Institutions

Histoire des banques centrales, Stephen Mitford Goodsen (2015)
Histoire des banques centrales, Stephen Mitford Goodsen (2015)


BRI et transparence

 

"Le siège de la Banque des Règlements Internationaux se trouve à Bâle en Suisse, et il est actuellement situé dans un immeuble de 18 étages, qui ressemble à la tour de refroidissement d'une centrale électrique. Il s'agit de la Banque centrale des Banques centrales. Ses dirigeants sont non élus et n'ont de compte à rendre à personne. Ses statuts lui garantissent l'immunité à l'égard des lois nationales et fiscales et elle dispose de ses propres forces de police privées.

En outre, en vertu d'un agrément passé avec le Conseil Fédéral suisse, les archives de la Banque ainsi que tous ses documents et ses données électroniques sont inviolables de tous temps et en tous lieux. Cet agrément remonte à l'article X du paragraphe 2 du protocole de La Haye qui fut signé le 31 août 1929 et qui spécifie :

     "La banque, ses biens et avoirs, ainsi que les dépôts ou autres fonds qui lui sont confiés, sur le territoire de, ou dépendant de l'administration de... reste exempte de toute déficience et de toute mesure restrictive, telles que la censure, les réquisitions, la saisie ou la confiscation, en temps de paix ou de guerre, ainsi que libre de toute mesure de représailles, d'interdiction ou de restriction d'exportation d'or ou de devises et autres interférences."

 

Ses réunions bimensuelles, où l'économie mondiale est discutée, sont tenues dans le secret absolu. Il n'y a pas d'agenda écrit et les comptes rendus ne sont pas conservés.

Comme le professeur Quigley l'avait prédit en 1966, dans Tragedy and Hope, le but ultime de la BRI est une monnaie mondiale unique, un seul système économique mondial et un gouvernement mondial, où les lois nationales ne s'appliquent plus et ne sont plus justifiées. Le contrôle de la Banque repose entre les mains de la Maison Rothschild à travers ses investissements dans diverses banques centrales et autres banques privées."

Le capitalisme un génocide structurel, Gary leech (2012)
Le capitalisme un génocide structurel, Gary leech (2012)

 

Organisation meurtrière Mondiale du Commerce

 

Le GATT, devenu Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en 1995, adopta l'application de l'Accord sur les aspects des droits de la propriété intellectuelle qui touchent au commerce. Le secteur agricole indien fut donc ouvert aux semences GM et hybrides stériles brevetées par des groupes industriels comme Gargill, Mosanto et Syngenta. Ces semences devaient être rachetées chaque année. Ces groupes agro-industriels commencèrent à organiser des ateliers en Inde et dans les autres pays du Sud, pour enseigner aux petits cultivateurs la façon d'industrialiser leurs exploitations, cultiver pour l'exportation et accroître leurs rendements. De nombreux paysans se mirent donc à contracter des prêts pour couvrir les coûts des semences et les autres facteurs de production nécessaires aux cultures commerciales destinées à alimenter le marché mondial. Armés de leur nouvelle connnaissance, de leurs nouveaux facteurs de production et de la promesse de revenus plus élevés, des millions de paysans ont abandonné leurs pratiques agricoles traditionnelles qui les avaient si bien servis pendant des générations, pour produire des cultures destinées à l'exportation. Selon les promoteurs de ce modèle néolibéral d'exportation - les gouvernements, les institutions internationales et les groupes agro-industriels - l'achat annuel de semences et autres facteurs de production nécessaires, comme les fertilisants et les pesticides, ne constituerait pas un fardeau financier car les paysans gagneraient des revenus supérieurs grâce à l'augmentation des rendements.

Mais cette promesse d'augmentation des rendements et des revenus ne s'est pas matérialisée. En Inde, on avait annoncé aux paysans que les semences de coton biotechnologiques permettraient de récolter 750 kilos à l'hectare. Or, la plupart d'entre eux n'ont obtenu que 100 kilos à l'hectare. Au lieu de bénéficier de l'augmentation prévue de 5000 roupies à l'hectare, de nombreux agriculteurs en perdaient 3000.

Les cultivateurs furent alors obligés d'emprunter encore plus pour couvrir leurs pertes et acheter les nouvelles semences pour l'année suivante, initiant ainsi une spirale infernale qui les conduisit à s'endetter plus lourdement chaque année.

Selon le gouvernement indien, entre 1997 et 2009, quelques 216500 paysans indiens se sont suicidés.

 

Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi (2007)
Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi (2007)

 

La vraie richesse

 

"Mon ami Laotien, membre d'un village reculé, nous dit :"Un jour, un expert mandaté par la Banque mondiale séjourna parmi nous pour étudier notre système de vie ; après avoir examiné tous les paramètres, il fit son rapport. Ce rapport, destiné, donc, à la banque mondial, avait pour conclusion que cette communauté, certes sympathique, ne pouvait se développer parce qu'elle consacrait trop de temps à des activités improductives."

Ce qu'il faut ici comprendre, c'est que, bien que répondant magnifiquement à tous ses besoins essentiels, elle ne créait pas de richesse financière. C'est ainsi que, dans le langage de la pseudo-économie, on ne vit pas des biens de la terre, mais de dollars : le dollar traduit le niveau de richesse. Il est heureux qu'un nombre important de communautés traditionnelles continuent de vivre de vraies richesses ; mais comment faire entendre cette évidence ?

Nous voici donc, avec ces considérations, au coeur de la problématique qui bouleversa toutes les structures sociales traditionnelles, auxquelles il est souvent reproché par la "civilisation" d'annihiler la liberté individuelle par l'obligation de se conformer aux règles du corps social. C'est à l'argent, maître absolu, qu'il revient de décider ce que sont les richesses, la pauvreté ou la misère."

 

La guerre des monnaies, Hongbing Song (2013)
La guerre des monnaies, Hongbing Song (2013)

 

FMI et Banque Mondiale

 

" Les banquiers internationaux trouvèrent le moyen de recycler les institutions que sont le FMI et La Banque mondiale : "aider" les pays en développement à accéder à la "mondialisation". Avant que Stiglitz [ancien économiste en chef de La Banque mondiale] ne soit remercié, il eut accès à des documents confidentiels de La Banque mondiale et du FMI. Ces pièces montraient que les pays bénéficiaires devaient signer jusqu'à 111 clauses confidentielles, parmi lesquelles l'obligation pour les dirigeants politiques locaux d'ouvrir un compte bancaire en Suisse ou de vendre des biens publics essentiels : eau, électricité, gaz, chemins de fer, télécommunications, pétrole, banque, etc.

En échange d'un prétendu plan d'aide au développement, les Etats bénéficiaires s'engageaient donc à adopter des mesures économiques qui étaient en fait complètement destructrices. Et si leurs dirigeants avaient le courage de refuser ces conditions aliénantes, leurs pays étaient inscrits sur une "liste noire" des pays interdits de prêts d'urgence sur les marchés financiers internationaux. Dès lors, on comprend mieux la fureur des banquiers internationaux contre la Chine, qui propose sans conditions supplémentaires des prêts aux pays du tiers-monde. La Chine offre à de nombreux pays désespérés une alternative de développement sans contrepartie destructrice.

Stiglitz révéla que la même prescription attendait tous les pays sans distinction. Première potion : la privatisation ou, plus précisément, la "corruption généralisée". Les dirigeants des pays bénéficiaires n'avaient qu'à être d'accord pour vendre au rabais les actifs appartenant à l'Etat et recevaient une commission de 10%, versée directement sur leur compte secret en Suisse. Selon les propres mots de Stiglitz : "Vous pouviez voir leurs yeux s'écarquiller" à la perspective de toucher plusieurs milliards de dollars."

 

Les secrets de la monnaie, Gérard Foucher (2012)
Les secrets de la monnaie, Gérard Foucher (2012)

 

Banque mondiale et FMI

 

La conscience populaire croit, et c'est bien ce que les éléments de communication externe du FMI tendent à laisser croire, que le FMI est un centre de regroupement de fonds destinés à être prêtés aux pays en difficulté. Les Etats se cotisent, en quelque sorte, pour constituer un genre de pot commun, où chacun pourra puiser en cas de besoin. C'est une belle légende, qui correspond à une vision très généreuse de la finance internationale. Mais ce n'est pas du tout comme ça que ça marche.

En fait, le FMI fonctionne exactement comme s'il était soumis au régime de réserve fractionnaire : les fonds que versent les Etats sous forme de "cotisation" ne sont jamais utilisés, ils servent seulement de garantie aux montants de monnaie qui peuvent être crées. Résultat, quand le FMI "prête" de l'argent au Burkina Faso ou à la Grèce, c'est comme vous quand vous achetez votre appartement. Hop, une ligne d'écriture dur l'ordinateur, et le Burkina Faso est endetté pour trente ans, avec de l'argent qui n'existait pas avant, et qu'il va devoir rembourser le double ou plus. Rembourser avec quoi ? Ce qu'il veut, peu importe : travail, ressources, services publics, richesses du sous-sol, terrains, édifices, monuments, ports, aéroports. Tout ce qui rapporte. Le système est un gigantesque aspirateur. Un trou noir.

Résumons :

1. La Banque Mondiale crée des reconnaissances de dettes (obligations).

2. Les banques commerciales prennent ces obligations en gage et créent de l'argent en contrepartie pour les acheter.

3. l'argent nouveau rentre dans les caisses de la Banque Mondiale.

 

Le prêt est consenti sous réserve que l'utilisation de l'argent soit connue et vérifiée, mais en plus, attention, la destination de l'investissement est obligatoire, imposée par le créancier. Vous êtes grec ou burkinabé et vous voulez investir dans le bonheur et le bien-être de votre peuple, construire des écoles, implanter des puits dans les villages, acquérir des outils de culture maraîchère ? Débrouillez-vous ! Pas de prêt pour ça, désolé. Non, les prêteurs vous imposent bien autre chose, car il n'est pas question que cet argent créé de toutes pièces serve à autre chose qu'à enrichir le financier, pour ne pas dire l'usurier.

Les fonds accordés le sont seulement à une condition : que les montants soient redépensés au profit exclusif des créanciers ! Un pays pauvre ou appauvri ne peut emprunter au FMI que si, et seulement si, il s'engage en même temps à acheter des biens ou des services aux pays qui lui ont prêté !