorisés !

Cet exemple extrême n'est certainement pas représentatif de la situation qui prévaut sur l'ensemble du territoire, mais vise, a minima, à démontrer qu'à situation sociale égale, les pouvoirs n'ont pas choisi d'abandonner les ghettos. Au contraire, ces territoires jouissent pleinement d'une forme de discrimination positive."

Fractures françaises, Christophe Guilly (2010)
Fractures françaises, Christophe Guilly (2010)


Du social au sociétal

     

"Laboratoire sociologique et idéologique, les grandes métropoles montrent leur capacité à gérer une société de plus en plus inégalitaire en substituant la question ethnoculturelle à la question sociale. Cette opération vise à désamorcer par avance tout conflit de classes, potentiellement très coûteux. paradoxalement, dans ce système, les inégalités socioculturelles favorisent la cohabitation. Les différences de classes entre couches populaires immigrées et catégories supérieures disparaissent, tandis que les différences culturelles sont valorisées. la diversité culturelle des grandes métropoles participe ainsi à un efficace brouillage de classe qui permet aux couches supérieures urbaines de maintenir leur domination. On comprend dans ce contexte l'attachement de plus en plus marqué des classes dominantes des pays développés à une diversité qui rend acceptable les inégalités en faisant disparaître toute concurrence. la lutte des classes pour l'égalité sociale laisse ainsi la place à un combat pour la diversité et à une légitimation de l'inégalité. On comprend donc que, dans les métropoles, l'immigration soit majoritairement perçue comme un processus positif. Elle empêche toute résurgence du conflit de classes, assure la pérennité d'un système de plus en plus inégalitaire socialement pour un cout relativement modeste en comparaison des bénéfices tirés de la mondialisation économique.

Débarrassé d'une "question sociale", aujourd'hui délocalisée dans les espaces périurbains et ruraux où se concentrent désormais la majorité des ouvriers et des employés, le champ politique des métropoles s'avère particulièrement apaisé. les débats politiques se focalisent sur les sujets de société où les socialistes et les verts excellent. Des majorités vertes et roses se sont ainsi constituées dans la plupart des grandes métropoles et confirment le choix d'une "gestion sociétale" de la ville inégalitaire."

 

Texte inspiré du livre "Lectures au peuple de France" (2014)
Texte inspiré du livre "Lectures au peuple de France" (2014)

 

Différence = Inégalité ?

Le communautarisme se revendique aujourd’hui au travers d’un égalitarisme à toute épreuve. Il fut pourtant un temps où les minorités et leur particularisme criaient au droit à la différence, à l’indifférence. Il fut un temps où elles faisaient de leur particularisme une force, une fierté à défendre coûte que coûte. Aujourd’hui, on veut avoir le droit d’être identique.

Une minorité agissante de la communauté homosexuelle semble vouloir à présent se marier et avoir des enfants comme un hétérosexuel lambda, comme celui qu’elle traitait il y a peu d’hétéro de base, ce beauf réactionnaire. Les générations gay précédentes doivent se retourner dans leurs tombes en criant à l’embourgeoisement de la communauté! La prochaine revendication ne serait-elle pas un véritable mariage en blanc devant monsieur le curé et une grappe de demoiselles d’honneur ? En dernière instance, le monde marchand se frotte les mains de voir, à l’avenir, des enfants devenir objets de commerce. La GPA, cette gestation pour autrui, est déjà une réalité, jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme oblige. Le monde de la marchandise a donc, avec cette GPA, enfin (pour lui) trouvé une porte d’entrée dans la famille, elle qui fut si longtemps le sanctuaire du don, du désintéressement !


Dans un esprit similaire, une minorité de femmes, au féminisme libéral égalitarien, va jusqu’à refuser l’exercice de procréation que la nature leur a offert, n’y voyant que soumission, qu’un rôle ingrat dont l’homme est dispensé, alors que ce don de procréation, ce don du vivant, devrait être magnifié.


Autre exemple d’égalitarisme primaire en forme de revendication communautaire : En Suède, le Left Party a déposé le 28 mai 2012 une motion au conseil du comté de Sörmland pour favoriser l’implantation de toilettes qui permettent à tout le monde, hommes et femmes, de faire pipi assis. Des querelles de pissotière qui vont jusqu’à nier les particularismes physiques. Monde asexué nous voilà ! Un monde d’"idiots utiles" du marché, et heureux de l’être ! Tout ceci dans la négation complète de notre part biologique qui forge une partie intangible de notre identité, dans la négation des caractères innés qui nous gouvernent, dans la négation de la diversité qui doit se vivre comme une richesse.


 Il est des gens pour penser qu’une différence est une inégalité.


Estomper les différences, c’est uniformiser le monde, c’est détruire les doux particularismes qui épicent nos vies. C’est en définitive une vie sans vie. Un monde à l’encéphalogramme plat. Stop !!!!!!! Sus à l’égalitarisme synonyme d’uniformité, cette rime d’infirmité.


            « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels. Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non un être factice crée par mon orgueil et mon ennui. »

On ne badine pas avec l’amour, Alfred De Musset (1833)


Vive la différence !


Démocratie radicale contre diktacratie, Collectif diktacratie.com (2014)
Démocratie radicale contre diktacratie, Collectif diktacratie.com (2014)

 

Frontière

 

     "Le premier paramètre garantissant un pouvoir égalitaire au sein d'une communauté est sa démarcation : elle cerne le lieu du pouvoir et oblige ceux qui s'y trouvent à le partager. La frontière s'entend alors comme outil de désignation, de cohésion et d'organisation. Elle exprime le droit pour un groupe d'être souverain chez lui, ce qui est la condition élémentaire de son indépendance. Cette démarcation n'isole pas du monde extérieur, elle coexiste au contraire avec d'autres territoires par le biais de la fédération, celle-ci favorisant la rencontre, l'échange, le partage et l'association.

De l'Athènes de l'Antiquité à Kronstadt en 1921, en passant par Kiev au Moyen-Age, il en a toujours été ainsi pour marquer le territoire de la démocratie. Pénétrer l'enceinte bornée, c'est être concerné par ce qui s'y passe. Les règles du lieu de vie, qu'il soit temporaire ou définitif, sont établies dans un intérêt commun à tous. Franchir la frontière, c'est signer le contrat démocratique, partager le pouvoir avec les autres. [...] Comment peut-on aujourd'hui se réclamer à la fois de la démocratie et d'un monde sans frontière qui, tel un Léviathan, intégrerait tout dans son infinie démesure ? Et n'Est-ce pas l'essence même de la mondialisation, que d'anéantir les boucliers de notre autonomie ? Boucliers qui ne font que freiner cette circulation hégémonique des valeurs morales corrompues, des capitaux travestis, des modèles de consommation nous abrutissant toujours plus. Cette mondialisation, qui n'a de cesse d'uniformiser notre servitude, ne cherche qu'à s'étendre en abolissant toutes les frontières jusqu'à sa dictature universelle."



PIB délinquant


"Pour donner une idée de l'univers mental dans lequel pataugent les économistes officiels, on peut se référer à l'exemple élémentaire imaginé par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice dans Les nouveaux Indicateurs de la richesse : "Si un pays rétribuait 10% des gens pour détruire des biens, faire des trous dans les routes, endommager des véhicules, etc., et 10% pour réparer, boucher les trous, etc., il aurait le même PIB qu'un pays où ces 20% d'emplois (dont les effets sur le bien être s'annulent) seraient consacrés à améliorer l'espérance de vie en bonne santé, les niveaux d'éducation et la participation aux activités culturelles et de loisir." Un tel exemple permet, au passage, de comprendre l'intérêt économique majeur qu'il y a, d'un point de vue libéral à maintenir un taux de délinquance élevé. non seulement, en effet, la pratique délinquante est, généralement, très productive (incendier quelques milliers de voitures chaque année, par exemple, ne demande qu'un apport matériel et humain très réduit, et sans commune mesure avec les bénéfices ainsi dégagés pour l'industrie automobile). mais, de plus, elle n'exige pas d'investissement éducatif particulier (sauf peut-être dans le cadre de la criminalité informatique), de sorte que la participation du délinquant à la croissance du PIB est immédiatement rentable, même s'il commence très jeune (il n'y a pas ici, bien sûr, de limite légale au travail des enfants). Naturellement, dans la mesure où cette pratique est assez peu appréciée des classes populaires, sous le prétexte égoïste qu'elles en sont les premières victimes, il est indispensable d'en améliorer l'image, en mettant en place tout une industrie de l'excuse, voire de la légitimation politique. c'est le travail habituellement confié aux rappeurs, aux cinéastes "citoyens" et aux idiots utiles de la sociologie d'Etat."




Appropriation


"La transformation des anciens quartiers populaires en quartiers bourgeois et l'appropriation d'un parc de logements historiquement destinés aux couches populaires par des catégories supérieures ne suscitent aucun émoi particulier. Alors que les discours incantatoires sur le manque de logements sociaux n'ont jamais été aussi présents, rares sont les politiques qui s'émeuvent aujourd'hui de la conquête par une petite bourgeoisie du parc privé "social de fait" des grandes viles.

Ce silence est d'autant plus étourdissant que c'est ce parc privé, et non le parc social, qui, jusqu'aujourd'hui, a toujours répondu majoritairement aux besoins des couches populaires, et l'ampleur de cette perte ne sera que partiellement compensée par la construction sociale.

le changement de destination d'un parc de logements occupés depuis deux siècles par des catégories modestes est d'autant moins dénoncé qu'il bénéficie aux catégories supérieures et aux prescripteurs d'opinions. On arrive ainsi à une situation ubuesque où ces catégories moyennes et supérieures, celles qui participent le plus à l'éviction des catégories populaires et à l'appropriation de leurs logements, sont aussi celles qui plébicitent le plus la mixité dans la ville et qui soulignent la nécessité de construire des logements sociaux."

Apocalypse du progrès, Pierre de La Coste (2014)
Apocalypse du progrès, Pierre de La Coste (2014)

 

Profilage de l'être humain ?

 

Jusqu'à présent on pouvait parler de "mauvaise utilisation" d'une science, bonne par principe. Aujourd'hui c'est l'avenir de la science qui nous inquiète, sans doute à juste titre. En particulier lorsqu'elle concerne le vivant. Le séquençage de l'ADN, possible et réalisable à des coûts toujours plus faibles, couplé à une informatique de plus en plus intrusive, ouvre la voie au profilage des futurs êtres vivants. on parle de la "grande convergence" des "NBIC" (Nanotechnologies, Biotechnologies, Intelligence artificielle, sciences Cognitives) comme s'il s'agissait d'un progrès. En fait, l'évolution la plus préoccupante résulte de la combinaison de trois phénomènes : les progrès des biotechnologies, la financiarisation de l'économie et la numérisation ou informatisation de la plupart des activités humaines.

Les différents organismes de protection sociale, publics ou privés, les caisses d'assurance, les banques seront de plus en plus tentés de réclamer des informations médicales à leurs clients, sur eux-mêmes et bientôt sur leurs futurs enfants dès la conception. En cas de refus de se prêter à une telle intrusion, les primes d'assurance, les taux d'intérêts, les cotisations diverses pourraient intégrer au tarif fort le risque médical couru. mais la transparence ne s'arrête, ou ne s'arrêtera pas là. Les organisations qui par déontologie refuseraient d'exiger de telles informations pourraient elles-mêmes le payer très cher, en cas de besoin de financement. Leur cotation serait abaissée sur les marchés. Puisqu'elles ne veulent pas obliger leurs clients à la transparence absolue sur les risques médicaux, elles endossent elles-mêmes ce risque, et la finance leur refuserait le "triple A" du risque zéro, celui de l'absence total d'Humanité.

 

Promesses du Progrès

 

"Un homme attend le métro. Il est sans âge, sans distinction, sans qualité particulière. Il vient de vivre une journée de travail ordinaire, dans un métier quelconque. Autour de lui, une foule d'hommes et de femmes de même condition remplit et vide alternativement la station. Il rentre chez lui, quelque part dans une banlieue sans grâce, rejoindre sa femme, sans âge, ni belle ni laide...

Il est debout sur le quai et regarde en face de lui, de l'autre côté des rails luisants. Une fille superbe, le regard hypnotique, le corps mince et bronzé, alanguie, sur un fond de mer bleue, de sables doré et de peu vraisemblable palmiers, le toise isolément. Des vacances à bas prix, une machine à laver, ou une crème miracle, peu importe...

Si l'homme n'avait pas l'esprit vidé par le travail répétitif et la fatigue, il pourrait se dire que sa vie matérielle, son confort, sa sécurité, sa santé, son espérance de vie sont infiniment supérieurs à ceux de tous ses ancêtres sans exception.

Et pourtant, peu de choses le retient de se jeter sous la rame dont on entend déjà le grondement. Pour la rejoindre, une fois pour toute, comme Adam et Eve dans le paradis perdu, vivre l'Age d'or retrouvé, au pays où coule le lait et le miel, dans la société sans classe, avec tout le confort moderne...

L'homme regarde la femme de l'affiche. Elle ne peut pas lui appartenir, ni être la femme sans âge ni condition qui l'attend chez lui, tout simplement parce qu'elle n'existe pas.

La rame arrive, les portes claquent, le signal sonore retentit. L'homme monte docilement et prend place dans la rame bondée. L'instinct de survie est plus fort. Il ne s'est pas jeté sous les roues.

Le quai est vide, à nouveau pour quelques instants. Entre les seins de la jeune fille et les palmiers, sur fond d'azur, se détache le message publicitaire en lettres d'or : "le bonheur est une idée neuve !".

 

Démocratie Histoire d'un mot, Francis Dupuis-Déri (2013)
Démocratie Histoire d'un mot, Francis Dupuis-Déri (2013)

 

Démocratie directe

 

"Bien sûr, le titre de citoyen était réservé à une petite minorité dans une cité comme Athènes [du VIe au IVe siècle av. J.C.], où les femmes, les esclaves et les étrangers n'avaient pas accès à l'agora (lieu de rassemblement des citoyens). Mais la démocratie directe se distinguait tout de même de la démocratie moderne, en cela que tous ceux qui pouvaient s'honorer de l'étiquette de citoyen avaient le droit d'entrer à l'agora pour participer aux délibérations, proposer des lois et voter.

Aujourd'hui, au contraire, un citoyen qui n'est pas élu ne pourra participer directement aux délibérations. Si, en démocratie directe, les portes de l'agora s'ouvrent devant chaque citoyen, les portes du parlement ne s'ouvrent que pour laisser entrer les citoyens élus. Quiconque n'est pas élu et ne travaille pas comme greffier ou ne participe pas à une visite guidée de la chambre des débats commet une infraction s'il y pénètre."

 

Les démons du bien, Alain de Benoist (2013)
Les démons du bien, Alain de Benoist (2013)

 

Différence

 

"La dénégation des différences (de race, de sexe ou de catégorie sociale), ajoute Nathalie Heinich, repose sur un raisonnement implicite : toute différence impliquerait forcément une discrimination. C'est là la classique confusion entre similitude et égalité, qui plombe également une grande part du mouvement féministe actuel, persuadé qu'il faut nier la différence des sexes pour lutter contre les inégalités sexistes. Mais le racisme, contrairement à ce qu'on entend souvent, ne consiste pas à "croire les hommes différents entre eux" : il consiste à croire qu'il existe entre eux des inégalités fondées sur la race."

 

L'idéologie du genre

 

"L'idéologie du genre repose sur deux erreurs fondamentales. La première est de croire que le sexe biologique n'a aucun rapport avec l'identité sexuelle ni avec la personnalité, et que le genre se construit sans autre relation avec le sexe que les "conventions" entretenues par la culture, les traditions, l'éducation ou le milieu social. La seconde est de confondre systématiquement le genre, au sens exact du terme, les préférences ou orientations sexuelles, et enfin le degré de masculinité ou de féminité présent en chacun d'entre nous."

 

Les démons du bien, Alain De Benoist (2013)
Les démons du bien, Alain De Benoist (2013)

 

Discrimination

 

"Il faut s'arrêter sur le terme de "discrimination", en raison du détournement sémantique dont il fait constamment l'objet. A l'origine, en effet, le mot n'avait aucun caractère péjoratif : il désignait seulement le fait de distinguer ou de discerner. Dans la "novlangue" actuelle, il en est arrivé à désigner une différenciation injuste et arbitraire, éventuellement porteuse d'"incitations à la haine", à tel point que la "lutte contre les discriminations" est devenue l'une des priorités de l'action publique. La loi du 31 décembre 2004, portant création de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), a instauré à cet effet un impressionnant arsenal de mécanismes de délation et de sanctions. Le résultat obtenu (et probablement recherché) est l'effacement de la différence entre distinctions légitimes et différenciations répréhensibles, "à tel point, écrit Anne-Marie Le Pourhiet, que la moindre sélection, préférence ou hiérarchie, ainsi que le seul jugement de valeur, semble devenu intolérable"."

 

La crise du monde moderne, René Guénon (1927)
La crise du monde moderne, René Guénon (1927)

 

 

Individualisme

 

« Si l’on prenait ce mot d’"individualisme" dans son acception la plus étroite, on pourrait être tenté d’opposer la collectivité à l’individu, et de penser que des faits tels que le rôle de plus en plus envahissant de l’Etat et la complexité croissante des institutions sociales sont la marque d’une tendance contraire à l’individualisme. En réalité, il n’en est rien, car la collectivité, n’étant pas autre chose que la somme des individus, ne peut être opposée à ceux-ci, pas plus d’ailleurs que l’Etat lui-même conçu à la façon moderne, c’est-à-dire comme simple représentation de la masse, où ne se reflète aucun principe supérieur ; or c’est précisément dans la négation de tout principe supra-individuel que consiste véritablement l’individualisme tel que nous l’avons défini. »

 

La République des censeurs, Jean Bricmont (2014)
La République des censeurs, Jean Bricmont (2014)

 

Associations communautaires

 

"Le problème posé par la loi Pelven (1972) est sérieusement aggravé du fait que cette loi reconnaît à toute association qui se propose, "par ses statuts, de combattre le racisme" et est "déclaré depuis cinq ans au moins", le droit de se constituer partie civile dans tout procès relié à cette loi.

Cette loi est loin de faire l'unanimité parmi les spécialistes, même plusieurs décennies après son adoption. La juriste Anne-Marie Le Pourhiet qualifiait en 2005 ces associations, privilégiées par la loi Pelven, "d'associations vindicatives et sectaires" et écrivait que le terrorisme de ces croisés de l'hygiénisme mental consiste désormais à qualifier de phobie (homophobie, lesbophobie, handiphobie, islamophobie, judéophobie, mélanophobie, etc.) toute expression d'une opinion contraire à leurs prétentions ou revendications." Elle n'en demandait pas moins qu'"une remise à plat de l'arsenal répressif accumulé depuis la loi Pelven de 1972 et un retour aux principes initiaux et libéraux de la loi de 1881 sur la presse".

 

"Il est inévitable que chaque communauté voie ses souffrances à elle, passées ou présentes, comme insuffisamment reconnues et considère que sa propre identité est la plus "malheureuse" de toutes. Mais pour éviter l'aggravation de ces conflits, il faudrait que l'Etat adopte la même attitude de neutralité face aux conflits identitaires que celle qu'il adopte face aux conflits religieux.

Que des associations faisant partie de la société civile ou des penseurs considèrent que leur "devoir" est de mettre en avant la mémoire de certains faits historiques est leur droit le plus strict. Mais les choses deviennent plus délicates lorsque l'Etat s'en mêle. Dans la mesure où certains événements historiques ou une certaine mémoire sont officiellement sacralisés, l'Etat ne perd-il pas en neutralité dans le conflit des identités ? Or les lois pénalisant la négation de certains événements historiques ne conduisent-elles pas à une façon de sacraliser ces événements ? Les lois réprimant "l'incitation à la haine raciale" sont inapplicables de façon impartiale et amène nécessairement chaque communauté à se voir désavantagée par rapport à d'autres. Qu'il soit possible à certaines associations, en général subventionnées par des deniers publics, de traîner en justice qui bon leur semble (souvent sous des prétextes discutables) entre également en contradiction avec cette neutralité souhaitable.

 

Dialogues désaccordés, Eric Nolleau et Alain Soral (2013)
Dialogues désaccordés, Eric Nolleau et Alain Soral (2013)

 

La famille

 

     Alain Soral : "On doit considérer, comme le faisait déjà Chritopher Lasch dans les années 60 pour la société américaine -société de consommation qui a toujours de l'avance sur nous dans la dégueulasserie-, que le seul rempart à cette démoralisation d'Etat au service de la marchandise, via la logique du spectacle, est et reste la famille.

La famille, quels que soient ses défauts, est le lieu structurant de l'échange non-marchand, la structure fondée, non sur la logique du capital, mais sur l'amour. Amour d'un homme et d'une femme qui via le couple, produit des enfants, amour des parents pour les enfants, des enfants pour les parents, soit toute une logique de don. Les parents donnent de l'amour à leurs enfants sans aucune conception de rentabilité, de commerce. C'est pourquoi la société marchande, dans sa phase d'extension maximale, de dégénérescence maximale, doit casser ce dernier bastion de l'échange non marchand, désintéressé, du don.

Donc fort d ton constat, non seulement tu ne dois pas abandonner la famille traditionnelle sous prétexte que la société aurait déjà trahi les enfants, mais tu dois d'autant plus te battre pour protéger cette dernière structure protectrice face à ce processus de destruction..."

 

Comprendre l'Empire, Alain Soral (2011)
Comprendre l'Empire, Alain Soral (2011)


 "Par la mascarade de l'antiracisme, le peuple, constitué majoritairement d'ouvriers descendants de serfs - soit lui-même "colonisé de l'intérieur" - et qui n'a rien à voir ni jamais rien gagné à la colonisation, se voit traiter de colon par un Français de fraîche date qui ne l'a jamais subie lui-même et qui, des deux, est l'unique bénéficiaire. Unique bénéficiaire, puisque sans l'épopée coloniale, ce Français-quand-ça-l'arrange croupirait encore au Gabon, ou sous la botte des Généraux algériens très démocrates et partageux comme on sait."