La peau du cul


Proche des milieux de Wall Street et grand consommateur de dérégulation financière, il a ainsi participé à paupériser une grande partie de la population mondiale. Il a notamment mis fin au vertueux Glass-Steagall Act, qui aurait en partie protégé les Américains d’un ruineux, et devenu obligatoire, renflouement de monstres financiers en 2008. Il a aussi ouvert les vannes de la déréglementation dans les télécommunications et l’agriculture laissant ainsi les multinationales américaines, subventionnées à l’export, littéralement étouffer des millions de paysans à travers le monde et des milliers de petites et moyennes entreprises, américaines comprises. Il a ratifié l’accord de libre-échange ALENA, entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, qui a complètement détruit l’économie mexicaine, créant des drames sociaux considérables. Lui, c’est Bill Clinton, le 42ème président des Etats-Unis.

Et, bizarrement, ce ne fut pas pour sa politique néolibérale, aux dommages collatéraux dévastateurs sur les populations, qu’il passa devant le Congrès américain pour une procédure de destitution (impeachment), mais pour avoir eu des relations sexuelles avec une employée de l’administration américaine. Une relation consentie, enfin « une relation mutuelle, mutuelle à tous les niveaux, dès le début où elle a commencé et tout au long de sa durée » si on se réfère aux révélations de Mme Lewinsky, la première concernée. Il ne s’agit point ici d’éluder toute souffrance qu’elle soit d’ordre du sexisme ou autre, mais de démontrer que la mise en avant volontaire de certaines souffrances sert de pare-feu, d’information « fumigène », permettant d’occulter un mal qui touche potentiellement tout un chacun. Un mal létal : le néolibéralisme prosélyte à la concurrence libre et faussée qui conquiert le monde en lui collant l’arme militaro-médiatico-propagandiste sur la tempe.

 

« Si nous pouvons surmonter les fausses polarisations que suscite aujourd’hui la politique dominée par les questions de sexe et de race, peut-être découvrirons-nous que les divisions réelles restent celles de classes. »

Christopher Lasch

 

Spécial dédicace à deux autres queutards eux aussi destitués pour leur propension à sortir leur engin plus rapidement que la dette française nous asservit, mais absolument pas pour leur action politico-économique qui avilit les peuples. Spécial dédicace donc à Dominique S. K. qui a participé à un génocide structurel à la tête du FMI. En effet, cette saine institution tend à imposer des conditions iniques et dévastatrices en contrepartie de l’octroi d’un prêt. Cela peut aller du choix de l’investissement et du nom des prestataires imposés, à la privatisation des services publics, des terres, des sous-sols des zones portuaires, des îles, en passant par l’ouverture totale du « marché » intérieur à la concurrence mondiale générant son lot de détresse sociale. Mais, il y a pire. Ce doux FMI incite les pays emprunteurs, dont le seul trésor est l’agriculture, à orienter cette dernière vers la culture de céréales destinées à l’export, pour que ces pays récupèrent des devises qui serviront en dernière instance à rembourser le FMI. En plus de se gaver d’intérêts, le FMI participe donc, au sens propre, à affamer la population. Et la crème, elle est fournie ?

Et enfin, spécial dédicace à Silvio B. qui, avec sa politique libérale agressive, a de son côté participé à détruire l’important commerce de proximité italien, mettant des milliers de personnes à la rue. Dire qu’il sera montré du doigt par la bien-pensance pour ses seules parties fines…

 

« On recherche, en d’autres termes, l’abolition du pouvoir mâle plutôt que celle du système capitaliste ; et celle des « discriminations » d’origine ontologique (sexisme, racisme, fanatisme religieux) plus que celle des inégalités économiques et sociales bien concrètes dues à l’exploitation du travail vivant. La démocratie tend ainsi à se réduire à la critique de « l’essentialisme » et au « dépassement des tabous. » 

 Alain de Benoist

 

En dernière instance, de la peau du « cul » il n’est point question, mais de la vôtre, oui !