Discours

Qu'il soient adressés à un seul homme ou à tous les hommes, certains discours peuvent changer le monde...s'ils sont entendus.

2010 à aujourd'hui

2000 à 2009

1990 à 1999

L'éveil de l'Equateur

Discours d'investiture de Rafael Correa, Président de l'Equateur.

Assemblée nationale d’Équateur, 10 août 2009.

    

Les peuples du monde, de notre Amérique et particulièrement dans notre cas, le peuple équatorien (...) sont les mandants, les maîtres de nos pays, les maîtres de nos démocraties tandis que nous, chers collègues élus, nous n’en sommes que les premiers serviteurs. (...)

 

Victoire électorale

Un salut affectueux à tous les présidents et chefs d’État dont l’autorité, comme la mienne, n’est pas un attribut personnel mais la conséquence d’un mandat qui nous rend responsables devant ceux qui nous ont octroyé leur vote.

Le 26 avril passé [1], sur cette terre fraternelle, (...) ce n’est pas un catalogue d’offres ou une liste de travaux et de projets, (…), qui ont triomphé. Ce qui a triomphé, c’est un rêve, le rêve d’une Patrie Nouvelle. (...)

Jamais, nous ne trahirons le mandat reçu et nous y consacrerons tout nos efforts et nos capacités, sans hésitations, sans lâchetés souvent déguisées de prudence ; clairement et frontalement, sans les stéréotypes des "hommes d’Etat" que veulent nous imposer nos oligarchies.

Nous sommes en fête parce que la Patrie renaît du chaos mercantiliste ; le bradage de la privatisation a été stoppé. (...)

Il est néanmoins nécessaire de comprendre que la victoire populaire n’a été que le premier pas d’un processus révolutionnaire dont l’objectif est la construction d’une société incluante, solidaire et équitable. (...) Pour atteindre pleinement ces objectifs, il sera nécessaire d’atteindre le pouvoir politique et le transformer en pouvoir populaire, seul capable de changer les structures honteuses qui prévalent encore dans notre région. (...)

Soeurs et frères équatoriens, ce que nous avons fait ensemble, relève de l’impossible. Avant notre gouvernement, aucun des trois derniers gouvernements élus n’est arrivé à son terme, ils ont été renversés par les citoyens pour avoir trahi le mandat populaire ; en dix ans, nous avons eu pas moins de sept présidents ; on nous a alors accusés d’être ingouvernables alors que nous étions seulement l’objet de trahisons. Le 26 avril passé, bien que nous traversions la plus grande crise du capitalisme planétaire des 70 dernières années, malgré les attaques féroces du pouvoir informatif, économique, social et même religieux, malgré le fait d’avoir eu tous les candidats contre nous, malgré que les vainqueurs du premier tour électoral n’aient gagné qu’avec une moyenne d’à peine 25% des votes, le peuple rebelle est venu et nous a donné une victoire en un seul tour, ce qui est quelque chose d’absolument inédit dans l’histoire contemporaine de notre pays. Ce que nous avons fait relève de l’impossible et démontre que la révolution citoyenne est irréversible : rien ni personne ne peut l’arrêter. (...)

 

Les axes de la Révolution

(...) Dans la première étape de la révolution citoyenne, nous avons proposé cinq axes d’action. Le premier d’entre eux est la Révolution Constitutionnelle. (...)

Maintenant, nous sommes en train de nous libérer des tares, des mauvaises pratiques du scénario politique ; ils croient que nous n’avons pas de mémoire, que nous ne nous rappelons pas de la manière dont fonctionnait le Congrès quand c’était la junte des commerçants de la particratie, junte où se répartissait le butin de l’État (le pétrole, les télécommunications, les impôts), où se répartissaient les organes de contrôle et de régulation et où on se mettait au service des minuscules mais puissants groupes oligarchiques. (...)

Le deuxième axe d’action est la Lutte contre la Corruption : cette lutte a été et est toujours une pratique permanente et jusqu’à obsessionnelle de notre gouvernement. Mais la corruption n’est pas seulement l’utilisation peu scrupuleuse des fonds publics, elle est aussi enracinée dans le modèle pervers et égoïste engendré par le néolibéralisme au travers des privatisations, des endettements malhonnêtes et des saccages institutionnalisés comme le permis de voler donnés aux banques corrompues par la Constitution de 1998, approuvée précisément par ceux qui essaient aujourd’hui de saboter la Révolution. (...)

Notre plus grande fidélité sera celle de nos consciences. Nous sommes des gens aux mains propres et d’une profonde éthique. Dans l’Équateur d’aujourd’hui et de demain, il n’y aura plus d’impunité. (...) La fin de ces temps néfastes a commencé avec les sanctions des banquiers corrompus (...). La nouvelle Constitution traitera d’une autre forme généralisée de corruption : la collusion entre le pouvoir médiatique et le pouvoir financier. Ou banquiers ou journalistes, jamais plus les deux à la fois. Ainsi, que messieurs les banquiers, maîtres des moyens de communication, choisissent à quelles affaires ils se consacrent dorénavant [2].

Nous disons aussi que les services publics doivent s’améliorer pour rendre possible la transparence désirée. (...) De plus, le fait de rendre compte est pour nous quelque chose de sacré. En ce sens, chaque samedi, au long de plus de deux ans, et à partir de tous les coins de la Patrie, nous avons exercé notre droit et notre devoir d’informer le peuple. (...)

Le troisième axe d’action a été la Révolution Économique pour rompre, et pour toujours, avec les mandats externes, avec ce Consensus de Washington complètement pervers, avec des systèmes économiques qui génèrent seulement plus de misère et d’inégalité, et qui détruisent les fondements de toute société et de toute économie. (...)

Une des caractéristiques les plus importantes du socialisme du 21e siècle, doctrine à laquelle adhère la révolution citoyenne, est précisément la suprématie de l’être humain sur le capital. Pour nous, l’être humain n’est pas un facteur de plus de production, mais l’objectif de la production. Ce que nous affrontons en ce sens est réellement atterrant : l’être humain converti en un instrument de plus d’accumulation du capital. Il ne fait aucun doute qu’une des principales victimes de la longue et triste nuit néolibérale, est la classe ouvrière. Aujourd’hui, parmi beaucoup d’autres choses, l’Équateur est un pays sans sous-traitance au niveau des contrats de travail. Dans le même sens, des salaires des professeurs, des domestiques, des artisans, des militaires et des policiers, etc., ont substantiellement augmenté, et pour la première fois dans l’histoire, les prix des services publics ont diminué (...).

Dans la radicalisation de notre révolution, nous cherchons à dépasser le concept mesquin de salaire minimum, compris de manière perverse comme un salaire juste. Le salaire minimum est précisément ceci : le minimum pour éviter un mal pire qui est le chômage mais personne ne peut accepter qu’un salaire insuffisant à couvrir les nécessités d’une famille pour sortir du seuil de pauvreté, puisse être considéré comme un salaire juste. La mesure consistera alors à réussir ce qu’aucune entreprise ne se considère rentable tant qu’elle n’aura pas garanti à chacun de ses travailleurs un salaire réellement digne.

Ici, un appel à nos frères d’Amérique latine et particulièrement d’UNASUR : la compétitivité est déjà un principe pas mal mis en cause par des agents économiques mais, entre pays, c’est complètement absurde. Nous ne pouvons continuer cette farce de faire la concurrence entre nous pour attirer des investissements ou vendre davantage aux marchés du premier monde, en précarisant notre force de travail. Qui en bénéficie ? Les pays riches avec des produits meilleurs marchés au prix des sacrifices de nos travailleurs. Tant entre nos pays qu’à l’intérieur de ces mêmes pays, au lieu d’une telle concurrence, nous devons donner plus d’espace à l’action collective pour, par exemple, harmoniser nos politiques de l’emploi et ne pas sacrifier nos travailleurs sur l’autel du marché.

C’est précisément une autre caractéristique du nouveau système économique et du socialisme du 21e siècle : restaurer la pertinence de l’action collective pour le développement. Face à des problèmes collectifs, nous devons donner des réponses collectives. De là, l’importance du rôle de l’État, représentation institutionnalisée de la société, à travers lequel la société réalise cette action collective. Prétendre minimiser le rôle de l’État, a constitué une des grandes absurdités de la longue et triste nuit néolibérale, de la même façon que prétendre le maximiser fut une des erreurs monumentales du socialisme d’Etat. Ce qui est incontournable, c’est la nécessité d’un Etat efficient au service du bien commun par lequel se libérer du joug des classes dominantes. (...)

Il y a encore beaucoup à faire, et le plus difficile, c’est le changement de mentalité d’une certaine bureaucratie qui maintient des codes anachroniques en fonction des classes et des paradigmes dominants et non en fonction du peuple équatorien et de sa diversité. Pour preuve, les invitations envoyées pour cet événement où il était demandé aux hommes de porter un costume sombre et aux femmes, une robe de soirée. Cela peut paraître un détail sans importance mais, pour moi, c’est extrêmement significatif et cela montre tout ce qu’il nous reste à faire. Je voudrais présenter mes excuses aux peuples ancestraux pour cette barbarie : s’ils avaient respecté ces invitations absurdes, ils ne pourraient être ici avec leurs costumes typiques. Je voudrais demander pardon aux pauvres de ma patrie, notre raison d’être, parce que si nous avions tenu compte de cette absurdité, ils ne pourraient être ici à moins d’avoir emprunté ledit costume. Je voudrais demander pardon à tous les citoyens de la Patrie parce que notre Constitution nous définit comme un Etat plurinational et pluriculturel et que notre Plan National de Développement parle de respecter cette diversité (...).

(...) Ce gouvernement croit en la capacité des milliers de producteurs associatifs, coopératifs, communautaires, autonomes, de ceux que le néolibéralisme appelle irrespectueusement les informels mais que nous appelons nous les sujets de l’économie sociale et solidaire que reconnaît notre Nouvelle Constitution, les producteurs de la sphère immense et féconde de l’économie populaire.

(...) Nous allons continuer à traiter dignement et intelligemment le problème de la dette externe. Avec courage et habileté, pour la première fois dans l’histoire, le pays a réussi à vaincre les spéculateurs financiers en rachetant quelque 91% de sa dette commerciale en bons 2012 et 2030 avec une décote de près de 70% ce qui signifie un gain de plus de 300 millions de dollars annuels durant les prochaines vingt années, sommes qui serviront non aux portefeuilles des créanciers mais au développement national.

Un jour, on ne pourra quasi pas croire qu’il aura existé une arnaque monumentale, entourée d’un halo de respectabilité ; que personne, durant des décennies, n’aura été capable de stopper cette invasion de sauterelles ; que des légions de technocrates auront vendu leur patrie, auront pu vivre et profiter sur le compte de la dette au détriment de leur peuple ; que cette attaque aura atteint de tels niveaux de perfectionnement et d’institutionnalisation ; que les pays auront continuer à solliciter de l’argent pour payer les intérêts de l’argent dû, perversion seulement comparable au concertaje des indiens, cette infamie insolite du système féodal qui les obligeait d’assumer les dettes "jusque pour deux vies" et qui a survécu durant une bonne partie de la république.

Le développement n’est pas un équilibre financier de pertes et de profits. Il y a beaucoup de choses d’une immense valeur mais sans prix. Les peuples vivent aussi de dignité. D’où, ce gouvernement n’a jamais permis qu’aucune bureaucratie internationale vienne nous imposer ses politiques et il a même expulsé du pays le représentant de la Banque mondiale pour les chantages que cette bureaucratie prétendait imposer au pays.

Finalement, au niveau de l’essence du changement du système économique, il faudra dépasser des théories qui représentent prétendument la fin de l’histoire. L’échec d’un système basé sur la voracité, non seulement est évident mais implique la destruction de l’être humain en prétendant élever l’égoïsme en vertu maximale au niveau individuel et social.

Au contraire de la politique clientéliste des gouvernements néolibéraux, la Révolution Citoyenne opte pour des politiques d’inclusion sociale qui ont englobé non une légion de spectateurs désespérés, pratique permanente des gouvernements de l’oligarchie, mais les partenaires d’un pays responsable, un pays d’êtres humains solidaires. (...)

Je voudrais, comme toujours, mentionner spécialement nos migrants, ces exilés de la pauvreté, expulsés de leur propre terre (...). Nous n’oublierons jamais les responsables de cet exode, aujourd’hui unis contre la Révolution Citoyenne. Nous disons, de manière responsable, que les migrants ne sont pas illégaux. Ce qui existe, ce sont des pratiques illégales, aberrantes comme le racisme, la xénophobie et le coyoterismo [3] ; mais surtout, c’est l’irresponsabilité et l’insensibilité des gouvernements qui ne se préoccupent jamais du destin de leurs compatriotes, sûrement parce que l’immense majorité est pauvre et marginalisée.
Nous avons avancé dans le Plan Retour, nous avons commencé à construire le chemin du retour pour nos compatriotes (...).
En tant que camarade Président, je n’oublierai jamais que, durant la longue et triste nuit néolibérale, tandis qu’on gelait les investissements publics et qu’on diminuait les investissements sociaux au point de ne pas réparer les lampes des feux de circulation, l’Équateur fut maintenu à bout de bras par les pauvres, les humbles, ceux qui n’avaient jamais eu dans leur propre Patrie le droit de travailler (...).

(...) Un nouveau régime pénitentiaire (...) : avec l’Assemblée Nationale Constituante, nous avons amnistié tous les condamnés pour cause de pauvreté, notamment les mulets [4], et le résultat spectaculaire est que, sur 2.221 amnistiés, nous avons seulement 19 récidivistes, c’est-à-dire à peine 0.86%, ce qui renforce notre conviction que ces compatriotes n’étaient pas des délinquants mais seulement des pauvres.

Nous continuons à apporter notre plus grand soutien à la jeunesse équatorienne, aujourd’hui confirmée dans ses droits constitutionnels (...). Nous soutenons nos jeunes parce que la Patrie requiert leur talent et leur force neuve, tant de fois incomprise, que ce soit dans les arts et dans la fête (...). C’est une révolution allègre que nous réalisons jour après jour, en chantant. Laissons l’amertume à ceux qui se sentent impuissants à nous vaincre dans les urnes.
(...) Nous inaugurons un pays consolidé dans des politiques culturelles qui favorisent le dialogue entre les diversités, la création intellectuelle et artistique. Pour nous, la culture n’est pas de la décoration, c’est un patrimoine et un bien sociaux. (...)

Le cinquième axe d’action de notre révolution a été la récupération de la dignité, de la souveraineté et la recherche de l’intégration latino-américaine. En ce sens, la Révolution Citoyenne continuera à œuvrer pour le renforcement du multilatéralisme et des espaces d’intégration latino-américains, spécialement avec les pays frères de UNASUR et de l’ALBA. (...)

Nous mettons l’accent sur le renforcement des relations Sud-Sud et en ce sens, à partir de la "Moitié du Monde", nous sommes en train d’établir des relations diplomatiques et commerciales avec des pays que notre patrie a ignorés auparavant vu la soumission de nos gouvernements qui avaient les yeux tournés vers le Nord uniquement. En ce sens, l’ouverture de nouvelles ambassades s’oriente dans des pays stratégiques en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie ; c’est essentiel pour établir des relations avec d’autres pays du Sud et ainsi, nous insérer intelligemment et souverainement dans le monde.

Notre main ne tremble pas en dénonçant les structures de soumission internationale qui sont au service des transnationales et des institutions financières de Bretton Woods, comme la dénonciation récente que nous venons de faire du CIRDI. Notre main ne tremble pas non plus pour dénoncer les Traités Bilatéraux d’Investissement, autre ignominie exercée sur notre nation qui bénéficie uniquement aux intérêts étrangers. (...) Notre cohérence révolutionnaire ne renonce pas à la solidarité avec le peuple frère du Honduras ; nous exigeons que les usurpateurs du pouvoir populaire soient défaits et jugés, que toutes les instances nationales, internationales, régionales et mondiales se dressent pour que jamais, sous aucun prétexte, la volonté démocratique de tout un peuple soit niée. A vous, Président Zelaya, notre salut solidaire et fraternel.

De la même manière, dans cette seconde indépendance, notre Patrie, mon gouvernement et moi, nous nous maintiendrons fermement et souverainement dans nos relations commerciales avec d’autres pays en mettant l’accent clairement sur des Traités de Commerce pour le Développement, justes et solidaires, en restant fermes et clairs au moment de dire "Non au Traités de Libre Commerce" que les grandes puissances du Nord ont essayé de nous imposer pendant des années avec la complicité de nos oligarchies corrompues.

(...) Aujourd’hui, en célébrant le Bicentenaire de la Première Indépendance, nous poursuivons le chemin tracé par Simon Bolivar. Cela s’est traduit par la défense sans restriction de notre souveraineté comme nous l’avons démontré lors de l’invasion et du bombardement criminel de Angostura [5] ; comme nous l’avons démontré avec notre action dans le Groupe de Rio, à Santo Domingo ; comme nous l’avons démontré par la vigilance patriotique de notre frontière nord face à toute intervention de forces irrégulières ; comme nous l’avons démontré, spécialement, dans le processus d’intégration que l’Équateur a poussé à travers la création d’UNASUR et de la Banque du Sud. (...)

 

La Colombie

(...) Aujourd’hui, néanmoins, nous assistons à la configuration d’un autre scénario étant donné que le gouvernement de Colombie a annoncé qu’il entamait les négociations pour la mise à disposition de non pas une mais de sept bases pour les opérations de l’armée des États-Unis.

Espérons que l’installation de bases militaires nord américaines en territoire colombien ne se propose pas de renforcer la politique guerrière du gouvernement de notre voisin (...)

(...) Conscients de notre responsabilité dans le maintien de la paix et ratifiant notre décision de ne pas nous immiscer dans l’interminable conflit interne de la Colombie, nous élevons clairement notre voix en protestation face à cette situation. (...)

 

La Presse

(...) La presse a été le plus grand adversaire que nous ayons eu durant ces 31 mois de gouvernement, la presse qui a tenu un rôle clairement politique bien que sans aucune légitimité démocratique. Ils disent que nous sommes contre la pensée critique. Ils se trompent : nous sommes contre la presse médiocre et corrompue.

(...) Il y a une contradiction au sein de leur propre nature : ce sont des affairistes privés administrant un bien public : la communication sociale. Quelle est l’alternative ? Je ne sais pas, peut être la situation actuelle est-elle un moindre mal mais reconnaître cela serait une immense avancée : démystifier la presse, la jeter bas de son piédestal d’infaillibilité et de suprématie morale qu’elle a elle-même édifié et reconnaître les négociants privés pour ce qu’ils sont précisément : des négociants qui soumettent l’intérêt public au privé quand le premier s’oppose aux intérêts de leur entreprise.

 

Transition

(...) L’expérience que nous avons acquise en deux ans et demi de travail est importante. Nous avons déjà connu l’amertume et les désillusions qu’entraîne inéluctablement le pouvoir et nous ne sommes plus si ingénus que le 15 janvier 2007.

(...) J’ai appris que la lutte solitaire (...) sans changer les structures de pouvoir, si elle est méritoire pour ceux qui la réalisent, n’attaque pas les causes qui rendent possible l’existence des injustices et des inégalités.

Je veux dire, camarades, que la lutte que nous devons réaliser, la campagne que nous allons continuer dans les quatre prochaines années, n’est pas seulement destinée à alléger des douleurs individuelles mais à extirper les causes de la douleur ; elle n’est pas dirigée exclusivement à aider les pauvres, mais à extirper pour toujours les causes structurelles qui rendent possible la pauvreté ; elle ne se propose pas simplement de châtier les corrompus, mais d’éliminer les conditions qui rendent possible la corruption. (...)

 

Appel à l’unité

(...) Nous savons bien que nous sommes le gouvernement de toutes et tous les Équatoriens mais que personne n’ait le moindre doute : nos choix, nos préférences vont aux pauvres, aux jeunes et à nos peuples ancestraux.

 

Épilogue

(...) Pour terminer, je voudrais seulement citer le très beau préambule de notre constitution et qu’il soit notre message final au monde :

« Nous, femmes et hommes du peuple souverain d’Équateur, reconnaissant nos racines millénaires, forgées par les femmes et les hommes de différents peuples, célébrant la nature, la Pacha Mama, de laquelle nous faisons partie et qui est vitale pour notre existence ; invoquant le nom de Dieu et reconnaissant nos diverses formes de religion et de spiritualité ; en appelant à la sagesse de toutes les cultures qui nous enrichissent comme société ; héritiers des luttes sociales de libération face à toutes les formes de domination et de colonialisme ; et avec un engagement profond envers le présent et le futur, nous décidons de construire une nouvelle forme de convivialité citoyenne, dans la diversité et l’harmonie avec la nature, pour atteindre le bien vivre, le sumak kawsay ; une société qui respecte dans toutes ses dimensions, la dignité des personnes et des collectivités ; un pays démocratique, engagé dans l’intégration latino-américaine - le rêve de Bolívar y Alfaro -, la paix et la solidarité avec tous les peuples de la terre. »

¡Hasta la victoria siempre !

Rafael Correa
Traduit par Denise Comanne (CADTM).

1] Le 26 avril 2009, ont eu lieu les élections législative et présidentielle.

[2] La nouvelle constitution interdit à un banquier d’être propriétaire d’un journal, d’une radio ou d’une TV.

[3] Coyote c’est le nom donné à ceux qui se font payer pour organiser le départ des migrants clandestins.

[4] Les mulets sont les personnes payées par les trafiquants pour transporter de la drogue.

[5] Le 1er mars 2008, à Angostura, l’armée colombienne a bombardé un camp guérillero sur le territoire équatorien.


Source : « Discours d’investiture de Rafael Correa », par Rafael Correa, Réseau Voltaire, 10 août 2009, www.voltairenet.org/article161991.html 

Droits de l'Homme

 

Julian Assange, fondateur de Wikileaks 

à l'ONU, le 26 Septembre 2012. 

 

     "Monsieur le ministre des Affaires Etrangères Ricardo Patino, Messieurs et Mesdames les délégués, Mesdames, Messieurs,

Je vous parle aujourd’hui comme un homme libre, parce que, bien que j’aie été détenu pendant 659 jours sans avoir été mis en examen, je suis libre dans le sens le plus basique et le plus important du terme, je suis libre de parler selon ma conscience.

Cette liberté existe parce que l’Equateur m’a accordé l’asile politique, et que d’autres nations se sont associées pour soutenir cette décision.

Et c’est grâce à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies, que WikiLeaks peut « recevoir et diffuser l’information et les idées…à travers n’importe quel média, par n’importe quel moyen d’expression, et sans considération de frontières ». Et c’est grâce à l’article 14-1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme qui consacre le droit de demander l’asile contre les persécutions, et le Statut des Réfugiés de 1951, et d’autres conventions établies par les Nations Unies que je peux aujourd’hui être protégé, avec d’autres, de persécutions politiques.

C’est grâce aux Nations Unies que je peux exercer mon droit inaliénable de demander une protection contre les actions arbitraires et excessives engagées par des gouvernements contre moi, contre mon équipe et contre des supporters de mon organisation. Et c’est à cause de l’interdiction absolue de la torture consacrée par les lois internationales et les conventions de l’ONU contre la torture que nous nous dressons fermement, en tant qu’organisation, pour dénoncer la torture et les crimes de guerre, quels que soient ceux qui les exercent.

Je voudrais remercier le gouvernement de l’Équateur pour m’offrir gracieusement cet espace ici aujourd’hui afin de parler une fois encore aux Nations Unies, dans des circonstances très différentes de ma première intervention lors de l’Examen Périodique Universel de l’ONU à Genève. (cf. Note en bas de page)

Il y a presque deux ans, J’avais parlé de notre travail pour dévoiler la torture et le meurtre de plus de 100 000 citoyens Irakiens.

Mais aujourd’hui, je veux vous raconter une histoire Américaine.

Je veux vous raconter l’histoire d’un jeune soldat Américain en Irak.

Le soldat est né à Crescent, Oklahoma, d’une mère Galloise et d’un père de l’US Navy (marine Americaine). Ses parents tombèrent amoureux. Son père était stationné dans une base militaire US au Pays de Galles.

Le soldat était un jeune homme prometteur, remportant le premier prix en sciences trois ans de suite.

Il croyait en la vérité, et, comme nous tous, il détestait l’hypocrisie.

Il croyait en la liberté, et aux droits de chacun a chercher le bonheur. Il croyait aux valeurs qui ont fondé l’indépendance des Etats Unis. Il croyait en Madison, il croyait en Jefferson, et il croyait en Payne. Comme beaucoup d’adolescents, il ne savait pas trop quoi faire de sa vie, mais il savait qu’il voulait défendre son pays et il savait qu’il voulait apprendre à connaître le Monde. Il est entré dans l’armée Américaine, et comme son père, a été formé comme analyste de renseignement.

A la fin de l’année 2009, à 21 ans, il a été affecté en Irak.

Là, on prétend qu’il a vu une armée Américaine qui souvent ne respectait pas la régle de Droit et dans les faits commettait des crimes et soutenait la corruption politique.

On prétend que c’est là, à Bagdad, en 2010 qu’il a donné à WikiLeaks et au monde des détails qui exposaient la torture d’Irakiens, le meurtre de journalistes, et des informations détaillées sur plus de 120 000 meurtres de civils en Irak et en Afghanistan. On prétend aussi qu’il a donné à WikiLeaks 251 000 télégrammes diplomatiques US, qui ensuite ont aidé à l’émergence du Printemps Arabe. Ce jeune soldat s’appelle Bradley Manning.

Prétendument trahi par un informateur, il a été emprisonné à Bagdad, emprisonné au Koweït et emprisonné en Virginie, où il a été gardé 9 Mois au secret et soumis à des mauvais traitements, Le rapporteur des Nations Unies pour la Torture, Juan Mendez a enquêté et formellement qualifié ces faits à l’encontre des Etats-Unis.

Le porte parole d’Hillary Clinton dut démissionner. Bradley Manning, soldat et patriote fut dégradé, maltraité et psychologiquement torturé par son propre gouvernement. Il fut accusé de faits passibles de la peine de mort. Ces événements lui sont arrivés car le gouvernement US voulait le briser, le forcer à témoigner contre WikiLeaks et moi.

Et, aujourd’hui, Bradley Manning a été détenu sans procès depuis 856 jours.

Le maximum légal aux Etats-Unis est de 120 jours.

L’administration américaine essaie d’instituer un régime national de secret, un régime national de dissimulation.

Un régime où tout employé du gouvernement qui révèle de l’information sensible à une organisation médiatique peut être condamné à mort, à l’emprisonnement à vie, ou pour espionnage, et les journalistes de l’organisation médiatique avec lui.

Nous ne devrions pas sous-estimer le degré d’investigation qui s’est exercé contre WikiLeaks, Je voudrais seulement pouvoir dire que Bradley Manning a été la seule victime de la situation. Mais l’attaque contre WikiLeaks pour ces faits et d’autres, a donné lieu à une enquête dont les diplomates australiens disent qu’elle est sans précédent en termes de degré et de nature. Ce que le gouvernement des Etats Unis a appelé une enquête gouvernementale globale. Ces agences gouvernementales identifiées de notoriété publique comme ayant été impliquées dans cette enquête incluent: le Ministère de la Défense, Centcom, l’Agence de renseignements de la Défense (DIA), la Division d’Investigations Criminelles de l’Armée US, Les Forces Etats Uniennes en Irak, la Division de la Première Armée, l’Unité d’Investigation sur les Crimes Informatiques de l’Armée US, le CCIU, le Commandement Cybernétique de la Deuxième Armée. Et avec ces trois enquêtes de renseignement séparées, le Ministère de la Justice, et son Grand Jury en Virginie, le FBI, qui maintenant à, selon un témoignage en justice intervenu plus tôt dans l’année, produit un dossier de 42 135 pages sur WikiLeaks sur lesquelles moins de 8000 concernent Bradley Manning, le Département d’Etat, les services de Sécurité Diplomatique du Département d’Etat. En outre nous avons été objet d"une enquête du bureau du Directeur Général du Renseignement National, de l’ODNI, du Directeur Exécutif du Contre Espionnage national, de la CIA, du Comité de Surveillance Intérieur, du Comité Inter Agences de la Sécurité Nationale et du PIAB (le Bureau de Conseils en renseignement du Président).

Le porte-parole du Ministère de la Justice Dean Boyd a confirmé en Juillet 2012 que l’enquête de son ministère sur WikiLeaks est en cours.

Malgré toutes les belles paroles du Président Obama hier, et il y en a eu beaucoup des belles paroles, c’est son administration qui se consacre sur son site de campagne à criminaliser d’avantage la liberté de parole que tous les précédents présidents des Etats-Unis réunis.

Je me souviens de cette phrase « l’audace de l’espoir ».

Qui peut dire que le Président des Etats-Unis n’est pas audacieux?

N’est-ce pas de l’audace pour le gouvernement des Etats-Unis de mettre à son crédit  l’avalanche de progrès de ces deux dernières années?

N’était-ce pas audacieux de dire, mardi, que « les Etats-Unis ont soutenu des forces du changement » lors du printemps Arabe?

L’histoire Tunisienne n’a pas commencé en Décembre 2010.

Et Mohamed Bouazizi ne s’est pas immolé par le feu afin que Barack Obama puisse être réélu.

Sa mort était un symbole du désespoir qu’il a dû endurer sous le régime de Ben Ali.

Le monde a su, après la lecture des publications de WikiLeaks que le régime de Ben Ali et son gouvernement avaient pendant de longues années bénéficié de l’indifférence, sinon du soutien, des Etats-Unis, pleinement au courant de ses excès et de ses crimes.

Donc cela doit être une surprise pour les Tunisiens que les Etats-Unis aient soutenu les forces du changement dans leur pays.

Cela doit être une surprise pour les adolescents Egyptiens qui ont essuyé les gaz lacrymogènes Américains sur leurs yeux que l’administration Américaine soutenait le changement en Egypte.

Cela doit être une surprise pour ceux qui ont entendu Hillary Clinton affirmer que le régime de Moubarak était « stable », et quand il est devenu clair pour tout le monde qu’il ne l’était pas, que son détesté chef du Renseignement, Suleyman, dont nous avons prouvé que les US savaient qu’il était un tortionnaire, devrait prendre en charge le royaume.

Cela doit être une surprise pour tous ces Égyptiens qui ont entendu le Vice-Président Joseph Biden déclarer que Hosni Moubarak était un démocrate et Julian Assange un terroriste High Tech.

C’est irrespectueux pour les morts et les prisonniers du soulèvement au Bahreïn de prétendre que les Etats-Unis ont « soutenu les forces du changement ».

C’est indéniablement de l’audace.

Qui peut dire que ce n’est pas audacieux que le Président, soucieux de passer  pour un leader regarde en arrière vers ce changement énorme – le changement des peuples- et le fasse passer pour sien?

Mais nous pouvons prendre courage malgré tout car cela signifie que la Maison Blanche a vu que ce progrès est inévitable.

Dans cette « saison du progrès » le président a vu d’où vient le vent.

Et il doit maintenant prétendre que c’est son administration qui le fait souffler.

Très bien. C’est mieux que le contraire: demeurer inutile alors que le monde bouge.

Nous devons être clairs là.

Les Etats Unis ne sont pas l’Ennemi.

Son gouvernement n’est pas uniforme. Dans certains cas, des gens de bien aux Etats-Unis ont soutenu les forces du changement. Et peut-être Barack Obama a-t-il été l’un d’eux à titre personnel.

Mais dans d’autres, et massivement, ce gouvernement s’est activement opposé à ces forces.

C’est une vérité historique.

Et il n’est pas correct, et il n’est pas approprié pour le Président de tordre cette réalité pour un avantage politique, ou pour le plaisir de prononcer de belles paroles.

Et pour de belles paroles.

Ce sont de belles paroles.

Et nous saluons et nous sommes d’accord avec ces belles paroles.

Nous sommes d’accord quand le Président Obama a dit hier que les gens devaient résoudre leurs différends pacifiquement.

Nous sommes d’accord que la diplomatie doit remplacer la guerre.

Et nous sommes d’accord que c’est un monde interdépendant et que chacun de nous y a un intérêt.

Nous sommes d’accord que la liberté et le droit à l’autodétermination ne sont pas seulement des valeurs  Américaines ou occidentales mais des valeurs universelles.

Et nous sommes d’accord avec le Président quand il dit que nous devons parler franchement si nous sommes sérieux avec ces idéaux.

Mais les belles paroles pâlissent sans des actes qui les accompagnent.

Le président Obama a parlé fermement en faveur de la liberté d’expression.

«Ceux qui sont au pouvoir », a-t-il dit, « doivent résister à la tentation de réprimer la dissidence.»

Il y a un temps pour les mots, et il y a un temps pour les actions. Le temps des mots est arrivé à sa fin.

Il est temps pour les Etats-Unis de cesser de persécuter WikiLeaks, de cesser de persécuter nos membres et de cesser de persécuter nos sources présumées.

Il est temps pour le Président Obama de faire des choses justes, de rejoindre les forces du changement, non par de belles paroles, mais par de belles actions."

Appel aux peuples d'Europe

 

Mikis Théodorakis, résistant et compositeur grec.

 Discours du 4 novembre 2011.

 

     "Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. (…) Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle. Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches. Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elles-mêmes générées sous forme de dettes.
Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire fut le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté  et d’Europe. (…)

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. (...)
Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en Tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme."

Relations Internationales

 

Mahmoud Ahmadinejad, Président iranien
Discours à l'Onu, le 25 septembre 2012

 

Au nom de Dieu, clément et miséricordieux,
Merci à Dieu, le créateur de l’univers et nos salutations au dernier prophète, à sa famille pure, ses amis choisis et à tous les prophètes divins.
Mon Dieu, hâte la venue du gouvernement de la justice et inscris-nous au nombre de ses meilleurs soutiens et de ses défenseurs.

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs,

Je remercie Dieu qui m’a permis une nouvelle fois de participer à cette réunion. Nous nous sommes réunis pour une meilleure société humaine et un meilleur avenir pour nos peuples.

Je viens d’Iran, le pays de la beauté, de la science et de la culture, de la sagesse et de la morale, de la philosophie et de la spiritualité, de l’amour et de la lumière, des différentes religions, d’Avicenne, de Firdûsî, de Hafez, de Molavi, d’Attar, de Khayyâm et de Shahriar.

Représentant d’un grand peuple et d’un pays qui est un des piliers et des héritiers de la civilisation humaine, je représente un peuple perspicace, amoureux de la liberté, de la paix et de la fraternité qui a connu le goût amer des guerres imposées et des invasions, et qui connait la valeur de la stabilité et du calme.

Je suis parmi vous pour la huitième fois dans le cadre du service de mon peuple, pour montrer que le peuple d’Iran comme dans le passé, a des idées qui concernent le monde entier et ne reculera devant aucun effort pour assurer la paix et la sécurité dans le monde, ce qui bien entendu exige un effort concerté, une coopération et une gestion partagée des peuples conscients de son importance.

Je suis ici pour vous transmettre et transmettre au monde, le message divin et humain des gens de mon pays que le poète Saadi a présenté dans ces deux vers :

Les enfants d’Adam sont les membres d’un même corps et des joyaux de la création
Si la souffrance touche un des membres, les autres membres ne pourront rester indifférents

Pendant ces huit ans, j’ai abordé des questions et proposé des solutions pour l’avenir du monde qu’aujourd’hui, j’aborderai sous un autre angle.

Les enfants d’Adam (AS) se sont dispersés sur la terre pendant des milliers d’années, avec des couleurs, des coutumes et des gouts différents et dans l’espoir de créer une société idéale et parfaite, et ont fait beaucoup d’efforts pour accéder à une vie plus belle, au bien être, à la paix et à la sécurité. Mais malgré les efforts des justes et des partisans de la justice, et les efforts des peuples pour la victoire, à part quelques exceptions, l’Histoire de l’humanité a été une suite d’évènements amers et d’échecs successifs.

Imaginez un instant ce qui se serait passé sans ces assauts de mauvaise humeur, ces sentiments de supériorité, ces manques de confiance, ces dictatures et ces violations des droits d’autrui et si au lieu de la possession et de la consommation, les valeurs humaines avaient été le critère de la valeur des sociétés,
- si la société humaine n’avait pas connu l’obscurantisme du Moyen-Age et si les puissants n’avaient pas empêché la propagation de la science et des idées constructives,
- si les croisades, l’esclavage et l’impérialisme n’avaient pas existé, et si les héritiers de ces sombres périodes avaient opté pour des voies plus humaines,
- si les Première et Seconde Guerres mondiales n’avaient pas eu lieu, ni celles du Vietnam, de Corée, les guerres en Afrique et en Amérique latine, dans les Balkans, si la Palestine n’avaient pas été occupée avec l’imposition d’un régime illégal et le génocide et l’expatriation de millions de réfugiés, et si la vérité de la Seconde Guerre mondiale avait été diffusée et la justice respectée,
- si Saddam n’avait pas attaqué l’Iran et si les oppresseurs au lieu de le soutenir, avaient défendu les droits du peuple d’Iran,
- si l’accident amer du 11-Septembre n’avait pas existé avec ensuite l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, et le massacre de millions de personnes, et si au lieu de tuer et de jeter à la mer le corps d’un coupable sans aucun jugement et sans informer le peuple états-unien et le monde, un groupe avait été chargé d’enquêter sur les réalités de cet incident et permis la punition des véritables coupables,
- si on n’utilisait pas les extrémistes et les terroristes pour certains objectifs politiques,
- si les armes se transformaient en stylos et les frais militaires en fonds pour le bien être et l’amitié entre les peuples,
- si on ne faisait pas des différences ethniques, religieuses et raciales des prétextes de guerres et des divergences, des prétextes d’exploitation politique et économique,
- si au lieu de défendre mensongèrement la liberté et d’excuser les insultes aux valeurs sacrées des êtres humains et des prophètes qui sont les meilleures créatures, les plus doux des humains et un cadeau de Dieu, on permettait de critiquer et de dénoncer publiquement la politique hégémonique et les complots du sionisme international, si les médias internationaux et indépendants publiaient les réalités de ce monde,
- si le Conseil de sécurité n’était pas contrôlé par quelques puissances et si les Nations Unies pouvaient agir librement et avec justice,
- si les centres économiques internationaux n’étaient pas sous pression et travaillaient avec responsabilité et sagesse, dans le respect de la justice,
- si les capitalistes n’affaiblissaient pas l’économie des peuples pour leurs propres profits et ne sacrifiaient pas les peuples pour réparer leurs erreurs,
- si la sincérité existait dans les relations internationales et si tous les peuples et tous les gouvernements avaient les mêmes droits et pouvaient intervenir librement dans les affaires internationales et travailler pour le bonheur de l’humanité et en bref, si des dizaines de faits négatifs n’étaient pas apparus dans l’Histoire de l’humanité. Comme la vie serait belle et attirante !

Regardons ensemble ce qui se passe dans le monde aujourd’hui,

Au plan économique, la pauvreté et les écarts sociaux sont en hausse. Les dettes étrangères de seulement 18 pays industrialisés ont dépassé les 60 trillions de dollars alors que la moitié de cette somme permettrait de faire disparaitre la pauvreté dans les pays qui possèdent les meilleures ressources naturelles. Cette économie fondée sur la course à la consommation et l’exploitation des êtres humains, ne profite qu’à un petit nombre. La publication de billets et d’actions fondée grâce au pouvoir et au contrôle des centres financiers internationaux, est la plus grande exploitation qu’ait connue l’Histoire, et la principale raison de la crise économique.

Des rapports ont montré qu’un seul gouvernement avait imprimé 32 trillions de billets et d’actions. Le programme de développement du capitalisme qui tourne en rond et contribue à une concurrence injuste et dangereuse, a totalement échoué.

Au plan culturel, les valeurs humaines comme la pureté, le courage, la sincérité, l’amour des autres et le sacrifice de soi, sont considérées par les politiciens qui dirigent le monde, comme des valeurs désuètes et des freins aux progrès et à la réalisation de leurs objectifs. On parle aujourd’hui ouvertement, de la fin du règne de la morale dans les relations politiques et sociales. Les cultures autochtones qui sont le fruit de plusieurs siècles et des occasions d’échanges et de diversités, sont attaquées et en voie de disparition. Avec la destruction organisée des identités, un modèle de comportement individuel et social est imposé aux peuples. La famille qui est la cellule principale de la société et de l’éducation, un centre de reproduction et d’amour, est affaiblie et ignorée. La personnalité et le rôle central de la femme qui est le symbole de la beauté et de l’amour divin, et la colonne vertébrale de la société, sont attaqués par certains groupes de pouvoir et de richesses. L’esprit et la réalité humaine sont méprisés et ignorés.

Au plan politique et de la sécurité, l’égoïsme et les standards variables, l’imposition de guerres, l’occupation des pays, le développement de l’insécurité pour des raisons économiques ou le contrôle des centres stratégiques du monde, sont devenus monnaie courante. La course aux armements et les menaces d’attaques nucléaires de la part des grandes puissances sont devenus des comportements habituels. Les expérimentations d’armements ultra-modernes et la menace de leur utilisation pèse de façon visible dans le discours politique pour effrayer les peuples et leur faire accepter une nouvelle forme de domination globale. Les menaces proférées à l’encontre du grand peuple d’Iran d’attaques militaires de la part des sionistes barbares, sont des exemples évidents de cette amère réalité. Le manque de confiance dans les relations internationales est devenu évident et il n’existe aucun centre auquel nous puissions faire confiance et qui pourrait régler les problèmes avec justice. Même ceux qui ont stocké des centaines de bombes atomiques et d’armes en tout genre, ne se sentent pas en sécurité.

Au plan environnemental, qui est une richesse commune, qui appartient à tous et qui est une garantie de survie pour l’espèce humaine, nous voyons qu’il est mis en danger par les caprices et l’irresponsabilité de certains capitalistes dans le monde, avec pour conséquences des inondations, des sécheresses, et toutes sortes de pollutions menaçant sérieusement la vie humaine sur Terre.

Chers amis, vous voyez que malgré certains progrès, les idéaux des enfants d’Adam (AS) n’ont pas encore été réalisés.

Est-ce que quelqu’un pense que la poursuite de cette situation pourra assurer le bonheur de l’humanité ?

Tout le monde est mécontent de la situation actuelle et inquiet de l’avenir.

Chers collègues,

Cette situation n’est pas celle que mérite l’humanité et Dieu qui aime tous les humains, n’en est pas satisfait. Dieu avait voulu la meilleure vie pour l’être humain qui est la meilleure et la plus belle des créatures, une vie terrestre remplie de justice, d’amour et de dignité.

Il faut donc trouver une solution.

Qui est responsable de ces évènements et quelle en est la raison ?

Certains cherchent à faire croire que ces laideurs et ces problèmes sont le résultat de la volonté divine et la faute des peuples.

Ils disent : "Ce sont les peuples qui acceptent les injustices et l’oppression. Ce sont les peuples qui acceptent les dictatures et les diktats des oppresseurs. Ce sont les peuples qui se soumettent aux volontés et à l’hégémonie des arrogants. Ce sont les peuples qui se laissent influencer par la propagande des centres de pouvoir et sont responsables par leur passivité, de ce qui se passe dans la communauté internationale".

Ce sont les arguments de ceux qui accusent les peuples et cherchent à excuser les actes destructeurs et repoussants d’une minorité qui dirige le monde.

Si ces arguments étaient vrais, ils ne pourraient pas expliquer les occupations militaires et le projet de domination globale.

Ce sont la pauvreté et la faiblesse qui sont imposées aux peuples, et les caprices qui se cachent derrière les complots et les armes, qui en sont responsables.

Pour expliquer leurs actes inhumains, ils développent la théorie de la "survie des meilleurs" alors que la majorité des gouvernements et des peuples veulent la justice, le bien être, le respect de la dignité humaine et des relations constructives.

Les gens ne sont pas à la recherche d’une expansion géographique, ni de richesses extravagantes. Les peuples n’ont pas de problèmes, et n’ont pas influencés les tristes évènements de l’Histoire, mais ont été victimes de ces évènements.

Je ne pense pas que la majorité des musulmans, des chrétiens, des juifs, des bouddhistes ou des hindous ont des problèmes les uns avec les autres. Les gens sympathisent facilement et veulent tous vivre dans la justice, la sincérité et l’amitié. La vision des peuples a toujours été positive et dans le sens des hautes valeurs humaines, naturelles et divines.

La vérité est que les vrais responsables des évènements amers de l’Histoire et de la situation actuelle, qui revendiquent la gestion de la communauté internationale, sont les grands pouvoirs internationaux qui ont vendu leur âme au diable.

C’est ce système qui repose sur l’esclavage et le nouveau et l’ancien colonialisme, qui est responsable de la pauvreté, de la corruption, des injustices et de l’ignorance dans le monde.

Ce système a certaines particularités :
- Premièrement, il repose sur une pensée matérialiste qui rejette les valeurs morales.
- Deuxièmement, il repose sur l’égoïsme, la ruse, la rancune et la haine.
- Troisièmement, il divise les êtres humains et les peuples en supérieurs et inférieurs, viole les droits des autres et encourage la domination.
- Quatrièmement, il cherche à imposer sa domination en créant des conflits entre les peuples.
- Cinquièmement, il cherche à assurer le monopole d’une minorité sur le pouvoir, les richesses, la science et les technologies. Sixièmement, l’organisation politique des grands centres de pouvoir internationaux est fondée sur un discours belliciste et dominateur. Ces centres cherchent à s’accaparer le pouvoir et aucunement à instaurer la paix ni à servir les peuples.
Peut-on croire que certains dépensent des centaines de millions de dollars dans leur campagne électorale pour servir l’humanité ?
Dans les pays capitalistes, les frais de campagne sont en fait un investissement. Les gens sont obligés dans ces pays, de choisir parmi les candidats des partis qui ne représentent qu’une faible partie de l’électorat. L’avis de la majorité des gens aux États-Unis et en Europe, n’a aucune influence dans les décisions importantes dans les domaines de politique intérieure et extérieure, et leurs cris n’ont aucune portée même s’ils constituent les 99 % de la société. Les valeurs morales et humaines, sont sacrifiées au profit des voix, et l’attention aux revendications populaires n’est qu’un ustensile de propagande durant la campagne électorale.
- Septièmement, le système qui domine est un système injuste.

Chers amis et collègues,

La question est de savoir ce qu’il faut faire pour sortir de cette impasse Sans aucun doute, le monde a besoin d’un nouveau système et d’idées nouvelles.

Le monde a besoin d’un système
1- où les êtres humains qui sont la meilleure créature de Dieu, et qui sont constitués de dimensions matérielle et spirituelle, et d’une nature divine pure à la recherche de la justice et de la vérité, seront reconnus,
2- où au lieu d’être divisés en êtres humains et en peuples de différents degrés, ils pourront revendiquer le respect de la dignité humaine et le bonheur pour tous,
3- où la paix, le bien être et la sécurité seront revendiqués pour toute l’humanité,
4- qui sera fondé sur le rapprochement des cœurs et le rejet des injustices et des écarts, et où les dirigeants seront amoureux du peuple,
5- fondé sur la justice et l’égalité de tous devant la loi et selon des standards valant pour tous,
6- et où les dirigeants seront au service du peuple et responsables devant leur peuple, et non supérieurs aux autres car les responsabilités de gestion politique sont un dépôt confié par les peuples aux dirigeants, et non une occasion de s’accaparer le pouvoir et les richesses.

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs,

Est-ce qu’un tel système est possible sans une coopération dans la gestion internationale ?

Il est possible qu’il se réalise si les gens et les gouvernements réfléchissent, se sentent responsables dans les grandes questions internationales et coopèrent dans les décisions.

Grâce à une bonne information et la recherche d’une coopération internationale, sa réalisation sera de plus en plus possible. Aujourd’hui, les peuples sont là et leur avis est décisif pour l’avenir.

Il est donc recommandé que
1- nous placions notre confiance en Dieu et résistions aux volontés et aux caprices d’une minorité de gens pour les isoler et les rejeter des centres de décision,
2- que nous croyions en la bonté divine et la recherchions dans l’union de la communauté humaine, les peuples et les gouvernements doivent avoir confiance en leurs possibilités et savoir qu’ils vaincront le système injuste qui existe actuellement,
3- que nous encouragions la justice et renforcions notre unité, notre amitié et nos relations économiques, sociales, culturelles et politiques, dans des organisations indépendantes et spécialisées, pour une gestion commune de la société humaine,
4- que nous travaillions à la réforme des Nations Unies, dans le respect des intérêts de tous et du monde. Il faut prêter attention à ce point que les Nations Unies appartiennent à tous les peuples et qu’il est anormal qu’il existe des privilèges et certaines prérogatives qui sont une grande insulte aux peuples.
Ces privilèges et ces prérogatives sont inacceptables
5- Nous devons être conscients de la nécessité d’un travail en commun et d’une coopération pour la gestion du monde dans le respect de la liberté, dans l’amitié et la justice. Cette coopération est la condition nécessaire pour une paix durable et juste.
Le Mouvement des Non-Alignés qui est l’organisme le plus important après les Nations Unies, est conscient de la nécessité d’une coopération dans la gestion mondiale et connait les responsables de la mauvaise gestion actuelle qui sont à l’origine des crises et des problèmes dans le monde, a organisé sa 16ème réunion internationale cette année à Téhéran, avec la devise d’une "gestion mondiale commune".
Lors de cette réunion, les dirigeants et les représentants de haut niveau de plus de 120 pays ont réclamé une gestion coordonnée et concertée du monde.
- Nous sommes actuellement à un moment charnière, d’un coté le marxisme a disparu de la gestion mondiale et de l’autre, le système capitaliste est en train de s’enfoncer dans le bourbier qu’il a lui-même créé, n’a aucune solution à proposer aux problèmes économiques, politiques, culturels et de sécurité, et se trouve actuellement dans une impasse au niveau de la gestion.
Le Mouvement des Non-Alignés reconnait encore aujourd’hui la valeur de ses décisions dans le rejet de la polarisation du monde et des régimes qui la reconnaissent.
En tant que représentant des membres du Mouvement des Non-Alignés, je demande aux pays de jouer leur rôle dans les actions communes et de profiter de cette occasion qui leur est offerte.
Il est plus que jamais nécessaire de faire disparaitre les obstacles et d’encourager la coopération.

Les Nations Unies n’ont pas la compétence nécessaire et la poursuite de la politique des organisations internationales dans la défense des droits des peuples, risquent d’affaiblir la coopération internationale et la confiance en ces organismes.

L’association des Nations Unies qui avait été crée pour la justice et la défense des droits de tous les pays, dans la pratique s’est vue prise dans un jeu de privilèges et incapable de résister à l’oppression de quelques pays. Le droit de véto et le pouvoir du Conseil de sécurité empêchent la défense des droits des peuples et sont un obstacle à la justice.

La réforme de cette assemblée est nécessaire et a été citée à maintes reprises par les représentants des peuples. Cependant rien n’a été fait dans ce sens et je demande au président et aux membres que la proposition de réforme soit examinée de façon sérieuse et que les mesures nécessaires soient définies de façon concrète. Le Mouvement des Non-Alignés est prêt à aider les Nations unies dans ce projet important.

Monsieur le président,
chers amis et chers collègues,

L’instauration de la paix et d’une vie agréable pour toute l’humanité est une mission historique et possible. Dieu ne nous a pas laissés seuls et l’a promis, car le contraire serait le rejet de Sa sagesse.

Il nous a promis qu’un homme amoureux des gens et de la justice, l’Imam Mahdi (AS), l’être parfait, viendrait avec Jésus (AS) et les justes, pour aider grâce aux possibilités qui existeront j’insiste sur ce point, les hommes et les femmes de mérite de tous les peuples à réaliser leurs slogans et les dirigera de façon durable et glorieuse.

La parousie de l’Imam (AS) est un commencement et une résurrection, et sera le début d’une paix durale, d’une véritable sécurité et d’une vie véritable. Sa venue marquera la fin de l’oppression, de la pauvreté, des injustices, et sera le début de la justice, de l’amour et de la fraternité. Il viendra pour faire épanouir les aptitudes humaines et instaurer une joie authentique et durable.

Il viendra pour faire disparaitre l’ignorance et les préjugés, et ouvrir la voie à la science, la sagesse et la participation de tous à la gestion mondiale.
Il viendra pour offrir à tous les humains, la liberté, la dignité et l’amour.
Il viendra pour faire gouter le plaisir d’être des humains et de vivre de façon humaine.
Il viendra pour nouer les mains, les cœurs et les idées pures, et les mettre au service de la sécurité, du bien être et du bonheur de l’humanité.
Il viendra pour que toutes les races reviennent dans leur maison paternelle qui est celle d’Adam (AS) et goûtent une union éternelle.

L’Imam Mahdi (AS), Jésus (AS) et les justes ne s’imposeront pas par la guerre et la force, mais par le réveil de la pensée et le développement de l’amour, seront l’annonce d’un nouvel avenir pour l’humanité rempli de connaissances et de liberté, et réchaufferont le corps froid et glacé de l’humanité.

Le Sauveur offrira le printemps au monde car il est le printemps qui délivrera l’humanité de l’ignorance, de la pauvreté et des guerres. Nous pouvons déjà sentir le parfum de ce printemps de l’humanité dont nous sommes à l’aube et qui ne concerne pas une race, un peuple ou une idéologie particulière. Son règne s’étendra de l’Occident à l’Orient, et dans tous les continents. Il représentera le printemps de tous les amoureux de la justice et des fidèles des prophètes divins. Il est le printemps de l’humanité et la joie de cette époque. Tous ensemble, agissons pour sa venue dans l’union et la coopération, ouvrons-lui la voie et abreuvons l’humanité assoiffée de justice.

Vive le printemps, vive le printemps et encore vive le printemps.

Merci de votre attention.