Bonne année !


Bonne année ! 


La soirée de réveillon est bien entamée. Le dessert, englouti, comprime les estomacs. Didier lance alors une sorte de Trivial Pursuit maison dont il a le secret.


- Que s’est-il passé le 12 octobre 1582 ?


Corinne, partiellement éméchée, braille les bras en l’air : « le couronnement d’Henri IV » ! Les autres sèchent.


Didier rétorque : « Rien ! Il ne s’est rien passé parce que ce jour n’a jamais existé. En changeant de calendrier, du Julien au Grégorien, pour réparer les inexactitudes du premier, on est passé du 4 octobre 1582 au soir, au 15 octobre 1582 au matin. »


Didier enchaine les questions. L’ambiance est bon enfant.


- Origine du café ? Colombie, lance l’Oncle André ! Costa Rica, meugle Luigi, le petit ami de Corinne. Non, Ethiopie corrige malicieusement Didier.


- Nationalité de Mozart ? Autrichienne, crie Magalie, la mélomane de la famille ! Elle a quand même fait cinq ans de flûte à bec !


- A son époque, jubile Didier, Salzbourg faisait partie du Saint Empire Germanique, donc plutôt allemande.


Alors  que  tout  le  monde  se  prend  au  jeu,  Didier  enchaine naïvement : Qui est à l’origine des attentats du 11 septembre ? Saddam Hussein, répond le beau-frère de Didier déclenchant l’hilarité   collective !   Ben   Laden   renchérissent   en   cœur  Jean-François et Janine, le pro Sarko et la pro Valls !


C’est bien la première fois qu’ils s’entendent ces deux-là. L’UMPS à l’échelle de la famille.


- Oh, faut sortir de la matrice les amis, leur lance Didier, un brin moqueur. Des éléments certains nous montrent l’intervention de l’Etat profond américain et du Mossad (services secrets israéliens), précise-t-il.


Jean-François nourri au Pernaut, le présentateur télé, et Janine abonnée à Libération, répondent à nouveau de concert : « Théorie du complot ! »


L’atmosphère festive tend à s’évaporer, laissant place à un climat pesant. Didier, sûr de son fait, part dans un monologue : « Faut lâcher un peu TF1 et France 2, les Bisounours. C’est clair comme de l’eau de roche, c’est du False flag (cf.  Opération sous faux drapeau), que dis-je, de l’inside job ! Un bon attentat sous faux drapeau pour renforcer les lois liberticides et créer un prétexte pour intervenir en Irak. Ce ne sera pas le premier cas de false flag dans le monde et pas le dernier. Dans le désordre et au hasard, le sabotage de la centrale nucléaire de Three Mile Island en 1979 en Pennsylvanie, les évènements du Tonkin en 64, l’attentat de la gare de Bologne en 1980, L’attaque du navire américain l’USS Liberty dans les années 60, et j’en passe… »


Le ton monte.


- T’y crois vraiment à tes conneries, questionne Janine ?


- Et toi, tu y crois à la baisse du chômage, rétorque Didier ?


- Mais qu’est-ce que tu me parles de politique, tu n’as jamais lu un livre de ta vie ?


- J’y remédie fortement depuis peu.


- Il débloque complet là ton gamin, lance Jean-François à Bernard.


« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »  


Arthur Schopenhauer


Bernard se tourne vers son fils.


- Qu’est-ce que tu racontes Didier ? C’est ça qu’on t’apprend en Gestion ?


 - Si seulement.


- Il va bientôt nous dire que ce sont les rebelles qui ont gazé la population syrienne, extrapole Jean-François !


- Non, ce n’est pas moi qui vais te le dire mais le nouveau rapport de l’ONU. Et donc, en toute logique, Fabius devrait proposer d’engager des frappes ciblés contre les rebelles !


- Mais bien sûr ! Et tant qu’on y est, Kadhafi, c’était un gentil, c’est ça ? !


- A ce niveau, il n’y a pas de gentil, répond Didier. Et, au fait, qui vous a dit à vous qu’il était le diable et qu’il fallait entrainer tout le pays dans la guerre pour l’éliminer ?


- C’est une question ? Le jeu continue, demande la doyenne Huguette un peu perdue ?


- Le gouvernement, lâche timidement la tante Sabine ?


- Non, un « intellectuel » médiatique, euh pardon, médiatisé, BHL, corrige Didier, dont le dernier fait d’arme est un livre et une pièce qui ont fait un flop.


- Et alors ? Si le président l’a écouté c’est qu’il est forcément compétent, assure Janine.


- Ben oui. Et si on le voit à la télé depuis trente ans c’est bien qu’il y a une raison, précise sérieusement Anne, la mère de Didier.


            « En France, si vous faites partie de l’élite intellectuelle et que vous toussez, on publie un article en première page du Monde. C’est une des raisons pour lesquelles la culture intellectuelle française est tellement burlesque : c’est comme Hollywood. »

 Noam Chomsky


 - De mon temps, les Intellectuels s’opposaient à la guerre. Ils ne la déclenchaient pas, soupire dans son coin la doyenne.


- Pour moi, y a qu’Obama qui déchire, intervient Kelly, la seule pré-ado du groupe. Tu l’aurais vu aux obsèques de Mandela. Trop d’émotion !


- Pour le VRP d’un pays qui n’a retiré Mandela de sa liste noire des terroristes qu’en 2008…en effet il paraissait ému ton Obama, ironise Didier. Comme nos deux représentants d’ailleurs ! Ils avaient l’air plus qu’émus en rendant hommage à Nelson. Sauf qu’ils ont oublié de te préciser qu’ils ont fait tuer celui qui veillait financièrement sur la famille de Mandela quand ce dernier était en prison. Je parle à nouveau du très très méchant Kadhafi.


- Maman, il raconte trop n’importe quoi Didier, se plaint la pré-ado, le trémolo dans la voix.


- Voilà, t’es content ? T’as cassé l’ambiance !


Les douze coups de minuit résonnent.


BONNE ANNEE !


 Pour rajouter du grain à moudre à cette saine et sereine discussion familiale, précisons que, comme le cite Francis Cousin dans son livre L’être contre l’avoir, c’est Francesco Cossiga, ancien président de la République italienne qui a déclaré en 2007, au grand journal italien le Corriere de la Sera que «  Ben Laden a soi-disant avoué être l’auteur des attentats du 11 septembre contre les deux tours de New York, alors que tous les services de renseignements des Etats-Unis et d’Europe […] savent bien maintenant que ces attentats désastreux ont été planifiés et réalisés par la CIA étasunienne et le Mossad avec l’aide du monde sioniste, dans le but d’en faire porter le chapeau aux pays arabes afin d’inciter les puissances occidentales à intervenir en Irak […] et en Afghanistan. » Cet article ne sortit que dans la version internet du journal. Frondeur mais pas fou le Corriere de la Sera ! Précisons aussi, entre autres éléments, que les semaines qui ont précédés ces attentats, plusieurs importants acteurs économiques ont spéculés à la baisse, et ce dans d’énormes volumes, sur les actions des compagnies aériennes United Airlines et American Airlines, les deux seules compagnies dont les avions furent détournés le 11 septembre 2001. Rappelons aussi que, comme l’écrivait la journaliste Alexandra Richard dans le Figaro du 31 octobre 2001,   « La CIA a rencontré Ben Laden à Dubaï en juillet 2001 », dans un hôpital alors qu’il était sous dialyse, à l’article de la mort. Une rencontre amicale deux mois avant les fameux attentats. Un mourant, vivant dans des grottes et que la CIA approche facilement, seul organisateur des monstruosités du 11 septembre 2001 ? Se poser la question, c’est déjà y répondre.


 La CIA et la mouvance Ben Laden, une histoire de collaboration et d’échanges de bons procédés qui ne s’est d’ailleurs pas arrêté au 11 septembre 2001 :


« Deux semaines après le 11 septembre, Sibel Edmonds fut engagée comme traductrice pour le FBI grâce à sa connaissance du turc, du farsi et de l’azerbaïdjanais. Chargée de traduire des rapports secrets concernant les opérations terroristes menées au-dedans et en-dehors des Etats-Unis, elle put alors constater de façon directe que la CIA, les Affaires étrangères et le Pentagone avaient travaillé main dans la main avec des terroristes de haut niveau. Par exemple, le bras droit de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, devenu ensuite le chef d’Al-Qaïda, s’est réuni régulièrement entre 1997 et 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) avec des fonctionnaires de l’armée US et des services de renseignement. A cette époque, lui et des membres de la famille Ben Laden avaient été transportés dans des avions de l’OTAN vers les Balkans et certaines régions de l’Asie centrale, aux fins d’y mener des opérations de déstabilisation, soutenues par le Pentagone. »


Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)


 De son côté, Paul Craig Roberts, journaliste et ancien conseiller économique de l’Administration du président des Etats-Unis Ronald Reagan, a été encore plus précis dans les responsabilités des attentats du 11 septembre 2001 lors d’un entretien en mars 2015 avec le blogueur The Saker :


« A mon avis, 9/11 était le produit des néoconservateurs, dont nombre d’entre eux sont des alliés juifs d’Israël, de Dick Cheney, et d’Israël. Son objectif était de fournir le nouveau Pearl Harbour dont les néoconservateurs disaient qu’il était nécessaire pour lancer leurs guerres de conquête au Moyen-Orient.  Je ne sais pas si c’était prévu depuis longtemps, mais Silverstein [propriétaire des tours du World Trade Center, NdT] en faisait visiblement partie et il avait acheté le World Trade Center très peu de temps avant le 11 septembre. »


Dommage qu’un homme tel que Paul Craig Roberts, qui a connu les arcanes du pouvoir et qui est tout sauf un illuminé ne soit pas relayé dans nos chers médias… qui sont pourtant Charlie, c’est-à-dire pour la liberté d’expression.


Et si, à présent, le baromètre d’authenticité d’un fait était devenu le droit ou non d’en débattre publiquement ?


Même Bob Graham, le président de la Commission mixte du Congrès des Etats-Unis qui a mené une enquête parlementaire sur le 11 septembre, a été censuré par nos grands médias lorsqu’il a annoncé le 11 septembre 2012 : « Il faut rouvrir l’enquête du 11 septembre ! ». Il faut dire que Bob Graham avait été plus qu’échaudé par le fait que 28 des 832 pages du rapport que sa commission avait rendu avait été censurées et restent encore aujourd’hui non accessibles au grand public… 28 pages qui concernaient l’implication d’Etats étrangers dans les évènements du 11 septembre. 


Et l’Histoire, la véritable, n’est pas à une ironie près quand on sait que l’un des plus grands ennemis déclarés d’Oussama ben Laden était Muhammad Kadhafi lui-même :

« Les allégations de Kadhafi affirmant qu’il luttait contre l’extrémisme islamique, y compris al-Qaïda, à Benghazi, ont été rejetées comme farfelues par l’Occident. Pourtant, le 15 avril 1998, la Libye, avait été le premier gouvernement à dénoncer Oussama ben Laden à Interpol pour l’assassinat d’un grand expert allemand de l’extrémisme islamique, Silvan Becker, ainsi que son épouse Vera à Syrte en 1994. Kadhafi  était toujours dans une lutte à la vie ou à la mort contre les extrémistes islamiques pour l’avenir de la Libye et de l’Afrique. Sa plainte à Interpol fut ignorée. Dans ce cas comme tant d’autres, les puissances occidentales se sont trouvées plus ou moins de facto du côté des extrémistes islamiques. »

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)


 En fait, par naïveté, par facilité ou par un simple manque de curiosité, la majorité de la population se contente encore de l’information que leur servent les médias mainstream, et en deviennent même les premier garants, à l’insu de leur plein gré :


            « La plupart d’entre nous se contentent d’écouter ce que disent nos maîtres sans même chercher à regarder ce qu’ils font. Saturées de discours philanthropiques, nos consciences corrompues se rassérènent et réprimandent le premier parasite venu, qui invite à remettre en question la matrice. Si, en revanche, vous vous contentez de clamer en terrain balisé les sornettes légitimées par l’oligarchie, nul besoin d’en apporter des justifications, vous êtes dans votre bon droit. Celui garantissant le confort de votre servitude. N’a-t-on jamais entendu un perroquet s’exprimer autant qu’en cage ? »

Collectif Diktacratie.com, Démocratie radicale contre Diktacratie (2014)


 En termes de complotisme, laissons le mot de la fin au 32ème président des Etats-Unis, Franklin Roosevelt :


« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi. »