Haute trahison

 

Ecrit le 11 novembre 2013

 

Haute trahison !

 

Libre-échange

Problème posé à mon neveu de 11 ans d’âge : J’ai une entreprise en concurrence directe avec les entreprises du reste du monde. Dans mon domaine d’activité, l’innovation n’intervient qu’à la marge. Parmi mes concurrents mondiaux,  ils en aient qui payent leurs salariés 150 euros par mois tout en leur proposant des droits sociaux proche du néant ?
Question : Que dois-je faire pour pouvoir vendre mes produits ?
Réponse du neveu : Payer les français 149 euros par mois, tonton.

 

Financiarisation de l’économie

Problème posé à mon boucher : Tu es le Directeur Général d’une entreprise cotée en bourse. La majeure partie des tes revenus est payée en stock-options, c’est-à-dire que tu as le droit d’acheter dans cinq ans un certain nombre d’actions de l’entreprise au prix d’aujourd’hui…sauf si elles sont inférieures à ce prix.
Question : Quelle va être ta politique d’entreprise ?
Réponse du boucher : Faire gonfler rapidement le cours des actions pardi, en rognant sur l’investissement et les salaires ! Et prendre des risques, puisque si ça ne marche pas je ne perds rien ! Et avec ceci, une petite bavette d’aloyau ?

 

Perte de la souveraineté monétaire

Problème posé à ma grand-mère : Tu es un pays qui créé sa propre monnaie via sa banque centrale, sans intérêt. Du jour au lendemain, la banque centrale a obligation de passer par des banques privées pour te prêter de l’argent, ces derniers nous faisant au passage payer des intérêts conséquents.
Question : Quel système te coûte le plus cher ?
Réponse de grand-mère : Je ne suis tout de même pas encore gâteuse mon petit !

 

A cause de ce triptyque, la France se meurt !

 

La France se meurt de par cette concurrence libre et faussée qui détruit nos emplois. La France se meurt de par cette financiarisation qui augmente notamment la part du capital au détriment des salaires. La France se meurt de par la perte de souveraineté monétaire interdisant toute dévaluation et nous obligeant notamment à emprunter notre propre argent sur les marchés financiers et par-delà à payer des intérêts sur la dette qui représentent à eux seuls plus de 1350 milliards d’euros depuis 1973 !

 

Qui incriminer ?

 

- Les banques d’affaires, qui ont notamment mis au point des monstres, les produits dérivés, qui ôtent toute notion de responsabilité, le risque étant transféré à une tierce personne ?

- Les traders, qui rendent un éjaculateur précoce d’une lenteur confondante avec leur machines de trading à haute fréquence qui passent des ordres à la nanoseconde, entraînant notamment des poussées hyper-spéculatives sur les matières premières ?

- Les grands actionnaires qui se réservent une part du gâteau de plus en plus conséquente dans les bénéfices de l’entreprise, au détriment de l’investissement et des salaires.

- Les Hedge funds, et leur « nettoyage » des entreprises sur lesquelles ils investissent, tel Blakstone dont le directeur général a touché 702 millions de dollars rien qu’en 2008 ?

- Les PDG de multinationales, obnubilés par le cours de bourse et leurs Stock-options et par les systèmes de « transfert » via les paradis fiscaux permettant le dédouanement de toute fiscalisation ?

- Des fonds souverains étrangers, du genre Qataro-esclavagiste, qui rachètent notre parc immobilier à des conditions privilégiées, créant une montée des prix ?

- Les grands investisseurs américains qui rachètent nos entreprises grâce à la planche à billets…grâce à de l’encre et du papier ?

- Le petit chef d’entreprise français qui délocalise sa production pour éviter de mettre la clé sous la porte ?

Dans une écrasante majorité ces différents acteurs agissent dans le cadre de la loi. Ennuyeux à reconnaître. Cependant, c’est ainsi.

 

Les coupables de la mort économique, et par là même physique, de la France sont donc ceux qui font et votent nos lois !

 

Qu’ils assument !

 

Sous De Gaulle, le politique a permis, via le conseil national de la résistance, l’instauration d’acquis sociaux conséquents. Le 2 décembre 1945, l’Assemblée nationale constituante fraîchement élue votait la loi « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit ». A souligner, le début de la mise en place de la participation, intéressant le salarié aux bénéfices de l’entreprise. En ces contrées, le protectionnisme permettant la valorisation de nos entreprises respirait l’évidence. Un autre monde. Une autre galaxie.
Vu le déplacement du curseur idéologique, notre Charles national serait aujourd’hui traité de Castro-Léniniste.
Des torts gaulliens ? En fin de carrière, avoir fait de Georges Pompidou son premier ministre. Peut-être, à cette époque, ne tenait-il déjà plus tous les rênes du pouvoir.

 

Poulain de la banque Rothschild, des trusts et du monde de la Finance, Georges Pompidou, fut notamment le président de la loi du 3 janvier 1973, loi ouvrant la boite de Pandore entraînant l’obligation de passer par les banques privées pour se refinancer.
Valéry Giscard d’Estaing, son ministre de l’Economie et des Finances joua un rôle prépondérant dans cette aventure et ne changera pas de cap une fois aux manettes. Il participa aussi grandement au projet d’écriture de la très libérale Constitution européenne.

 

Dès 1983, le pouvoir Mitterrandien, via l’influence de Jacques Delors, dérégula à tout va, plagiant l’air du temps occidental, en ouvrant la porte à la financiarisation de l’économie. En 1984, fut votée une loi qui déréglementa le métier de la banque. En 1986, s’ensuivit la loi Bérégovoy qui autorisa la désintermédiation et la vente de produits dérivés en France. Des produits dérivés à l’origine de la crise financière de 2008.  Toutes ces mesures entraînant une espèce de chienlit mondialiste laissez-fairiste, auront pour conséquence, entre autres effets secondaires, d’entraîner à terme des écarts de salaires de 1 à 300 dans une même entreprise. En son temps, le grand banquier américain John Pierpont Morgan trouvait à peine acceptable des écarts de 1 à 20. Un autre monde, une autre galaxie.

Ces folies dérégulatrices permettront des aberrations telles que celles de 2009 chez France Telecom, entreprise qui versera plus de dividendes à ses actionnaires qu’elle ne fera de bénéfices. Elle empruntera donc pour payer ses actionnaires. Gérard, c’est ma tournée !

 

En 1988, sous le gouvernement Balladur, on accéléra la privatisation des banques, ce qui eut pour effet de transformer une dette publique à l’intérieur de l’Etat en une dette à des banques privées. Et dix de der !

 

En 1992, le monde politico-médiatique français, dans son écrasante majorité, fit voter au peuple le traité de Maastricht qui détruisit notamment les deniers liens qui unissaient la Banque de France à notre pays. Balladur, notre premier ministre de l’époque, et avec l’accord du président Mitterrand, dû donc voter une loi officialisant le fait que la Banque de France devienne une filiale régionale de la Banque Centrale Européenne, totalement indépendante de l’Elysée.

 

En 1998, alors que Zidane nous faisait gagner la finale, le ministre des Finances Strauss-Kahn marqua un but contre son camp en créant un régime fiscal pour les Stock-options.

 

Le principal fait marquant de la présidence Chirac, c’est 245 429 mains serrées dont une grande proportion au salon de l’agriculture. Mais pas seulement. Ce président, armé de la grande majorité de la classe politique française, restera comme celui du non-respect de la volonté populaire lors du referendum sur le Constitution européenne de 2005. Une constitution, rejetée par le peuple, qui inscrivait dans le marbre le choix du libéralisme économique.

 

Nos deux derniers présidents et leurs partis n’ont eu de cesse de  débattre sur le port du voile où sur les rythmes scolaires, informations « fumigènes » par excellence, sans se préoccuper de l’essentiel. Entre deux discours pseudo vindicatifs contre la finance, ils ont tout de même eu le temps de valider le traité de Lisbonne (2007), véritable usine à gaz, où entre autres sottises, toute restriction aux mouvements des capitaux entre les états membres et les pays tiers y était interdite. Servez-vous, la porte est ouverte !

 

L’Europe, et donc la France, devient l’idiot utile du village global.

 

L’UMPS a, en outre, continué de permettre aux banques de jouer au casino l’argent des dépôts, faisant fi d’un Glass Steagall Act. Par ricochet, pour conjurer les méfaits de la crise financière de 2008, la Banque Centrale Européenne, sous l’égide de monsieur Draghi, prêta aux Banques privés plus de 500 milliards d’euros à 1 %. Et ceci, dans l’esprit de les renflouer et de leur permettre de faire des prêts aux PME. Ces Banques privées préfèreront utiliser cet argent pour le prêter aux Etats à des taux de 3 à 8%. Du grand art.
Notre UMPS poursuit actuellement le chemin de la dérégulation en autorisant notamment les banques d’affaires à vendre du gaz et de l’électricité ; en ne taxant pas, contrairement aux promesses, le trading à haute fréquence…la liste étant non exhaustive.

 

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent et qui refusent d’intervenir.

 

Alors, levons-nous !

 

Au lieu de nous parler des Droits de l’Homme à longueur de journée, nos chers politiques auraient dû les lire :

Quand le gouvernement viole les droit du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »

Déclaration des Droits de l’Homme du 26 juin 1793

 

Oui, levons-nous ! Bougeons-nous ! Que les partis politiques français qui ne dénoncent pas ouvertement le triptyque libre-échange, perte du pouvoir de création monétaire et financiarisation de l’économie, en ne proposant pas de véritables mesures à leurs encontre, soient rejetés et désignés par vous, par nous, de traitres au peuple de France !

 

La première des dispositions évidentes à prendre, véritable curseur d’une politique honnête, serait de sortir rapidement de l’Union européenne dont les traités institutionnalisent ce triptyque et dont les dirigeants décident de plus de 80 % de nos orientations politiques nationales.
Oui, en sortir, parce que ces traités ne peuvent être changés qu’à l’unanimité des 28 pays membres. Et voir 28 pays exiger les mêmes changements au même instant, c’est aussi probable que de voir notre président actuel défendre les intérêts de la France et des Français…
Les partis qui oseraient vous dire « changeons l’Europe de l’intérieur » vous trahiraient une deuxième fois, la fameuse double péné….