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Lectures au peuple de France produit ses propres textes d'actualité en utilisant notamment  le savoir et les connaissances présentes sur le site. Que cela vous incite aussi à franchir le pas, pour ne plus rester de simples spectateurs.

 

 

A romancier, Romancier et demi

 

Lio fredonnait dans les années 80 : « la vengeance est un plat qui se mange froid ». Au même titre que la vengeance, l’analyse critique, nécessite un temps de réflexion, de digestion que l’immédiateté lui refuse. Les braises éteintes, scrutons donc froidement le buzz trappiste. Oui, rappelez-vous cette polémique, qui en chassait une autre avant, elle-même, d’être chassée, loi du genre oblige : Deux professeurs de Trappes refusaient de recevoir Lorànt Deutsch sous le prétexte que ce dernier chercherait à faire aimer la France et la République à une population d’élèves d’ascendance immigrée récente, et de surcroit en véhiculant une Histoire de France romancée.

 

Oh le goujat ce Lorànt ! Son but inavoué était donc de faire aimer, à une population de jeunes élèves, le pays où ils vivent et le système politique qui les régissent. Rendez-vous compte ! Posons-nous tout de même la question, est-il nécessaire pour la société française que nos chères têtes multicolores aiment la France ? En fait, il n’est point indispensable de regrouper des spécialistes, anthropologues, sociologues et autres psychologues, pour trois jours de symposium pour savoir qu’un minimum d’amour pour l’Hexagone est fondamental pour être capable de dire « nous » quand on parle des Français et ainsi faire société.

 

En outre, l’arme du crime du goujat serait donc la probable utilisation d’un roman national, sous-entendu l’utilisation de mythes, pour arriver à ses fins. Posons-nous aussi la question, avons-nous besoin de mythes pour souder la société française ? Pas nécessairement, même si une société multiculturelle nécessite un tronc commun parfois fantasmé. Donc, pas nécessairement, parce que nous ne sommes pas un empire et que nous n’avons pas vocation à le devenir. Nous n’avons donc pas à mystifier le peuple à coup de mythes, si possibles fondateurs, pour lui faire accepter les efforts que nécessiterait notre expansion permanente. En outre, parce que nous ne sommes pas un pays jeune dont les fondations seraient balbutiantes.

 

Après ces deux constats, on aurait envie de remettre Lorànt  et nos deux professeurs dos à dos, si tenté que notre comédien amoureux d’Histoire avait bien l’intention de romancer notre passé.

 

A dire vrai, on ne peut qu’être d’accord avec nos deux professeurs de Trappes quand ils écrivent que « l’Histoire est une science qui permet de comprendre le passé par une étude critique et dépassionnée ». Bien entendu que l’unique solution est d’enseigner l’Histoire de France factuelle. Mais bien TOUTE l’Histoire de France factuelle. Pas seulement ses zones d’ombres, qui ont aujourd’hui le vent en poupe dans nos collèges et nos lycées, mais aussi ses zones lumineuses comme serait tenté de le faire un Lorànt Deutsch. La vérité se trouve dans le TOUT.

 

Par exemple, ces deux professeurs de Trappes, s’ils devaient aborder les thèmes imposés que sont la colonisation et l’esclavage, auraient-ils l’honnêteté de préciser que la grande majorité du peuple français n’a jamais été consultée sur ces évènements, quelle que soit l’époque. Sinon, cela reviendrait à penser qu’en 2076, un petit-fils d’immigré libyen aura raison d’en vouloir à tous les Français, encouragé qu’il aura été par notre Education nationale, qui lui aurait enseigné que les ancêtres de ces Français ont détruit la Libye. 

 

De plus, auraient-ils l’honnêteté de préciser que, contrairement aux idées véhiculées, les colonies ont toujours ruiné la France, bien qu’elles enrichirent quelques marchands français et leurs obligés. Comme l’écrit Bernard Lugan, au moment de l’indépendance, la France légua à ses colonies africaines : 50 000 km de routes bitumées, 215 000 km de pistes toutes saisons, 18 000 km de voies ferrées, 63 ports, 196 aérodromes, 2000 dispensaires équipés, 600 maternités, 220 hôpitaux dans lesquels les soins et les médicaments étaient gratuits. En 1960, 3,8 millions d’enfants étaient scolarisés et dans la seule Afrique noire, 16 000 écoles primaires et 350 écoles secondaires collèges ou lycées fonctionnaient. En 1960 toujours, 28 000 enseignants français, soit le huitième de tout le corps enseignant français, exerçaient sur le continent africain. Nous sommes loin du prétendu pillage colonial !

 

Et, prenant le cas, souvent polémique de l’Algérie, Bernard Lugan précise qu’en132 années de présence, la France créa l’Algérie, l’unifia, lui offrit un Sahara qu’elle n’avait par définition jamais  possédé, draina ses marécages, bonifia ses terres, équipa le pays, soigna et multiplia ses populations. Elle fit entrer dans la modernité des tribus jusque-là dissociées et qui n’avaient jamais eu conscience d’appartenir à un tout commun supérieur dépassant les limites de leurs douars ou des terrain de parcours de leurs troupeaux. Mais cela eut un coût qui fut supporté par les impôts de Français. Et, pour le coup, de tous les Français serait-on tenté de rajouter.

 

Alors, pas de roman national, mais TOUTE l’Histoire de France !

 

Rien ne peut faire cautionner la colonisation, aberration suprématiste venu principalement d’esprits emplis de « lumières », tel un Jules Ferry, qui au nom du Progrès voulaient coloniser les « races inférieures ». Mais rien ne peut cautionner le mensonge historique, même par omission.

 

Ces professeurs qui soupçonnent notre comédien de romancer, ne récriraient-ils pas aussi l’Histoire si, en enseignant l’Histoire de l’esclavage, ils omettaient de citer une personne comme Tidiane N’Diaye, anthropologue sénégalaise, quand elle écrit :

 

« Bien qu’il n’existe pas de degré dans l’horreur ni de monopole dans la cruauté, on peut soutenir que le commerce négrier et les expéditions guerrières provoquées par les arabo-musulmans furent, pour l’Afrique Noire tout au long des siècles, bien plus dévastateurs que la traite transatlantique. »

 

Idem, s’ils omettaient de citer Fernand Braudel quand il consigne :

 

« Tous les pays voisins ont, tour à tour, payé leur tribut : chrétiens  d’Europe  pris  sur  terre  ou  sur  mer  par  les  Musulmans eux-mêmes, ou achetés à l’occasion (tels ces slaves prisonniers de guerre que revendent les marchands juifs de Verdun, au IXe siècle) ; Noirs d’Afrique, Abyssins, Indiens, Turc et Slaves misérables, Caucasiens. » 

 

Et enfin, s’ils évitaient d’amener leurs élèves voir Andagaman, film du réalisateur ivoirien Gnoan M’Balla, dont ce dernier parle en ces termes :

 

« Le film met en scène la complicité des peuples africains qui ont vendu leurs frères aux trafiquants d’esclaves. Les tribus africaines se lançaient à la conquête d’autres tribus, les vaincus étaient faits prisonniers et échangés pour des fusils et du rhum. »

 

A priori, il y a peu de chance que nos professeurs, et leurs nombreux clones officiants à l’Education nationale, citent de tels auteurs. A romancier, romancier et demi, au moins par omission.

 

Au final, ce qui se cachait derrière cette polémique stérile, ce n’était pas tant de savoir comment enseigner l’Histoire de France que de savoir comment enseigner l’Histoire de France à des élèves d’ascendance immigrée récente. Le parler vrai est l’ami du parler clair. Et là vient naturellement une question, la question : pourquoi faudrait-il enseigner différemment l’Histoire de France aux élèves en fonction de leurs origines ? Ou, parce qu’on en est bien là, Est-ce du fait de notre société multiculturelle qu’on n’enseigne pas TOUTE l’Histoire de France ? La réponse par une question : Pourquoi vouloir ménager de potentielles susceptibilités à l’autre si ce n’est se penser au-dessus de l’autre ? Paradoxalement, dans cette Histoire, les racialistes, les suprématistes ne semblent pas être ceux qu’on croit !

 

C’est parce que tous ces bien-pensants jugent, certes souvent de manière inconsciente, que leur pays est différent des autres que ses méfaits au regard de l’Histoire doivent être jugés plus sévèrement. Et donc, que l’on doit protéger le reste du monde de cette France qui monopoliserait les responsabilités. Et ce, depuis des siècles et des siècles, amen. Du racialisme pur ! Ou au mieux, du maternalisme infantilisant (un pléonasme ! Un !).

 

Frédéric Lordon, icone de Nuit debout, qu’on peut difficilement taxer de xénophobe a très bien exposé ce phénomène :

 

« Il se pourrait même, paradoxalement, que la violence de leur critique [envers la nation France] soit plutôt le symptôme du contraire de ce qu’elle veut donner à entendre : car la vraie rupture, ce serait l’indifférence, la critique égale et généralisée des méfaits de toutes les nations, sans égard pour l’une d’entre elles en particulier, quand leur nation leur inspire à l’évidence un supplément de véhémence en soi significatif. Significatif, de quoi peut-il l’être sinon d’un attachement persistant qui intensifie tous les affects, et trahit le prolongement d’une appartenance quand bien même elle se proclame dans la revendication de désappartenance : ce pays dont je dis que je récuse à mesure que j’en blâme les crimes, il est, quoi que j’en dise, toujours le mien puisque ses crimes me sont visiblement plus odieux que ceux de n’importe quel autre pays. Ce pourrait donc être, non parce qu’ils le rejettent, mais parce qu’ils se font une idée très haute de leur pays qu’ils n’en tolèrent pas, à raison, les manquements. »

 

Le dommage collatéral de cet exceptionnalisme enfoui, teinté de droit-de-l’hommisme mal placé, est l’enfermement d’une catégorie de la population dans la victimisation perpétuelle, et l’autre catégorie dans la repentance perpétuelle.

 

Symptomatique d’un tel comportement, la loi Taubira, qui qualifie la traite transatlantique, et elle-seule, de crime contre l’humanité. Quand des historiens ont fait remarquer à madame Taubira que ce n’était pas la seule traite esclavagiste des siècles passés, elle s’est empressée de leur rétorquer qu’il ne fallait pas évoquer la traite négrière arabo-musulmane afin que les « jeunes Arabes ne portent pas sur leur dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». Un raisonnement de type deux poids deux mesures qui dépasse l’entendement.

 

Attention, car avec de tels principes on n’édifie pas une nation, on prépare la guerre civile que la crise économique couve. Et la guerre civile, c’est tout sauf une sinécure. Ce serait même plutôt du genre, pour paraphraser notre chanteuse à textes précitée : « Tu peux prendre tes jambes à ton cou, vite avant que je te le torde. Ce qui ressemblerait encore beaucoup trop à de la miséricorde. »

 

                                                                                                                 Jérôme Pages

  

Lio, Fallait pas commencer (1986).

Bernard Lugan, Mythes et manipulations de l’Histoire africaine (2012)

Tidiane n’Diaye, Le génocide voilé, Ed. Gallimard (2008), 4e de couverture

Fernand Braudel, Grammaire des civilisations (1963)

Gnoan M’Balla, Andagaman (2001)

 

Frédéric Lordon, Imperium : structures et affects des corps politiques (2015)

 

 

 

Qui a dit ?

 

 

«  Quelque part dans un bar cossu, en face de l’Assemblée nationale…

 

 

 

- Je lève mon verre à ton premier million !

- A mon premier million !

- Et merci qui ?

- Merci les vaches à lait ! 1 million d’euros reçu en même pas 7 ans juste en salaire de mes multiples fonctions électives, gracias la plèbe !

- Y a pas à dire le cumul ça a du bon.

- Hummm, mon salaud, il est excellent ce petit Saint-Julien 2011 ! On  dirait que c’est le bon Dieu en personne qui te pisse dans la bouche !

- A la troisième bouteille ça fait toujours ça ! Allez, là qu’on est bien entamé, ça te dit un petit « Qui a dit ? » ?

- Fait péter Roger !

- Alors, heu, qui a dit : « Les Etats-Unis sont toujours inquiets lorsqu’il y a usage de la violence. Le président espère que la situation sera résolue pacifiquement. » ?

- Ah ! Ah ! Tu commences fort mon salaud ! Je ne sais pas heu, Kennedy ?

- Kissinger, alors qu’il donnait en sous-main son feu vert à la junte indonésienne au génocide perpétré contre sa propre population aux accointances communistes, en 1975 !

- Joli ! Respect. A moi ! A moi ! Euh… qui a dit : « Je pense évidemment peut-être d’abord aux habitants de la bande de Gaza enfermés, qui vivent une situation infernale, dans tous les sens du terme. Je pense aussi au Liban, à l’Irak, à une politique américaine qui caricature les conflits au nom de la confrontation entre civilisations. » ?

- Mélanchon ?

- Non mon pauvre. Manuel Valls en personne, fin 2006 en plantant l’olivier de la paix dans un parc de sa ville d’Evry !

- Wow, t’es mon maître !

 

« Un politicien honnête c'est celui qui reste fidèle à celui qui l'a acheté. »

                                                                                                                      Confucius

 

- Tiens, ça c’est cadeau, devine où je vais en mai ? En plus c’est véridique.

- J’sais pas, au Delaware ? Les îles Caïmans ?

- Au forum de Doha sur la démocratie.

- Ah ! Ah ! Ah ! J’vais me faire dans le pantalon ! Trop fort !

- Oh, j’ai une pêche !!! C’est le million reçu des bouseux qui me dope ! Tiens, une autre : qui a dit en 1992 au moment de Maastricht : « Le Traité d’Union Européenne se traduira par plus de croissance, plus d’emplois, plus de solidarité. » ?

- Oh ! Oh ! Oh, le coquin ! Ça, ça sent le Delors à plein nez ça !

- Allez, je suis grand seigneur, un indice : Ce gars-là était ministre quand il a dit cette phrase il y a 23 ans et il est encore ministre aujourd’hui.

- L’animal politique ! Comme quoi, se tromper, ou mentir aux gens, au choix, n’a jamais empêché personne de redevenir ministre !

 

« La politique est le moyen pour des hommes sans principe de diriger des hommes sans mémoire. »

                                                                                                                          Voltaire

 

- Ce personnage, ô combien visionnaire, c’est notre ministre des Finances… Michel Sapin !

- Pas mal. Attend, moi aussi j’ai du lourd. Quel humaniste a versé dans le populisme du genre : « Le droit non seulement de rire, mais de médire et de blasphémer de tout, absolument de tout, voilà l'oxygène de la civilisation. »

- Tu ne m’auras pas sur celle-là. Attali !

C’est une citation d’humaniste, pas d’économiste, brigand ! Et l’humaniste en question c’est Bernard-Henry Lévy, en 1997.

- Oh, excellent ! Tu mérites ta statue ! J’vais m’en faire faire une de toi dans mon bureau du Conseil régional, au frais du contribuable ! Allez, à moi. Qui a dit  le 18 avril 2011 dans le journal Sud Ouest : « Franchement, vous imaginez Hollande Président de la République ? On rêve ! »

- Je te vois venir, un socialo, je dirais la Martine Aubry ?

- Pas mal pour un assisté ! C’est bien un socialo. Mais c’était son Ministre des Affaires étrangères, l’inénarrable Laurent Fabius.

 

« Les hommes politiques et les couches doivent être changés souvent… et pour les mêmes raisons. »

George Bernard Shaw

 

- Grandiose. On effleure la stratosphère là. Alors restons-y. Accroche-toi. Dans quel journal, en 1920, furent écrits les mots suivant : « La meilleur place pour un gréviste, ce moustique jaune et nuisible, c’est le camp de concentration. » ?

- On aurait envie de répondre le Financial Times mais je crois bien que c’est tout sauf ça, gredin.

- La Pravda.

- La Pravda ?!?

- Oui la Pravda, l’organe de Lénine et des Bolcheviks.

- Oh, exceptionnel ! Niveau Ligue des champions ! Mais est venu le moment du coup de grâce ! Excusez du peu : Qui a dit : « J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant musulman, un citoyen français complet. Bien au contraire, sur l’essentiel, ses préceptes sont les mêmes que ceux de la religion chrétienne, fondement de la civilisation occidentale. D’autre part, je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne que de race française. ».

- Non, c’est la lui ?! Non, ne me dis pas que lui !!

- Si.

- En personne ?

- En personne.

- Jean-Marie Le Pen ?

- Jean-Marie Le Pen, à l’Assemblée nationale, le 28 janvier 1958.

- Imbattable ! Victoire par chaos. Je m’incline. La prochaine bouteille est pour moi.

- Une autre fois parce que c’est l’heure. Il faut qu’on y aille.

- Ouais, t’as raison, Faudrait pas rater le train, déjà qu’ils nous voient pas beaucoup à Bruxelles ! 

- J’vais quand même passer vite fait par les toilettes. C’est que c’est diurétique ces petits Saint-Julien ! Tu sais où elles sont ?

- C’est simple, tu descends les escaliers. Et quand t’arrives en bas, tu verras sur ta gauche une porte où il y a écrit « Gentleman ». Ben c’est pas grave, t’y va quand même.

- Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Oh putain, j’me fais dans le falzar ! Oh merde mes Weston ! J’ai uriné sur mes Weston !

 

- Défraiements garçon, défraiements ! »

 

 

 

 



Les faits sont-ils complotistes ? 

 


Le 20 novembre 2015


Si je dis que les véritables journalistes ont déserté nos grandes messes télévisuelles, suis-je complotiste ?

… Même si je rappelle que David Pujadas s’est abstenu ce jeudi 19 novembre de questionner le Premier ministre Manuel Valls, qui participait à son journal, à propos du scandale d’Etat dont toutes les rédactions avaient pris connaissance la veille : le refus de la part du Premier Ministre de recevoir la liste des français jihadistes sur le sol syrien de la main des services secrets éponymes (1) ? Et même si j’ajoute que le sieur Pujadas, ainsi que ses compères des grands médias, n’ont jamais questionné ce Premier ministre sur le fait qu’il y a neuf ans il fustigeait la politique colonialiste israélienne (2), alors qu’aujourd’hui il participe à essayer d’interdire sur le sol français des manifestations pro-palestiniennes et à rendre illégal le mouvement BDS de boycott des produits israélien ?


Si je dis que nous vivons en dictature, suis-je complotiste ?

… Même quand je rappelle que selon l’Article 17 du Traité sur l’Union Européenne (3), la Commission Européenne, composée de personnes non élus par vous et moi, exécute et contrôle le budget de l’UE et cumule le pouvoir Exécutif et législatif, via notamment le fait qu’un acte législatif de l'Union ne peut être adopté que sur proposition de la Commission ? Et même quand je souligne que Monsieur Juncker, le président de la Commission, a rappelé dans un entretien au Figaro du 29 janvier 2015 qu’« il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens » (4) ? Et enfin, même si Viviane Reding, Vice-présidente de la Commission européenne, asséna à des parlementaires français « il faut lentement et sûrement comprendre qu’il n’y a plus de politique intérieure nationale » (5) ?


Si je dis que certains vaccins sont dangereux pour la santé, suis-je complotiste?

… Même quand je rappelle que Marisol Touraine, actuelle Ministre de la santé, écrivait trois ans et demi auparavant, le 20 avril 2012, dans un courrier adressé à M. Didier Lambert, administrateur de l’association E3M que « De nombreuses études ont ainsi alerté sur le possible potentiel cancérigène et perturbateur endocrinien des sels d'aluminium. […] Il faut donner les meilleures assurances de sécurité pour effectuer les vaccinations obligatoires dans l’intérêt de la santé de notre population. La nature des adjuvants utilisés dans leur fabrication doit faire l'objet d'une attention particulière et doit être communiquée aux familles afin qu'elles soient pleinement informées. Elles doivent également avoir le choix de faire procéder aux vaccinations obligatoires par des vaccins sans sel d'aluminium, d'autant plus que cela était le cas jusqu'en 2008. » (6) ? Dire que cette ministre de l’anti-Santé rejetait avec dédain en mai 2015 la pétition lancée par le professeur Joyeux, contre certains vaccins dangereux (qui avait alors recueilli plus de 500 000 signatures) tout en sacralisant l’acte de vaccination, quel que soit le vaccin… Bien pire que la schizophrénie, la non-assistance à personnes en danger.


« Curieux comme il est difficile de casser les légendes, comme les gens n'aiment pas être dérangés, comme les vérités les moins contestables ont du mal à se faire admettre si la place est prise par un mensonge. »

Henri Guillemin


Si je dis que les services de renseignement occidentaux ont joué un jeu trouble dans plusieurs attentats terroristes islamistes, suis-je complotiste ?

… Même quand je rappelle que des journaux de l’establishment tel que Le Monde ont relayés le rapport de l’ONG Human Right Watch publié le 21 juillet qui expliquait que le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, et que « dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l'idée de commettre un acte terroriste » (7) (8) ? Et, même quand l’hebdomadaire Le Point raconte que Mohamed Merah, mis en cause dans les crimes du 11 mars au 19 mars 2012, a travaillé pour les services secrets français (9)?

Si je dis que la géo-ingénierie, l'ensemble des techniques qui visent à manipuler et modifier le climat, est en passe d’être utilisée à des fins militaires, suis-je complotiste ?

… Même quand il est écrit noir sur blanc dans un rapport d’août 1996 de l’US Air Force, Weather as a Force multiplier – Owning the Weather in 2025, que « Les forces aérospatiales américaines vont « posséder la météo » en capitalisant sur les technologies émergentes et en focussant sur le développement de ces technologies à des fins militaires […] De la facilitation d’opérations alliées ou de sabotage de celles de l’ennemi par des modifications à petite échelle des cycles de température, jusqu’à la dominance du contrôle global des communications et du contre-espace, les modifications de climat offrent aux combattants un large éventail d’options pour vaincre ou contraindre un adversaire […] En partant du principe qu’en 2025, notre stratégie de sécurité nationale inclura la modification du climat, son utilisation dans la stratégie militaire nationale suivra naturellement. » (10) ? Et même quand, déjà en 1970, Zbigniew Brzezinski, à l’aube de devenir conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter (de 1977 à 1981), écrivait : « Non seulement de nouvelles armes ont été développées, mais certains des concepts basiques de géographie et de stratégie ont été fondamentalement altérés ; l’espace et le contrôle du climat ont remplacé Suez ou Gibraltar comme élément clé de la stratégie. » (11)? Et enfin, même quand le parlement européen s’inquiète qu’ « en dépit des conventions existantes, la recherche militaire persiste dans l’utilisation de la manipulation de l’environnement en tant qu’arme, comme le montre par exemple le système HAARP basé en Alaska », et va même jusqu’à adopter une résolution à ce sujet (11), la résolution A4-0005/1999 ?

Si je dis que l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Occident, ont joué un rôle moteur dans l’expansion de l’Etat islamique (Daesh), suis-je complotiste ?

… Même quand on entend, sur France Inter (12), Alain Juillet, ancien patron du renseignement de la DGSE nous apprendre que l’Arabie Saoudite et le Qatar ont financé des jihadistes pour déstabiliser la Syrie, elle qui avait eu le malheur de donner son accord au passage sur son territoire d’un pipeline allant de l’Iran à la Méditerranée ? Et, même si je rapporte les mots du lieutenant Général US michael Flynn, ancien chef de la DIA (Defense Intelligence Agency) qui déclara sur Al Jazeera (13) que « l’avènement d’État islamique fut une décision prise en toute conscience par la Maison Blanche », les documents déclassifiés (14) du renseignement américain de la DIA datant d’août 2012 corroborant le fait que les États-Unis voulaient voir l’avènement d’un califat islamique dans l’est de la Syrie ? Et enfin, même quand Wiliam Hague, l’ancien ministre des Affaires étrangères britannique révéla qu’« après l’invasion par ISIS (ex nom de Daesh) des grandes villes irakiennes au début et à la mi-Juillet, nos relations avec les rebelles irakiens ont commencé à se détériorer, mais nous maintenons encore des contacts avec la faction modérée dans ISIS» (15) ?


Dans la même veine, si je dis qu’Al-Qaeda est le bébé des services secrets états-uniens et pakistanais, suis-je un complotiste ?

… Même quand Hillary Clinton, possible future présidente des Etats-Unis, et accessoirement femme d’un saxophoniste érotomane, l’avoue en Commission sénatoriale (16) ?


« Le temps révèle tout. C'est un bavard qui parle sans qu’on l’ait interrogé. »

Euripide (Vème siècle av. J.C.)

 

 

 (1) http://news360x.fr/syrie-avait-liste-djihadistes-de-france-propose-aux-francais-valls-a-refuse/

(2) https://www.youtube.com/watch?v=YaaFeIfyUkY (à partir de 2’34’’)

(3) http://www.eurocuej.com/wp-content/uploads/2010/12/article-17_TUE.pdf

(4) http://www.politis.fr/Juncker-dit-non-a-la-Grece-et,29890.html

(5) https://www.youtube.com/watch?v=yBRCZPypyyM (à partir de 4’10’’)

(6) http://myofasciite.fr/Contenu/Divers/Presidentielle2012_ReponsePS.pdf

(7)http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/07/21/le-fbi-a-pousse-des-americains-musulmans-a-commettre-des-attentats_4460774_3222.html

(8) http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-FBI-un-pousse-au-crime-577176

(9) http://www.lepoint.fr/societe/merah-une-enquete-a-haut-risque-07-06-2012-1470689_23.php

(10) http://fas.org/spp/military/docops/usaf/2025/v3c15/v3c15-1.htm

(11) Livre Between two ages, p. 28, (1970)

(12) https://www.youtube.com/watch?v=EklSvGF-tN4 (à partir de 1’10’’)

(13) http://arretsurinfo.ch/un-aveu-de-la-dia-le-monstre-etat-islamique-est-une-creature-us/

(14)http://www.judicialwatch.org/wp-content/uploads/2015/05/Pg.-291-Pgs.-287-293-JW-v-DOD-and-State-14-812-DOD-Release-2015-04-10-final-version11.pdf

(15)http://reseauinternational.net/william-haque-avons-travaille-les-terroristes-islamistes-lespoir-renverser-assad/

(16) https://www.youtube.com/watch?v=TAhpacLjiXY

  


 



Le terrorisme islamiste,

qui le nourrit ?



Le 15 novembre 2015


« Dans les années 1980, il est certain que l’Agence [la CIA] espérait répandre le fondamentalisme islamique en Ouzbékistan, cet objectif étant partagé par les renseignements pakistanais et saoudiens ; la CIA a même « engagé un exilé ouzbek vivant en Allemagne afin de produire des traductions du  Coran en langue ouzbèke », qui devaient être distribuées à des factions islamistes. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.112

 

« Deux semaines après le 11 septembre, Sibel Edmonds fut engagée comme traductrice pour le FBI grâce à sa connaissance du turc, du farsi et de l’azerbaïdjanais. Chargée de traduire des rapports secrets concernant les opérations terroristes menées au-dedans et en-dehors des Etats-Unis, elle put alors constater de façon directe que la CIA, les Affaires étrangères et le Pentagone avaient travaillé main dans la main avec des terroristes de haut niveau. Par exemple, le bras droit de Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, devenu ensuite le chef d’Al-Qaïda, s’est réuni régulièrement entre 1997 et 2001 à l’ambassade US de Bakou (Azerbaïdjan) avec des fonctionnaires de l’armée US et des services de renseignement. A cette époque, lui et des membres de la famille Ben Laden avaient été transportés dans des avions de l’OTAN vers les Balkans et certaines régions de l’Asie centrale, aux fins d’y mener des opérations de déstabilisation, soutenues par le Pentagone. »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« En 1998, le Président Clinton décida de soutenir l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui était appuyée par al-Qaïda. Cette politique fut mise en œuvre alors qu’ « en 1998, le Département d’Etat avait listé l’UCK comme une organisation terroriste internationale, l’accusant d’avoir financé ses opérations avec les revenus du trafic globale d’héroïne et des prêts accordés par des terroristes notoires, comme Oussama Ben Laden ». Il s’agit d’un autre exemple de cette volonté gouvernementale d’utiliser des forces de soutien liées à al-Qaïda pour remplir des objectifs géostratégiques. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.124

 

« Les allégations de Kadhafi affirmant qu’il luttait contre l’extrémisme islamique, y compris al-Qaïda, à Benghazi, ont été rejetées comme farfelues par l’Occident. Pourtant, le 15 avril 1998, la Libye, avait été le premier gouvernement à dénoncer Oussama ben Laden à Interpol pour l’assassinat d’un grand expert allemand de l’extrémisme islamique, Silvan Becker, ainsi que son épouse Vera à Syrte en 1994. Kadhafi  était toujours dans une lutte à la vie ou à la mort contre les extrémistes islamiques pour l’avenir de la Libye et de l’Afrique. Sa plainte à Interpol fut ignorée. Dans ce cas comme tant d’autres, les puissances occidentales se sont trouvées plus ou moins de facto du côté des extrémistes islamiques. »

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)

 

« C’est principalement sur la méthode que les Frères musulmans et les jihadistes ne sont pas d’accord. Sinon, ils poursuivent le même objectif. Leur principal ennemi, ce sont les Etats nationalistes et laïcs du monde arabe [que nous avons participé à détruire]. Cet ennemi passa avant même les puissances impérialistes. Si bien que pour combattre les premiers, ils n’hésitent pas à s’allier aux seconds. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« L'Irak, qui n'avait auparavant aucun lien avec le terrorisme, est devenu un havre pour les terroristes, subissant son premier attentat suicide depuis le XIIIème siècle. »

Jessica Stern (2014), enseignante à Harvard et spécialiste du terrorisme

 

 « Le front al-Nosra [branche d’Al-Qaida] fait du bon boulot [en Syrie]. C’est difficile de les désavouer. »

Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, décembre 2012

 

« Souvenez-vous de Khalid al Hamad, ce rebelle qui avait porté le cœur d'une de ses victimes à la bouche en déclarant : "O héros de Bab Amr, vous massacrez les alaouites et vous sortez leurs cœurs pour les manger !". La vidéo du cannibale a fait scandale. Mais Khalid al Hamad était-il membre du Front Al-Nosra, de l'Etat islamique ou de quelque autre groupe "extrémiste" ? Non, c'était le chef de la brigade al Farouk affiliée à l'ASL [opposants au régime syriens, censés être des modérés, soutenus par les occidentaux et les monarchies du golfe]. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« Les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011. J’ai été deux ans, à peu près, avant que les hostilités ne commencent en Syrie, je me trouvais en Angleterre par hasard (…) J’ai rencontré des responsables anglais et quelques-uns qui sont mes amis m’ont avoué, en me sollicitant qu’il se préparait quelque chose en Syrie. L’Angleterre préparait l’invasion des rebelles en Syrie. Et on m’a même demandé à moi, sous prétexte que j’étais ancien ministre des Affaires étrangères si je participerais comme ça à cette… J’ai évidemment dit le contraire, je suis Français, ça ne m’intéresse pas. C’est pour dire que cette opération vient de très loin, elle a été préparée, conçue, organisée (…) dans le but très simple de destitué le gouvernement syrien, car dans la région il est important de savoir que ce régime syrien a des propos anti-israéliens (…) J’ai la confidence du Premier ministre israélien qui m’a dit : on essaiera de s’entendre avec le Premier ministre syrien et avec les Etats autour et ceux qui ne s’entendront pas, on les abattra. »

LCP, Ça vous regarde 14 juin 2013, cité par Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« Un soutien aux Islamistes : Le minuscule mais richissime Emirat du Golfe – dont l’armée est équipée à 75% par la France – a financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars l’instruction de rebelles [en Syrie], souvent peu expérimentés. En sous-main, la Qatar a également livré plus de 20.000 tonnes d’armes aux insurgés, notamment des missiles antichars. Un soutient qui a reçu l’aval des Etats-Unis et des principaux pays occidentaux dont la France.»

Le Figaro, (21 octobre 2011) cité par Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)

 

« La télévision pour laquelle je travaillais, Al-Lazeera, propriété du Qatar, a refusé de diffuser les images de combattants armés luttant contre le régime syrien sur les frontières entre le Liban et la Syrie. J’ai vu des dizaines de bandits armés traversant la frontière en mai 2011 ; la preuve évidente que la révolution devenait militarisée. Cela ne collait pas avec le récit requis d’un soulèvement propre et pacifique, c’est pourquoi mes supérieurs me demandèrent d’oublier les combattants armés. »

Ali Hasem, ancien journaliste du Qatar, cité par Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« HBJ [Hamad ben Jassem Al-Thani, Premier ministre du Qatar et ministre des affaires étrangères jusqu’en juin 2013] a transformé Doha en station de repos pour la plupart des extrémistes du globe. La seule condition d'admission est d'être islamiste. Outre un bureau de représentation des Talibans, on trouve le Front islamique du salut algérien, plusieurs branches de fous de Dieu Tchétchènes, des Syriens intégristes, et la liste de ces avatars est sans limite. Vladimir Poutine est le seul à mal digérer cet œcuménisme. Enragé de savoir que l'ancien président tchétchène, le terroriste islamiste Zelimkan Iandarbiev, a ouvert une antenne à Doha, le patron du Kremlin envoie une équipe du FSB, le successeur du KGB, pour lui régler son compte [le 13 février 2004]. A l'heure du repas, une explosion met fin à la vie de ce saint homme. La fumée de la dynamite dissipée, deux agents de Poutine sont rattrapés par une patrouille : à Doha la police est rapide, elle roule en Porsche ou en Lamborghini. Quelques temps plus tard, imprudent, HBJ laisse partir pour Moscou une équipe sportive qui doit représenter le Qatar. Bien informé, Poutine lui-même téléphone à HBJ : "Si vous voulez retrouver votre équipe au complet, relâchez nos deux  Russes !" Et Doha a docilement laissé filer les exécuteurs du Tchétchène. »

Le vilain petit Qatar, N. Beau et J-M Bourget (2013)

 

 « Un ancien agent de la CIA, Bruce Riedel, a révélé que le principal financier saoudien du terrorisme en Afghanistan et en Bosnie était… Salman  bin Abdulaziz Al Saud, qui est monté sur le trône en janvier 2015 avec le soutien et les félicitations d’Obama, de Hollande et de tous les dirigeants occidentaux. »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)

 

« Il n'y a pas de pays musulman plus intégriste que l'Arabie Saoudite et pourtant c'est à la fois un ami et un pays important pour les Etats-Unis. Nous ne devons nous opposer à l'intégrisme que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l'exigent. »

James Baker(1996), ex ministre US des Affaires étrangères

 

« La seule distinction valable pour les Etats-Unis consiste à différencier les terroristes qui travaillent pour eux et ceux qui poursuivent leurs propres intérêts. Washington n'a pas de problème avec les combattant qui égorgent des enfants, arrachent le cœur de leurs victimes ou jouent au foot avec la tête de leurs ennemis. Pour autant que ces combattants se limitent à combattre l'armée syrienne sans contrarier les intérêts US. »

Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)

 

« Et qui définit les « terroristes » ? Les mêmes qui ont qualifié Nelson Mandela de terroriste jusqu’en 1994 ? Les Etats-Unis qui, aujourd’hui encore, inscrivent sur leur liste noire toute organisation qui résiste à leurs violences ? Israël qui qualifie systématiquement les palestiniens de « terroristes » comme les nazis le faisaient de la résistance ? »

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)

 

« George Bush a lancé la guerre « contre » le terrorisme en 2001. Elle est menée avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Pakistan. Or, les élites de ces trois pays ont été les principaux soutiens financiers et politiques des réseaux jihadistes que les Etats-Unis sont censés avoir combattus jusqu’à présent. Dans le même temps, les plus farouches opposants à ces terroristes sunnites – les gouvernements d’Irak, de Libye, de Syrie et d’Iran – ont été renversés (Irak, Libye), déstabilisés avec l’appui des Etats-Unis et de la France (Syrie) ou sanctionnés et menacés en tant qu’élément de l’ « Axe du Mal » (Iran). Selon des estimations crédibles, cette guerre « contre » le terrorisme aurait engendré au moins 1,3 million de morts en Afghanistan, en Irak et au Pakistan depuis 2001. »

Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015)

 

« Souvenons-nous que les gens que nous combattons aujourd’hui, nous les avons créé il y a 20 ans parce que nous ne voulions pas que les Soviétiques contrôle l’Asie centrale. En partenariat avec les militaires pakistanais nous avons recruté des moudjahidines, des gens venus d’Arabie Saoudite importer leur mouvement wahhabite. »

Hillary Clinton (2009)

 

« Nous, Etats-Unis, avons créé Al-Qaida. »

Hillary Clinton (2012), https://www.youtube.com/watch?v=TAhpacLjiXY

 

« Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre [l’Etat islamique] ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les États-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. Il est puissant, même s’il est marqué de profondes vulnérabilités. Il est puissant mais il sera détruit. C’est sûr. Il n’a pas d’autre vocation que de disparaître. »

Vincent Desportes, Général de division, professeur associé à Sciences Po Paris, audition

le 17 décembre 2014 en vue du débat en séance publique sur la prolongation

de l’opération Chammal en Irak, en application de l’article 35 de la Constitution.

 

« L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition et la possibilité d’établir un émirat salafiste officiel ou pas, dans l’Est de la Syrie et c’est exactement ce que veulent les forces qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien »

Defense Intelligence Agency (2012), extrait d’un document déclassifié le 18 mai 2015,

cité par l’association Judicial Watch

 

« Ni le président des USA, Barack Obama, ni les 22 pays vassaux armés jusqu’aux dents faisant théoriquement partie de sa coalition de volontaires n’ont envoyé le moindre drone équipé de missiles Hellfire contre les brutes frappées de noir du faux califat [DAESH]. »

Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015

 

« Les Américains ont pu détecter de l’eau sur Mars, mais ils ne parviennent pas à repérer les installations de l’Etat islamique. »

Vladimir Poutine, octobre 2015

 

« Israël ouvre ses frontières à des djihadistes d’Al-Qaïda et du Front Al-Nosra engagés dans la guerre civile en Syrie afin de les soigner, a assuré le Wall Street Journal cette semaine [le 12 mars 2015]. »

A. Yadlin, i24news.tv, mars 2015

 

« Les forces anti-terrorisme irakiennes ont arrêté en juillet 2015 quatre conseillers militaires étrangers provenant des Etats Unis et d’Israël qui étaient en train d’aider l’Etat Islamique, selon l’Agence de presse iranienne Tasnim. »

http://sputniknews.com/middleeast/20150307/1019201301.html#ixzz3Tk5BBhK3

 

« La chaîne internationale allemande Deutsche Welle a publié la première vidéo réalisée par un média occidental montrant qu’EI [Etat islamique ou DAESH] n’est pas alimenté par le marché noir du pétrole ou par les rançons contre les otages, mais par des fournitures valant des milliards de dollars, acheminées en Syrie par la frontière de ce pays membre de l’Otan qu’est la Turquie, grâce à des convois de plusieurs centaines de camions par jour.»

Toni Cartalucci, 9 juin 2015, relayé par lesakerfrancophone.net

 

« Il est assurément justifié de dire que l’Occident civilisé préfère avoir affaire à un califat médiéval intolérant imbibé de wahhabisme qu’à un dictateur arabe séculaire qui refuse de se prosterner devant l’autel du néolibéralisme occidental. »

Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015

 

« La lutte contre le terrorisme génère des millions d’emplois dans les industries d’armement, de communication, etc. le terrorisme est nécessaire à l’évolution du système capitaliste, qui se reconfigure en permanence en gérant la crise. Daesh n’est donc par éradiqué mais entretenu. »

Richard Labévière (2015)

 

« Le terrorisme international n’existe pas. Ce que nous voyons n’est qu’un terrorisme instrumentalisé par les grandes puissances et qui n’existerait pas sans elles.»

Général Leonid IVASHOV (2001), ancien chef d’état-major des armées russes

 

« Au Moyen-Orient, avec la division systématique organisée, les Etats-Unis ont réussi à enterrer les tentatives des nations arabes de s’unir pour être plus indépendantes, mieux négocier le prix du baril, échapper au dollar-roi, utiliser l’argent du pétrole à leur avantage, tenir tête à Israël. Oublié tout ça ! A présent au Moyen-Orient, c’est tous contre tous, les peuples paient et les émirs sabrent le champagne. »

Jihad made in USA, Gregoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)

 

« Les trois plus grand remparts à l’islamisme wahhabite ou takfiriste au Moyen-Orient et en Afrique sont, avec l’Iran, les trois chefs d’Etats que nous, la France, ou nos alliés avons contribué à destituer ou à tenter de le faire : Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein et Bachar el Assad. Tandis que les deux plus grands financiers de l’islamisme dans la région, L’Arabie saoudite et le Qatar sont nos alliés. Et n’oublions pas le rôle de docteur Frankenstein de l’Empire US auquel nous sommes inféodés, ni la stratégie du chaos suivie au Moyen-Orient par les tenants du grand Israël, cet état qu’il est aujourd’hui officiellement interdit de critiquer sous peine d’antisémitisme. Mais tant que les Français dorment, bercés par nos médias… qui, comme le disait Malcom X, arrivent à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »

Lectures au peuple de France (2015)

 


 

Les Femen mises à poil

 

Comment se fait-il que ce petit groupe d’excitées peu frileuses a droit à un traitement médiatique digne des virées nocturnes en deux roues de notre ennemi de la finance ? Comment se fait-il que ces femmes qui promeuvent à moitié à poil le droit des femmes, ce qui revient à défiler en faveur de l'écologie en Hummer, se sont vu accorder un local dans un centre social au cœur de Paris quand nos trottoirs regorgent de sans-abris ? Comment leur tête de gondole, Inna Chevtchenko, a-t-elle pu servir d’effigie de la Marianne sur nos timbres-poste alors que cette dernière est censée représenter le symbole de la République, elle qui ne reconnaît pas les communautés ? Comment se fait-il aussi que nos Claudettes aux accents ukrainiens soient choyées par nos médias bien-pensants de gôche, les mêmes qui fustigent régulièrement Dieudonné, alors que la fondatrice du mouvement se déclare proche du parti nazillant d’extrême droite Svoboda ? Oui, Comment ?

 

Et pourtant, ces féministes physiquement intelligentes n’ont officiellement que pour principal combat la chape de plomb patriarcale que ferait peser sur notre société les religions monothéistes, musulmane et chrétienne (tiens, y’en manque une !). Comme si l’Eglise et la Mosquée avaient aujourd’hui un quelconque pouvoir sur nos institutions laïcisées !

 

De ce qui précède, il est légitime de se demander quels pourraient être les buts non avoués des sponsors et des relais médiatiques et d’opinion de ces drôles de dames ? En fait, ils sont multiples :

 

Certains y voient la possibilité de mettre en avant les combats sociétaux pour diluer, et même exfiltrer du champ politique le combat des combats, le combat social :

 

« Si nous pouvons surmonter les fausses polarisations que suscite aujourd'hui la politique dominée par les questions de sexe et de race, peut-être découvrirons-nous que les divisions réelles restent celles de classe. »

 

Christopher Lasch

 

D’autres utilisent ces starlettes vulgaires (un pléonasme, un !) pour promouvoir les communautés de sorte qu’elles s’immiscent entre le citoyen et la République, entre le citoyen et la nation, participant ainsi à détruite l’Etat-nation de l’intérieur. Et pourtant :

 

« La Nation a été et demeure l’espoir politique de tous ceux qui ont été privés de la liberté de décider entre eux de leur destin. »

                                               Hervé Juvin, Le mur de l’Ouest n’est pas tombé (2015)

 

La nation fait société quand la frontière filtre. Ne pas s’en convaincre c’est ignorer les rapports de force en faveur des capitalistes mondialistes :

 

« A aucun moment, les apôtres de l'ouverture des frontières, ou les propagandistes de la mobilité humaine, n'envisagent que les hommes soient autre chose qu'un facteur de production délocalisable à l'envie, un élément du libre-échange. »

                                                                      Hervé Juvin, La grande séparation (2013)

 

Pour certain, pour qui le commerce et le monde de l’avoir priment, ces filles d’à côté…de la plaque et leurs avatars participent avec bonheur à entrainer l’Occident dans un monde décadent ou le jouir et la consommation du futile vont de pair. Cette mise en scène des mœurs fémeniens concourt, par mimétisme, à détruire la famille, ce dernier rempart à notre monde marchand car seul endroit où le don et le désintéressement conservent leurs lettres de noblesse.

 

De son côté le gouvernement jubile que le peuple se déchire sur la question Femen au travers d’un combat horizontal axant la plèbe contre la plèbe, l’éloignant de sujets primordiaux comme celui de la création monétaire. Le contrôle social c’est morceler, balkaniser, la société :

 

« Toute l'histoire du contrôle sur le peuple se résume à cela : isoler les gens les uns des autres, parce que si on peut les maintenir isolés assez longtemps, on peut leur faire croire n'importe quoi. »

                                                                                                               Noam Chomsky

 

Et, en dernier ressort, cette mascarade au nom des seins épris plait à ceux qui s’attèlent à la tâche de dépolitiser les foules :

 

« Dépolitiser consiste à faire accepter au bétail son statut de dominé en détournant son regard sur des faux problèmes, ethniques, religieux, de genre, ou en le divertissant par le sexe, la danse, les soins du corps, le sport, les jeux vidéo.... Et si possible tout cela ensemble ! »

                                                                                 Lucien Cerise, Oliganarchy (2014)

 

D’un panel aux couleurs d’auberge espagnol qui va de George Soros et son impérialisme affairiste à EELV et sa haine de la nation, chacun trouve son intérêt aux phénomènes de la pensée nue.

Aparté, dans notre démocratie qui tend à se réduire à la critique de l'"essentialisme" et au "dépassement des tabous", comme l’écrit Alain de Benoist, il est souvent fait part d’un manque de respect aux minorités visibles, alors qu’il s’agit la plupart du temps d’indifférence. On tend vite à oublier que le respect ça se mérite, ça se gagne :

« Le respect n’est pas synonyme de tolérance ou de prise en compte de « modes de vie ou communauté différents ». Il s’agit là d’une approche touristique de la morale. Le respect est ce que nous éprouvons en présence de réussites admirables, de caractères admirablement formés, de dons naturels mis à bon usage. Il implique l’exercice d’un jugement discriminant et non d’une acceptation indiscriminée. »

                                                             La révolte des élites, Christopher Lasch (1995)

 

Soyons chevaleresque, pardonnons aux Femen parce que la plupart d’entre elles ne savent pas ce qu’elles font. Une conscience politique ne s’achète pas juste en se peignant sur le corps « My pussy, my rules » dans la langue de ses maîtres…. l’éternelle utilisation des utiles idiotes. Oui, pardonnons, et ce à double titre, puisque que, comme l’écrit Diana Johnstone dans son brulot contre Hillary Clinton, ces groupes exhibitionnistes sont une reductio ad absurdum du féminisme et de la liberté, qui discréditent l’un et l’autre et renforcent les attitudes traditionnelles qu’ils prétendent attaquer.

 

Et que les plus réticents au pardon se rassurent, l’éphémère temps de la mode vous débarrassera de ce produit markétisé. C’est la loi du genre.

 

Ciao ragazza !

 Novembre 2015


 

Immigration de masse

 

Le sujet de l’immigration est un domaine délicat à traiter. En effet, ceux qui seraient tentés d’en discuter sereinement incarneraient vite, aux yeux des censeurs de la pensée, l’extrémisme et autres termes en « isme » peu ragoutants. Ils seraient rapidement diabolisés sur cette terre qui a vu en partie naître les Droits de l’homme, enfin, les droits de l’individu. Tout cela ne doit en aucune mesure empêcher le débat. Au contraire ! Car où il y a censure, où il y a tabou, il y a un hic ! Un hic qui révèle souvent une manipulation.

 

« Le mouvement de la pensée est arrêté par des barrières qui apparaissent comme les limites de la Raison elle-même. »

Herbert Marcuse

 

Cadrons le sujet. Nous ne parlerons pas ici du nécessaire et vertueux accueil sur les terres de France d’innocentes personnes étrangères mises en danger de mort par leurs gouvernements respectifs (Snowden, Assange ?), de l’enrichissante rencontre amoureuse d’une personne étrangère et d’une personne de nationalité française, ou encore de l’immigration amenant sur notre territoire un savoir-faire nouveau, une activité nouvelle utile à la société des Hommes, etc… Non, nous traiterons de l’immigration de masse organisée par et pour le monde du grand patronat pour orienter à la baisse les salaires par l’effet d’une multiplication de main d’œuvre.

 

En 1981, Georges Marchais, le secrétaire général du Parti communiste français, un parti qu’on ne peut taxer de xénophobe, alertait déjà l’opinion publique et la classe ouvrière sur cette véritable armée de réserve du Capital :

 

« Il faut stopper l’immigration officielle et clandestine, avait-il dit. Il est inadmissible de laisser entrer de nouveaux travailleurs immigrés en France alors que notre pays compte près de deux millions de chômeurs français et immigrés ».

 

Deux millions de chômeurs, un chiffre qui ferait presque rêver aujourd’hui, alors que nous voguons de records en records. A cette gauche moderne dégoulinante de bien-pensance que la France subit aujourd’hui, rappelons aussi et surtout les mots du grand socialiste (oui, il y en eut !) Jean Jaurès, prononcés le 17 février 1894 lors de son fameux discours « Pour un socialisme douanier » :

 

« Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est la plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main-d’œuvre française contre la main-d’œuvre étrangère, non pas je le répète, par un exclusivisme chauvin mais pour substituer l’international du bien-être à l’internationale de la misère. »

 

Cette importante population de travailleurs immigrés est donc régulièrement chaleureusement accueillie par nos multinationales en tant que main d’œuvre bon marché et, en outre, en tant que main d’œuvre historiquement peu pourvue d’une culture des luttes revendicatives qui sied aux ouvriers français en particulier et européens en général. Et dix de der !

 

La dénonciation de cette immigration de masse organisée se superpose à la dénonciation de l’utilisation politique qu’en font les deux extrêmes, droite et gauche confondues, chacun suivant ses sensibilités. Des extrêmes qui jouent eux aussi les utiles idiots de ce que l’on nomme pompeusement le grand Capital. L’extrême droite pourfend la couleur de ces travailleurs immigrés sans même remettre en cause l’aberration du système néolibéral où l’homme, quelle que soit sa couleur de peau, est une marchandise comme une autre. L’extrême gauche, elle, pousse à l’immigration massive au nom d’un universalisme teinté d’humanisme, et certes d’un peu de clientélisme. Elle joue elle aussi, malgré elle, enfin on l’espère, le jeu du capitalisme en lui offrant sur un plateau une main d’œuvre sans frontière, malléable et bon marché.

 

« Bref, les aberrants et déplorables propagandistes de la gestion salariale de l’humanité captive, de l’extrême droite à l’extrême gauche du marché, forment une émouvante et navrante sainte-Alliance de la misère monnayable qui cherche à faire oublier que l’immigration a dès le départ été un phénomène purement et essentiellement capitaliste. »

L’être contre l’avoir, Francis Cousin (2012)

 

Aparté, voir dans cette immigration massive une immigration « organisée » pour des intérêts économiques, n’est pas le constat de cerveaux retords puisque certains décisionnaires l’ont avoué sans détour.

 

 

Il faut toujours se souvenir de l’éloquent aveu du président Pompidou déclarant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les déversoirs de l’immigration en France à la demande expresse de la classe capitaliste, désireuse après l’épouvante suscitée par la grève généralisée de 1968, de pouvoir bénéficier d’une nombreuse main d’œuvre, domptée et de cherté réduite. »

L’être contre l’avoir, Francis Cousin (2012)

 

Il est une immigration plus « élitiste », une immigration dite « choisie » qui elle aussi est à dénoncer : l’immigration neuronale, ou la fuite des cerveaux. Une immigration qui, pour sa part, nuit terriblement au pays d’origine dans des domaines clés que sont l’informatique, les mathématiques ou le monde médical. C’est un arrêt brutal dans la possibilité de développement du pays d’origine. Un arrêt doublé d’une perte économique sèche patente ; l’argent public ayant souvent participé à former ces futurs migrants. Alors que de l’autre côté de la frontière, le pays d’accueil se gargarise de recueillir gratuitement des cerveaux déjà formés, aux prétentions salariales plus que raisonnables. Cela mène parfois à des aberrations sans nom comme lors de l’épisode Ebola de 2014 :

 

« En 2008, le président sénégalais Abdoulaye Wade s’insurgea contre l’idée d' »immigration choisie », qu’il qualifia de « pillage des élites des pays en voie de développement«, ajoutant « ce n’est pas honnête de vouloir prendre nos meilleurs fils ». Le président Wade faisait ainsi fort justement allusion à un véritable scandale, une honte même, dont l’exemple le plus inacceptable est celui des médecins ; en 2008, le Center for Global Development chiffrait ainsi à 135 000 les personnels médicaux africains exerçant hors d’Afrique. L’illustration de ce scandale a été donnée le 26 novembre 2014, quand, compte tenu de l’absence de médecins africains sur place, pour tenter d’enrayer la propagation du virus Ebola, la Commission européenne proposa de mobiliser 5000 médecins européens. Le commissaire à l’Aide humanitaire, M. Andriukaitis déclara ainsi qu’il avait « appelé les ministres des quatorze Etats membres pour les exhorter à envoyer plus de personnel médical dans les pays frappés par Ebola. »

Osons dire la vérité à l’Afrique, Bernard Lugan (2015)

 

En dernière instance, qu’il soit surdiplômé ou non, l’être humain n’est qu’un homme-marchandise utilisable à souhait en fonction des besoins d’un Capital, lui pour le coup apatride et heureux de l’être.

 

« J’attends encore de rencontrer celle ou celui qui saura m’expliquer en quoi le fait d’ajouter, à la mobilité des biens, des services et des capitaux sur un marché mondial, souhaitée par les tenants du libre-échange, la mobilité des hommes, identifiés à des facteurs économiques comme d’autres, témoigne d’un grand respect pour la personne humaine. J’attends. »

 

Et, répétons-le une fois pour toute aux droitsdel’hommistes et autres sanspapiéristes larmoyants : vous participez à cet esclavagisme moderne, au lieu de faire en sorte que chacun des pays soit souverain - protégé des pluies de bombes Otaniennes -, que chacun des pays puisse conserver son identité propre et ses traditions (telle est la réelle diversité et pas celle que vous feignez de défendre), que chacun des pays ne soit pas asservi par une dette souvent inique et usuraire contractée par des dirigeants aussi complices que dispendieux, que chacun des pays garde ses cerveaux pour se développer, au rythme qu’il a choisi, dans des domaines fidèles à son identité. En dernière instance, que chacun des pays ne soit pas obligé de suivre une politique mondiale néolibérale à la concurrence faussée et aux multiples dommages collatéraux qui détruisent son économie traditionnelle – une économie conviviale de subsistance ou le mot « pauvreté » ne rimait pas avec celui de « misère » -, et qui pousse sa population sur les routes pour se vendre au plus offrant.

 

« Les assauts systématiques de l’économie productiviste, en particulier ceux du marché dit libre, contre les modes de vie conviviale ont modifié en profondeur les sociétés humaines. En dépossédant les pauvres de leurs moyens de défense contre la nécessité, l’économie dominante les a aliénés à un système productif échappant totalement à leur contrôle. En produisant systématiquement des besoins nouveaux, elle a détruit l’équilibre organique des sociétés conviviales entre, d’une part, les notions de nécessaire et de surplus et, de l’autre les besoins individuels et les capacités du corps social à les satisfaire. Ainsi, toutes les formes de pauvreté conviviale ont été progressivement chassées pour laisser la place à une misère rampante. » 

Majid Rahnema, Quand la misère chasse la pauvreté (2002)

 

Occupez-vous en priorité des causes de cette envie migratoire et non pas des conséquences ! Les causes avant les effets !

 

Quand on a construit un virage dangereux, on n’ouvre pas un hôpital à la sortie, on le refait !

 

Même habillés de bons sentiments, arrêtez donc de jouer les recruteurs zélés de ce monde marchand… Parce qu’on ne quitte pas son pays impunément. Parce qu’on ne se sépare pas de ses racines impunément. »

Jérôme Pages, septembre 2015



La crème, elle est fournie ?

En marge du létal Traité transatlantique, se négocient d’autres traités, dans la même discrétion et pour le même malheur des peuples. Parmi ces traités, notons le projet d’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada : l’Accord Economique et Commercial Global (AECG). Les minces informations qui suintent à propos de l’AEGC, en font une sorte de copier-coller du Traité transatlantique mais avec cette fois-ci le Canada dans le rôle du mieux armé pour phagocyter son « partenaire ». Et, sur son site gouvernemental, la feuille d’érable ne s’en cache pas. La vérité peut parfois venir du cœur… un peu comme quand David Boyle, un des dirigeants de Fox News, déclarait en 1997 :

« Nous avons déboursé 3 milliards de dollars pour ces chaînes de télévision. Nous déciderons ce que sont les informations. Les nouvelles sont ce que nous vous disons qu’elles sont. »

Le gouvernement canadien annonce donc sur son site que cet accord se traduira par un meilleur accès au secteur des services de l’U.E. Il explique notamment que « l’AECG offrira au secteur automobile canadien de nouveaux débouchés sans précédent et permettra de faire augmenter de beaucoup les exportations vers l’Europe. En outre, l’élimination des tarifs assortie de règles d’origine souples profitera aux fabricants de véhicules et de pièces d’automobiles. » Et au détriment de qui pensez-vous que ces gains de nouveaux marchés se feront ?

L’arrivée d’une nouvelle concurrence n’a jamais fait doubler la consommation.

Parce que jusqu’à preuve du contraire, on ne conduit qu’une voiture à la fois.

Le gouvernement canadien affirme aussi fièrement que « dès l’entrée en vigueur, presque 94% des lignes tarifaires deviendront exemptes de droits, notamment le blé dur (jusqu’à 190 $ la tonne), les autres types de blé (jusqu’à 122 $ la tonne) et les huiles. Ces mesures et d’autres réductions tarifaires pour le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire seront particulièrement avantageuses pour plusieurs régions du Canada. » Et, bis repetita placent, au détriment de qui pensez-vous que ces gains de nouveaux marchés se feront ?

Jusqu’à preuve du contraire, on ne dîne qu’une fois par soir.

Et pourtant, l’Histoire nous donne des leçons qu’on n’ose écouter. Même l’Histoire récente. Mais, elle non plus, on ne l’écoute pas ! Ou tout du moins, on la fait ignorer de la plèbe. Il existe depuis 1994 un accord similaire avec le futur traité transatlantique et son neveu canadien. C’est l’ALENA, un traité de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Un traité qui a radicalement ruiné le Mexique. Les produits agroalimentaires américains subventionnés ont inondé son marché, détruisant l’emploi et le tissu social de tout le pays. Qui nous parle actuellement des misères de l’ALENA dans les grands médias ? Personne. Des misères qui ont d’ailleurs aussi touché le Canada, le troisième larron de l’ALENA.

 

            « Prenez l’accord de libre-échange des Etats-Unis avec le Canada : au cours des premières années, le Canada a perdu 200 000 emplois industriels au profit du Sud-Est des Etats-Unis pour des raisons de coûts salariaux moindres et des droits du travail moins contraignants. »

Comprendre le pouvoir, Noam Chomsky (2005)

 

Maintenant, vous comprenez l’empressement des Canadiens avec leur AECG… Il faut bien que la feuille d’érable se refasse la cerise sur le dos du coq de service, cet animal si fier mais qui chante même quand il a les pieds dans la merde.

 

"Le Capital amènera la guerre civile chez les pauvres. "

 Michel Clouscard

 

Lectures au peuple de France, Janvier 2015


Texte inspiré du livre "Lectures au peuple de France" (2014)
Texte inspiré du livre "Lectures au peuple de France" (2014)

 

Différence = Inégalité ?

Le communautarisme se revendique aujourd’hui au travers d’un égalitarisme à toute épreuve. Il fut pourtant un temps où les minorités et leur particularisme criaient au droit à la différence, à l’indifférence. Il fut un temps où elles faisaient de leur particularisme une force, une fierté à défendre coûte que coûte. Aujourd’hui, on veut avoir le droit d’être identique.

Une minorité agissante de la communauté homosexuelle semble vouloir à présent se marier et avoir des enfants comme un hétérosexuel lambda, comme celui qu’elle traitait il y a peu d’hétéro de base, ce beauf réactionnaire. Les générations gay précédentes doivent se retourner dans leurs tombes en criant à l’embourgeoisement de la communauté! La prochaine revendication ne serait-elle pas un véritable mariage en blanc devant monsieur le curé et une grappe de demoiselles d’honneur ? En dernière instance, le monde marchand se frotte les mains de voir, à l’avenir, des enfants devenir objets de commerce. La GPA, cette gestation pour autrui, est déjà une réalité, jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme oblige. Le monde de la marchandise a donc, avec cette GPA, enfin (pour lui) trouvé une porte d’entrée dans la famille, elle qui fut si longtemps le sanctuaire du don, du désintéressement !


Dans un esprit similaire, une minorité de femmes, au féminisme libéral égalitarien, va jusqu’à refuser l’exercice de procréation que la nature leur a offert, n’y voyant que soumission, qu’un rôle ingrat dont l’homme est dispensé, alors que ce don de procréation, ce don du vivant, devrait être magnifié.


Autre exemple d’égalitarisme primaire en forme de revendication communautaire : En Suède, le Left Party a déposé le 28 mai 2012 une motion au conseil du comté de Sörmland pour favoriser l’implantation de toilettes qui permettent à tout le monde, hommes et femmes, de faire pipi assis. Des querelles de pissotière qui vont jusqu’à nier les particularismes physiques. Monde asexué nous voilà ! Un monde d’"idiots utiles" du marché, et heureux de l’être ! Tout ceci dans la négation complète de notre part biologique qui forge une partie intangible de notre identité, dans la négation des caractères innés qui nous gouvernent, dans la négation de la diversité qui doit se vivre comme une richesse.


 Il est des gens pour penser qu’une différence est une inégalité.


Estomper les différences, c’est uniformiser le monde, c’est détruire les doux particularismes qui épicent nos vies. C’est en définitive une vie sans vie. Un monde à l’encéphalogramme plat. Stop !!!!!!! Sus à l’égalitarisme synonyme d’uniformité, cette rime d’infirmité.


            « Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels. Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n'est qu'un égout sans fond ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu et non un être factice crée par mon orgueil et mon ennui. »

On ne badine pas avec l’amour, Alfred De Musset (1833)


Vive la différence !

 

Lectures au peuple de France, décembre 2014


Publié le 10 novembre 2014


La peau du "cul"


Proche des milieux de Wall Street et grand consommateur de dérégulation financière, il a ainsi participé à paupériser une grande partie de la population mondiale. Il a notamment mis fin au vertueux Glass-Steagall Act, qui aurait en partie protégé les Américains d’un ruineux, et devenu obligatoire, renflouement de monstres financiers en 2008. Il a aussi ouvert les vannes de la déréglementation dans les télécommunications et l’agriculture laissant ainsi les multinationales américaines, subventionnées à l’export, littéralement étouffer des millions de paysans à travers le monde et des milliers de petites et moyennes entreprises, américaines comprises. Il a ratifié l’accord de libre-échange ALENA, entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, qui a complètement détruit l’économie mexicaine, créant des drames sociaux considérables. Lui, c’est Bill Clinton, le 42ème président des Etats-Unis.

Et, bizarrement, ce ne fut pas pour sa politique néolibérale, aux dommages collatéraux dévastateurs sur les populations, qu’il passa devant le Congrès américain pour une procédure de destitution (impeachment), mais pour avoir eu des relations sexuelles avec une employée de l’administration américaine. Une relation consentie, enfin « une relation mutuelle, mutuelle à tous les niveaux, dès le début où elle a commencé et tout au long de sa durée » si on se réfère aux révélations de Mme Lewinsky, la première concernée. Il ne s’agit point ici d’éluder toute souffrance qu’elle soit d’ordre du sexisme ou autre, mais de démontrer que la mise en avant volontaire de certaines souffrances sert de pare-feu, d’information « fumigène », permettant d’occulter un mal qui touche potentiellement tout un chacun. Un mal létal : le néolibéralisme prosélyte à la concurrence libre et faussée qui conquiert le monde en lui collant l’arme militaro-médiatico-propagandiste sur la tempe.

 

« Si nous pouvons surmonter les fausses polarisations que suscite aujourd’hui la politique dominée par les questions de sexe et de race, peut-être découvrirons-nous que les divisions réelles restent celles de classes. »

Christopher Lasch

 

Spécial dédicace à deux autres queutards eux aussi destitués pour leur propension à sortir leur engin plus rapidement que la dette française nous asservit, mais absolument pas pour leur action politico-économique qui avilit les peuples. Spécial dédicace donc à Dominique S. K. qui a participé à un génocide structurel à la tête du FMI. En effet, cette saine institution tend à imposer des conditions iniques et dévastatrices en contrepartie de l’octroi d’un prêt. Cela peut aller du choix de l’investissement et du nom des prestataires imposés, à la privatisation des services publics, des terres, des sous-sols des zones portuaires, des îles, en passant par l’ouverture totale du « marché » intérieur à la concurrence mondiale générant son lot de détresse sociale. Mais, il y a pire. Ce doux FMI incite les pays emprunteurs, dont le seul trésor est l’agriculture, à orienter cette dernière vers la culture de céréales destinées à l’export, pour que ces pays récupèrent des devises qui serviront en dernière instance à rembourser le FMI. En plus de se gaver d’intérêts, le FMI participe donc, au sens propre, à affamer la population. Et la crème, elle est fournie ?

Et enfin, spécial dédicace à Silvio B. qui, avec sa politique libérale agressive, a de son côté participé à détruire l’important commerce de proximité italien, mettant des milliers de personnes à la rue. Dire qu’il sera montré du doigt par la bien-pensance pour ses seules parties fines…

 

« On recherche, en d’autres termes, l’abolition du pouvoir mâle plutôt que celle du système capitaliste ; et celle des « discriminations » d’origine ontologique (sexisme, racisme, fanatisme religieux) plus que celle des inégalités économiques et sociales bien concrètes dues à l’exploitation du travail vivant. La démocratie tend ainsi à se réduire à la critique de « l’essentialisme » et au « dépassement des tabous. » 

 Alain de Benoist

 

En dernière instance, de la peau du « cul » il n’est point question, mais de la vôtre, oui !


 

 Bonne année !

 

La soirée de réveillon est bien entamée. Le dessert, englouti, comprime les estomacs. Didier lance alors une sorte de Trivial Pursuit maison dont il a le secret.

 

- Que s’est-il passé le 12 octobre 1582 ?

 

Corinne, partiellement éméchée, braille les bras en l’air : « le couronnement d’Henri IV » ! Les autres sèchent.

 

Didier rétorque : « Rien ! Il ne s’est rien passé parce que ce jour n’a jamais existé. En changeant de calendrier, du Julien au Grégorien, pour réparer les inexactitudes du premier, on est passé du 4 octobre 1582 au soir, au 15 octobre 1582 au matin. »

 

Didier enchaine les questions. L’ambiance est bon enfant.

 

- Origine du café ? Colombie, lance l’Oncle André ! Costa Rica, meugle Luigi, le petit ami de Corinne. Non, Ethiopie corrige malicieusement Didier.

 

- Nationalité de Mozart ? Autrichienne, crie Magalie, la mélomane de la famille ! Elle a quand même fait cinq ans de flûte à bec !

 

- A son époque, jubile Didier, Salzbourg faisait partie du Saint Empire Germanique, donc plutôt allemande.

 

Alors  que  tout  le  monde  se  prend  au  jeu,  Didier  enchaine naïvement : Qui est à l’origine des attentats du 11 septembre ? Saddam Hussein, répond le beau-frère de Didier déclenchant l’hilarité   collective !   Ben   Laden   renchérissent   en   cœur  Jean-François et Janine, le pro Sarko et la pro Valls ! C’est bien la première fois qu’ils s’entendent ces deux-là. L’UMPS à l’échelle de la famille.

 

- Oh, faut sortir de la matrice les amis, leur lance Didier, un brin moqueur. Des éléments certains nous montrent l’intervention de l’Etat profond américain et du Mossad (services secrets israéliens), précise-t-il.

 

Jean-François nourri au Pernaut, le présentateur télé, et Janine abonnée à Libération, répondent à nouveau de concert : « Théorie du complot ! »

 

L’atmosphère festive tend à s’évaporer, laissant place à un climat pesant. Didier, sûr de son fait, part dans un monologue : « Faut lâcher un peu TF1 et France 2, les Bisounours. C’est clair comme de l’eau de roche, c’est du False flag (cf.  Opération sous faux drapeau), que dis-je, de l’inside job ! Un bon attentat sous faux drapeau pour renforcer les lois liberticides et créer un prétexte pour intervenir en Irak. Ce ne sera pas le premier cas de false flag dans le monde et pas le dernier. Dans le désordre et au hasard, le sabotage de la centrale nucléaire de Three Mile Island en 1979 en Pennsylvanie, les évènements du Tonkin en 64, l’attentat de la gare de Bologne en 1980, L’attaque du navire américain l’USS Liberty dans les années 60, et j’en passe… »

 

Le ton monte.

 

- T’y crois vraiment à tes conneries, questionne Janine ?

 

- Et toi, tu y crois à la baisse du chômage, rétorque Didier ?

 

- Mais qu’est-ce que tu me parles de politique, tu n’as jamais lu un livre de ta vie ?

 

- J’y remédie fortement depuis peu.

 

- Il débloque complet là ton gamin, lance Jean-François à Bernard.

 

« Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence. »  

 Arthur Schopenhauer

 

Bernard se tourne vers son fils.

 

- Qu’est-ce que tu racontes Didier ? C’est ça qu’on t’apprend en Gestion, ça ?

 

 - Si seulement.

 

- Il va bientôt nous dire que ce sont les rebelles qui ont gazé la population syrienne, extrapole Jean-François !

 

- Non, ce n’est pas moi qui vais te le dire mais le nouveau rapport de l’ONU. Et donc, en toute logique, Fabius devrait proposer d’engager des frappes ciblés contre les rebelles !

 

- Mais bien sûr ! Et tant qu’on y est, Kadhafi, c’était un gentil, c’est ça ? !

 

- A ce niveau, il n’y a pas de gentil, répond Didier. Et, au fait, qui vous a dit à vous qu’il était le diable et qu’il fallait entrainer tout le pays dans la guerre pour l’éliminer ?

 

- C’est une question ? Le jeu continue, demande la doyenne Huguette un peu perdue ?

 

- Le gouvernement, lâche timidement la tante Sabine ?

 

- Non, un « intellectuel » médiatique, euh pardon, médiatisé, BHL, corrige Didier, dont le dernier fait d’arme est un livre et une pièce qui ont fait un flop.

 

- Et alors ? Si le président l’a écouté c’est qu’il est forcément compétent, assure Janine.

 

- Ben oui. Et si on le voit à la télé depuis trente ans c’est bien qu’il y a une raison, précise sérieusement Anne, la mère de Didier.

 

            « En France, si vous faites partie de l’élite intellectuelle et que vous toussez, on publie un article en première page du Monde. C’est une des raisons pour lesquelles la culture intellectuelle française est tellement burlesque : c’est comme Hollywood. »

  Noam Chomsky

 

 - De mon temps, les Intellectuels s’opposaient à la guerre. Ils ne la déclenchaient pas, soupire dans son coin la doyenne.

 

- Pour moi, y a qu’Obama qui déchire, intervient Kelly, la seule pré-ado du groupe. Tu l’aurais vu aux obsèques de Mandela. Trop d’émotion !

 

- Pour le VRP d’un pays qui n’a retiré Mandela de sa liste noire des terroristes qu’en 2008…en effet il paraissait ému ton Obama, ironise Didier. Comme nos deux représentants d’ailleurs ! Ils avaient l’air plus qu’émus en rendant hommage à Nelson. Sauf qu’ils ont oublié de te préciser qu’ils ont fait tuer celui qui veillait financièrement sur la famille de Mandela quand ce dernier était en prison. Je parle à nouveau du très très méchant Kadhafi.

 

- Maman, il raconte trop n’importe quoi Didier, se plaint la pré-ado, le trémolo dans la voix.

 

- Voilà, t’es content ? T’as cassé l’ambiance !

 

Les douze coups de minuit résonnent.

 

BONNE ANNEE !

  

Pour rajouter du grain à moudre à cette saine et sereine discussion familiale, précisons que, comme le cite Francis Cousin dans son livre L’être contre l’avoir, c’est Francesco Cossiga, ancien président de la République italienne qui a déclaré en 2007, au grand journal italien le Corriere de la Sera que «  Ben Laden a soi-disant avoué être l’auteur des attentats du 11 septembre contre les deux tours de New York, alors que tous les services de renseignements des Etats-Unis et d’Europe […] savent bien maintenant que ces attentats désastreux ont été planifiés et réalisés par la CIA étasunienne et le Mossad avec l’aide du monde sioniste, dans le but d’en faire porter le chapeau aux pays arabes afin d’inciter les puissances occidentales à intervenir en Irak […] et en Afghanistan. » Cet article ne sortit que dans la version internet du journal. Frondeur mais pas fou le Corriere de la Sera ! Précisons aussi, entre autres éléments, que les semaines qui ont précédés ces attentats, plusieurs acteurs économiques ont spéculés à la baisse, et ce dans d’énormes volumes, sur les actions des compagnies aériennes United Airlines et American Airlines, les deux seules compagnies dont les avions furent détournés le 11 septembre 2001. Rappelons aussi que, comme l’écrivait la journaliste Alexandra Richard dans le Figaro du 31 octobre 2001, « La CIA a rencontré Ben Laden à Dubaï en juillet 2001 », dans un hôpital alors qu’il était sous dialyse, à l’article de la mort. Une rencontre amicale deux mois avant les fameux attentats. Un mourant, vivant dans des grottes et que la CIA approche facilement, seul organisateur des monstruosités du 11 septembre 2001 ? Se poser la question, c’est déjà y répondre. Et si, à présent, le baromètre d’authenticité d’un fait était devenu le droit ou non d’en débattre publiquement ?


 

Ecrit le 4 décembre 2013

 

Le système

ou

les Hommes ?

 

Partons du postulat que nous voulons œuvrer pour le bonheur du plus grand nombre. Au travers de ce paradigme, chacun donne à voir son système de gouvernance idéal.

Des royalistes convaincus, aux partisans d’un communisme prolétarien, en passant par les adeptes de la démocrates libérale ou par les sympathisants d’un régime parlementaire exclusif ou encore théocratique, et j’en passe…tout le monde semble posséder la formule magique.

 

Cependant une théorie n’a d’intérêt qu’aux vues de ses pratiques.

 

Et, l’expérience nous oblige à admettre que ces différents systèmes politiques, sans chercher à les hiérarchiser, n’ont pas répondus aux attentes à un moment ou l’autre de leur Histoire. A cause des leurs défauts intrinsèques ? Pas seulement. A cause des Hommes ? Oui.

 

Pourquoi ?

 

Parce que la feuille de route n’a pas toujours été respectée :

 

«Sans le pouvoir, les idéaux ne peuvent être réalisés ; avec le pouvoir ils survivent rarement.»

                                                                                                     Fidel Castro

 

Un exemple parmi d’autres. Le socialisme mitterrandien élu sur un programme de protection de la classe ouvrière, bascule après 1983 dans un libéralisme et une financiarisation de l’économie, alors que deux ans auparavant certains nantis se demandaient si les chars de l’Armée Rouge n’allaient pas arriver via les valises de ce nouveau président. Ce chemin de traverse sera en partie masqué par un antiracisme et un égalitarisme sociétal prosélyte. Technique de l’enfumage oblige.

 

Second exemple. Le National-socialisme peut vouloir dire, à la sauce Francis Delaisi, la redéfinition du travail comme source universelle de toutes les richesses via l’étalon-travail, une vision de société à long terme qui entraîne une nation dans un projet commun. Cependant, l’Histoire nous a montré que le National-socialisme peut aussi virer nationaliste pur et dur au sens ou De Gaulle l’entendait :

 

 « Nous ne sommes pas des nationalistes. Un patriote c'est quelqu'un qui aime son pays. Un nationaliste, c'est quelqu'un qui déteste le pays des autres. »

 

Les hommes, plus que les systèmes, sont donc en causes.

 

 

Parce qu’il put y avoir tromperie dès le début :

 

Depuis que la CIA a déclassé leurs dossiers, il est de notoriété publique qu’une majorité des pères fondateurs de l’Union Européenne était affiliée à l’« Agence », tels Jean Monnet et Robert Schuman, et par là-même en service commandé pour de grands intérêts Etats-Uniens. Ces fondateurs ont ainsi participé à la création d’un système aussi pernicieux que celui inspiré de la « Théorie de chaînes » de Sun-Tzu, annihilant toute possibilité de protection et de développement de chacun des Etats qui l’englobe. Il y avait donc tromperie dès avant la naissance, tromperie envers cette masse de gens à qui on a vendu cette Europe comme contrepoids aux Américains et comme rempart contre la guerre.

 

Parlons maintenant de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis de 1776. Elle fut fortement inspirée des travaux de l’Anglais John Locke. Elle se voulait une véritable déclaration populaire. Cependant, les signataires de cette déclaration, dont 69% d’entre eux avaient occupé des postes d’administrateur coloniaux sous l’autorité de l’Angleterre, ne précisèrent pas explicitement au peuple quelle était la véritable vision de Locke. Comme le souligne Howard Zinn dans son livre sur l’Histoire des Etats-Unis, l’idée que se faisait Locke d’un gouvernement populaire allait dans le sens d’une révolution favorisant le libre développement du capitalisme marchand à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières…augmentant les disparités. Locke regrettait d’ailleurs que le travail des enfants pauvres ne bénéficie généralement pas au bien public tant qu’ils n’ont pas atteint 12 ou 14 ans et suggérait que tous les enfants de plus de 3 ans issus de familles vivant dans la charité soient placés dans des écoles d’apprentissage afin de pouvoir dès l’enfance s’aguerrir au travail. Ainsi était le vrai visage de cette première Déclaration droit-de-l’hommiste.

 

A nouveau, les Hommes, plus que les systèmes, sont en cause.

 

 

Parce que la fonction n’eut pas révélé l’Homme : 

 

Même si les historiens post-révolutionnaires français décrivent pour la plupart, à tort, que notre ère royale fut le règne de la toute-puissance d’un seul homme, il n’en demeure pas moins qu’un régime royaliste dépend avant tout du roi et donc d’une loterie génétique. Vous opterez, en moyenne, plus facilement pour un régime royaliste avec à sa tête un Henri IV et son tolérant Edit de Nantes ou pour un Saint-Louis dont le charisme et la sagesse étaient reconnus jusque chez le lointain Grand-Khan des Mongols. A contrario, vous hésiterez  à vous engager pour le même régime si se trouve à sa tête un Jean II,  dit pourtant « Le bon », qui laissa la France à feu et à sang et percluse de dettes. A sa décharge, des forces « extérieures » conséquentes intervenaient dans nos affaires intérieures. Dans le même esprit, six siècles plus tard, Fidel Castro dû progressivement transformer son mode de gouvernance en régime paranoïaque et répressif poussé qu’il était par d’énormes pressions « extérieures » (638 tentatives d’assassinat recensées). Son bilan en pâtit forcément.

 

Revenons de l’autre côté de l’Atlantique. La cinquième République, qui octroie les pouvoirs quasi absolus au président de la République française, fut taillée sur mesure pour un homme providentiel. Si le costume sied au grand Charles, le tout mou comme son prédécesseur nagent dedans.

 

Encore une fois, les Hommes, plus que les systèmes, sont en cause.

 

Bien que hiérarchisables, ce ne sont donc pas les systèmes en eux-mêmes qui sont le plus important. Ce sont les hommes qui les représentent et qui les animent.

 

Pas encore convaincu ? Prenez le régime de Sécurité sociale français. Il est peu ou prou le même que celui des pays scandinaves. Pourtant, le nôtre vacille aussi fortement que le leur résiste. D’un côté, les arrêts maladie explosent. De l’autre, non. D’un côté La puissance du lobby pharmaceutique exerce un racket sur la Sécu via l’invention de maladies (ex : la « phobie sociale » qu’on traite à coup d’antidépresseurs) et via l’homologation de médicaments inefficaces et hors de prix. De l’autre, non.

 

L’Eglise de Blanche de Castille, pour ! L’Eglise des Borgia, contre !

 

Une banque publique, oui ! Un autre Crédit Lyonnais et ses dérives, non ! Les exemples pourraient s’empiler ad vitam aeternam

 

 Comme l’écrivait un dissident soviétique qui voulut rester anonyme : « Il va de soi que nous devons chercher une meilleure organisation sociale, mais il ne s’agit pas d’abord de cela. La vérité dans ce domaine appartient au nombre de celles que l’on n’acquiert pas par le biais d’un raisonnement, mais que l’on pénètre par la vie et par les actes, et que seule une conscience déjà éclairée peut saisir. Tant que nous n’aurons pas changé nous-même, les tentatives les plus honnêtes et les meilleures pour reconstruire quelque chose « de l’extérieur », par le vote ou par la force sont vouées à l’échec. » Il nous enjoignit même à se réapproprier la « théorie des menues besognes » qui proposait à la fin du 19ème siècle de se consacrer à des tâches concrètes et modestes par opposition au romantisme révolutionnaire.

 

Un tel comportement vertueux se doit d’être favorisé. Pour se faire, il est primordial de s’attacher à la bonne éducation de nos enfants.

 

De la bonne éducation qui passe par des notions simples telles que le sens commun, le respect d’autrui et de la parole donnée. De la bonne éducation qui passe aussi par l’obtention de valeurs autres que celles bassement matérielles et superficielles. De  la bonne éducation qui passe pour le moins par la maîtrise de l’Histoire et de ses travers via le prisme des vainqueurs ET des vaincus. De la bonne éducation qui passe enfin par une France qui fait sens.

 

 Ainsi, une fois devenus citoyens, nos enfants agiront au profit du plus grand nombre en optimisant l’organisation sociale à travers laquelle il leurs sera donné d’évoluer.

 

 « De l’éducation de son peuple dépend le destin d’un pays. »

 

 

Ecrit le 11 novembre 2013

 

Haute trahison !

 

Libre-échange

Problème posé à mon neveu de 11 ans d’âge : J’ai une entreprise en concurrence directe avec les entreprises du reste du monde. Dans mon domaine d’activité, l’innovation n’intervient qu’à la marge. Parmi mes concurrents mondiaux,  ils en aient qui payent leurs salariés 150 euros par mois tout en leur proposant des droits sociaux proche du néant ?
Question : Que dois-je faire pour pouvoir vendre mes produits ?
Réponse du neveu : Payer les français 149 euros par mois, tonton.

 

Financiarisation de l’économie

Problème posé à mon boucher : Tu es le Directeur Général d’une entreprise cotée en bourse. La majeure partie des tes revenus est payée en stock-options, c’est-à-dire que tu as le droit d’acheter dans cinq ans un certain nombre d’actions de l’entreprise au prix d’aujourd’hui…sauf si elles sont inférieures à ce prix.
Question : Quelle va être ta politique d’entreprise ?
Réponse du boucher : Faire gonfler rapidement le cours des actions pardi, en rognant sur l’investissement et les salaires ! Et prendre des risques, puisque si ça ne marche pas je ne perds rien ! Et avec ceci, une petite bavette d’aloyau ?

 

Perte de la souveraineté monétaire

Problème posé à ma grand-mère : Tu es un pays qui créé sa propre monnaie via sa banque centrale, sans intérêt. Du jour au lendemain, la banque centrale a obligation de passer par des banques privées pour te prêter de l’argent, ces derniers nous faisant au passage payer des intérêts conséquents.
Question : Quel système te coûte le plus cher ?
Réponse de grand-mère : Je ne suis tout de même pas encore gâteuse mon petit !

 

A cause de ce triptyque, la France se meurt !

 

La France se meurt de par cette concurrence libre et faussée qui détruit nos emplois. La France se meurt de par cette financiarisation qui augmente notamment la part du capital au détriment des salaires. La France se meurt de par la perte de souveraineté monétaire interdisant toute dévaluation et nous obligeant notamment à emprunter notre propre argent sur les marchés financiers et par-delà à payer des intérêts sur la dette qui représentent à eux seuls plus de 1350 milliards d’euros depuis 1973 !

 

Qui incriminer ?

 

- Les banques d’affaires, qui ont notamment mis au point des monstres, les produits dérivés, qui ôtent toute notion de responsabilité, le risque étant transféré à une tierce personne ?

- Les traders, qui rendent un éjaculateur précoce d’une lenteur confondante avec leur machines de trading à haute fréquence qui passent des ordres à la nanoseconde, entraînant notamment des poussées hyper-spéculatives sur les matières premières ?

- Les grands actionnaires qui se réservent une part du gâteau de plus en plus conséquente dans les bénéfices de l’entreprise, au détriment de l’investissement et des salaires.

- Les Hedge funds, et leur « nettoyage » des entreprises sur lesquelles ils investissent, tel Blakstone dont le directeur général a touché 702 millions de dollars rien qu’en 2008 ?

- Les PDG de multinationales, obnubilés par le cours de bourse et leurs Stock-options et par les systèmes de « transfert » via les paradis fiscaux permettant le dédouanement de toute fiscalisation ?

- Des fonds souverains étrangers, du genre Qataro-esclavagiste, qui rachètent notre parc immobilier à des conditions privilégiées, créant une montée des prix ?

- Les grands investisseurs américains qui rachètent nos entreprises grâce à la planche à billets…grâce à de l’encre et du papier ?

- Le petit chef d’entreprise français qui délocalise sa production pour éviter de mettre la clé sous la porte ?

Dans une écrasante majorité ces différents acteurs agissent dans le cadre de la loi. Ennuyeux à reconnaître. Cependant, c’est ainsi.

 

Les coupables de la mort économique, et par là même physique, de la France sont donc ceux qui font et votent nos lois !

 

Qu’ils assument !

 

Sous De Gaulle, le politique a permis, via le conseil national de la résistance, l’instauration d’acquis sociaux conséquents. Le 2 décembre 1945, l’Assemblée nationale constituante fraîchement élue votait la loi « relative à la nationalisation de la Banque de France et des grandes banques et à l’organisation du crédit ». A souligner, le début de la mise en place de la participation, intéressant le salarié aux bénéfices de l’entreprise. En ces contrées, le protectionnisme permettant la valorisation de nos entreprises respirait l’évidence. Un autre monde. Une autre galaxie.
Vu le déplacement du curseur idéologique, notre Charles national serait aujourd’hui traité de Castro-Léniniste.
Des torts gaulliens ? En fin de carrière, avoir fait de Georges Pompidou son premier ministre. Peut-être, à cette époque, ne tenait-il déjà plus tous les rênes du pouvoir.

 

Poulain de la banque Rothschild, des trusts et du monde de la Finance, Georges Pompidou, fut notamment le président de la loi du 3 janvier 1973, loi ouvrant la boite de Pandore entraînant l’obligation de passer par les banques privées pour se refinancer.
Valéry Giscard d’Estaing, son ministre de l’Economie et des Finances joua un rôle prépondérant dans cette aventure et ne changera pas de cap une fois aux manettes. Il participa aussi grandement au projet d’écriture de la très libérale Constitution européenne.

 

Dès 1983, le pouvoir Mitterrandien, via l’influence de Jacques Delors, dérégula à tout va, plagiant l’air du temps occidental, en ouvrant la porte à la financiarisation de l’économie. En 1984, fut votée une loi qui déréglementa le métier de la banque. En 1986, s’ensuivit la loi Bérégovoy qui autorisa la désintermédiation et la vente de produits dérivés en France. Des produits dérivés à l’origine de la crise financière de 2008.  Toutes ces mesures entraînant une espèce de chienlit mondialiste laissez-fairiste, auront pour conséquence, entre autres effets secondaires, d’entraîner à terme des écarts de salaires de 1 à 300 dans une même entreprise. En son temps, le grand banquier américain John Pierpont Morgan trouvait à peine acceptable des écarts de 1 à 20. Un autre monde, une autre galaxie.

Ces folies dérégulatrices permettront des aberrations telles que celles de 2009 chez France Telecom, entreprise qui versera plus de dividendes à ses actionnaires qu’elle ne fera de bénéfices. Elle empruntera donc pour payer ses actionnaires. Gérard, c’est ma tournée !

 

En 1988, sous le gouvernement Balladur, on accéléra la privatisation des banques, ce qui eut pour effet de transformer une dette publique à l’intérieur de l’Etat en une dette à des banques privées. Et dix de der !

 

En 1992, le monde politico-médiatique français, dans son écrasante majorité, fit voter au peuple le traité de Maastricht qui détruisit notamment les deniers liens qui unissaient la Banque de France à notre pays. Balladur, notre premier ministre de l’époque, et avec l’accord du président Mitterrand, dû donc voter une loi officialisant le fait que la Banque de France devienne une filiale régionale de la Banque Centrale Européenne, totalement indépendante de l’Elysée.

 

En 1998, alors que Zidane nous faisait gagner la finale, le ministre des Finances Strauss-Kahn marqua un but contre son camp en créant un régime fiscal pour les Stock-options.

 

Le principal fait marquant de la présidence Chirac, c’est 245 429 mains serrées dont une grande proportion au salon de l’agriculture. Mais pas seulement. Ce président, armé de la grande majorité de la classe politique française, restera comme celui du non-respect de la volonté populaire lors du referendum sur le Constitution européenne de 2005. Une constitution, rejetée par le peuple, qui inscrivait dans le marbre le choix du libéralisme économique.

 

Nos deux derniers présidents et leurs partis n’ont eu de cesse de  débattre sur le port du voile où sur les rythmes scolaires, informations « fumigènes » par excellence, sans se préoccuper de l’essentiel. Entre deux discours pseudo vindicatifs contre la finance, ils ont tout de même eu le temps de valider le traité de Lisbonne (2007), véritable usine à gaz, où entre autres sottises, toute restriction aux mouvements des capitaux entre les états membres et les pays tiers y était interdite. Servez-vous, la porte est ouverte !

 

L’Europe, et donc la France, devient l’idiot utile du village global.

 

L’UMPS a, en outre, continué de permettre aux banques de jouer au casino l’argent des dépôts, faisant fi d’un Glass Steagall Act. Par ricochet, pour conjurer les méfaits de la crise financière de 2008, la Banque Centrale Européenne, sous l’égide de monsieur Draghi, prêta aux Banques privés plus de 500 milliards d’euros à 1 %. Et ceci, dans l’esprit de les renflouer et de leur permettre de faire des prêts aux PME. Ces Banques privées préfèreront utiliser cet argent pour le prêter aux Etats à des taux de 3 à 8%. Du grand art.
Notre UMPS poursuit actuellement le chemin de la dérégulation en autorisant notamment les banques d’affaires à vendre du gaz et de l’électricité ; en ne taxant pas, contrairement aux promesses, le trading à haute fréquence…la liste étant non exhaustive.

 

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent et qui refusent d’intervenir.

 

Alors, levons-nous !

 

Au lieu de nous parler des Droits de l’Homme à longueur de journée, nos chers politiques auraient dû les lire :

Quand le gouvernement viole les droit du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs »

Déclaration des Droits de l’Homme du 26 juin 1793

 

Oui, levons-nous ! Bougeons-nous ! Que les partis politiques français qui ne dénoncent pas ouvertement le triptyque libre-échange, perte du pouvoir de création monétaire et financiarisation de l’économie, en ne proposant pas de véritables mesures à leurs encontre, soient rejetés et désignés par vous, par nous, de traitres au peuple de France !

 

La première des dispositions évidentes à prendre, véritable curseur d’une politique honnête, serait de sortir rapidement de l’Union européenne dont les traités institutionnalisent ce triptyque et dont les dirigeants décident de plus de 80 % de nos orientations politiques nationales.
Oui, en sortir, parce que ces traités ne peuvent être changés qu’à l’unanimité des 28 pays membres. Et voir 28 pays exiger les mêmes changements au même instant, c’est aussi probable que de voir notre président actuel défendre les intérêts de la France et des Français…
Les partis qui oseraient vous dire « changeons l’Europe de l’intérieur » vous trahiraient une deuxième fois, la fameuse double péné….

 

 

Ecrit le 3 novembre 2013

 

Qui suis- je ?

 

6H30, Le réveil claironne. Une émission politique. L’invité, un gus qu’un de ses collègues traitait il y a peu de mafieux, dont le parti est en faillite avec des comptes de campagne invalidés. Il se propose de nous sortir de la crise.

6h34, L’obsolescence programmée sévit à nouveau en la personne de la lampe de ma salle de bain.

7h10, J’accompagne ma fille chez la voisine, une chômeuse en fin de droit. Le collège de la petite est fermé : cause suicide du professeur d’Histoire. La rumeur dit qu’il ne croyait plus à ce qu’il enseignait.

Faut pas prendre la vie trop au sérieux, de toutes les façons on n’en ressortira pas vivant !

7h20, Passage aux boites aux lettres avant de sortir de l’immeuble. La mienne, je la reconnaîtrais même bourré. C’est celle qui est honorée de tags jaunes moutarde. Trésor public, factures, Trésor public, factures… Ah tiens, prospectus : ouverture d’un nouveau magasin Low cost ; prospectus : réclame de lits convertibles en kitchenette. Rien à dire, c’est pro, c’est ciblé.

7h30, Quai de la gare. La foule s’agglutine dangereusement. Du retard sur toute la ligne. Des câbles ont été volés dans la nuit.

7h44, Dans la promiscuité oppressante de la rame de RER, je fais la connaissance des déodorants oubliés de mes voisins et je ne manque pas une miette de leur conversation téléphonique. Ces piaillements hétérogènes s’apparenteraient presque au Canon de Pachelbel… pour qui serait doté d’une imagination transcendantale.

9h08, Ma collègue de bureau socialise. Tout en pianotant sur son téléphone portable, elle me relate le reportage qu’elle a vu à la télévision la veille au soir. Selon ses dires, on y voyait de vieilles granges en pierre dont les murs dépassaient les 70 centimètres d’épaisseurs, pour accueillir des vaches. Je ne peux m’empêcher de croire qu’elle exagère pour rendre sa soirée « micro-ondes » intéressante. Attends, chez moi, les murs mesurent à peine 15 centimètres. 15 centimètres pour des êtres humains, alors pour de vils ruminants…

10h12, Mon écran d’ordinateur est infesté de fenêtres publicitaires indésirables. Ces pustules le font ressembler au visage d’un adolescent en pleine poussée acnéique.

10h19, Le gars de l’informatique éructe des jurons à la vue de ces multiples communiqués pirates en provenance d’une entreprise indienne de mères porteuses. Big up à Pierre B.

11h00, Machine à café, José Dos Pasos, l’hominidé de la comptat, fait son intéressant…comme à l’accoutumée. Quand vous êtes le seul CDI de la boite, vous pouvez vite vous prendre pour un être supérieur. Il ose prétendre devant l’assistance naïve que les banques, quand elles octroient un prêt, elles ne prêtent pas l’argent qu’elles ont dans leur coffre. Elles le créent par un simple jeu d’écriture. Et donc que, outre ce privilège, il est incroyable qu’elles demandent des intérêts.

11h56, Mon téléphone sonne. Mon ex-femme. Elle m’annonce que notre fils est accusé, par une association droit-de-l’hommiste, de racisme et d’antisémitisme après avoir écrit un sketch de Coluche dans le journal du bahut. Education bâclée.

12h34, La cantine d’entreprise. Je demande au personnel de service si le poisson qu’il me tend a été pêché en mer. Gros éclats de rire ! J’avoue, je suis assez blagueur.

12h41, Débat politique autour du plat de poissons panés.

- Quand t’as construit un virage mortel, me dit mon voisin de droite avec la bouche pleine, tu ne construis pas un hôpital pour soigner les estropiés, tu refais le virage. Hein ?

- Oui c’est logique.

- Ben là c’est pareil, tu t’attaques aux causes et pas aux conséquences. Donc tu tapes dans le libre-échange et pas dans la bourse des contribuables pour réduire la dette.

- Et tu t’engages politiquement pour tes idées, t’es dans un parti ?

- Tu rigoles ! Y a du foot tous les soirs. Je fais comment moi ? T’as vu le PSG hier ?

13h31, D’indéniables difficultés à reprendre le travail. Ma dent me lance à nouveau. Je me fais une promesse, si mes finances me le permettent, je vais la faire soigner dans six mois ?

15h20, Appel à la mairie pour une demande de local pour l’association de troc que je viens de créer avec des bonnes âmes de mon quartier. Réponse de l’assistant du sous-secrétaire à la vie associative : « vous savez, si vous ne faites pas partie des minorités visibles ou d’une minorité sexuelle genre trans…heu… ».

17h30, La Direction réunit tous les salariés dans la salle polyvalente. Par la voix du chef du personnel, l’entreprise est heureuse de nous apprendre que la boite a été rachetée. Une bonne partie d’entre nous, le département production, aura même la chance d’aller travailler à Bucarest, « un petit Paris » selon les dires du chef du personnel. Après une tirade sur l’opportunité de vivre dans un autre pays, de découvrir une autre culture, il termine son discours par ces mots solennels : « avenir rime avec flexibilité ».

18h11, Recherche Wikipédia : définition du mot « rime ».

18h15, Ascenseur de l’entreprise. Ouverture des portes. Mince, Dos Pasos ! Il entre accompagné de la voluptueuse Sonia. Comment un comptable s’y prend-il pour séduire ? Avec des chiffres, voyons ! : «  Tu sais Amina, si tu ôtes les 15% de non-inscrits, les plus de 20% d’abstention, au premier tour, il fait moins de 19% ton tout mou. T’appelles ça comment, toi, un pays ou celui qui a tous les pouvoirs représente même pas deux personnes sur dix ? »

19h47, Sortie de la gare. Une bande de « jeunes » me demandent l’heure…heu pardon…ma montre. Je suis peu brillant en mathématiques. Cependant, assez pour affirmer sans peur de me tromper que six c’est plus que un. J’obtempère.

20h12, Discussion à bâtons rompus avec mon père venu partager l’entrecôte du mois. Il ne comprend pas que je ne fasse pas tout pour être propriétaire. Il me rappelle fièrement que lui, simple ouvrier, avait pu s’acheter une maison. En bruit de fond, le journal télévisé. Je crois entendre le ministre des Finances annoncer que la crise est derrière nous. Nous sommes sauvés !

Qui suis-je ?

Un Français moyen en 2013.

 

 

Ecrit le 16 Octobre 2013

 

Robespierre, un caillou dans la chaussure

 

 

     Amis financiers et spéculateurs du XXIème siècle, je veux vous compter cette sombre période de notre Histoire de France où vos ancêtres, dont fait partie votre serviteur, ont failli vaciller.

 

 

     Tout s’était si bien déroulé en cette année 1789. Comme prévu, notre bourgeoisie d’affaire était arrivée au pouvoir sous couvert d’une révolution populaire. On avait détruit les privilèges de ces profiteurs du Clergé et de la Noblesse en lançant la foule des gueux en première ligne. Une foule à qui on aurait pu faire avaler n’importe quoi. Il est vrai que l'homme descend de plusieurs degrés sur l'échelle de la civilisation alors qu'il se mêle à la foule.

 

On allait enfin pouvoir se partager le gâteau hexagonal !

 

Un petit coup de novlangue par-ci en s’autoproclamant Tiers-état. Quelques récalcitrants mâtés dans le sang par-là, à l’aide des soldats de La Fayette. Il a toujours aimé amuser la galerie celui-là ! Et l’affaire était ficelée. La vision politique de Voltaire était exhaussée : une nation bien organisée est celle ou le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui et le gouverne.

 

Vive la liberté, l’éga…heu, la liberté et la liberté !

 

Chacun était enfin libre d’exploiter son prochain. Que d’émotions cette révolution populaire. Pas le droit de vote pour les pauvres, pas d’union des travailleurs possible. Du haut de votre siècle, José Manuel Barroso doit en faire des rêves érotiques, le fripon.

 

Seulement voilà qu’un avocat de province, chef de famille à 9 ans, vint jouer le donneur de leçon. À nous, les vrais révolutionnaires ! En fondant les lois sur la richesse, on ferait, selon lui, de la constitution même la corruptrice de la vertu. Drôle d’énergumène que ce Robespierre ! Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, il dénonça l’hypocrisie des droits de l’homme alors que quelques grandes compagnies s’adonnaient à l’esclavage.

 

Une des icônes de notre monde de la richesse mobilière, la si gracieuse Madame de Staël, tendit à s’étrangler. Comprenez-la, la pauvre. Elle qui a connu cette douce époque où son père, le ministre des finances Necker, prêtait son propre argent au roi, à 14% d’intérêts, alors qu’il était en fonction. Dire que deux cent ans après, votre ministre des Finances ne sera que le simple intermédiaire des usuriers… Toutes les valeurs se perdent.

 

Pour soi-disant faire le ménage dans notre révolution aboutie, l’effronté Robespierre, adorateur de Rousseau, proposa ensuite que les députés ne puissent pas se représenter. Certes, ce n’était pas du Chouard, mais tout de même il y allait fort le bougre. Et fichtre, pourquoi ne pourrait-on pas être député à vie ? Si on laissait se propager de telles idées, les enfants de députés n’auraient bientôt plus eu le droit de faire le même métier que leur père ! Et pourtant, les fils de paysans le faisaient bien, eux !

 

 Autre sujet, autre fâcherie, cet hurluberlu décida de faire voter un décret déclarant que la France ne ferait plus jamais de guerre d’agression et ce, même au nom de nos nouvelles valeurs de liberté, sous le fallacieux prétexte que personne n’aime les missionnaires armés. Mais personne ne lui a dit que la guerre ça rapportait ? Que les fournisseurs militaires (nouveau petit clin d’œil à notre ami Voltaire) avaient tout de même le droit de s’en foutre plein les poches ? Que pour entrer en guerre le nouvel Etat devrait emprunter ? Narbonne, le ministre de la guerre d’alors, n’avait-il d’ailleurs pas proclamé qu’il fallait faire la guerre parce que que le sort des créanciers de l’Etat en dépendait ? Un bien brave ministre ce Narbonne, lui qui fut mis en place par sa maîtresse, l’incontournable et si « ouverte » madame de Staël.

 

Maximilien était définitivement trop dangereux pour nous autres, exploiteurs de tous bords. Fallait l’acheter comme on l’avait fait avec ce truculent Danton pour qui les livres scolaires francs-maçons et libéraux auront diablement plus de considération. Peine perdu. « On n’y réussira pas, proclama Mirabeau, c’est perdre son temps que de vouloir corrompre Robespierre, cet homme n’a pas de besoins, il est sobre et a les mœurs trop simples. »

 

En effet, après réflexion, comment voulez-vous corrompre un homme affublé de tous les pouvoirs qui se permet l’outrance de vivre dans une seule pièce ? 

 

 Cependant, le pire restait à venir. Ce vulgaire demanda la peine de mort contre les accapareurs et les spéculateurs de denrées de premières nécessités. Il alla même jusqu’à s’offusquer que le responsable des finances en personne fomente cet agiotage. Si les financiers ne peuvent plus spéculer, autant qu’ils se fassent boulanger ! Il proposa aussi, ce mécréant du profit inique, que la constitution républicaine marque les limites au droit de propriété, sous prétexte que la limite de la propriété c’est la vie ou la dignité d’autrui. Je vous entends déjà du haut de votre XXIème siècle : « Mais alors, c’est vrai, des gens de gauche ont vraiment existé ? »

 

Face à ces idées monstrueuses, Mirabeau et son panache ont à nouveau eu le courage de se lever :

 

« Monsieur Robespierre est disqualifié pour la politique car il croit tout ce qu’il dit ! »

 

 

Manifestement non rassasié, Robespierre se remit à table en évoquant le droit de pétition et le droit à tout homme de publier ses pensées, par quelques moyens que ce soit, et que la liberté de la presse ne pouvait être gênée et limitée en aucune manière. C’est qu’il s’attaquait à nos formateurs d’opinions ce fourbe !

 

 De tels hommes ne pouvaient définitivement être laissés libres de s’exprimer sous peine de ruiner nos profits sur le dos de la plèbe. Pour l’arrêter, on a dû avoir recours à la subversion et à un guillotinage en règle. Après tout, chacun son tour.

 

Toutefois, avant de décapiter ce sanglant orgueilleux, et de pouvoir annoncer sous la voix de monsieur Boissy d’Anglas qu’ «  un pays gouverné par les propriétaires est dans l’ordre social », nous avons mobilisé nos peu de reste de charité parfois chrétienne pour lui permettre d’exprimer ses dernières volontés…

 

     Nous voulons une patrie qui procure du travail à tous les citoyens ou les moyens de vivre à ceux qui sont hors d’état de travailler.

 

     Nous voulons une cité où les transactions seront la circulation de la richesse et non pas le moyen pour quelques-uns d’une opulence fondée sur la détresse des autres.

 

     Nous voulons une organisation humaine où les mauvaises passions seront enchaînées : l’égoïsme, la cupidité, la méchanceté.

 

     Nous voulons substituer la droiture aux bienséances, substituer le mépris du vice au dédain du malheur.

  

Quand on sait qu’il croyait vraiment à ce qu’il disait…cela fait froid dans le dos.

 

Chers descendants rapineurs du XXIème siècle, ne nous plaignez point en conjecturant que cette épreuve fut douloureuse. A vrai dire, elle a même eu un mérite. Celui, de nous inciter à passer à la vitesse supérieure. Et, c’est avec l’appui d’un petit général corse que nous créerons dans la foulée une banque privée, La Banque de France. Oui, j’ai bien écrit « privée ».

 

 Or sur vos familles,

 

Un banquier né au XVIIIème siècle.

 

 

 

Ecrit le 30 septembre 2013

 

Déclin par suffisance

  

 Dans un passé éloigné, les Empires et leurs dirigeants autocrates et tyranniques ne ressentaient pas le besoin de se prémunir de prétextes pour partir en guerre afin de spolier les terres, les biens et les ressources d’autrui. L’aube venue, leurs descendants, via des marionnettes, se sont autoproclamés démocrates. Ils ont dès lors, et malgré eux, transformé la plèbe en opinion publique. Aïe. Eh oui, fallait réfléchir avant les gars !

 

 Qu’à cela ne tienne, il leurs suffirait de manipuler cette fameuse opinion publique.

 

 Car comme  le proclamait Edward Bernays, un des pères des Relations publiques : « Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »

 

 Slogans chocs et autres diatribes ciblant les peuples à équarrir étaient dès lors de sortie. Du droit quasi divin de civiliser les australopithèques aux prétentions de démocratiser la planète, en passant par la lutte contre la conspiration communiste internationale ou le terrorisme islamique de  l’« Axe du mal », les alibis n’ont certes pas manqué. Diaboliser l’ennemi ne suffisant pas, il a aussi fallu s’autoproclamer vertueux, s’autoproclamer « Etat éclairé ». A la lumière de nos « Lumières », cet Etat éclairé nous renvoie piteusement à un sombre individualisme fertilisant la bouture du capitalisme.

 

 Chaque Empire « moderne » a abreuvé sa population d’au moins un de ces alibis fallacieux. Du Japon au Etats-Unis en passant par l’Allemagne et l’Empire Britannique, on a joué sur les épaisses ficelles de la peur, de l’honneur ou de l’héroïsme pour recruter de la chair à canon. Sachez messieurs les va-t-en-guerre que, comme le déclamait Aldous Huxley : « la civilisation n’a pas le moindre besoin de noblesse ou d’héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d’incapacité politique. »

 

 Les Etats-Unis d’Amérique ont eu, de leur côté, le privilège de goûter à chacun des prétextes arborés lors de ces deux derniers siècles. Privilège de la durée. Tiens, au hasard, vous voulez de la conspiration communiste ? En voilà : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester là à regarder un pays devenir communiste à cause de l’irresponsabilité de son peuple. Les enjeux sont trop importants pour laisser les électeurs chiliens décider. » Ainsi s’exprimait l’intriguant secrétaire d’Etat Henri Kissinger dans les années 70, annonçant au passage plus ou moins officiellement le rôle non négligeable de son pays dans la destitution d’un président démocratiquement élu.

 

 Un prétexte fallacieux prévient donc toute guerre pour des raisons innommables. Notre propre opinion publique, si chloroformée soit-elle par ce pernicieux monde du divertissement qui tend à l’abrutir, ne pourrait cautionner les vrais raisons.

 

  Cependant, l’Empire au masque démocratique peut faire œuvre de suffisance, de par sa sensation d’invulnérabilité. Sûr de sa force, il manque de rigueur dans sa manipulation de son opinion publique. En des termes plus techniques et châtiés, je dirais qu’il ouvre trop sa grande gueule. Ce qui le perdra.

 

 Déjà en 1900, doublé par son « Etat profond », l’Empire Américain transpirait cette suffisance autodestructrice. Le 9 janvier, le sénateur Albert Beveridge tenait ce discours devant la chambre : « Monsieur le président, la franchise est maintenant de mise. Les Philippines sont à nous pour toujours. [...] Et à quelques encablures des Philippines se trouvent les inépuisables marchés chinois. Nous ne nous retirerons pas de cette région. [...] Nous ne renoncerons pas à jouer notre rôle dans la mission civilisatrice à l'égard du Monde que Dieu lui-même a confié à notre race. Le Pacifique est notre océan. [...] Vers où devons-nous nous tourner pour trouver des consommateurs à nos excédents ? »

 

Le pauvre prétexte  civilisateur est noyé dans un océan de vérité. Plus question de cache sexe. On montre tout le matos !

 

Soixante-deux ans plus tard, le vent en poupe, l’Empire ne se contentera plus de négliger l’opinion publique, il fera fi du droit international. Dean Acheson un des conseillers de l’administration Kennedy, affirma lors d’une conférence, alors que l’embargo illégal contre Cuba avait commencé, que l’opportunité d’une réponse américaine à un défi lancé à la « puissance, la position et le prestige » des Etats-Unis ne peut pas être purement « légal ». Ainsi donc, aucune question de législation internationale ne vaut lorsque le prestige, la position ou la puissance des Etats-Unis sont en jeu, écrivit alors l’essayiste américain Noam Chomsky dans l’un de ses pamphlets. En outre, rajouta-t-il, Acheson déclarait que la législation internationale avait son « utilité », qui est de « mettre en valeur nos positions ».

 

 A partir de là, c’est l’opinion publique mondiale que l’Empire américain se met à dos.

 

 De nos jours la popularité de l’Empire s’est encore fortement dégradée. Et, j’ose croire qu’il reste à peine quelques texans abrutis à Fox news pour supposer du bien-fondé de la politique étrangère de Washington, signe avant-coureur du déclin dans un pays aux élections libres (mais certes conditionnées).

 

Quel qu’il soit, l’Empire est par définition le plus fort. Il ne peut donc être battu que par ses propres erreurs. La suffisance est sûrement la plus courante. L’orgueil surdimensionné des Etats-Unis et de leurs dirigeants leur a donc fait négliger et perdre la bataille de l’opinion publique, et ce malgré la complaisance des médias mainstream. Cette défaite est un facteur accélérateur du déclin. Un déclin d’autant plus irréversible que l’opinion publique s’organiserait et se fédèrerait un tant soit peu. Elle se transformerait alors en force inarrêtable. Napoléon en son temps avait peur de l’avoir trop bien compris lorsqu’il déclarait : «  Savez-vous, ce que j’admire le plus dans le monde ? C’est l’impuissance de la force pour organiser quelque chose. »

 

Messieurs, par votre suffisance, vous avez soigné notre impuissance !

 

 

Henry, un ami qui vous veut du bien.

 

Ecrit le 5 septembre 2013

 

Lors d’une de ses multiples conférences, monsieur François Assélineau, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR), a démontré, par un travail approfondi et sourcé, la mainmise de l’Empire anglo-saxon, et américain en particulier, sur les résultats du prix Nobel de la paix.

 

 

« COMPLOTISTE ! », beugleront les voix dominantes !

 

 

Oui, il est aujourd’hui de mise, dans notre pays, d’être traité de complotiste dès que l’on soumet une opinion compromettant l’Empire, comme on suspecte ostensiblement d’être antisémite ceux qui osent critiquer la politique colonialiste israélienne. L’oligarchie politico-médiatique et sa machine de propagande formate le petit peuple en affublant la dissidence de tels préjugés, annihilant tout débat.

 

Comme, d’après un éminent prix Nobel de Physique, il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé, laissons alors ce dernier de côté et attachons-nous aux faits, seuls garants de la vérité. Confrontons la démonstration Assileaunienne à un prix Nobel de la paix choisi au hasard dans l’Histoire. Mais, quelle année choisir ? Le hasard vous dis-je, le hasard, ce fameux déguisement que prend Dieu pour voyager incognito. Donc au hasard…ma date de naissance…1973. Oui, je sais le temps a déjà fait son œuvre.

 

1973….euh….1973 ? Evidemment ! Le grand, que dis-je, l’éminent Henry Kissinger ! Merci, oh vénérable hasard. Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard comme l’écrivait notre cher Honoré de Balzac dans La vendetta.

 

La postérité, dictée par l’autobiographie d’Henry et par l’Histoire officielle (celle des vainqueurs) retint qu’Henry mit fin à la guerre du Vietnam en signant les accords de paix de Paris en 1973, et permis ainsi au monde de vivre dans la quiétude et l’harmonie. Il y eut donc un avant et un après Henry.

 

Vraiment un complotiste cet Assélineau !

 

Un homme qui d’autorité met fin à une guerre meurtrière et barbare (un euphémisme, un !) mérite au moins le prix Nobel de la paix, un prix sensé récompenser par définition « la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix ». On est dans les clous. Fermez ce rideau complotiste, il n’y a rien à voir !

 

Sauf que…oui, il y a un sauf…sauf qu’une fois de plus, la véritable Histoire n’est pas tout à fait celle rapportée dans les livres scolaires. Sûrement un problème à l’impression. Un problème certes récurrent. « Y a-t-il une histoire impartiale ? Comment un historien juge-t-il qu'un fait est notable ou non ? Il en juge arbitrairement », proclamait à juste titre Anatole France…prix Nobel de Littérature.

 

Ne jugeons pas le Henry post 1973, en effet ce n’est pas pour cette période que lui a été décerné ce prix. Donc, ne parlons pas de celui qui a protégé le régime d’apartheid en Afrique du Sud. Ne parlons pas non plus de cet homme qui usant de reapolitk, sa patte diplomatique, envoya les Kurdes irakien se faire massacrer.  Et, derechef, ne parlons pas de son feu vert donné au génocide perpétré en 1975 par la junte indonésienne au Timor oriental pendant qu’officiellement l’administration américaine proclamait mielleusement par voie de presse que « Les Etats-Unis sont toujours inquiets lorsqu’il y a usage de la violence. Le président espère que la situation pourra être résolue pacifiquement. ». Enfin, mettons provisoirement de côté son implication dans la création du plan « Condor », réseau de chasse aux opposants dans six dictatures militaires d’Amérique latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine) qui s’étale sur la décennie 70. Oui parce que croyez-vous qu’un petit groupe de personnes, qui votent une fois l’an pour le nouveau prix Nobel de la paix ont le temps de statuer sur la légitimation des précédents prix Nobels ? A priori, l’éthique que devrait leur conférer une telle responsabilité, devrait les inciter à vérifier les pédigrées futurs de leurs têtes de gondole. Non mais voyons, eux, s’abaisser à faire du service après-vente, tu t’es cru chez Darty ou quoi ?

 

Respectons donc cette noble institution et Henry en s’attachant uniquement à la vie d’avant son élection au Nobel et à ce pour quoi il a été distingué. Ecrivons, juste, qu’en 1968 le président américain démocrate Johnson s’était mis à la table des négociations avec les Vietnamiens du sud (ses alliés) et les Vietnamiens du nord pour leur proposer un plan de paix. Les conditions de ce plan semblaient satisfaire tous les belligérants. Mais, c’était sans compter sur les obscures manipulations d’Henry. Ce dernier, après avoir mangé à différents râteliers -il est aussi difficile de trouver des convictions politiques chez cet homme que de traverser une ville française vierge de tout panneau publicitaire-, avait jeté son dévolu sur le candidat républicain Nixon. Les élections approchant, il n’était point question que le président sortant (Johnson) et son poulain (Humphrey) profitent de retombées électorales qu’engendreraient un populaire accord de paix. Cela rappellera à certains des histoires de libérations d’otages à des dates opportunes. Henry prit donc contact avec les sud Vietnamiens pour qu’ils refusent les conditions du plan de paix (qu’ils semblaient en passe d’accepter) sous le prétexte qu’un gouvernement américain républicain dirigé par Nixon leur serait beaucoup plus favorable à l’avenir. De paix, il ne fut plus question. Nixon fut élu, et Henry devint son conseiller à la défense national. Plus de quatre ans plus tard Henry signa -Nixon étant embourbé dans le scandale du Watergate- les accords de paix au Vietnam avec quasiment les mêmes conditions que proposait le gouvernement Johnson. Entre temps, des milliers d’hommes sont morts. « On sait que 20763 soldats américains, 109230 soldats du Vietnam sud et 496260 soldats du nord ont perdu la vie en Indochine entre le jour où Nixon et Kissinger sont entrés en fonction et le jour de  1973 où ils retirèrent les forces américaines et acceptèrent la logique de 1968 », écrivait le journaliste anglais Christopher Hitchens dans son livre fort documenté Les crimes de monsieur Kissinger.

 

Durant cette période mortifère Henry participa fortement -en utilisant les méthodes de l’Etat profond cher à Peter Dale Scott- à étendre le conflit vietnamien aux pays voisins que sont le Laos et le Cambodge, notamment en envoyant l’armée américaine bombarder massivement ces contrés. Un petit ordre de grandeur, le nombre des bombes lâchées en cette occasion fut largement supérieur à l’ensemble de celles lâchées par cette même armée lors des évènements de la Seconde guerre mondiale. Le déluge de bombe s’abattant sur Dresde, la «Florence de l'Elbe», en février 1945, aurait presque l’allure d’une simple ondée à côté de la submersion subie par les cambodgiens..

 

S’il on se réfère donc à l’unique année 1973 et à son lauréat, on est loin du complot, plus loin c’est MACSO647-JD, la galaxie la plus reculée jamais observée…

 

Un personnage ce Henry. La dernière visite qu’il a faite à l’hexagone, en 2001, s’est terminée en queue poisson, ou pour coller au plus près au personnage, en queue de sycophante. Alors qu’il était invité à comparaître au palais de justice comme témoin dans l’affaire des cinq Français disparus au Chili, Henry quitta le sol français en catimini. Tel est le vrai visage de ce seigneur de l’ombre à l’âme immaculée de noir, cependant drapé de blanc par le monde politico-médiatique de l’axe du « bien ». Un potentat ennemi de la fameuse communauté internationale aurait déjà eu les honneurs du Tribunal pénal international (TPI) pour crimes contre l’humanité et autres chefs d’accusation.« Les lois ressemblent à des toiles d'araignée, suffisamment solides pour ne retenir que les faibles, mais trop ténues pour retenir les forts », ainsi parlait Anacharsis en 580 avant notre ère. On se dit que l’Histoire est un éternel recommencement quand on lit 2500 ans après chez Orwell que « du point de vue de la classe inférieure, aucun changement historique n'a jamais signifié beaucoup plus qu'un changement de nom des maîtres ».

 

 Pour en revenir à cet heureux hasard,  une chose est lamentablement certaine, quel que soit le chemin que m’aurait fait prendre le hasard, il ne m’aurait jamais fait rencontrer le Mahatma (« grande âme » en sanskrit) Ghandi. Un homme qui prônait la non-violence prix Nobel de la paix ? Voyons ! Il faut raison garder.