Anciens textes

 

    

« La civilisation des machines n'a nullement besoin de notre langue, notre langue est précisément la fleur et le fruit d'une civilisation absolument différente de la civilisation des machines. Il est inutile de déranger Rabelais, Montaigne, Pascal, pour exprimer une conception sommaire de la vie, dont le caractère sommaire fait précisément tout l'efficience. La langue française est une œuvre d'art, et la civilisation des machines n'a besoin pour ses hommes d'affaires, comme pour ses diplomates, que d'un outil, rien davantage. »

 

 

Georges Bernanos,

La France contre les robots (1944), éd. Le castor astral, 2009, p. 101

 

 

« J’avoue que je n’ai pu réfléchir sur ce système de représentation politique sans m’étonner de la crédulité, je dirais presque la stupidité avec lequel l’esprit humain avale les absurdités les plus palpables. Si un homme proposait sérieusement que la nation pissât par procuration, on le traiterait de fou ; et cependant penser par procuration est une proposition que l’on entend, non seulement sans s’étonner, mais qu’on reçoit avec enthousiasme. »

 

John Oswald, Le gouvernement du peuple (1793)

 

 

 

 

« Que demande toute la foule moderne ? Elle demande à se mettre à genoux devant l'or et devant la merde !... Elle a le goût du faux, du bidon, de la farcie connerie, comme aucune foule n'eut jamais dans toutes les pires antiquités... Du coup, on la gave, elle en crève... Et plus nulle, plus insignifiante est l'idole choisie au départ, plus elle a de chances de triompher dans le cœur des foules... mieux la publicité s'accroche à sa nullité, pénètre, entraîne toute l'idolâtrie... Ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture. »

 

Louis-Ferdinand Céline, Bagatelles pour un massacre (1937)

 

 

« On meurt plutôt vite à Tchernobyl ou à Bhopal. On meurt de faim très jeune au Soudan, à Bombay ou dans les favelles de Mexico. En Californie ou en Europe on meurt plus souvent à vingt ans d’une overdose ou sur des routes qui ne conduisent nulle part. Mais, beaucoup plus nombreux sont ceux qui, ici et maintenant, s’empoisonnent lentement à l’un ou l’autre confluent de ces mêmes raisons d’Etat que sont la pollution atmosphérique, la mauvaise alimentation, la médecine moderne et les conduites à « risque ». Les grandes morts collectives ont déjà commencé dans  ces tourbillons troubles dont personne ne parle. »

  

 

Michel Bounan, La vie innommable (2007)

 

 

  « Qu’elles s’appellent Merkel, Rice, Tatcher, Parisot ou Lagarde, le sort des femmes du peuple leur importe bien peu du moment qu’elles assurent leurs intérêts de classe ! Elles mettent même les bouchées doubles et font du zèle, histoire de légitimer leur place. La femme devient donc un homme politique comme un autre. »

 

 

Collectif diktacratie.com,Chroniques en Diktacratie (2015)

 

 

Football Business

 

« Le monde du football souffre du mercantilisme. Les footballeurs sont désormais des produits financiers à l’instar du capital des entreprises cotées ou des matières premières comme l’or ou les minerais rares. Avec la marchandisation et la déshumanisation des joueurs, une nouvelle étape a été franchie. Eliaquim Mangala, défenseur du FC Porto, est ainsi « détenu » à 33% par le fonds d’investissement Doyen Group, spécialisé dans l’extraction d’uranium ! « Je l’ai découvert dans la presse, un matin, sur le Net, confie alors le joueur. On ne m’en avait pas parlé avant. Nous sommes des produits financiers. Les clubs sont des usines, et nous, on est des produits qui rapportent. »

  

En tout, cent footballeurs de haut niveau appartiendraient à des fonds d’investissement, lesquels peuvent aussi bien posséder des joueurs d’équipes adverses, multipliant d’autant les tentations de truquer les matchs. »

 

Vanessa Ratignier, Une France sous influence (2014)

 

 

« Je ne voudrais pas repartir à la guerre à nouveau comme je l’ai fait naguère pour protéger les quelconques investissements hasardeux des banquiers. Il n’existe que deux choses seulement pour lesquelles nous devrions nous battre. L’une est la défense de nos maisons et l’autre est notre Déclaration des droits. Une guerre pour une toute autre raison est tout simplement un racket. »

 

 

Général Smedley Butler, La guerre est un racket (1935)

 

 

 

"Sait-on que Google, confronté au scandale de sa participation au programme d'espionnage Prism, en a été réduit à inviter Henry Kissinger pour expliquer à ses salariés qu'il fallait s'y faire, que notre "sécurité" était à ce prix ? Il est tout de même cocasse d'imaginer l'homme de tous les coups d'Etat fascistes des années 1970 en Amérique du Sud disserter sur la démocratie devant les employés si cools, si "innocents", si "apolitiques" du siège de Google dans la Silicon Valley."

 

 

Extrait du livre "A nos amis" du Comité invisible (2014)

 

Les "bons sentiments" d'Hillary Clinton

 

« Le 18 octobre 2011, Hillary Rodman Clinton est arrivé à Tripoli pour sa première visite officielle dans un pays qu’elle ne connaissait pas et qu’elle était en train de transformer rapidement en quelque chose d’inconnaissable.

 

En attendant l’arrivée de la secrétaire d’Etat Clinton, un « haut fonctionnaire du Département d’Etat » (non identifié, comme c’est la coutume) a déclaré aux journalistes que les Américains parleraient aux Libyens sur la façon « d’intégrer la Libye pleinement dans l’économie mondiale du XXIe siècle de manière transparente, où la richesse pétrolière de la Libye serait utilisée au bénéfice de tous les citoyens libyens », une mauvaise plaisanterie si l’on considère que l’insistance de Kadhafi à répartir la richesse pétrolière de la Libye parmi les citoyens, en fournissant une éducation gratuite, le logement et les soins de santé, était sûrement une raison centrale pour que les dirigeants des Etats-Unis, du Qatar et de la Ligue arabe recherchent un changement de régime.

 

 

Hillary Clinton, comme d’habitude, n’était pas venue en Libye pour apprendre davantage sur le pays, mais pour expliquer aux gens ce qu’ils devaient faire. « Les femmes en Libye doivent avoir des droits égaux », a-t-elle dit, fidèle à son personnage féministe habituel. C’était une autre mauvaise blague, puisque grâce aux bombardements de l’OTAN, les femmes en Libye étaient en train de perdre les droits qu’elles avaient acquis grâce à Kadhafi, non seulement le droit d’apparaître en public dévoilées, ou d’occuper des emplois importants, mais tout simplement de descendre dans la rue en toute sécurité, ou, plus simplement encore, de rester en vie. »

 

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)

 

 

Famine

 

 

" La famine planétaire provoquée par la destruction des économies traditionnelles et des cultures alimentaires – elles-mêmes remplacées par des cultures industrielles qui stérilisent la terre, aggravée encore par le déboisement intensif et par la désertification d’immenses territoires, cette famine convient bien à notre organisation marchande. Elle apporte aux affamés, sous forme d’ « aide humanitaire », ses surplus alimentaires produits ailleurs, en échange de leur soumission aux cultures industrielles et aux compagnies commerciales qui pillent leurs richesses naturelles. Elle « libère » ainsi des masses serviles qu’elle emploie sur place pour industrialiser ses rapines, ou qu’elle déporte ailleurs pour y effectuer les tâches les plus pénibles et les plus méprisées."

 

 

Michel Bounan, La folle histoire du monde, Editions Allia (2006)

 

 

Taxe Sismondi

 

« J’ai proposé une taxe « Sismondi » sur la productivité des machines, qui permette – comme l’avait suggéré l’économiste-philosophe suisse Jean Charles Léonard de Sismondi (1773-1842) – que le travailleur remplacé par un logiciel ou un robot bénéficie de cette mécanisation globale qui constitue un progrès pour l’espèce humaine dans sa totalité, au lieu d’en être simplement la victime. »

 

Paul Jorion, Le dernier qui s’en va éteint la lumière, Editions Fayard (2016), p. 56

 

 

Populisme

 

Si, en effet, le mot "démocratie" doit être, à présent, affecté à la seule définition du libéralisme, il faut nécessairement un terme nouveau pour désigner ce "gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple" où chacun  voyait encore, il y a peu, l'essence même de la démocratie. Ce nouveau terme, choisi par les ateliers sémantiques, sera celui de "populisme". Il suffit, dès lors, d'assimiler le populisme (au mépris de toute connaissance historique élémentaire) à une variante perverse du fascisme classique, pour que tous les effets désirables s'enchaînent avec une facilité déconcertante. Si l'idée vous vient, par exemple, que le Peuple devrait être consulté sur tel ou tel problème qui engage son destin, ou bien si vous estimez que les revenus des grands prédateurs du monde des affaires sont réellement indécents, quelque chose en vous doit vous avertir immédiatement que vous êtes en train de basculer dans le "populisme" le plus trouble et par conséquent, que la "bête immonde" approche de vous à grands pas. En "citoyen" bien élevé (par l'industrie médiatique), vous savez alors aussitôt ce qu'il vous reste à penser et à faire."

 

Jean-claude Michéa, L'empire du moindre mal (2007)

 

 

 Légion d'Honneur

 

« C’est avec des hochets que l’on mène les hommes. » Phrase authentique de Bonaparte prononcée le 18 floréal an X (8 mai 1802), au conseil d’Etat, tandis que l’on y discutait son projet de légion d’honneur. Contrairement à l’ordre royal de Saint-Louis, crée en 1693 pour récompenser les seuls militaires, le nouvel ordre devait réunir civils et militaires, et le titre qui lui était destiné s’inspirait de la legio honoratum conscripta de l’ancienne Rome. On dit à Bonaparte qu’il risquait de reconstituer une aristocratie en distribuant des hochets. Il répondit : « Je défie qu’on me montre une république ancienne ou moderne dans laquelle il n’y a pas de distinctions. On appelle cela des hochets ? Et bien, c’est avec des hochets que l’on mène les hommes ! » Le conseil d’Etat ne vota le projet que par 14 voix contre 10. Cependant la légion d’Honneur fut instituée par décret du 29 floréal an X (19 mai 1802), hochet toujours recherché, semble-t-il, par les héritiers des Gaulois. »

 

François Buche, Dictionnaire des citations et des mots historiques (1997)

 

 

 

 

Terrorisme et responsabilité des médias

 

 

 

« Il faut ajouter enfin la folle irresponsabilité des médias, qui semblent servir à plaisir les entreprises terroristes. Le but d’un attentat est toujours d’être connu, de ceux qu’on souhaite inquiéter d’abord, de ceux dont on escompte la solidarité ensuite. Faire connaître la grandeur du crime possible, et la cause pour laquelle on le commet, sont les seuls objectifs pratiques de cette sorte d’opération. On ne peut donc qu’être effaré des efforts considérables des médias pour servir les desseins terroristes. C’est en première page de quotidiens à grand tirage que sont publiées les menaces et les revendications des terroristes. Les journaux leur consacrent des exposés circonstanciés, parfois accompagnés de photographies édifiantes. Aux informations télévisées, le dernier attentat islamiste, ou seulement le projet avorté d’un tel attentat, occupe une place privilégiée. Les crises de plusieurs jours qui suivent certaines opérations terroristes sont exposées d’heure en heure par des journalistes fébriles, et l’inquiétude est entretenue avec beaucoup de « professionnalisme » au moyen de détails terrifiants ou macabres. On ne peut nier que les journalistes travaillent largement pour les terroristes, et que leur opération publicitaire est bien servie par des médias follement inconscients ou faramineusement fourbes. »

 

Michel Bounan, Logique du terrorisme (2e édition : 2011)

 

 

 

  « Mon ami Laotien, membre d'un village reculé, nous raconte : « Un jour, un expert mandaté par la Banque mondiale séjourna parmi nous pour étudier notre système de vie ; après avoir examiné tous les paramètres, il fit son rapport. Ce rapport, destiné, donc, à la Banque mondiale, avait pour conclusion que cette communauté, certes sympathique, ne pouvait se développer parce qu'elle consacrait trop de temps à des activités improductives. » Ce qu'il faut ici comprendre, c'est que, bien que répondant magnifiquement  à  tous  ses  besoins  essentiels,  elle  ne  créait  pas de richesse financière. C'est ainsi que, dans le langage de la pseudo-économie, on ne vit pas des biens de la terre, mais de dollars : le dollar traduit le niveau de richesse. Il est heureux qu'un nombre important de communautés traditionnelles continuent de vivre de vraies richesses ; mais comment faire entendre cette évidence ?  Nous voici donc, avec ces considérations, au cœur de la problématique qui bouleversa toutes les structures sociales traditionnelles, auxquelles il est souvent reproché par la "civilisation" d'annihiler la liberté individuelle par l'obligation de se conformer aux règles du corps social. C'est à l'argent, maître absolu, qu'il revient de décider ce que sont les richesses, la pauvreté ou la misère. » 

 

 

Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse

 

 

Hospitalité

 

« Pendant tout le Moyen Age, le misérable, le vagabond, le fou avaient été protégés par ce droit à l'hospitalité et à la part du pauvre qu'on leur reconnaît au nom de Dieu, parce que le Christ a sanctifié la misère en prenant un jour l'habit du pauvre et que le pauvre peut toujours être un envoyé de Dieu. Tout ce monde, protégé jusque-là par l'ombre de Dieu, va devenir, au XVIIe siècle, l'ennemi d'une société urbaine, capitaliste déjà, éprise d'ordre et de rendement et qui construit l'Etat dans cet esprit et à cet effet. »

 

Grammaire des civilisations, Fernand Braudel (1963) 

 

 

"Libérer le travail"

 

« Le marché ne fait pas société. Ceux qui appellent à « libérer le travail » devraient s’en souvenir ; libérer le travail de la norme et de la loi, c’est plus sûrement justifier l’esclavage que créer l’emploi ! Si le marché a toujours raison, ni justice, ni solidarité, ni engagement ni conscience n’ont plus rien à nous dire, le prix dit tout ce qu’il faut savoir ! »

  

 

Hervé Juvin, Le mur de l’Ouest n’est pas tombé (2015)

 

Droit à polluer

 

 « Nos dirigeants, alignant leurs comportements sur ceux du monde marchand, n’envisagent d’assurer la survie de notre espèce que dans une perspective purement commerciale : en termes de « droit à polluer » ou de « droit à détruire », chacun de ceux-ci ayant un prix que le marché aura l’obligeance de déterminer. »

 

 

Paul Jorion, Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016)

 

 

Liberté d'expression

 

« En février 2011, lors d'une conférence de presse à Washington, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a annoncé de nouvelles mesures de son gouvernement afin de promouvoir la liberté d'expression à travers le monde. Au fond de la salle, Ray McGoven - un ancien analyste de haut rang à la CIA devenu pacifiste non violent - lança une brève et silencieuse protestation. Portant un t-shirt estampillé "Vétérans for peace", il tourna le dos à Clinton et regarda le mur. Deux hommes de... forte carrure, dont l'un était en civil, se jetèrent sur lui et le précipitèrent brutalement hors de la salle. Une fois à l'abri des regards, ils le frappèrent si violemment que son corps fut couvert de blessures et ses habits ensanglantés. Après avoir été menotté et retenu à un poste de police pendant 3 heures, il fut libéré et dut se rendre à l'hôpital, où on l'informa qu'en tant que victime d'une agression, il lui appartenait de prévenir... la police de Washington ! »

 


Peter Dale Scott, L'Etat profond américain (2015)

 

 

Quand la « gauche » proposait et votait la préférence nationale :

 

« Qui publièrent et appliquèrent les décrets lois instaurant, sous peine d’amende, la priorité d’embauche pour les français, l’arrestation, l’expulsion ou l’internement en camp (Gurs, Pithiviers, Beaune-la-Rolande) des étrangers en situation irrégulière ou entrés en fraude sur notre territoire ? … le gouvernement d’Edouard Daladier, avec une Assemblée de Front populaire à majorité socialiste et radicale, le 13 avril 1938 et le 5 octobre de la même année. »

 

Roger Holeindre, 1935 / 2015… 80 ans de mensonges et de calomnies… ça suffit ! (2015)

 

 

« Le premier paramètre garantissant un pouvoir égalitaire au sein d'une communauté est sa démarcation : elle cerne le lieu du pouvoir et oblige ceux qui s'y trouvent à le partager. La frontière s'entend alors comme outil de désignation, de cohésion et d'organisation. Elle exprime le droit pour un groupe d'être souverain chez lui, ce qui est la condition élémentaire de son indépendance. De l'Athènes de l'Antiquité à Kronstadt en 1921, en passant par Kiev au Moyen-Age, il en a toujours été ainsi pour marquer le territoire de la démocratie. Pénétrer l'enceinte bornée, c'est être concerné par ce qui s'y passe. Les règles du lieu de vie, qu'il soit temporaire ou définitif, sont établies dans un intérêt commun à tous. Franchir la frontière, c'est signer le contrat démocratique, partager le pouvoir avec les autres. [...] Comment peut-on aujourd'hui se réclamer à la fois de la démocratie et d'un monde sans frontière qui, tel un Léviathan, intégrerait tout dans son infinie démesure ? Et n'Est-ce pas l'essence même de la mondialisation, que d'anéantir les boucliers de notre autonomie ? Boucliers qui ne font que freiner cette circulation hégémonique des valeurs morales corrompues, des capitaux travestis, des modèles de consommation nous abrutissant toujours plus. Cette mondialisation, qui n'a de cesse d'uniformiser notre servitude, ne cherche qu'à s'étendre en abolissant toutes les frontières jusqu'à sa dictature universelle. »

  

 

Démocratie radicale contre diktacratie, diktacratie.com (2014)

 

  

 Lobby

 

 « Le "lobby", cet anglicisme, désigne un groupe organisé exerçant une influence sur le pouvoir législatif à des fins politiques, économiques ou sociales. Il agit de concert auprès des pouvoirs publics et de l’opinion publique pour faire voter des lois et autres réglementations qui favorisent ses propres intérêts. La forme que peut avoir un lobby peut aller d’une simple association de voisins mélomanes promouvant la pratique de la flûte à bec à l’école primaire, à une organisation professionnellement structurée, financièrement solide, dotée de puissants relais médiatiques, qui pèse sur la politique étrangère du pays le plus puissant de notre Monde. Cette organisation, c’est l’AIPAC, le principal lobby sioniste et pro-israélien aux Etats-Unis d’Amérique. Un lobby dont la tâche essentielle est de promouvoir les vues israéliennes en matière géopolitique auprès de la classe politique américaine et par suite, d’orienter la politique étrangère américaine au profit d’Israël. Un lobby qui s’est d’ailleurs à l’origine construit avec les deniers et l’appui… d’Israël. »

 

 Lectures au peuple de France (2014)

 

  

 "C'est un fait que le dispositif institutionnel du gouvernement représentatif laisse aux gouvernants une certaine autonomie de décision vis-à-vis de la volonté de leurs électeurs. Les régimes représentatifs n'admettent pas, ou même interdisent explicitement, deux institutions qui priveraient les représentants de toute indépendance : les mandats impératifs et la révocabilité permanente des élus. Aucun des gouvernements représentatifs mis en place depuis la fin du XVIIIe siècle n'a autorisé les mandats impératifs, ni reconnu la validité juridique des instructions données par les électeurs. Aucun n'a, non plus, durablement institué la révocabilité permanente des représentants.

En France, les députés des états généraux étaient porteurs de mandats spécifiques (les cahiers de doléances). Une des premières décisions de l'Assemblée nationale fut d'interdire, dès juillet 1789, la pratique du mandat impératif. Cette décision ne devait  jamais être remise en cause, ni pendant la Révolution, ni après. En 1973-1974, une partie du mouvement Sans-Culotte fit pression pour que les élus fussent révocables de façon permanente et discrétionnaire par les assemblées de base. Le projet de constitution présenté à l'Assemblée prévoyait une telle révocabilité. Celle-ci ne fut finalement pas instituée."

 

 

Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif.

 

 

 

« La simple logique du droit égalitaire conduit ainsi à ouvrir un espace spécifique – fondé sur la revendication de ce qui est dû inconditionnellement à chacun – au sein duquel le don et la morale sont nécessairement neutralisés ou mis entre parenthèses. La logique du don repose en effet sur le sentiment jusqu’ici universel que le « retour » d’un présent offert ou d’un service rendu ne peut jamais être garanti et, encore moins, exigible comme un dû (c’est-à-dire comme un droit). Elle implique, au contraire, cette liberté essentielle que l’autre a de ne pas rendre – et donc ce « droit à l’ingratitude » – qui, seule, peut donner un sens humain à l’éventuel « contre-don » et fonder ainsi, entre les partenaires de l’échange symbolique, des rapports d’amitié (ou d’alliance et de coopération) véritablement personnalisés et basés sur la confiance réciproque. Dans ces conditions, une société qui entendrait étendre à l’infini cette sphère impersonnelle et anonyme des relations purement juridiques et abstraites ne peut évidemment conduire qu’à dissoudre un peu plus (et sur un mode parallèle à celui qui gouverne simultanément la marchandisation continuelle des activités humaines) l’essence même de la vie quotidienne et des relations en face à face qui en constituent le principe. Une famille, par exemple, dans laquelle les parents ne songeraient à nourrir leurs enfants (ou à leur donner une éducation) que parce qu’ils y sont « juridiquement obligés » (ou dans laquelle ces parents n’envisageraient le « devoir conjugal » que comme une prestation imposée par le contrat de mariage) cesserait à coups sûr d’être une famille au sens humain du terme. »

 

 

Les mystères de la Gauche, Jean-Claude Michéa (2013)

 

 

  

Prédateur

 

"Lors d'une émission télévisée, on demandait à un homme devenu très riche s'il ne se sentait pas prédateur ; invoquant la lutte des espèces pour survivre, il prétendit appliquer simplement la règle établie par la vie. Cette question absolument fondamentale a été éludée : il aurait fallu remontrer à ce monsieur que la prédat...ion humaine n'est pas de même nature que la prédation des espèces animales. Quand un lion mange une antilope, il se contente de cette offrande de la vie. Il n'a ni banque, ni entrepôt d'antilopes. C'est pourquoi l'on peut voir sur certaines photographies le lion s'abreuver à côté du zèbre, de l'antilope ou de toute autre espèce dont il est le prédateur ; dès lors que la nécessité de s'alimenter ne se fait pas sentir, ils peuvent boire à la même mare, même s'il arrive que certains prédateurs saisissent cette occasion, qui facilite leur prédation."

 

 

Pierre Rabhi, vers la sobriété heureuse (2014)

 

« Il n’est pas certain que dresser l’acte d’accusation de l’histoire nationale soit le plus incontestable témoignage d’une disposition post-national. Ni que le reparcours de la longue série des crimes, colonisation, massacres, agressions extérieures, répressions intérieures, tous commis au nom de la nation, crimes se croyant autorisés d’une supériorité identitaire, ou civilisationnelle, il n’est pas certain, donc, que ce reparcours par les nationaux mêmes de la nation criminelle, signifie comme ils le croient parfois une irréversible rupture d’avec « leur » nation. Il se pourrait même, paradoxalement, que la violence de leur critique soit plutôt le symptôme du contraire de ce qu’elle veut donner à entendre : car la vraie rupture, ce serait l’indifférence, la critique égale et généralisée des méfaits de toutes les nations, sans égard pour l’une d’entre elles en particulier, quand leur nation leur inspire à l’évidence un supplément de véhémence en soi significatif.

  

Significatif, de quoi peut-il l’être sinon d’un attachement persistant qui intensifie tous les affects, et trahit le prolongement d’une appartenance quand bien même elle se proclame dans la revendication de désappartenance : ce pays dont je dis que je récuse à mesure que j’en blâme les crimes, il est, quoi que j’en dise, toujours le mien puisque ses crimes me sont visiblement plus odieux que ceux de n’importe quel autre pays. »

 

 

Frédéric Lordon, Imperium (2015)

 

 

« Plus révélateur, encore plus probant (à moins que les gouvernements s’amusent à faire des traités pour des choses qui n’existent pas !) est le traité nommé : Accord entre le gouvernement du Canada et le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique concernant l’échange de renseignements relatifs aux activités visant à modifier le temps, signé le 26 mars 1975 à Washington. Il a pour objet une coopération plus étroite entre les deux gouvernements sur tout ce qui concerne les modifications climatiques.

L’article 1 (a) est on ne peut plus explicite : « Activité visant à modifier le temps signifie toute activité exercée dans le but de produire des changements artificiels dans la composition, le comportement ou la dynamique de l’atmosphère. »

Mais le préambule (rédigé au présent) montre à quel point ces apprentis sorciers se fichent de nous quand ils nient, de concert, ce que nous voyons tous : « Conscients, en raison de leur proximité géographique, que les effets des activités visant à modifier le temps exercées par l’une ou l’autre partie ou leurs ressortissants peuvent avoir des répercussions sur le territoire de l’autre partie. Notant la diversité des activités visant à modifier le temps, exercées tant au Canada qu’aux Etats-Unis par des particuliers, par les autorités des Provinces et des Etats et par les gouvernements fédéraux… »

Non seulement, c’est bien la preuve que cela fait des décennies qu’ils nous mentent mais, en plus, apparemment, tout le monde épandait à tout-va selon ses moyens et ses besoins jusqu’à ce qu’ils réalisent que les effets de tels actes ne s’arrêtent pas aux frontières tracées par les hommes entre deux pays ! Les seuls qui n’ont pas leur mot à dire, ce sont les gens qui sont en dessous ! »

  

 

Claire Séverac, La guerre secrète contre les peuples (2015)

 

 

 

« Les traitements et les avantages multiples du personnel politique démocratique sont en général très mal connus et les chiffres ne sont pas faciles à obtenir. Le régime tend à les occulter pour la raison qu’ils sont, à juste titre, très impopulaires. Cependant ces traitements et ces avantages qui ne répondent à aucune obligation professionnelle proportionnée, sont la meilleure garantie de stabilité du régime. Non seulement la complicité du personnel politique et des fonctionnaires est obtenue sans peine, mais il se créée aussi un sentiment d’appartenance à une caste, une élite privilégiée qui se coupe du reste du monde par le fait qu’elle jouit d’un niveau de vie sans commune mesure avec le reste de la société. Rien n’est plus efficace que l’argent pour produire ce sentiment et rien ne corrompt plus vite une conscience que l’argent. Comme un être humain ne peut vivre durablement avec un sentiment de culpabilité, les favorisés du régime inventent toutes sortes de justifications pour leurs gros traitements et les multiples avantages qui les accompagnent. Pour cette même raison, ils cherchent la compagnie des uns et des autres, ou de gens très fortunés, afin de ne plus avoir constamment sous les yeux l’injustice dont ils profitent. »

 

 

Christophe Buffin de CHosal, La fin de la démocratie (2014)

 

 

Magasiner

 

« On peut mener de force des enfants à l’école ; on peut sortir de force un client d’une taverne à cause du tapage qu’il y a causé ; on peut conduire de force en prison toutes sortes de gens, des plus criminels aux plus innocents, pour les raisons les plus farfelues ou les plus judicieuses, mais on n’a encore conduit personne de force dans un magasin. Et pourtant… »

 

G.K Chesterton, Plaidoyer pour une propriété anticapitaliste (1926)

 

 

Façon de vivre

 

« Puis le père de Pablo s’arrêta, se tourna vers son fils… et pour la toute première fois, lui parla d’homme à homme :

 

  • - Pablo, tu dois savoir une chose qui guide chacun de nous dans sa vie. C’est cette chose qui me fait faire ce que je dois faire aujourd’hui. Il n’y a que deux chemins, seulement deux. Deux façons de vivre dans ce monde, deux façons de se comporter. La première, c’est d’être un bœuf. Etre un bœuf te procurera un travail, de la nourriture, un lieu pour te reposer, et peut-être même un semblant de sécurité. Mais tu resteras un animal de trait, obéissant à ses maîtres. Tu ne seras pas un Homme. L’autre chemin est celui de l’Etoile. Ce chemin-là est dangereux, car la lumière de l’Etoile dérange, et beaucoup de gens voudraient l’éteindre. Mais elle est aussi la seule qui puisse nous sortir de l’obscurité. Ce choix-là, Pablo est personnel. Personne ne pourra le faire à ta place, pas même moi. Et quoi que tu décides lorsque le moment viendra, ta décision sera respectée. Sache juste que, chaque fois qu’une personne choisit de rester un bœuf, même si nous ne pouvons pas l’en blâmer… elle nous fait redescendre d’un barreau sur l’échelle de l’Humanité. »

 

Stephanie Aten, La troisième guerre (2014)

 

 

 

 

Le conformisme 

 

« La tendance au conformisme a été étudiée par Asch dans sa célèbre expérience. On présente au sujet testé une ligne tracée sur une feuille et trois autres lignes de différentes longueurs. Le sujet doit alors déterminer celle de ces trois lignes dont la taille est identique à celle de la première. Par exemple, la ligne-étalon mesure quatre pouce et les lignes à comparer trois, cinq et quatre pouces. L’expérience se déroule en présence de compères de l’expérimentateur qui doivent également répondre à cette question. Les compères, dont le véritable sujet de l’expérience ignore le statut réel, donnent tous, lors des essais critiques, la même réponse fausse, déterminée avant l’expérience. Le sujet doit donc également donner une réponse fausse ou s’opposer à l’avis unanime du reste du groupe. L’expérience est répétée plusieurs fois, avec des lignes-étalons et des lignes à comparer différentes. Parfois les compères donnent la bonne réponse (essais neutres).

 

Près des trois quarts des sujets véritablement testés se laissent influencer lors des essais critiques et donnent une ou plusieurs réponses fausses. Ainsi, 32% des réponses fournies sont fausses, alors que la question ne présente, naturellement, aucune difficulté et que le taux de bonnes réponses en l’absence de pressions est de 92%. Il s’avère également que les sujets conformistes, interrogés après l’expérience, ont pour la plupart fait confiance à la majorité et ont décidé de se ranger à son avis, malgré l’évidence perceptive. Leur principale motivation est un manque de confiance en eux-mêmes et en leur propre jugement. D’autres sujets se sont conformés à l’opinion du groupe pour ne pas paraître inférieurs ou différents. Ils n’ont alors pas réellement conscience de leur comportement. Enfin, la perception d’une petite minorité des sujets testés a été modifiée ; ses membres ont vu les lignes telles que la majorité les décrivait. Ajoutons que le sujet n’encourait aucune sanction en cas de réponse fausse tout comme, dans l’expérience de Milgram, rien ne s’opposait à ce qu’il arrêtât l’expérience. »

 

Pascal Bernardin, Machiavel pédagogue, (1995)

 

 

 

Néoconservateurs

 

« C’est dans l’administration de George W. Bush (2001-2008) que les néo-conservateurs ont gagné leur notoriété en tant qu’architectes de la lamentable invasion de l’Irak. Le principal penseur derrière cette guerre était le sous-secrétaire à la Défense de Bush, Paul Wolfowitz, dont la doctrine découle de quelques idées simples. Tout commence par l’affirmation que « les démocraties ne font pas la guerre entre elles », une notion a priori qui doit sa prétendue crédibilité à l’astuce d’étiqueter automatiquement nos adversaires comme des « dictatures ». Il s’ensuit que pour avoir la paix, il faut faire la guerre contre les dictatures pour les transformer en « démocraties ».

Qu’on le veuille ou non, en 1999, la Serbie était tout aussi « démocratique » que tout autre pays de la région et Slobodan Milosevic avait été élu à plusieurs reprises dans des élections pluripartites parfaitement « démocratiques ». Il n’a dû sa promotion au rang de « dictature » qu’au fait que les Etats-Unis et l’OTAN ont bombardé son pays.

Grâce à ce syllogisme implanté dans la doctrine de la politique étrangère des Etats-Unis, M. Wolfowitz et compagnie ont pu convaincre George W. Bush que la façon de résoudre l’impasse du Moyen-Orient était de supprimer les « dictateurs » entourant Israël. Les Etats voisins deviendraient ainsi des « démocraties » et à ce titre devraient naturellement faire la paix avec Israël démocratique.

Les néo-conservateurs doivent leur suprématie à leur capacité à promouvoir une vision du monde cohérente qui satisfait le complexe militaro-industriel, le lobby pro-israélien très influent au Congrès, et une grande partie de l’opinion « de gauche » (notamment dans l’industrie des médias et du divertissement) qui adoptent avidement la défense des « droits de l’homme » dans le monde comme justification légitime de l’intervention américaine dans les autres pays. »

 

 

Diana Johnstone, Hillary Clinton, la reine du chaos (2015)

 

 

Le texte suivant n’a pas pour objet de participer à l’improductif concours victimaire, mais bien de prendre un peu de hauteur en donnant à montrer que l’esclavage fut malheureusement une des choses les plus partagées de l’histoire humaine, et ce, quelle qu’en soit la pigmentation. En outre, nous rappelons à bon escient que la culpabilité n’est pas héréditaire…comme le mérite d’ailleurs :

 

 

« Jusqu’à aujourd’hui, la France, disons plutôt l’Etat français ne reconnaît que deux génocides : celui de l’Allemagne d’Hitler contre les Juifs et celui des Arméniens par les Turcs en 1895-1896 et 1915-1916. Ce sont des crimes commis à l’étranger par des puissances étrangères et des régimes politiques qu’il convient de dénoncer. Pour la France et son passé, les législateurs demeurent plus circonspects. Si hésitants même qu’on les pourrait croire mal renseignés, peu attentifs ou bien mal inspirés pour conduire leurs lectures. Ils ne savent rien de la sinistre campagne du Palatinat au temps de Louis XIV : pays à feu et à sang pour seulement faire souffrir, villes et campagnes ravagées. Rien non plus de la Terreur à Paris et des massacres à Nantes et à Lyon. Les travaux de Reynald Secher sur les guerres de Vendée, enquêtes solides, indiscutables et appréciées de tous les spécialistes ont valu à son auteur de n’être jamais élu par les conseils ou commissions de nos universités indépendantes pour y tenir une chaire de professeur.

 

L’Etat français a décidé qu’on ne pouvait charger de telles responsabilités un homme qui démontrait l’existence d’un génocide vendéen, génocide non de hasard, sous le coup des combats mais programmé par les responsables politiques du moment. Vous pouvez publier les instructions de la Convention et du Comité de Salut Public, tous les procès-verbaux des généraux républicains qui revendiquaient haut et clair ces crimes abominables, rien n’y fait. Pas de génocide au nom de la République.

 

La seule condamnation prononcée contre des Français le fut par la loi votée en Assemblée Nationale le 10 mai 2001. Il faut dire que l’on prenait bien soin de remonter à l’Ancien Régime et de bien cibler l’accusation. Ce fut contre l’esclavage reconnu « crime contre l’Humanité ». Démarche certes audacieuse si l’on considère que, dans un passé plus ou moins lointain, tous les peuples, toutes les communautés ethniques et religieuses qui forment cette humanité ont pratiqué l’esclavage et commis le crime. Il n’est pas certain que nos élus aient, un seul instant, pris mesure de leur ignorance et n’aient agi que par manque de réflexion et niaiserie humanitaire. L’important était, comme toujours, l’effet d’annonce. Les sénateurs, mieux conseillés peut-être, ont rectifié et mieux précisé une condamnation qui, bien trop générale, risquait de faire de la peine à nos peuples amis d’Afrique et d’Asie. Ils décidèrent que n’était crime contre l’humanité que les traites négrières. Personne ne devait s’y tromper, on ne voulait parler que des Français et des Anglais, seuls responsables du « dépeuplement de l’Afrique ».

 

Fruit d’une simple gesticulation politique, ces lois partisanes, qu’aucun autre pays n’avait encore songé à faire voter par de doctes assemblées, ne faisaient que donner l’autorité d’un acte public, à une vue grossière et fallacieuse des faits, imposés depuis longtemps contre toute vérité historique, contre toute évidence même. Pour ne déplaire à d’autres nations et, tout particulièrement, par souci de ne charger les pays d’Islam de quelque péché que ce soit, on ne voulait, par une sorte de consensus, parler que des Noirs arrachés à leurs racines et tenus en servitude par des Blancs. On se gardait aussi de dire que ces esclaves étaient razziés et vendus aux trafiquants par d’autres Noirs et que ces razzias et toutes formes d’esclavage étaient pratiquées, sur une très grande échelle, dans ces pays du « Soudan » bien avant l’arrivée des Européens.

 

C’est aussi ne rien vouloir savoir de l’esclavage entre Blancs qui, dans l’ancien monde, de l’Orient à l’Occident, remontait à des temps très anciens et s’était maintenu en divers pays pendant des siècles. Nos sénateurs n’avaient jamais admiré les groupes d’esclaves sculptés par Michel Ange, tous Blancs. Ni ceux du piédestal de la statue d’Henri IV sur le Pont-Neuf, œuvre de Pierre Francheville. Et pas davantage les bas-reliefs du monument à la gloire de Louis XIV, sculpté par Martin Desjardins, que l’on peut admirer sur la place des Victoires ou le célèbre Cheval arrêté par les esclaves où Géricault (Musée de Rouen) montre trois esclaves Blancs parfaitement distincts. Dès les premiers temps, avant de fréquenter les marchés d’au-delà des déserts d’Afrique, les Arabes, les Egyptiens et les Musulmans en général ont razzié ou acheté des esclaves blancs dans tous les pays conquis. Les guerres, la piraterie et les chevauchées entre Chrétiens et Musulmans, sur mer et sur terre, jetaient en servitude des troupes d’hommes, de femmes et d’enfants tous blancs. De l’an mil ou environ, jusqu’aux dernières décennies du XVe siècle, les villes de Catalogne, de Provence, d’Italie surtout, comptaient un grand nombre d’esclaves domestiques, captifs de guerre ou achetés en Orient, à Constantinople où à Chio et dans les ports de la mer Noire.

 

Ces escroqueries intellectuelles sont délibérément préparées puis imposées par une volonté politique qui décide de ses choix et prétend, au nom d’une idéologie, d’intérêts immédiats, d’une complaisance diplomatique, écrire et réécrire l’Histoire. Il n’était nul besoin d’une loi. L’Etat tenait depuis longtemps l’opinion bien en main, pesant par toutes sortes de moyens, imposant le correct, ou plutôt le « conforme », à tous moments, sans crainte d’échouer. Que plusieurs ouvrages de qualité, solidement documentés, accessibles depuis des années, disent le contraire ou prennent soin de compléter, est sans importance. Sont seuls coupables de crimes les armateurs et marchands de France et d’Angleterre, les financiers d’avant le Révolution. Et l’on fait croire que Nantes, la Rochelle, Bordeaux et Bristol n’ont connu de réelle prospérité que par ce trafic infâme. Et l’on parle à peine des Portugais bien plus actifs, petites gens, Juifs et Lusitaniens du Cap Vert et de Sao Tomé qui furent les pionniers puis, de très loin, les principaux acteurs de la traite. Et pas du tout des Américains du Nord qui ne se contentaient pas de voir s’ancrer dans leurs ports les navires négriers de France ou d’Angleterre mais à Newport et à Charleston armaient régulièrement des dizaines de bâtiments pour la côte d’Afrique et embarquaient, pour le troc, des centaines de tonneaux de rhum, produits des distilleries qui, installées sur la côte même, ne travaillaient que pour la traite africaine. Quant aux Musulmans, mieux vaut se taire : ce serait du racisme. »

  

 

Jacques Heers, l’Histoire assassinée (2006)

 

 

  

La "valeur"...

 

Savez-vous vraiment ce qu'est la valeur ? Avez-vous réfléchi au poids de ce mot que vous utilisez ; moins souvent, il est vrai, vous préférez le mot "richesse". La France de plus en plus riche, l'entreprise productrice de richesse...

 

Vous croyez-vous sincèrement  autorisés à utiliser le mot "richesse" ? Savez-vous que les déchets, la transformation des forêts en latérite, les bidonvilles qui ceinturent les villes à la place des campagnes, la dépense d'essence dans les embouteillages, la mutation de l'eau en poison, l'agrandissement du trou d'ozone son de la "richesse" ? Car il y aura bientôt des marchés de gaz a effet de serre, avec une offre, une demande, des prix, donc de la richesse!

 

Savez-vous que plus l'eau devient rare, dégueulasse, donc chère, plus les hommes s'"enrichissent" dans votre système ? Que plus le monde est empoisonné, plus il est riche, par simple effet de rareté ?

 

 

Bernard Maris, Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles (1999)

 

 

 Election, une parodie de choix

 

« L’électeur n’est pas là pour choisir le Président de la République. Il a simplement pour rôle d’apporter une légitimité démocratique à un candidat jugé acceptable par la superclasse mondiale pour représenter ses intérêts en France. Il n’y avait plus de vrai choix au second tour des élections présidentielles en 2012. Nicolas Sarkozy et François Holland étaient d’accord sur l’essentiel : sur les règles bureaucratiques de l’Europe de Bruxelles, sur la soumission des lois françaises aux juges des Cours européennes de Strasbourg et de Luxembourg, sur l’intégration militaire à l’OTAN, sur l’acceptation des règles du libre-échangisme mondial voulu par l’OMC, sur l’abandon de la souveraineté monétaire à la Banque centrale européenne. »

 

Jean-Yves Le Galou, Polémia (2012), cité par Christophe Buffin de Chosal, La fin de la démocratie (2014) 

 

 

Pompier-pyromane

 

« Après le 11 septembre 2001, Donald Rumsfeld (Secrétaire américain à la Défense) affirma que Saddam Hussein se montrait si dangereux qu'il fallait s'en débarrasser. Mais, c'est le même Rumsfeld qui s'était rendu à Bagdad en 1983 pour rencontrer Saddam Hussein au nom de l'administration Reagan-Bush et négocier avec lui la vente d'armes chimiques et biologiques de fabrication américaine. Information qui figure dans les dossiers déclassifiés du département américain, rendus publics en 2002. La rencontre Hussein-Rumsfeld, marquée par une chaleureuse poignée de main immortalisée par les caméras, entrait dans la politique Reagan-Bush de coopération étroite avec le dictateur irakien. Ces mêmes documents révèlent que les Etats-Unis étoffèrent l'approvisionnement de Saddam en armes alors même que le dictateur avait déjà utilisé les gaz mortels fournis par les Américains contre les Kurdes en 1987 et 1988. Georges Bush junior et Tony Blair n'ont eu de cesse de justifier l'invasion en Irak en 2003 par l'affirmation de l'usage par Saddam d'armes chimiques "contre sa population", en passant sous silence que ce sont l'Amérique et la Grande-Bretagne qui les lui avaient fournies. De plus, Rumsfeld était membre du conseil d'administration de la société d'ingénierie ABB quand elle approvisionna en armements nucléaires la Corée du Nord en l'an 2000. Rumsfeld fut impliqué dans la fourniture même des "problèmes", à l'origine des protestations, qui rendirent nécessaire la riposte en Irak et en Corée du Nord."

 

 

Le guide David Icke de la conspiration mondiale (2012)

 

 

« La justice, nous dit Aristote, réside dans la bienveillance mutuelle et l’équité des accords. Cela est valable non seulement pour l’époque d’Aristote, mais pour toute autre époque. Car, dans cette pensée nous avons à faire à la substance des valeurs d’ordre universel. Nous trouvons de la même manière cette substance dans l’idée de Confucius selon laquelle il faut agir avec les autres comme nous aimerions qu’ils agissent avec nous. C’est la célèbre règle d’or, valable pour toutes les époques et toutes les civilisations. A l’inverse, le principe selon lequel tu dois aimer ton prochain comme toi-même (Lévitique 19, 18), n’est valable qu’au sein des communautés particulières. En effet, le prochain se différencie du lointain, comme le semblable se différencie du dissemblable. Ce n’est donc pas un hasard si ce principe trouve sa source dans une communauté qui se considère comme « un peuple qui demeure à part et qui n’est pas compté parmi les nations » (Nombres : 23, 9). »

 

Norman Palma, La guerre des Amériques (2015)

 

 

 

Hollywood

 

"La question est bien là dans le caractère prescriptif des fictions hollywoodiennes et de leur fonction de légitimation d'actes anticonstitutionnels ou tout simplement immoraux. L'invention d'un modèle de société dans lequel les agents fédéraux, réels ou fictifs, doivent disposer d'une autonomie d'action suffisante pour protéger efficacement la population n'est rien d'autre que l'instauration d'un état d'exception permanent qui, ne trouvant plus sa légitimité dans le droit et la Constitution, la cherche et la trouve dans la fiction.

S'il en fallait une preuve, Antonin Scalia, juge à la Cour suprême des Etats-Unis et donc chargé du respect de la Constitution, l'a apportée en juin 2007, lors d'un colloque de juristes à Ottawa : il a alors justifié l'usage de la torture en se fondant non pas sur l'analyse de textes juridiques, mais sur  l'exemple de...Jack Bauer ! Evoquant la deuxième saison de la série, au cours de laquelle on voit le héros sauver la Californie d'une attaque nucléaire grâce à des informations obtenues au cours d'"interrogatoires musclés", il n'a pas craint d'affirmer : "Jack Bauer a sauvé Los Angeles, il a sauvé des centaines de milliers de vies. Allez-vous condamner Jack Bauer ? Dire que le droit pénal est contre lui ? Est-ce qu'un jury va condamner Jack Bauer , Je ne le pense pas. Ainsi la question est vraiment de savoir si nous croyons en ces absolus. Et nous devons y croire."

 

Qu'un juge éminent de la Cour Suprême, l'institution qui est en principe le garant de la constitutionnalité des lois et des actes de l'exécutif, prétende se fonder sur une série télévisée pour juger de la validité des pratiques de torture condamnées par le droit international, instaurant ce qu'il faut bien appeler une "jurisprudence Jack Bauer", indique à quel point en est arrivé la dérive institutionnelle de l'Administration Bush."

 

 

Christian Salmon, Storytelling (2007)

 

 

Influences ?

 

« L'indépendance financière est le critère officiel le plus déterminant chez nos homologues européens pour donner droit à la représentativité des organisations syndicales. On considère partout que ce sont les cotisations des adhérents qui leur permettent d'assurer cette indépendance. Or, en France, il y a déjà longtemps qu'on ne se soucie plus beaucoup d'aller vendre les timbres aux cotisants. Résultat, aucune des cinq centrales ne jouit de l'indépendance requise par le Code du travail. Les entreprises et l'Etat sont les financeurs, des créanciers qui, dans le premier cas, ne sont pas des philanthropes et procèdent de façon aussi occulte qu'illégale. Se demander quelle raison les pousse à faire ces versements à leurs adversaires historiques devrait être pour le moins naturel, mais la question reste pourtant taboue. Dans le cas des financements publics, on peut douter aussi que les gouvernements y consentent sans exiger de contreparties.

Les syndicats français se contentent donc de puiser 15 à 50% de leurs ressources dans les cotisations.

La loi de 1884 a accordé aux syndicats le privilège de ne pas être tenus à la transparence de leurs comptes. L'intention du législateur était officiellement de les soustraire aux tentations des gouvernants et des employeurs de consulter les listes d'adhésion et d'exercer des pressions pour les neutraliser...

Le comble est que cette loi a précisément permis l'inverse : en autorisant l'opacité des budgets, elle a ouvert la voie aux gentils financeurs et aux pratiques de gestion les plus aliénantes.

Question de pure curiosité : combien de temps a-t-il fallu au patronat pour prendre conscience de la brèche ouverte par la loi de 1884 et s'y engouffrer ? La réponse avait été donnée avant même que la question nous vienne à l'esprit. Souvenons-nous, c'était en 2007 : "Les financements ont toujours existés. Dès 1884, il y a eu une caisse qui alimentait les syndicats", confessait alors l'ancien patron des patrons, Yvon Gattaz, à la Brigade financière et aux journalistes dans le cadre de l'affaire Sauvagnac."

 

L'argent noir des syndicats, R. Langlet, J-L Touly, C. Mongermont  

 

 

 

Extrait d'un discours (1987) de Thomas Sankara, alors chef d'Etat du Burkina Faso, sur la dette, face aux autres chefs d'Etats africains. Thomas Sankara mourra assassiné trois mois plus tard... 

 

 "Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement.

Et je voudrais terminer en disant que nous pouvons rassurer les pays auxquels nous disons que nous n'allons pas payer la dette, que ce qui sera économisé n'ira pas dans les dépenses de prestige. Nous n'en voulons plus. Ce qui sera économisé ira dans le développement. En particulier nous éviterons d'aller nous endetter pour nous armer car un pays africain qui achète des armes ne peut l'avoir fait que contre un Africain. Ce n'est pas contre un Européen, ce n'est pas contre un pays asiatique. [...]

Décidons de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains. Produire en Afrique, transformer en Afrique et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l'importer.

 

Le Burkina Faso est venu vous exposer la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabè. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n'y a pas un seul fil qui vienne d'Europe ou d'Amérique. Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C'est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes."

 

 

Souverainisme

 

«  Le souverainisme c’est la défense du primat du pouvoir légitime sur les pouvoirs de fait, selon la vieille dialectique où s’inscrivit toujours la politique française dans ce qu’elle a de plus constant : la défense, vis-à-vis de l’extérieur, de la souveraineté de la nation face aux hégémonies et aux empires, et, à l’intérieur, l’affirmation de la souveraineté de l’Etat face aux féodalités de tous ordres, ainsi que l’illustration d’une civilisation originale dans un monde qui tend plus que jamais à nier l’originalité et la diversité des peuples. »

 

 

Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (2015)

 

 

Erreur de conversion

 

« Actuellement nous savons que l’unité de mesure employée par Eratosthène (-276 à -194) pour calculer la circonférence de la Terre (40 000 km) était le stade, 157,5 mètres. Mais plus tard les Musulmans vont employer le mile arabe, de sorte que pour Al Farghani, la circonférence de la Terre était de 20 397,6 miles arabes. Christophe Colomb parle dans ses notes de lecture de 20 400 miles. Mais à l’époque on ne savait pas que le mile arabe n’était pas égal au mile romain. Et, c’est là que se trouve l’erreur principale faite par Colomb. En effet, le mile arabe était égal à 1 973,5 mètres, tandis que le mile italien était de 1 477,5 mètres. Ce qui fait que le futur Amiral va se tromper approximativement d’un quart de la circonférence de la Terre. En effet, pour lui la circonférence de la Terre est d’un peu plus de 30 000 kilomètres, tandis que pour Eratosthène, elle était d’un peu moins de 40 000 (à à peine quelques kilomètres prêts du chiffre exact).

L’erreur concernant les calculs sur la circonférence de la Terre empêcha Colomb de comprendre qu’il n’avait pas touché l’Asie, mais bien plutôt un nouveau continent. C’est la raison pour laquelle dans son Journal, à partir du 17 octobre 1492, il commença à parler d’indiens en référence aux populations de ces îles. »

 

Norman Palma, La guerre des Amériques (2015)

 

 

 

 Jouer avec le feux 

 

« Entre autres, les Etats-Unis susciteront les Talibans, et Oussama Ben Laden, contre l’union soviétique, avant d’affronter les Taliban et de nommer Ben Laden ennemi public numéro un. La créature se retourne toujours contre son créateur, le golem échappe toujours à la maîtrise de son fabricateur. Alors, faut-il conclure que les USA sont depuis un siècle des apprentis sorciers, ou, en d’autres termes, des imbéciles géopolitiques, de grands enfants incapables de remplacer la Grande-Bretagne dans le rôle de gendarme du monde ? C’est ce qu’il paraît difficile de croire à la longue. D’autant qu’ils jouissent des moyens de renseignement les plus puissants du monde, d’universitaires érudits, de cercles de réflexion (« think tanks ») et de revues de géopolitique où se débattent longtemps à l’avance les questions les plus graves. On doit en tirer la conséquence que, sinon les dirigeant de façade, du moins ceux qui les commanditent, savent ce qu’ils font et que cette stratégie désastreuse est voulue. »

  

Martin Peltier, 20 bonnes raisons d’être anti-américain (2015)

 

 

Influence 

  

« Quand le pouvoir fait venir à lui l’Argent, l’Argent achète le pouvoir. Il n’est donc pas étonnant que beaucoup d’hommes politiques se mettent d’eux-mêmes sous influence étrangère, notamment américaine : Alain Juppé était ainsi, le 29 avril 2015, dans l’Upper Est Side, à New York, puis le 1er mai au Rockefeller Center, pour chercher des fonds. Ses donateurs, comme le patron de la M&T bank, Robert G. Wilmers, ont confiance en lui. Il est important pour eux d’avoir, à Paris, un homme de l’OTAN, ponctuel en sa gratitude. Bruno Le Maire et François Fillon recrutent les anciens de la puissante banque américaine Goldman Sachs – Hugues Lepic et Jean-Hugues de Lamaze – pour préparer leur trésor de guerre. Cette banque ne fait rien gratuitement. C’est elle qui avait signé un chèque de 1 million de dollars à Barack Obama. C’est la banque de la Trilatérale. Quel est donc le degré de liberté de nos hommes politiques ? Pour qui travaillent-ils ? Quels sont les termes de l’échange ? »

 

 

Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (2015)

 

 

Education nationale

 

« L’éducation nationale prépare les futurs soldats de la marchandise en occultant ou en ringardisant toutes les matières d’apprentissage qui peuvent conduire au sens commun, à l’entraide, à la famille et à tout ce qui n’est pas encore marchandable. L’enfant est éduqué dans l’optique d’accepter de fait un monde individuel, égoïste, où don de soi et désintérêt courbent l’échine face à l’échange marchand, face à la plus-value. »

 

Lectures au peuple de France (2014)

 

 

L'intelligence et le savoir-faire face à la technologie

 

« Le metteur en scène Spielberg était allé voir les ingénieurs de la Silicon Valley. Il s’émerveillait des incroyables réalisations liées à l’univers technique et informatique. Il demanda alors à ces scientifiques comment étaient scolarisés leurs propres enfants. Il lui fut répondu que les chercheurs avaient monté leur propre école. Les enfants y travaillaient avec des crayons, des tableaux noirs et de la craie, et aussi des livres de lecture. Ils n’ont pas de téléphones cellulaires, ni d’iPad et autres smartphones, ni même d’ordinateurs. Un ingénieur avec ingéniosité (comme il se doit) fit ce simple commentaire. « Demain, ce seront nos enfants qui seront les maîtres du monde ! ». Avis aux amateurs et à ceux qui ont le souci du futur de leur progéniture. »

 

 

Jean-Pierre Dickès, La fin de l’espèce humaine (2015)

 

 

 

La Révolution Française selon Edmund Burke

 

« C’est bien l’alliance entre deux classes sociales sensiblement différentes qui explique la catastrophe de la Révolution française : d’un côté, les « gens de lettres politiques », de l’autre, les « nouveaux capitalistes », les grands de la finance. On comprend bien les raisons de cette alliance qui semble si étrange à première vue. Les deux parties ont au moins en commun la haine du christianisme : « La cabale littéraire avait élaboré il y a un certain nombre d’années quelque chose comme un plan de campagne en vue de la destruction de la religion chrétienne. » En outre, attaquer l’Eglise, c’est aussi attaquer le « patrimoine foncier de l’Eglise et des communautés religieuses », c’est-à-dire la propriété terrienne en tant que telle [sujet loin d’être indifférent à la communauté financière].

Mais d’où vient la force d’impact de la subversion ? Pour renverser l’ordre existant, intellectuels et usuriers ne suffisent pas. En réalité, c’est la « Taverne », la populace avinée et sanguinaire qui, bien que subalterne, est totalement partie prenante de cette attaque subversive.

Ce sont les intellectuels et, plus précisément, les intellectuels d’origine modeste et déracinés, ce sont les « nécessiteux de la plume », nécessiteux comme la canaille de la « Taverne » qu’ils n’arrêtent pas d’exciter. Sans religiosité, sans foi ni idéaux authentiques, ils appellent la canaille, dont ils font partie, à s’insurger, certes contre la richesse, mais seulement contre la richesse la plus respectable, la richesse terrienne, alors que la richesse financière est épargnée. En France, ces intellectuels « affectèrent un grand zèle pour les pauvres et pour les classes les plus basses de la société. […] Devenus une espèce de démagogues, ils servirent de chaînon pour unir, au service d’une même entreprise, l’opulence et la misère, le faste odieux des uns et la turbulence affamée des autres ».

[…] En nivelant et en banalisant tout, la Révolution française finit par valoriser une unique « différence », celle que constitue l’« argent », et donc par entériner la suprématie de la finance. »

 

Domenico Losurdo, Contre-histoire du libéralisme (2006)

 

 

Avec des citations d’Edmund Burke : Réflexions sur la Révolution de France (1790), The Works of the right honourable (A New Edition, 1826)

 

  

Souveraineté populaire ?

 

 « Depuis le début des années 1980, la bourgeoisie au pouvoir a substitué « la défense des cultes » à la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la « diversité des communautés » à la citoyenneté française, la « discrimination positive » à l’égalité républicaine, la prééminence de juges inamovibles (Etat de droit) aux législateurs élus (souveraineté populaire), la suprématie des traités, des directives et des accords transnationaux économico-financiers au libre-choix et la souveraineté politique du peuple français, des « sans-papiers », main d’œuvre bon marché de grandes entreprises, à l’universalisme républicain et, au bout du compte, le Directoire à la souveraineté populaire ! »

 

 

Jean-Loup Izambert, 56 (2015)

 

 

Humanité asexuée

 

« Si le sexe était réservé au plaisir et la reproduction impartie aux machines, via l’ectogénèse, il est évident que nous nous acheminerions alors à vitesse accélérée vers une humanité unisexe comme le mondialisme veut l’imposer notamment au travers de la théorie du gender. En effet la fonction de maternité liée au sexe féminin disparaîtrait. »

  

 

Jean-Pierre Dickès, La fin de l’espèce humaine (2015)

 

 

Président intouchable

 

« Après Louis XVI, dernier monarque absolu de droit divin et « lieutenant de Dieu sur terre », la Constitution de 1791 instaure une monarchie parlementaire qui maintient le principe de l’inviolabilité de la personne du roi (Chapitre II, section 1re, article 2 : « La personne du roi est inviolable et sacrée »). Ce principe de l’inviolabilité du chef de l’exécutif perdurera jusqu’à nos jours. Par la loi du 23 février 2007, les articles 67 et 68 ajoutés à la Constitution organisent l’irresponsabilité politique et pénale quasi-totale du Président de la République, tout particulièrement pour les actes de guerre. »

  

 

Jean-Loup Izambert, 56, tome 1 (2015)

 

 

Le plombier polonais

 

« Par l’introduction du « principe du pays d’origine », la directive édicte qu’un prestataire de services sera désormais soumis aux dispositions légales de son pays d’origine et non pas du pays où il travaille. C’est une révolution ! N’importe quelle entreprise d’intérim lettone pourra venir exercer en France, mais en restant soumise au droit du travail letton, beaucoup moins contraignant. Comment faire entendre la portée de ce bouleversement ? En lançant dans le public une métaphore pédagogique. Je cherche une expression populaire qui parlerait à tous les Français. Très vite, je pense à Fernand Raynaud : « Qui c’est ? C’est le plombier… » Eurêka ! Je claque des doigts :

- Qui c’est ? C’est le plombier polonais !

J’inaugure la formule dans la salle des Quatre Colonnes, à l’Assemblée, puis sur Europe 1. Les journaux la reprennent, elle tourne en boucle. Le plombier polonais devient, à son corps défendant, l’artisan du « non ». Toute la plomberie du « oui » des beaux quartiers est en péril. 

  

 

Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j’ai vu (2015)

 

 

Guerres hummanitaires

 

« Encore faut-il que les « guerres humanitaires » répondent à de nobles objectifs et se soldent par des bilans positifs. Quand l’OTAN a attaqué l’Afghanistan en 2001, il fallait punir Ben Laden, chasser les talibans et relooker les Afghanes. En réalité, les talibans avaient proposé de faire juger le chef d’Al Qaida par un tribunal islamique. Quant aux considérations stylistiques du Mollah Omar sur la mini-jupe, elles n’avaient pas chagriné les Etats-Unis lorsqu’ils l’avaient installé au pouvoir.

Tout ça pour quel bilan finalement ? Depuis le passage de l’OTAN, un enfant sur cinq n’atteint pas l’âge de cinq ans en Afghanistan. En 2003, après que Colin Powell ait agité une petite fiole de perlimpinpin devant le Conseil de Sécurité des Nations unies, les Etats-Unis ont renversé Saddam Hussein. On apprendra plus tard que les armes de destruction massives n’avaient jamais existé. Dix années d’occupation ont coûté la vie à plus d’un demi-million d’Irakiens. Depuis le retrait des troupes US, le pays reste livré au chaos. Chaque jour, des attentats font plusieurs dizaines de morts.

Le 1er mai 2003, George W. Bush avait déclaré : « Mission accomplie ».Ces guerres n’étaient donc pas humanitaires. Et elles n’ont fait qu’empirer la situation dans les pays visés. »

 

 

Grégoire Lalieu, jihad made in USA (2014) 

 

 

 

L’arrêt Bosman 

« C’est l’arrêt rendu le 15 décembre 1995 par la Cour de justice de l’Union européenne (dit « arrêt Bosman », du nom du joueur du FC Liège) qui a permis au capitalisme moderne de faire définitivement main basse sur le monde du football professionnel et d’achever ainsi d’en corrompre l’essence ludique et populaire.

 

Jusqu’à faire de la « glorieuse incertitude du sport » un mot désormais privé de sens pour la plupart des clubs qui n’ont plus les moyens financiers de jouer dans la cour des riches (que les riches soient des milliardaires du pétrole ou des représentants de la mafia russe). L’arrêt Bosman déclarait illégale l’interdiction faite par l’UEFA aux clubs professionnels européens d’acheter plus de trois vedettes étrangères, interdiction qui fut créée dans le but de garantir un minimum d’équité sportive. Il n’est donc pas sans intérêt de noter que tous ceux qui s’étaient mobilisés à l’époque – à l’image du gardien de but camerounais Joseph-Antoine Bell – pour soutenir avec enthousiasme cette décision désastreuse avaient généralement tenu à le faire au nom de l’ « antiracisme », de « la lutte contre toutes les discriminations » et du droit des travailleurs à une « mobilité intégrale ». Comme on le sait, c’est la même stratégie qui sera à nouveau utilisée par les libéraux lors du référendum de 2005 – le « plombier polonais » ayant simplement remplacé l’« avant-centre suédois ».

 

On a donc bien là un exemple particulièrement pur de ce mouvement désormais classique qui conduit, tôt ou tard, les belles âmes du libéralisme culturel à devoir apparaître comme les idiots utiles du libéralisme économique. C’est pourquoi je propose, en hommage à cette étrange perversion, d’appeler désormais principe de Bosman, la loi qui pousse inexorablement toute gauche moderne à vouloir toujours accomplir les basses œuvres du capitalisme à sa place. »

 

Jean-Claude Michéa, Les mystères de la Gauche (2013)

 

 

Qualité de vie 

 

« En un peu moins d'une génération, un peu plus d'une décade, ce mode de production capitaliste a totalement modifié la vie quotidienne, le genre de vie, la qualité de vie. L'urbanisme sauvage, la cité-dortoir sont le résultat d'un formidable déplacement de population. Avec, comme corollaire, la désertification des campagnes. Pour substituer au rythme rural le productivisme généralisé, l'exploitation capitaliste a désintégré la cellule familiale. C'est le lieu de l'emploi et non plus le lieu d'origine qui fixe la famille, maintenant. Une extraordinaire diaspora des régions recouvre l'hexagone. Ce qui fait que le nouveau rythme social ne dispose plus de l'unité organique famille/village, d'une temporalité apaisante, de longue durée, lente, équilibrée. A la place, deux systèmes spatio-temporels : le temps de travail et le temps de loisir. Et entre les deux, ce monstrueux cancer spatio-temporel : le temps de transport. »

Le capitalisme de la séduction, Michel Clouscard (1981)

 

La pensée d'Adam Smith trahie

 

« En fait, son argument crucial en faveur des marchés était là : dans des conditions de liberté parfaite, ils conduiraient à l'égalité parfaite. La célèbre expression de Smith "la main invisible", que tout le monde utilise totalement de travers, n'apparaît qu'une seule fois dans La Richesse des nations, et c'est dans le contexte d'un raisonnement contre ce que nous appelons aujourd'hui le néolibéralisme. Smith dit que, si les industriels et les investisseurs anglais importaient de l'étranger et investissaient outre-mer plutôt que chez eux, ce serait nuisible à l'Angleterre. Autrement dit, s'ils suivaient ce que nous appelons aujourd'hui les principes d'Adam Smith, ce serait nuisible à l'Angleterre. Mais, poursuit-il, il n'y a aucune raison de redouter ce scénario, car " à égalité de profits ou à peu près, tout marchand en gros préfèrera, individuellement, utiliser des biens produits sur le territoire national et investir dans son pays. Ainsi, comme s'il était "conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions", il conjurera la menace de ce qu'on appelle aujourd'hui le néolibéralisme. »

  

 

La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2004)

 

 

La pollution du fœtus

 

« Les bébés actuels naissent avec un certain nombre de produits chimiques dans le corps. Une étude réalisée en juillet 2005 aux Etats-Unis par l’Environmental Working Group sur la pollution du cordon ombilical des nouveau-nés par des produits chimiques montre que la situation est plus sérieuse qu’on ne le craignait. On a trouvé 287 molécules chimiques dans le sang de ces bébés. Parmi elles, 180 sont cancérigènes chez l’homme ou l’animal, 217 sont toxiques pour le cerveau et le système nerveux et 208 peuvent provoquer, chez l’animal, des malformations à la naissance. »

 

 

Sylvie Simon, dans La guerre secrète contre les peuples de Claire Séverac (2015)

 

 

 

La Guerre froide

 

« La « Guerre froide » était déjà annoncée en 1947 dans un discours du conseiller influent des présidents, le financier Bernard Baruch, qui agita la prétendue menace communiste comme argument contre la vague de revendications ouvrières d’après-guerre. Baruch en appela à l’unité entre travail et capital, à des semaines de travail plus longues, exigea la promesse des syndicats de ne pas faire de grève, car « aujourd’hui nous sommes au milieu d’une guerre froide ».

La « menace soviétique », largement inventée, et en tous cas exagérée, fut utilisée à la fois pour pomper des crédits du Congrès pour le pentagone et pour apprivoiser le mouvement syndical, en utilisant la culpabilité par association de certains syndicats avec un Parti communiste des Etats-Unis, qui n’a jamais représenté une menace, sinon pour la ségrégation raciale dans le Sud, ségrégation qu’il a continué à combattre dans la clandestinité. »

  

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015) 

 

 

L'OTAN et les femmes

 

 

« Le problème avec l’Afghanistan, c’est que, pour des raisons qui restent à éclaircir, certaines ONG occidentales célèbres ont renforcé d’une certaine manière la propagande des Etats-Unis. Ainsi en 2012, Amnesty International a édité des affiches « NATO : keep the progess going » (OTAN, continuez le progrès) à propos des droits des femmes. Parallèlement, le George W. Bush Institute collectait des fonds pour promouvoir les droits de la femme.

Or cette façon de justifier l’invasion de l’Afghanistan était pure propagande : d’abord, les Etats-Unis ont renversé le seul gouvernement afghan qui avait fait quelque chose pour la condition féminine [le gouvernement Taraki, fin des années 1970] ; ensuite, l’invasion US a eu des résultats catastrophiques pour les femmes. Aujourd’hui, une Afghane n’a qu’une chance sur vingt d’aller à l’école secondaire (7ème plus mauvais résultat mondial), elle aura en moyenne six enfants (3ème pire résultat) et son espérance de vie est seulement de 49 ans. Pour une guerre « humanitaire », ce n’est pas très réussi. Et c’était pourtant le grand argument pour « vendre » la guerre en 2001 : protéger les femmes afghanes. Du markéting pur et simple. »

 

Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)

 

 

 

 Médecine par les plantes

 

« En France, les techniciens de la médecine sont parvenus à faire voter une loi (1941) imposant la fermeture des écoles d'herboristerie. Plus personne n'est aujourd'hui habilité à enseigner la médecine par les plantes aux jeunes générations, et celui qui cherche à aider ses semblables en leur enseignant certaines de ces connaissances, court le risque d'être accusé d'exercice illégal de la médecine. »

 

Günther Schwab, La danse avec le diable (1958)

 

 

Spéculation sur les denrées agricoles

 

« En 2008, le premier courtier mondial, Cargill, attribua les 86 % de hausse de l’indice des denrées agricoles au « commodity trading » aux mouvements financiers. Le marché du blé, du maïs, etc, n’avait guère changé. Ce qui avait changé, ce sont les centaines de milliards de dollars qui s’étaient portés sur ce marché faisant exploser les prix et laissant à prévoir des gains plus gros encore. »

 

Hervé Juvin, Le mur de l’ouest n’est pas tombé (2015)

 

 

 Valeur

 

« Dans la plupart des langues, le terme valeur désigne « ce pour quoi on est digne d’estime sur le plan moral, intellectuel, physique, etc. », « ce qui est posé comme vrai, beau, bien, selon des critères personnels ou sociaux, et sert de référence, de principe moral ».

Depuis le XIIIe siècle, le mot valeur désigne également le caractère mesurable d’un bien en tant qu’il est susceptible d’être échangé (la valeur d’un bijou, la valeur marchande, la valeur ajouté ou d’échange). Quelques siècles plus tard, tout se passe comme si le langage économique avait ramené toutes les valeurs à la seule valeur d’échange. Les êtres humains, les manifestations de la vie, la nature, la terre, les objets : tout est désormais défini et évalué par rapport à une échelle de prix. C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, par exemple, le salaire net de l’individu, le nombre et la marque de ses voitures, le montant de la cotisation à son club sont les seuls critères de son « évaluation » : What is your worth ? (Combien valez-vous ?, c’est-à-dire Quel est votre salaire annuelle ?). »

 

Majid Rahnema, Quand la misère chasse la pauvreté (2003)

 

Gourou

 

« Lorsque l'expert est insuffisant, ou trop pusillanime, on sort l'"oracle" ou le "gourou". L'expert envie l'oracle, car celui-ci ne fait référence à rien. Ni à un savoir, ni à une réalité, des données, des modèles, des statistiques ou autres choses ennuyeuses. Il se situe d'emblée dans l'Avenir, la Confiance et le Destin. Bref, la métaphysique. Comme à Delphes, "il ne dit pas mais fait signe". A vous de vous démerder.

George Soros est un oracle. Il impressionnait beaucoup de monde parce qu'il avait spéculé contre la livre en 1992 et fait sortir celle-ci du SME, en gagnant une paire de milliards de dollars. On le prit un peu moins au sérieux quand on sut, en juillet 1998, qu'il s'était fait plumer de plus du double en spéculant contre le rouble. Peu importe. Il continue de dire l'avenir, qu'il ne voit pas plus qu'un autre, la preuve, il perd plus que les autres. Même ruiné, il expertisera toujours, ne serait-ce que sa propre ignorance, pourrait-il la vendre, une fois expertisée. Alors que l'expert est constamment ridicule, l'oracle est toujours ironique est solennel. Il ne commet plus d'erreurs. Il est l'horoscope, qui satisfait toujours tout le monde, l'amant et le cocu en même temps. Il sait qu'il ne sait rien, comme Socrate, sacré oracle de son temps, ou comme Friedman, Barre, Attali, d'autres qui se sont fait une spécialité de cette sorte d'"ignorance supérieure". »

  

 

Bernard Maris, Lettre ouverte aux gourous de l'économie (1999)

 

 

 

 

 

 

Trahison

 

« Notre stock d’or a fondu grâce à Nicolas Sarkozy et le contrôle de nos banques privées et Centrale (de notre porte-monnaie donc) donné à Bruxelles. Et nos ministres, comme notre président, ne disposent plus d’aucun véritable pouvoir, obligés de gesticuler, pour faire oublier qu’ils ne sont plus que des marionnettes. Grâce à un nouveau traité, ou accord, mis au point par Alan Greenspan et Larry Summers de la Fed pour contrôler l’or des pays qui allaient entrer dans la zone euro, la France sera encore plus affaibli. Ce traité, présenté comme « élément important des réserves monétaires globales » (sic), les obligeait, ni plus ni moins à le vendre ! Pire, à avertir les marchés d’avance ! Du jamais vu !

Le plus extraordinaire est que la toile tissée par la CIA et la NSA fut si bien maillée que les hauts fonctionnaires des banques centrales de l’Autriche, Italie, Belgique, Finlande, Hollande, Suède, Irlande, Espagne, Angleterre, Luxembourg, Suisse (pas membre de l’UE pourtant), Portugal et France signèrent à deux mains Dans le plus grand secret (aucune communication au public) en 1999 à Washington, en marge d’une réunion du FMI. […]

Et pour être certain de bloquer toute volonté des Européens à se remettre à stocker des lingots d’or (et donc à déclencher une hausse du cours), il va de soi que la CIA et la Federal Reserve se sont débrouillés à ce qu’un nouvel accord soit signé avec toutes les Banques Centrales. Chose faite en mai… 2014 avec entrée en vigueur le 27 septembre 2014 !

En clair : tant que les pays européens utiliseront de la monnaie de singe adossé au dollar, ils resteront les esclaves monétaires des Américains et de la Federal Reserve.»

  

Pierre Jovanovic, 666 (2014)

 

 

 

Des sous-hommes

 

« Car c’est de cela qu’il s’agit maintenant : pas seulement endoctriner l’homme, les arguments d’un côté et les prêches de l’autre ; non, cela ne suffit plus ; comme piège à cons, on a trouvé mieux ; même saoulé de paternalisme et de morale, l’individu restait encore un homme. Maintenant, on veut le ravaler au niveau de ses désirs. Oh, pas de tous. Pas question de faire l’amour, on perd trop de temps. Pas même question de manger ; on travaille mal avec de trop bons repas dans le ventre.

Mais acquérir sans fin ce qu’il y a de plus bête, gaspiller, mettre dans des choses inutiles les restes d’une personnalité qui tombe en lambeaux, voilà l’objectif cherché. On fait d’une pierre deux coups : on vend avec bénéfice à ceux-là mêmes qui fabriquent et on les oblige à trimer encore d’avantage. De quoi se plaignent-ils ? On les a payés avec des riens. Et pourquoi se plaindraient-ils ? Sans raison, sans volonté, sans courage, réduits à ne vouloir que ce qu’on veut qu’ils veuillent, à ne faire que ce qu’on veut qu’ils fassent, à ne penser que ce qu’on veut qu’ils pensent, ils ne sont, d’ores et déjà, que des sous-hommes. Demain des bêtes. Ensuite rien. »

  

 

Claude Alzon, La mort de pygmalion (1974)

 

 

Bailleurs de fonds

 

« Sur l’estrade politique, un « homme d’Etat » doit être soigneusement maquillé et apprêté par ceux qui le poussent vers l’avant. Il faut toutefois que le futur « homme d’Etat » soit nourri d’une grande ambition personnelle couplée, si possible, à la possibilité à chaque instant, d’être sujet à chantage pour des faits antérieurs, c’est-à-dire quelqu’un qui ne saurait devenir trop indépendant dans le temps, mais à qui on l’on peut tout le temps « susurrer » des conseils politiques. C’est ainsi que se fait un vrai « homme d’Etat » par le tact et la persévérance dans le temps. C’est ainsi que, le moment venu, Franklin D. Roosevelt devint un excellent acteur à la « Barrymore » sur le plan politique, dans la mesure où il pouvait patauger délicatement dans les eaux de l’opportunisme politique, voire de l’indiscrétion contenue, pour s’assurer la claque feutrée de ses bailleurs de fonds. »

 

 

Curtis B. Dall, Franklin D. Roosevelt (1968)

 

  

Mai 68

 

" Par-delà le tohu-bohu et les désordres, les slogans festifs, le droit d'aller voir les filles derrière les barricades, mai 68, c'est en réalité la naissance du boboïsme, c'est-à-dire d'une nouvelle idéologie en fusion : celle des bourgeois - les libéraux - et celle des bohèmes - les libertaires. le bourgeois bohème est un hybride qui hérite, depuis l'Amérique d'un nouveau modèle économique et sociétal : le capitalisme libertaire. Cette nouvelle France citadine pratique le "No frontier" des libéraux et le "No limit" des libertaires. »

 

 

Philippe de Villiers, Le moment est venu de dire ce que j'ai vu (2015)

 

 

Droit d'ingérence

 

 « On se trouve ainsi face à un dilemme : soit tout pays qui en a les moyens se voit reconnaître le droit d’intervenir partout où un argument humanitaire peut être invoqué pour justifier cette intervention, et c’est la guerre de tous contre tous, soit une telle action est réservée à certains Etats ayant la mainmise sur les institutions internationales, et on arrive à une dictature de fait dans les affaires internationales. A cela, les partisans de l’ingérence répondent en général que de telles interventions militaires ne doivent pas être le fait d’un seul Etat, mais de la « communauté internationale » réunie en coalition. Malheureusement, il n’existe pas véritablement de « communauté internationale ». Ce concept sert à l’occident pour désigner toute coalition momentanée dont il prend la tête. Cette notion fait désormais concurrence aux nations unies puisqu’elle permet de s’ériger au-dessus du droit international en se présentant comme « démocratique », puisque commandée par des « démocraties ». Ne manquons pas de souligner toute l’ironie qu’il y a à invoquer la démocratie sur le plan intérieur tout en violant le principe au niveau international.»

 

 

Jean Bricmont (2012), introduction du livre de Randolph Bourne, La santé de l’Etat c’est la guerre (1ère édit. 1919)

 

 

La guerre, ça rapporte !

 

Robespierre fit voter en son temps un décret déclarant que la France ne ferait plus jamais de guerre d’agression sous le sain prétexte que nul n’aime les missionnaires armés. Mais personne ne lui a dit que la guerre ça rapportait se demandaient certains ? Personne ne lui a dit que les fournisseurs militaires (petit clin d’œil à Voltaire) avaient tout de même le droit de s’en foutre plein les poches ? Narbonne, le ministre de la guerre précédent, n’avait-il d’ailleurs pas proclamé qu’il fallait faire la guerre parce que le sort des créanciers de l’Etat en dépendait ? Un bien brave ministre ce Narbonne, lui qui fut mis en place par sa maîtresse, l’incontournable et si « ouverte » madame de Staël… la fille de Necker qui, lui, prêtait au roi son propre argent à 14% d’intérêts alors qu’il était ministre des finances ! ! !

 

 

Lectures au peuple de France (2014)

 

Nourriture chimique

 

« Il y a une usine immense, à Dayton, qui ne fait que ça : des arômes. On y fabrique le goût de la viande, le goût de la sauce, des additifs de tout genre. Dans un banal milk-shake fraise, on compte cinquante produits chimiques. Ainsi, le butyrate d’éthyle 2-méthyle a le goût de pomme. Le péridykeltone de méthyle-2 a le goût de pop-corn. Il y a même une usine qui ne fabrique que de l’arôme « fumée » pour donner une saveur barbecue à ce que vous voulez. » Entre les aliments vidés de leurs nutriments et ceux remplis de chimie, comment pourrions-nous rester en bonne santé ? »

  

 

Complot mondial contre la santé - Claire Séverac (2011)

 

 

Trahison du peuple

 

« Le 3 janvier 1973 et sa loi se métamorphosent par un coup de baguette magique (juridico-bancaire) en 4 août 1993 ! Si la nuit du 4 août 1789 a provoqué l’abolition des privilèges des aristocrates, le jour du 4 août 1993 allait rétablir les privilèges à toute une caste de banquiers, financiers et traders. Comme la loi du 3 janvier, la loi du 4 août 1993 est : « Relative au statut de la Banque de France et à l’activité et au contrôle des établissements de crédit ».

Dans son article 3, elle reprend non seulement la loi du 3 janvier 1973 et l’interdiction aux Banques centrales de prêter de l’argent sous quelque forme que ce soit à l’Etat, mais surtout, la loi du 4 août 1993 guillotine définitivement la Banque de France, devenant immédiatement une simple filiale régionale de la Banque Centrale Européenne et ne pouvant rendre compte à l’Elysée. L’Union Européenne et la BCE ont dissous l’Etat français exactement comme les mafiosis jettent un cadavre dans l’acide pour le dissoudre. »

 

 

Pierre-Yves Rougeyron, Enquête sur la loi du 3 janvier 1973 (2013)

 

  

Censure

 

« L'avenir du journalisme d'enquête apparaît sombre au vu de l'arrêt rendu par la Cour suprême en 1988 dans l'affaire District scolaire d'Hazelwood contre Kuhlmeier. La direction d'un lycée de banlieue de Saint-Louis avait empêché des élèves de consacrer des articles aux grossesses adolescentes et aux effets du divorce sur les élèves du secondaire dans le journal du lycée. Etrangement, cette infraction flagrante au 1er amendement -une censure par autorisation préalable- a été totalement passée sous silence par les grands médias d'information. Malgré d'inlassables manifestations étudiantes, en dépit du tollé qu'a soulevé l'arrêt Hazelwood dans l'opinion publique, qui l'a jugé anticonstitutionnel, la décision de 1988 fait toujours jurisprudence. Elle confère aux administrateurs des établissements scolaires le pouvoir de censurer avant publication les journaux d'étudiants, rompant résolument avec la tradition selon laquelle les campus scolaires bénéficiaient eux aussi de la protection offerte par le premier amendement. Dorénavant, les futurs journalistes américains sont formés, dès le plus jeune âge, à considérer la censure comme faisant partie intégrante de l'exercice de leur profession. »

  

Kristina Borjesson, Black List 

 

 

Elections et démocratie

 

"Comme le rappelle le politologue contemporain Bernard Manin, l'élection implique une attitude élitiste, puisqu'il est implicite que certains individus peuvent être considérés plus aptes que les autres à gouverner. En principe, c'est bien parce qu'ils sont considérés comme meilleurs en ce qui a trait à la politique que certains citoyens sont élus par leurs pairs pour gouverner la communauté. Les plus grands philosophes de l'Antiquité s'accordaient d'ailleurs pour associer le tirage au sort à la démocratie et l'élection à l'aristocratie. Platon affirme qu'en démocratie, "le plus souvent les charges publiques sont tirés au sort" ; Aristote explique quant à lui que " là où tous ceux qui sont désignés parmi tous le sont par élection, la situation est aristocratique" et qu'"il est considéré comme démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort et comme oligarchique qu'elles soient électives". Dans la démocratie d'Athènes, les citoyens qui devaient occuper des postes officiels étaient généralement choisis par tirage au sort, car chaque citoyen se considérait vraiment l'égal de l'autre, tous étant capables d'exprimer une volonté politique."

 

 

Démocratie, Histoire politique d'un mot, Francis Dupuis-Déri (2013)

 

 

Qu’est-ce que le socialisme « moderne » ?

 

« Un jeune représentant socialiste, parlant au nom de son parti, et qui défendait le « oui » lors du référendum sur Maastricht, nous résume l’opinion ambiante avec son discours du 6 mai 1992 devant les députés : « C’est parce que nous avons accepté la mondialisation que nous sommes aujourd’hui soumis à des contraintes, monétaires, budgétaires et financières. Dès lors, le seul débat qui compte, c’est de savoir si nous acceptons les règles du capitalisme international ou si nous ne les acceptons pas. Si nous entrons dans le jeu de la mondialisation, alors les contraintes financières, monétaires et, subsidiairement, européennes s’imposent »

Ces propos sortaient de la bouche du jeune François Hollande. A le lire, on a même du mal à croire qu’il s’agit d’un député… socialiste ! »

  

 

"Enquête sur la loi du 3 janvier 1973" de Pierre-Yves Rougeyron (2013)

 

 

 

Fraternité

 

« Par la fraternité nous sommes tenus d'arracher à la misère nos frères les hommes ; c'est un devoir préalable ; au contraire le devoir d'égalité est un devoir beaucoup moins pressant ; autant il est passionnant, inquiétant de savoir qu'il y a encore des hommes dans la misère, autant il m'est égal de savoir si, hors de la misère, les hommes ont des morceaux plus ou moins grands de fortune ; je ne puis parvenir à ma passionner pour la question célèbre de savoir à qui reviendra, dans la cité future, les bouteilles de champagne, les chevaux rares, les châteaux de la vallée de la Loire. »

  

Charles Péguy, De Jean Coste, éd. Acte Sud Labor L'Aire, coll. Babel, 1993, p. 55

 

 

 Soft power

 

C’est notamment sous l’impulsion d’Hillary Clinton, en février 2011, alors qu’elle était secrétaire d’Etat que les Etats-Unis ont officiellement inauguré « un dialogue stratégique avec la société civile ». Le soft power ne se restreignait plus à bombarder le reste du monde de sous-culture états-unienne, ni de coopter les élites via des organisations comme la French American Foundation, mais bien de coopter la société civile, enfin celle qui peut être utile. Pourquoi ? Parce que : 

 

 

« La société civile est favorable aux minorités, et donc à la défense des minorités ethniques, religieuses ou sexuelles, champ fertile pour les mouvements possédant un potentiel d’affaiblissement du soutien aux gouvernements centraux. Par leur impact émotionnel, les mouvements identitaires peuvent déstabiliser des gouvernements sans pour autant interférer dans la domination croissante du capital financier dans la détermination de relations économiques et sociales, comme des mouvements à caractère économique pourraient le faire. La société civile est un bon terreau pour la formation d’élites auto-sélectionnées éligibles pour le recrutement à la mondialisation géré par les USA. »

 

Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)

 

 

"En 1914, l'éclatement de la guerre suscita la formation en Grande-Bretagne de la Union of Democratic Control (UDC). A l'origine de cette organisation présidait le constat que le conflit était la conséquence d'accords internationaux secrets conclus entre puissances et non ratifiés démocratiquement. Le manifeste de l'UDC réclamait notamment que "Nul traité, accord ou négociation soit entrepris au nom de la Grande-Bretagne sans la sanction du Parlement". Malgré les attaques dont ses membres furent l'objet en vertu des lois britanniquedu temps de guerre,, le mouvement prit de l'ampleur tout au long du conflit et compta, en 1917, jusqu'à 650000 adhérents."

 

 

Randolph Bourne, La santé de l'Etat c'est la guerre (1919)

 

 

Protéger les puissants

 

 "Laissez-nous faire, Sire, protégez-nous beaucoup" écrivait déjà, en 1784, Guillaume Lesage, un gros manufacturier en coton de Bourges, s'adressant à l'intendant Michaud de Montarant, du Bureau du Commerce sous Louis XVI. Aujourd'hui, ce que les tenants du pouvoir politique français nomment "la protection des populations civiles" ou "les intérêts français" apparaissent sous leur vrai jour : un costard pour faire propre destiné à protéger ceux, très privés et très opaques, des hyper-riches "manufacturiers" contemporains que sont les gros actionnaires des sociétés transnationales occidentales.

 

Jean-Loup Izambert, 56, 2015

 

Le paysan


« Un paysan qui cultive ses terres en épandant du fumier naturel ou en sulfatant ses vignes, qui fait ses jambons et ses fromages et qui vend sa production sur les marchés n'est pas rentable pour les multinationales, puisqu'elles ne peuvent rien croquer au passage ! Alors, quand le plan s'est mis en marche, les "conseillers agricoles" sont allés lui expliquer comment simplifier sa vie avec quelques produits chimiques, avec le progrès génétique, sans bien sûr l'avertir des effets secondaires ! Et puis, qu'être agriculteur de père en fils ce n'était pas suffisant pour reprendre la ferme, qu'il fallait passer un diplôme (histoire de le guider sur la bonne voie) et prendre un crédit pour agrandir l'exploitation, se moderniser ! Et voilà comment le piège se referme: il faut produire toujours plus pour rembourser les emprunts. » 

 

Claire Séverac, Complot mondial contre la santé (2011)


 

Impressionner les foules

 

« Comment impressionne-t-on les foules ? Ce n'est jamais en essayant d'agir sur l'intelligence et la raison, c'est à dire par voie de démonstration. Ce ne fut pas au moyen d'une rhétorique savante qu'Antoine réussit à ameuter le peuple contre les meurtriers de César. Ce fut en lui lisant son testament et en lui montrant son cadavre. »

 

Gustave Le Bon, Psychologie des foules (1895)

 

 

Asservir

 

"Cette ruse des tyrans d'abêtir leurs sujets n'a jamais été plus évidente que dans la conduite de Cyrus envers les Lydiens, après qu'il se fut emparé de leur capitale et qu'il eut pris pour captif Crésus, ce roi si riche. On lui apporta la nouvelle que les habitants de Sardes s'étaient révoltés. Il les eut bientôt réduits à l'obéissance. Mais ne voulant pas saccager une aussi belle ville ni être obligé d'y tenir une armée pour la maîtriser, il s'avisa d'un expédient admirable pour s'en assurer la possession. Il y établit des bordels, des tavernes et des jeux publics, et publia une ordonnance qui obligeait les citoyens à s'y rendre. Il se trouva si bien de cette garnison que, par la suite, il n'eut plus à tirer l'épée contre les Lydiens. Ces misérables s'amusèrent à inventer toutes sortes de jeux si bien que, de leur nom même, les latins formèrent le mot par lequel ils désignaient ce que nous appelons passe-temps, qu'ils nommaient Ludi, par corruption de Lydi."

 

La Boétie, Discours de la servitude volontaire 


 

 Anti-Propagande

 

« Nulle part on enseigne aux enfants une méthode systématique pour faire le départ entre le vrai et le faux, une affirmation sensée et une autre qui ne l'est pas. Pourquoi ? Parce que leurs aînés, même dans les pays démocratiques, ne veulent pas qu'ils reçoivent ce genre d'instruction. Dans ce contexte, la brève et triste histoire de l'Institute for Propaganda Analysis est terriblement révélatrice. Il avait été fondé en 1937, alors que la propagande nazie faisait le plus de bruits et de ravages, par Mr. Filene, philanthrope de la Nouvelle-Angleterre. Sous ses auspices, on pratiqua la dissection des méthodes de propagande non rationnelle et l'on prépara plusieurs textes pour l'instruction des lycéens et des étudiants. Puis vint la guerre totale, sur tous les fronts, celui des idées au moins autant que celui des corps. Alors que tous les gouvernements alliés se lançaient dans "la guerre psychologique", cette insistance sur la nécessité de disséquer la propagande sembla quelque peu dépourvu de tact. l'Institut fut fermé en 1941. Mais même avant l'ouverture des hostilités, nombreux étaient ceux à qui ce genre d'activité paraissait extrêmement critiquable. Certains éducateurs, par exemple, n'admettaient pas que l'on enseignât à démonter les rouages de la propagande, sous prétexte que cela rendrait les adolescent exagérément cyniques. Les autorités militaires ne voyaient pas non pus l'entreprise d'un bon œil, car elles craignaient que les recrues se missent à éplucher les propos des sergents-instructeurs.»


Aldous Huxley, Retour au Meilleur des mondes (1958)

 

  

Éminences grises

 

La politique américaine est émaillée de ces éminences grises au pouvoir occulte et à l’influence inimaginable. Si ce sobriquet provient du personnage du père Joseph, capucin, homme de main et agent secret de Richelieu auquel il était entièrement dévoué, l’analogie s’arrête là ! Ces éminences grises présidentielles américaines sont dévouées, non pas aux présidents qu’elles « servent », mais aux groupes de pression qui en ont assuré (entre autre) les campagnes. Ce ne sont pas des conseillers des présidents : ils les tiennent en otages !

 

Curtis B. Dall, Franklin D Roosevelt (1968), Note de l’Éditeur


 

Thomas Sankara

 

« Dans un monde qui cherche avant tout à être rentable plus qu’à satisfaire ses besoins, la probité révolutionnaire et démocratique d’un Thomas Sankara est antinomique, voire insolente, à tous nos politiques qui cherchent inlassablement des paravents ou des excuses pour ne pas entendre les impératifs populaires. On ne peut trop exiger des hommes. L’assassinat du jeune chef d’Etat burkinabè le 15 octobre 1987 stoppa définitivement l’une des plus incroyables expériences politiques contemporaines…

Depuis, son successeur, Blaise Compaoré, a reçu son Boeing présidentiel et ouvert les frontières du pays à Bouygues comme au FMI. Les privilèges et la corruption valent bien une petite dette ! »

 

Collectif Diktacratie.com, Chroniques en diktacratie (2015)


 

  

Pourquoi passer par un organisme privé (La Réserve Fédérale) qui crée de l'argent à partir de rien et le propose contre intérêt à l'Etat US quand la Constitution permet d'éviter ce mécanisme mafieux ?

 

« La Constitution américaine, signée par George Washington, à l’article 1, section 8, p.5, indique textuellement et, hélas, inutilement : « Le congrès aura le droit de frapper monnaie, d’en déterminer la valeur, et de fixer les critère des poids et des mesures. »

  

Luca Gallesi, Il était une fois l’économie (2012)

 

 Guerre d'Irak 2003 , guerre du pétrole ?

 

"Rien n'indique que les compagnies pétrolières, qui cherchent généralement à s'attacher les bonnes grâces des grands producteurs comme l'Irak de Saddam ou la République islamique d'Iran, aient joué un rôle important dans la décision d'entrée en guerre en Irak en 2003. Elles n'engagèrent aucune action de lobbying en faveur de cette guerre d'Irak, que la plupart d'entre-elles considéraient comme une aberration. Comme l'observait Peter Beinart dans le New Republic de septembre 2002, "ce n'est pas pour la guerre que l'industrie pétrolière américaine a fait du lobbying pendant toutes ces années ; c'est pour la fin des sanctions". Comme c'est presque toujours le cas, les compagnies pétrolières voulaient faire de l'argent, pas la guerre."

 

Walt et Mearsheimer, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (2007)

 

 

Mai 68

 

« Avec le recul du temps, nous pouvons dire qu’il y eut trois Mai 68 :

- Le Mai 68 libertaire, plutôt sympathique et spontané ;

- Le Mai 68 syndical qui conduisit aux accords de Grenelle (augmentation des salaires) et à la mise sur orbite de Jacques Chirac ;

- et enfin le Mai 68 politique, dont le but était de déstabiliser De Gaulle et de le chasser du pouvoir, pour une série de décisions en rupture totale avec les choix stratégiques et les soumissions de la IVe République.

De 1961 à 1967 en effet :

- De Gaulle s’oppose à l’entrée de l’Angleterre dans la Communauté économique européenne ;

- chasse les bases militaires américaines du territoire national ;

- désengage la défense française de l’OTAN ;

- et par ses discours de Phnom-Penh et de Montréal, fait de la France le leader des non-alignés face aux deux blocs de la Guerre froide ; soit la fameuse troisième voie.

Une série d’actes d’insoumission culminant avec l’apothéose pro-palestinienne de novembre 1967, totalement en phase avec l’esprit de mai à venir, mais malheureusement incompris par la jeunesse française.

Car si l’on se souvient du climat de l’époque, l’événement déclencheur de la mobilisation étudiante en cette période de plein emploi et d’élévation constante du niveau de vie, grâce au programme du CNR appliqué par De Gaulle, ne fut pas la crise sociale, mais la guerre du Vietnam.

Et la perversité machiavélique de l’Empire sera de faire chasser, le seul opposant sérieux, dans le camp occidental, à cet impérialisme américain, par de jeunes idiots utiles criant « US go home ! », mais entièrement sous la coupe de la culture anglo-américaine incarnée par un jeune leader venu de nulle part, mais étrangement promu par les médias.

Tel est le troisième Mai 68, le moins spontané, le plus caché, mais celui qui compta pour l’Histoire… »

  

Alain Soral, Comprendre l’Empire (2011)

 

 


Drogue et armée

     

"Selon la commission des citoyens et des droits de l'homme américaine (rapport 2013), les militaires sont utilisés d'autorité pour les essais cliniques et les antidépresseurs, les anti-psychotiques, les anxiolytiques et les psychostimulants sont lourdement prescris pour renforcer l'agressivité au combat ou pour traiter, après coup, le très médiatisé PTSD, le "post-traumatic stress disorder". Cela avait commencé en 1914 avec l'alcool, puis en 1940 avec les amphétamines, orthédrine...remplacées aujourd'hui par des cocktails de 2,3 ou 4 psychotropes (et jusqu'à 25 pour un seul soldat !), source de dépersonnalisation, violences, maltraitances, meurtres et suicides. 

 

De 2005 à 2011, la consommation de psychotropes dans l'armée américaine a septuplé, un militaire sur six est traité et le nombre des suicides est supérieur à celui des tués au combat (349 en 2012, contre 311). 

 

Parallèlement, le budget des psychotropes dans l'armée est passé de 2 à 7 milliards de dollars et les ancien militaires se suicident au rythme de 9000 par an. En 2012, un soldat abat 7 personnes dans les rues de Kaboul, un autre 4 officiers  à Bagdad et, en 2013, un ancien sergent s'introduit au Pentagone et assassine 11 personnes.

Même chose dans les autres armées, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Russie, où les suicides sont plus fréquents que les blessures mortelles au combat ou que les accidents fatals, tandis que parallèlement, les généraux-psychiatres M. Friedman, C. Ritchie ou S. Xenakis multiplient les contrats personnels avec les grandes firmes productrices de psychotropes. Mais en France, au mali, en Centrafrique, aucune information."

 

John Virapen, Médicaments : effets secondaires, la mort (2014)



Cours de géopolitique

 

« Le 22 février 1998, Robert Gelbard, envoyé spécial US aux Balkans, déclare : « Je sais ce qu’est un terroriste lorsque j’en vois un. Et je vous dis que ces gens de l’UCK (Armée de libération du Kosovo) sont des terroristes. » Mais à peine quatre mois et demi plus tard, le 4 juillet 1998, le porte-parole officiel du Département d’Etat déclare au contraire : « L’opinion des Etats-Unis n’est pas que l’UCK est terroriste ». Puis, Madeleine Albright, chef de la diplomatie US noue une alliance avec le chef de cette UCK Hashim Thaci et l’OTAN va servir de force aérienne à cette UCK « ex-terroriste » dans ses affrontements avec l’armée yougoslave.

 

Spectaculaire blanchissement ! Terroriste un jour, ami le lendemain : on ne saurait mieux confirmer la déclaration de James Baker : « Nous devons nous opposer à l’intégrisme dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l’exigent. »


Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)



Kadhafi

 

« Si tu faisais quelques efforts pour te désintoxiquer de la propagande occidentale, tu saurais que la révolution populaire et socialiste libyenne a façonné une société bien plus juste, égalitaire et fraternelle que toi et moi n’en avons jamais connu.

 

En effet, le Guide de la Jamahiriya était parvenu à libérer son pays de toute dette ; chaque habitant, même immigré, possédait un logement et une voiture. L’éducation et les soins de santé (y compris à l’étranger) étaient gratuits, l’électricité aussi, quant à l’essence et le pain, ils ne coûtaient quasiment rien.

 

Les banques libyennes accordaient des prêts sans intérêts. Les citoyens ne payaient pas d’impôts, et la TVA n’existait pas ! Chaque libyen pouvait aussi recevoir une allocation de 500 dinars (300 euros) par mois, alors qu’avec seulement 300 on vivait décemment.

 

La majeure partie des richesses du pays provenait de l’exploitation du pétrole, disposant des plus importantes réserves du continent. Cette industrie pétrolière y était gérée par l’entreprise nationale publique (National Oil Corporation), jouissant d’une participation majoritaire dans tous les domaines de l’exploitation. Ainsi, grâce à cette ressource nationalisée, la Libye d’alors put offrir le niveau de vie le plus élevé d’Afrique à ses habitants. De quoi attiser les convoitises des multinationales et des gouvernements français, anglais et états-uniens.

 

De plus, Kadhafi était sans conteste un des leaders africains les plus soucieux de l’émancipation des peuples du continent. Il s’opposa d’ailleurs farouchement contre le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud.

 

Il fut le principal investisseur pour la fabrication du premier satellite de communication panafricain (RASCOM) lancé fin 2007. Une petite révolution pour un continent jusqu’alors obligé de payer 500 millions d’euros d’impôts par an pour utiliser les satellites européens…

 

La Libye du Colonel était une fervente promotrice du développement du « Fond monétaire africain » (FMA). A la manière des pays d’Amérique du Sud qui ont lancé leur propre banque (Banco Sur), destinée à affranchir leur continent de l’emprise usurière du FMI, de la Banque Mondiale et autres institutions néocoloniales…

 

La Jamahiriya libyenne, c’était aussi 200 milliards de dollars de fonds souverains ! Disparus depuis Inutile de demander où, c’est très simple : ces fonds furent gelés sous prétexte qu’ils étaient une « source potentielle de financement du régime de Kadhafi » (B. Obama). Cet argent, les Libyens ne le reverront donc jamais…

 

Que dire enfin des 144 tonnes d’or qui dormaient bien au chaud dans les coffres du pays ? Le Colonel avait en effet une vision pour l’Afrique, et celle-ci passait par l’élaboration d’une monnaie unique, indexée sur l’or, pour l’Union africaine. Le « dinar or » aurait été un moyen efficace pour contrer l’hégémonie des monnaies papier prédatrices que sont le dollar et l’euro. Un outil d’émancipation radical pour les pays africains, chose que les Occidentaux ne peuvent tolérer…

 

Collectif Diktacratie.com, Chroniques en diktacratie (2015)


 

Frontières

 

"L'indécence de l'époque ne provient pas d'un excès, mais d'un déficit de frontières. Il n'y a plus de limites à parce qu'il n'y a plus de limite entre. Les affaires publiques et les intérêts privés. Entre le citoyen et l'individu, le nous et le moi-je. Entre l'être et son paraître. Entre la banque et le casino. Entre l'info et la pub. Entre l'école, d'un côté, les croyances et les intérêts, de l'autre. Entre l'Etat et les lobbies. Le vestiaire et la pelouse. La chambre et le bureau du chef de l'Etat..."

 

Régis Debray, Eloge des frontières 2010

 


Lobbying militaro-industriel

« Lors de chaque session du Congrès revient la question de l’augmentation des crédits pour la Marine. Dans leurs confortables fauteuils en cuirs, les amiraux de Washington (ils sont toujours très nombreux) se transforment alors en habiles lobbyistes. Mais ils sont malins. Ils ne s’écrient pas : « Il nous faut beaucoup de navires pour faire la guerre à telle ou telle nation ». Oh, non ! Ils font d’abord savoir que l’Amérique est menacée par une grande puissance navale, laquelle, un jour ou l’autre, lancera son immense flotte dans une attaque soudaine qui anéantira 125 millions de personnes. Juste comme ça. Puis, ils se mettent à pleurer pour qu’on leur fournisse plus de navires. Dans quel but ? Pour combattre l’ennemi ? Mon Dieu, non ! Pensez donc… Juste pour défendre le pays.

 

Puis l’air de rien, les voici qui annoncent des manœuvres dans la Pacifique. Mais toujours dans le but de défendre le pays. Ben voyons…

 

Le Pacifique est un océan immense. Nous y possédons des milliers de kilomètres de littoral. Où se dérouleront les manœuvres par rapport à nos côtes ? A deux ou trois cent miles ? Oh, non ! Elles se feront à deux mille, oui, peut-être même à trois mille cinq cent miles des côtes.

 

Et, évidemment, les Japonais, ce peuple si fier, seront absolument ravis de voir la flotte des Etats-Unis manœuvrer si près de leurs côtes. Tout comme les Californiens seraient enchantés d’apercevoir un beau jour, derrière la brume matinale, la flotte nipponne en train de jouer à la guerre au large de Los Angeles.

 

Il est très clair que les bâtiments de notre marine devraient être tenus par la loi de ne pas s’éloigner à plus de 200 miles de notre littoral. Si cette loi avait existé en 1898, le Maine ne se serait jamais rendu à La Havane. [L’auteur fait allusion à l’incident qui déclencha la guerre hispano-américaine. Le 15 février 1898, une explosion a eu lieu à bord de l’USS Maine, ancré dans le port de La Havane. A l’époque, la cause de cette explosion n’était pas claire (i s’agissait en fait d’un accident de chaudière). Toutefois, la tension entre les Etats-Unis et l’Espagne était telle que, sous la pression des journaux et du public qui penchaient pour la thèse de l’attentat, les Américains déclenchèrent la guerre aux Espagnols.] »

 

Major General Smedley D. Butler, La guerre est un racket (1935)

 

" Qui ne connait pas l'interview d'Aaron Russo, mort depuis d'un cancer foudroyant, dans laquelle il raconte ses discussions avec Nick Rockefeller, à qui il dit : "Vous avez quand même oeuvré pour le droit des femmes..." Et qui lui répond d'un air moqueur qu'en vérité, l'indépendance des femmes, ils s'en foutent... c'est juste qu'ils se sont aperçus un jour que, si les femmes restaient à la maison, seulement la moitié de la population générait des impôts, mais que si elles travaillaient, les enfants seraient en plus de cela beaucoup plus tôt sous la coupe de l'Etat, qui pourrait ainsi les formater tout petits... "Si tu veux vaincre ton ennemi, élêve ses enfants", dit le proverbe oriental !"


Claire Séverac, La guerre contre les peuples (2015)



Le mot Démocratie

 

"L'analyse comparative dans le temps et l'espace nous permet de constater qu'aux Etats-Unis et en France, la notion de "démocratie" a connu une histoire similaire comptant quatre grandes étapes, malgré certains décalages dans le temps entre les deux pays :

-1 : Dénigrement : A l'aube de la modernité politique, les politiciens conservateurs et modérés évoquent la démocratie pour désigner et dénigrer les acteurs politiques plus radicaux accusés de faire la promotion du règne des pauvres, de l'irrationalité et du chaos (le démocrate, c'est l'autre).

-2 : Affirmation : En période de tensions politiques, certains acteurs et commentateurs politiques vont s'associer à la démocratie dans l'espoir d'indiquer clairement leur opposition au gouvernement en place et pour exprimer une critique de l'autoritarisme et un idéal plus égalitaire et participatif (le démocrate, c'est celui qui s'oppose au gouvernement, à l'Etat, et aux riches).

-3 : Détournement : Constatant la force d'attraction du nom, c'est-à-dire sa prétendue capacité à mobiliser la population, les commentateurs et acteurs politiques du centre et de droite vont à leur tour s'associer à la démocratie (le démocrate, c'est celui qui parle au nom du peuple).

-4 : Généralisation : Complétant le renversement de sens, la démocratie sera liée à tout ce qui est "bien", soit à "nous"."

 

Francis Dupuis-Déri, Démocratie histoire d'un mot (2013)



Création monétaire

 

"La monnaie est créée par les agences bancaires à chaque fois qu'elles accordent un crédit à quelqu'un. Le crédit que l'emprunteur reçoit apparaît aussitôt sur son compte bancaire, exactement comme s'il avait effectué un dépôt. L'argent est immédiatement utilisable et devient de la monnaie en circulation dès qu'il est dépensé. En créant un crédit, les banques créent donc simultanément un dépôt, qui devient de la monnaie.

Quand vous êtes entré dans la banque pour aller signer votre accord de prêt qui venait juste d'être accepté, l'argent n'existait pas encore. Il a existé, d'un seul coup, à l'instant où le banquier a ouvert votre compte sur son ordinateur, a tapé la somme désirée sur son clavier, et a tapé la touche "Enter". Et presto ! Votre compte est crédité. Voilà, vous pouvez acheter votre maison :

C'est de la magie, oui, et de la magie qui rapporte très gros.

Les banques peuvent faire plein de "prêts" de cette façon, avec toujours la même petite quantité de "vraie" monnaie en réserve : la monnaie de base émise par la banque centrale.

A la question que nous nous posions : "Au moment où quelqu'un entre dans une banque pour demander un prêt, où se trouve l'argent du prêt ?", la réponse est donc : "Nulle part". Voilà d'où vient l'argent : du néant !

 

Gérard Foucher, Les secrets de la monnaie (2012)

 


Quand Hillary Clinton faisait du BHL

 

"Pendant les primaires de 2008 du Parti démocrate, Hillary a évoqué son expérience en politique étrangère, acquise en tant que Première Dame, en régalant à plusieurs reprises son public avec le récit passionnant de son voyage à la ville bosniaque de Tuzla en 1996.  "Je me rappelle certainement ce voyage en Bosnie", a-t-elle dit à son public. "Il y avait un dicton autour de la Maison-Blanche disant que si un lieu était trop petit, trop pauvre ou trop dangereux, le président ne pouvait pas y aller mais qu'il fallait y envoyer la Première Dame. Je me souviens de l'atterrissage sous des tirs de snipers. Il devait y avoir une sorte de cérémonie d'accueil à l'aéroport, mais nous avons juste couru tête baissée pour entrer dans les véhicules pour nous rendre à notre base."

Comme l'histoire se répandait au sein du public, la fable d'Hillary fut rapidement démentie par de nombreux témoins oculaires de l'événement ainsi que par des images de télévision montrant Mme Clinton arrivant à Tuzla avec sa fille Chelsea et accueillie par des petits enfants lui offrant des fleurs."

 

Diana Johnston, Hillary Clinton la reine du chaos (2015)

  


Traité de l’Elysée (1963)

  

« Signé en 1963 par Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, le traité était censé incarner un pas de deux de circonstance : face à l’Empire américain triomphant, de nouvelles règles du jeu furent posées. Il fallait alors que l’Allemagne et la France se soutiennent mutuellement, qu’elles se promettent fidélité afin de donner de solides fondations à l’Europe naissante. C’était sans compter la duplicité allemande…

 

L’Allemagne avait d’autres ambitions Tout en feignant de regarder dans la même direction, elle ne visait pas le même horizon que la France de De Gaulle : le chancelier allemand souhaitait à l’époque une coopération plus étroite avec les Etats-Unis. A contrario, le souci premier du Général fut d’éviter à tout prix la tutelle américaine, qui annihilerait alors fatalement la souveraineté et donc la liberté des Etats. Il nous mettait d’ailleurs en garde à l’époque sur les dangers d’un organe de gestion supranational. Le traité fut certes ratifié, mais le Parlement allemand (Bundestag) y adossa un préambule castrateur imposant la fidélité de Bonn à l’égard des Etats-Unis et de l’OTAN. De Gaulle qualifia alors l’amitié franco-allemande de « cordiale virtualité », doux euphémisme pour évoquer un projet mort-né. Le duo se transforma donc en ménage à trois, assorti d’une incompatibilité d’humeur entre la France et les Etats-Unis. Vous l’aurez compris, il était alors hors de question de permettre à la future entreprise européenne de compromettre l’ascension de l’hégémonie américaine, en laissant le vieux continent vierge de toute ingérence.

 

Au fil des ans, le traité fut vidé de sa substance, jusqu’à son complet anéantissement aujourd’hui. Et pour cause, en 2004, le chancelier « socialiste » Gerhard Schröder signa avec George W. Bush l’Alliance germano-américaine pour le XXIe siècle visant entre autres l’instauration d’un marché transatlantique courant 2015. Force est de constater que l’adoption de cette nouvelle configuration est imminente, parachevant, via le carcan européen, la mise sous tutelle économique intégrale de ses ressortissants.

 

 

La guerre est un racket

 

« Réfléchissez-y, mes chers compatriotes. Ne pouvons-nous pas nous contenter de défendre nos propres foyers, nos propres femmes, nos propres enfants, ici, en Amérique ? Il n’existe que deux raisons pour lesquelles nous pourrions sacrifier nos fils : premièrement, pour défendre nos maisons ; deuxièmement, pour défendre la Déclaration des Droits inscrits dans notre Constitution et plus particulièrement le droit de croire en Dieu comme bon nous semble. Toute autre raison avancée pour justifier le meurtre de jeunes garçons n’est que pur et simple racket. »

 

Major General Smedley D. Butler, La guerre est un racket (1935)



L'Eglise et les Impôts au Moyen Age 

 

« Les catalogues des droits féodaux, des redevances en tout cas, font état tout naturellement, de la dîme, perçue par l’Eglise ou par des accapareurs. Mais, là aussi, l’examen tourne vite court et n’envisage rarement ni le poids de cette levée, ni sa véritable nature. Les mises au point pourtant ne manquent pas. Sur le poids tout d’abord : le prélèvement ne s’appliquait pas à toutes les récoltes mais principalement aux blés et n’atteignait pas toujours les 10 pour cent, loin de là. Sur l’usage ensuite : outre l’entretien du clergé, l’exercice du culte, les messes et les prières auxquels nombre de civilisations consacraient et consacrent encore, tout naturellement, des sommes appréciables, l’Eglise assurait alors une part notable de l’assistance publique (hospices, hôpitaux, maisons Dieu, aumônes, enfants abandonnés) et de l’enseignement dans les paroisses. Faut-il comparer ces prélèvements, de 5 à 10 pour cent, à ceux d’aujourd’hui, pour notre sécurité sociale et au coût de nos systèmes d’éducation ? »

 

Jacques Heers, Le Moyen Age une imposture (1992)



Le Wahhabisme contre l'Islam


"Cinq jours avant son assassinat par un salafiste, l'intellectuel Chokri Belaïd écrivait : "Si la religion musulmane est pratiquée dans ses trois fondements que sont la soumission à Dieu dans la paix, la Foi, et l'excellence, elle permet un épanouissement total, une joie profonde, un équilibre parfait de la personnalité, et donc un sens des valeurs humaines très développé... or le wahhabisme/salafisme amène l'individu qui suit cette pseudo doctrine au contraire. On ne juge un... arbre qu'à ses fruits. Quels sont les fruits du wahhabisme/salafisme ? La haine, le mensonge, la persécution, l'intolérance, le rejet de la science et de la spiritualité. Regardez ce qui s'est passé en Libye, ce qui se passe en Syrie. Voilà l'oeuvre de ces gens. Ca ne vous suffit pas comme exemple ? C'est ça l'Islam ? Tuer des enfants, des femmes, des vieillards, égorger des hommes, leur couper la tête en criant Allahu Akbar et en plein mois de ramadan ? Avec des imams en Arabie saoudite et au Qatar qui prêchent la haine et le meurtre au nom de l'islam ?"...
"...Cette hérésie a été mise en place pour essayer de détruire de l'intérieur l'Islam authentique pour le remplacer par cette horreur wahhabite [...]"


Jean-Michel Vernochet, Les égarés (2014)



" [...], dès qu’on s’aperçut qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux, l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail devint nécessaire et les vastes forêts se changèrent en des campagnes riantes qu’il fallut arroser à la sueur des hommes, et dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et croître avec les moissons. »

 

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)


 

Géopolitique

 

" Dès 1944, les Américains avaient adopté pour l'Allemagne vaincu le plan Morgenthau, qui prévoyait de la ramener à l'âge de l'agriculture et du pastoralisme, au Moyen Age. L'Allemagne était interdite de développement. Elle ne devait plus jamais être un concurrent pour les Etats-Unis, ses usines seraient déménagées, ses brevets pillés par les vainqueurs, son territoire ramené à l'âge des forêts et des champs.

C'était oublier Staline, Yalta, et l'extension menaçante du communisme dans l'ancienne "Europe de l'Est", c'était ne pas prévoir la suite de coups d'Etats et de manifestations "populaires" qui allaient assurer à l'URSS la maîtrise du tiers de l'Europe.

Seule, la peur du communisme a fait abandonner ce plan, et l'a fait remplacer par le plan Marshall, caractéristique mélange d'idéalisme et de calcul, option stratégique gagnante puisqu'elle assura par le développement économique l'ancrage à l'ouest de l'Europe. Staline a sauvé l'Allemagne ; contrairement à ce qu'affirme le sénateur Dewey, avant tant d'autres, ce n'est pas générosité de l'Amérique victorieuse à l'égard de l'ennemi vaincu, c'est calcul géopolitique bien compris. "


Hervé Juvin, La grande séparation (2013)


 

 LE CREDIT SOCIAL


À l'origine, c'est une théorie économique développée au début des années 1920 par l'ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas. Chaque citoyen reçoit chaque année un total de monnaie créée proportionnel à la croissance des biens et services, et inversement proportionnel au nombre de citoyens de la zone monétaire. Le nom « crédit social » dérive de son désir de faire que le but du système monétaire (« crédit ») soit l'amélioration de la société (« social »). Wikipédia
"Les théories concernant le Crédit social se propagent du Royaume-Uni à l’Afrique du Sud, du continent australien au Canada. Et, ce n’est pas tout : au Royaume-Uni, le roi Edouard VIII – le fils aîné de George V, qui accéda au trône à la mort de son père, en janvier 1936 – était lui-même favorable à ces projets sociaux impliquant des réformes monétaires. Mais il abdiqua quelques mois plus tard, avant d’être couronné. Et les espoirs s’évanouirent aussitôt."
Lucas Gallesi, Il était une fois l'économie (2012)



Sélection naturelle

 

"Le concept de sélection naturelle s'inspire de la théorie économique et sociale du pasteur anglais T.H. Malthus (1766-1834). Ce dernier soutenait que les populations humaines grandiraient plus rapidement que l'accroissement possible de la production de nourriture. Cette logique déboucherait sur une catastrophe apocalyptique si les famines, les fléaux naturels et les guerres ne délestaient pas l'humanité de son trop plein d'individus (les plus faibles, bien entendu !). Darwin retiendra plusieurs éléments de cette théorie.

Parmi ceux-ci, le plus important est le postulat d'une concurrence généralisée pour l'appropriation des ressources entre les individus d'une même espèce. Cette compétition, on l'aura compris, serait causée par la trop grande prolifération des êtres vivants par rapport à ce que peut soutenir leur milieu. La pierre angulaire de la théorie darwinienne est ainsi la rareté, qui pousse les individus à entrer en concurrence les uns avec les autres.

Transformée en doctrine sociale, cette théorie prône, au nom du progrès, l'élimination des plus "faibles" par la libre compétition et, ce faisant, réduit la vie éthique à une stratégie individuelle dans la lutte pour la survie. Dans cette opération de traduction du darwinisme en théorie sociologique, on perd de vue que la théorie de Darwin est une théorie de la transformation et non de l'évolution des espèces : les gagnants de la lutte pour l'existence ne sont pas les plus forts, mais seulement les plus chanceux (ceux dont les mutations se seront avérées utiles dans la compétition)."

L'entraide, Pierre Kropotkine (1902), Préface de Mark Fortier  (version 2001)



Prise en otage des Etats

 

« Des sociétés d’avocats, des agences de renseignement et des sociétés de sécurité privées se sont spécialisées dans les poursuites contre des gouvernements délinquants – nuisant à la rentabilité du capital – et un gouvernement d’Amérique du Sud a été dûment poursuivi pour avoir augmenté le salaire minimum, un autre pour avoir laissé une guérilla perturber les opérations minières, un troisième pour avoir laissé des activistes de l’écologie recueillir et diffuser des informations nuisibles à ses plantations agricoles ! »

 

Le mur de l’Ouest n’est pas tombé, Hervé Juvin (2015)

  


Révolution française

 

« Qui connaît un peu l’Histoire de France, sait que les faits furent bien plus sordides : en effet, Sieyès, petit bourgeois et prêtre raté, rédigea à la veille de notre grande Révolution, un essai fustigeant les privilèges de la noblesse et du clergé. S’ensuivit son célèbre pamphlet Qu’est-ce que le Tiers-Etat ? dans lequel il démontra que l’ensemble de la population française ne représentait rien dans la matrice politique.

 

Mais, nulle trace d’un engouement pour le pouvoir du peuple. Le mot « démocratie » reste même mal défini. Pardi ! Notre abbé y était franchement opposé. En réalité, devenu parlementaire influent, il mit en place la nomination élective pour désigner les représentants des Français…

 

« Elective » encore un bien grand mot ! « Sélective » aurait été sans doute plus approprié, car seuls «  les actionnaires de la grande société » ou « citoyens actifs » - ceux capables de payer un impôt – bénéficiaient du droit d’élire les représentants du peuple. Peuple qui, pour sa part, était bien « trop inculte et occupé à travailler » pour interférer directement dans les affaires publiques. Autrement dit : seuls les riches pouvaient influer sur la vie politique par le truchement du vote, car ils étaient les seuls à même de contribuer à la bonne marche économique de leur pays.

 

Collectif diktacratie.com, Chronique en diktacratie (2015)



People's Party

 

 " En 1890, un nouveau facteur apparaît sur la scène politique des Etats-Unis : après deux décennies de luttes sociales qui les avaient divisés, paysans et ouvriers font cause commune et créent un parti en bonne et due forme, le People's party, le seul "troisième" parti de l'histoire américaine.

 

L'écrivain Ignatus L. Donnelly dénonce, dans le texte d'allocution qui fut prononcé lors de la 1ère convention nationale (juillet 1892), tous les maux de la société américaine, lesquels ressemblent énormément à ceux dont souffrent encore aujourd'hui non seulement les Etats-Unis, mais tout l'Occident : 

  "Nous sommes dans une nation qui a été emmenée au bord de la ruine morale, politique et matérielle. La corruption domine les urnes, les assemblées législatives, le Congrès, et elle entache toutes les toges de la Cour. La population est démoralisée, la presse soudoyée et bâillonnée, l'opinion publique réduite au silence, les affaires muselées, nos foyers suffoqués par les hypothèques, le travail appauvri, la terre concentrée dans les mains des capitalistes."

 

La nouvelle coalition honore son premier rendez-vous électoral en 1892, mené par le vieux général confédéré J.B. Weaver qui dénonce : "Une ploutocratie audacieuse et agressive a usurpé le gouvernement, et elle est en train de l'utiliser comme un gendarme pour imposer ses décrets insolents. Elle a rempli le Sénat de ses affidés et contrôle même la branche populaire du Congrès (...)".

 

En 1896, celui-ci manque la victoire d'à peine 500 000 voix, malgré des manoeuvres électorales honteuses et des financements accordés à profusion aux adversaires des populistes."

 

Lucas Gallesi, Il était une fois l'économie (2012 ; 2015 trad. française)

 


Sorcières et Moyen Age

 

« Beaucoup évoquent, à longueur de discours indignés ou condescendants, le culte des reliques et des idoles, les miracles et, surtout, la chasse aux sorcières, fond de commerce de l’Inquisition médiévale de l’An mille. Ils voient dans tout cela, et ne manquent pas de le faire savoir, sans contradiction possible, la preuve d’une société et d’un ensemble de mentalités collectives à coup sûr « moyenâgeuses ». Mais les chasses aux sorcières ne se sont vraiment manifestées qu’à partir du XVIe siècle, dans les pays qui avaient adopté la Réforme. Luther voulait « toutes les brûler ». Calvin en prit bonne note. Mais qui, dans nos livres à l’usage des écoliers et des collégiens, évoque les sorcières de Salem (1692) livrées, sans la moindre preuve, à des puritains hystériques puis aux bûchers devant des foules accourues au spectacle ? Faut-il tant de courage pour oser dire et écrire que la folie criminelle de la chasse aux sorcières est un phénomène éminemment moderne ? »

 

Jacques Heers, L’Histoire assassinée (2006)


  

" Dès lors, la bataille pour l'Ukraine allait s'incarner à travers deux dossiers majeurs : d'un côté un projet d'Union douanière avec l'historique frère russe, offrant en prime une aide de 15 milliards de dollars et de substantielles faveurs gazières. De l'autre, un Accord d'association avec l'Union Européenne, proposant pour sa part une aide de 800 millions d'euros, sous conditions de mesures d'austérités drastiques à la sauce grecque...

A priori, le choix était aisé pour le nouveau président proche du Kremlin, même si les conséquences d'un refus du Pacs avec l'UE restait à craindre...

Ianoukovitch prit donc son temps, et finit par trancher en novembre 2013, enterrant la proposition européenne et sa carrière politique par la même occasion. Car, aussitôt la décision officielle, l'Oncle Sam et ses sbires ressortirent leur marmite à révolution, ajoutant à la recette originale une grande louche de chaos. "

 

Collectif Diktacratie.com, Chroniques en Diktacratie (2015)

 

  

Le bien, le mal

 

" Dans un documentaire, The Fog of war (2004), Robert McNamara (ancien Secrétaire à la Défense US) fait un aveu assez intéressant. Il cite une remarque du Général Curtis LeMay, avec lequel il a servi à l'époque des bombardements incendiaires contre les villes japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale : "Si nous avions perdu, nous aurions tous été jugés comme criminels de guerre." McNamara ajoute alors : "Il a sans doute raison. Mais qu'est-ce qui rend la chose immorale quand on perd mais pas quand on gagne ?". "

 

Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions (2005)

 

 


Le Comité des célébrations nationales

 

" Pour forger du passé une série d'images conformes au bien pensant du moment, ce sont, en toute première ligne, fêtes et commémorations. Il est bien dommage que nos journaux qui, sur tant de sujets pratiquent l'investigation, parfois jusqu'à l'indiscrétion ou l'impudeur, ne parlent pas davantage de la mirifique et surprenante institution gouvernementale appelée sans fausse honte le "Comité des célébrations nationales". Qui en fait partie ? Combien sont-ils ? Comment sont-ils désignés ? A vie ou au gré des courants en vogue ? Nous en avons découvert l'existence, mais rien de plus, en 1989, pour célébrer à grands fracas et déballages de discours la Révolution et les Droits de l'Homme mais restons sur notre faim. le citoyen de base serait certainement curieux de mieux connaître cet organisme d'Etat qui s'arroge le droit de dire ce qui, des grands moments du passé mérite d'être par des manifestations, toutes aux frais des contribuables."

 

Jacques Heers, L'Histoire assassinée (2006)

 

 

Dépolitiser

 

« Dépolitiser consiste à faire accepter au bétail son statut de dominé en détournant son regard sur des faux problèmes, ethniques, religieux, de genre, ou en le divertissant par le sexe, la danse, les soins du corps, le sport, les jeux vidéo.... Et si possible tout cela ensemble ! Et pour la fraction encore lucide du bétail, encore politisée et consciente de cette lutte des classes, il n'y a qu'à la marginaliser en disqualifiant ses arguments avant débat. On peut, en vrac, accuser de populisme, d'homophobie ou de misogynie toute remise en cause radicale de notre système. Ou, mieux encore, d'antisémitisme ! Aussi longtemps que nous parvenons à diviser le bétail et à créer des conflits entre les religions, les ethnies, les sexes et les générations, il ne pense pas à se retourner contre nous et nous pouvons régner tranquillement sur lui. »

 

Lucien Cerise Oliganarchy (2013)

 


Deux poids, deux mesures

 

« Deux poids, deux mesures. On pouvait tout invoquer : les droits de l'homme, les résolutions internationales, Amnesty, les conventions de Genève, le droit des peuples, le TPI, les sanctions, le boycott, la mise au ban, les Etats voyous, l'axe du mal. Tant qu'il s'agissait de pays douteux, turbulents, ou aux franges de la civilisation judéo-chrétienne. Tout était envisageable. Sauf pour l'Etat juif. Pas touche ! Bas les pattes ! Le parquet poursuivait même l'insensé qui mentionnerait l'éventualité d'un boycott, pourtant légitime, au regard des violations du droit international. Une mesure qui avait conduit à la fin de l'apartheid.

Une terrible épée de Damoclès était suspendue sur la tête de ceux qui croyaient encore à l'égalité des Etats devant le droit international. L'accusation suprême, l'injure absolue. D'ailleurs, à force de matraquage médiatique, on avait fini par la faire admettre, comme allant de soi. Toute critique "exagérée" d'Israël équivalait à de l'antisémitisme. »

 

Le printemps des Sayanim, Jacob Cohen (2010)


 

 « Il faut tordre le cou à un faux débat qui opposerait les partisans du libre-échange économique à ceux d'une économie dirigée. Cette présentation des enjeux est une escroquerie. L'économie des agents purement libres, sans rapports de forces et sans dominants, cela n'existe pas. L'économie dirigée, vous l'avez de toute façon. La seule question est : préférez-vous une économie dirigée par les gouvernements, ou dirigée par les multinationales ? De fait, la question «êtes-vous pour ou contre la mondialisation ?», c'est en réalité la question «êtes-vous pour ou contre le pouvoir des multinationales ?» (et non pas «êtes-vous pour ou contre la liberté en économie ?»). »

 

 Thomas Guénolé, figarovox, 09.06.2015. 



« Un président dont le but premier était la paix mondiale et qui désirait réduire la dépendance pétrolière des Etats-Unis fut remplacé par un homme qui croyait que la place légitime des Etats-Unis était au sommet d'une pyramide mondiale maintenue par la force militaire et que le contrôle de tous les gisements pétroliers de la planète faisait partie de notre "destinée manifeste". Un président qui avait fait installer des panneaux solaires sur le toit de la Maison-Blanche fut remplacé par un autre qui les fit enlever dès son accession au bureau ovale."

 

Les confessions d'un assassin financier, john Perkins (2004)


 

Société de consommation

 

 

« Car c’est de cela qu’il s’agit maintenant : pas seulement endoctriner l’homme, les arguments d’un côté et les prêches de l’autre ; non, cela ne suffit plus ; comme piège à cons, on a trouvé mieux ; même saoulé de paternalisme et de morale, l’individu restait encore un homme. Maintenant, on veut le ravaler au niveau de ses désirs. Oh, pas de tous. Pas question de faire l’amour, on perd trop de temps. Pas même question de manger ; on travaille mal avec de trop bons repas dans le ventre.

 

Mais acquérir sans fin ce qu’il y a de plus bête, gaspiller, mettre dans des choses inutiles les restes d’une personnalité qui tombe en lambeaux, voilà l’objectif cherché. On fait d’une pierre deux coups : on vend avec bénéfice à ceux-là mêmes qui fabriquent et on les oblige à trimer encore d’avantage. De quoi se plaignent-ils ? On les a payés avec des riens. Et pourquoi se plaindraient-ils ? Sans raison, sans volonté, sans courage, réduits à ne vouloir que ce qu’on veut qu’ils veuillent, à ne faire que ce qu’on veut qu’ils fassent, à ne penser que ce qu’on veut qu’ils pensent, ils ne sont, d’ores et déjà, que des sous-hommes. Demain des bêtes. Ensuite rien. »

 

Claude Alzon, La mot de pygmalion (1974)

 


Novlangue


« On préfère désormais parler de "fracture sociale", aussi accidentelle en somme que les fractures du tibia, que de conflits sociaux et de lutte des classes. Il n’y a plus d’exploités, dont l’aliénation renvoie directement au système capitaliste, mais des "déshérités", des "exclus", des "défavorisés", des "plus démunis". »


 

 

Alain de Benoist, Les démons du bien (2014)





La fin du don


« Le don-sacrifice, le potlatch, - ce jeu de qui perd-gagne où l'ampleur du sacrifice accroît le poids du prestige - n'avait guère de place dans une économie de troc rationalisé. Chassé des secteurs dominés par les impératifs économiques, il va se trouver réinvesti dans des valeurs telles que l'hospitalité, l'amitié et l'amour, officiellement condamnées à disparaître à mesure que la dictature de l'échange quantifié (la valeur marchande) colonise la vie quotidienne et la transforme en marché. »

 

Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre (1967)



Ami des terroristes ?

 

« Un ancien agent de la CIA, Bruce Riedel, a révélé que le principal financier saoudien du terrorisme en Afghanistan et en Bosnie était… Salman bin Abdulaziz Al Saud, qui est monté sur le trône en janvier 2015 avec le soutien et les félicitations d’Obama, de Hollande et de tous les dirigeants occidentaux.»



Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)




« Au Moyen-Orient, avec la division systématique organisée, les Etats-Unis ont réussi à enterrer les tentatives des nations arabes de s’unir pour être plus indépendantes, mieux négocier le prix du baril, échapper au dollar-roi, utiliser l’argent du pétrole à leur avantage, tenir tête à Israël. Oublié tout ça ! A présent au Moyen-Orient, c’est tous contre tous, les peuples paient et les émirs sabrent le champagne. »

 

Jihad made in USA, Gregoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)


« - J’ai forgé l’idée du progrès tout-puissant et l’ai diffusée parmi les humains. Je leur ai enseigné à louer le progrès et à fonder sur lui tous leurs plans et toutes leurs réflexions. Je les ai entraînés à mépriser ce qui est éternel, à sourire de ce qui est calme et pondéré, à dédaigner ce qui est au-dessus du temps, stable et immuable, je les ai poussés à se moquer de ce qui mûrit lentement en une évolution riche de sens. J’ai semé dans l’être humain le besoin hystérique de la dernière nouveauté.»

 

Le Diable en personne, La danse avec le Diable de Gunther Schwab (1958)



Surprise d'Octobre

 

On désigne par "surprise d'Octobre" tout coup de théâtre survenant juste avant les élections présidentielles américaines (en novembre), susceptible de faire basculer les électeurs indécis dans un camp ou dans l'autre.
La surprise qui aurait dû faire gagner le président sortant et Démocrate Carter était la libération de 52 otages capturés dans l'ambassade américaine de Téhéran un an auparavant en représailles de la décision des Etats-Unis d'accueillir le Chah d'Iran fuyant la révolution islamique. les négociations venaient d'aboutir et la libération des otages étaient imminentes. Mais en octobre 1980, un arrangement secret fut conclu entre les Iraniens et une équipe de Républicains incluant George Bush et Robert Gates, par l'intermédiaire d'un officier du renseignement israélien nommé Ari Ben-Menashe qui organisa une réunion à Paris. Comme l'avait fait Nixon avec le Sud-Vietnam en 1968, les Républicains surenchérirent sur les concessions de Carter à l'Iran, et obtinrent que la libération des otages soit retardée en échange de ventes illégales et secrètes d'armes. Carter perdit les élections et les otages furent libérés le 21 janvier 1981, le jour même de l'investiture du Républicain Reagan (dont George bush fut le vice-président) assurant à ce dernier un surcroit d'état de grâce.
JFK, 11 septembre, 50 ans de manipulations, Laurent Guyénot (2014)


 

« La Conférence sur la paix de La Haye de 1899 a inauguré l’ère moderne du droit de la guerre. Suivront plusieurs conventions de Genève pour compléter et institutionnaliser ce droit et ainsi mettre un cadre limite aux actes de guerre en rapport avec le traitement des civils, avec l’utilisation de techniques ou substances illicites. Moult peuples en souffrance sur cette terre seraient surpris d’apprendre qu’il y a des limites dans la façon de pratiquer la guerre…


« Guerre propre, un oxymore. Guerre sale, un pléonasme. »


Lectures au peuple de France (2014)



Dette

 

" Au-delà du support du coût social par l’Etat des méfaits du néolibéralisme (allocations chômage toujours plus nombreuses…), des gaspillages et abus étatiques (retraite en or massif des députés…), des mauvaises gestions de l’administration (fonctionnaires des impôts toujours aussi nombreux malgré l’informatisation…), du clientélisme électoral, du coût de fonctionnement de l’U.E. (6 milliards d’euros pour la France en 2013), de l’évasion fiscale et des abus des particuliers au ...regard du système social français, la dette s’est principalement creusée par l’inique système d’emprunt via les banques privées, imposant au passage un intérêt usuraire. Les intérêts adossés aux emprunts pour faire face aux dettes des Etats ont fait gonfler la valeur de ces dernières de manière exponentielle. Alors que la dette publique de la France était de 2023,7 milliards d’euros début juillet 2014, la France avait déjà payé pour environ 1500 milliards d’intérêt sur sa dette depuis le début des années 1970 ! 1500 milliards juste en intérêts ! Il n’est point nécessaire d’être un spécialiste es-économie pour regretter le temps pas si lointain où l’Etat français s’autofinançait par un efficace circuit du Trésor, sans passer par des banques privées spoliatrices du fruit du travail des citoyens. Si on avait continué sous le système d’alors, notre dette serait environ 6 fois inférieure à celle que nous supportons aujourd’hui et pour laquelle nous détruisons tous nos acquis sociaux."

Lectures au peuple de France (2014)


 

 « En un peu moins d'une génération, un peu plus d'une décade, ce mode de production capitaliste a totalement modifié la vie quotidienne, le genre de vie, la qualité de vie. L'urbanisme sauvage, la cité-dortoir sont le résultat d'un formidable déplacement de population. Avec, comme corollaire, la désertification des campagnes. Pour substituer au rythme rural le productivisme généralisé, l'exploitation capitaliste a désintégré la cellule familiale. C'est le lieu de l'emploi et non plus le lieu d'origine qui fixe la famille, maintenant. Une extraordinaire diaspora des régions recouvre l'hexagone. Ce qui fait que le nouveau rythme social ne dispose plus de l'unité organique famille/village, d'une temporalité apaisante, de longue durée, lente, équilibrée. A la place, deux systèmes spatio-temporels : le temps de travail et le temps de loisir. Et entre les deux, ce monstrueux cancer spatiotemporel : le temps de transport. »

 

Le capitalisme de la séduction, Michel Clouscard (1981)

 

 

Armes de destruction massive

 

« Après le 11 septembre 2001, Donald Rumsfeld (Secrétaire américain à la Défense) affirma que Saddam Hussein se montrait si dangereux qu'il fallait s'en débarrasser. Mais, c'est le même Rumsfeld qui s'était rendu à Bagdad en 1983 pour rencontrer Saddam Hussein au nom de l'administration Reagan-Bush et négocier avec lui la vente d'armes chimiques et biologiques de fabrication américaine. De plus, Rumsfeld était membre du conseil d'administration de la société d'ingénierie ABB quand elle approvisionna en armements nucléaires la Corée du Nord en l'an 2000.»

 

Le guide David Icke de la conspiration mondiale (2012)


 

« L'histoire des aventures qu'ont vécues les Etats-Unis dans le monde, au premier siècle de leur histoire, est éloquente. Avant même que la frontière intérieure ne soit définitivement proclamée "fermée" en 1890 par l'extinction de la race indienne et la concentration des rares survivants des tribus dans des réserves oubliées de tous les hommes - de toute leur histoire, les Etats-Unis n'auront qu'un élu amérindien à la Chambre des représentants, un seul élu parmi ceux qui for...maient encore 90% de la population du continent en 1700 ! -, la défense de leurs intérêts, la volonté d'ouvrir des marchés à leur industrie naissante ou de s'assurer un accès garanti à des ressources naturelles utiles avaient engagé les forces armées des Etats-Unis dans différentes opérations au-delà, et parfois loin, de leurs frontières. Après la petite guerre des grands Lacs qui les opposa aux Canadiens anglais et aboutit à quelques corrections de frontières, les affaires sérieuses commencèrent contre le reste des armées espagnoles qui tenaient d'immenses territoires, du Mexique à l'Amérique du Sud, et de Cuba aux Philippines. Les dépouilles espagnoles étaient à prendre, les prétextes ne manquèrent pas pour intervenir. De l'intervention armée à Buenos Aires en 1852 pour protéger les avoirs américains lors d'une révolution, à l'ouverture forcée du Japon par les canonnières de Perry en 1853-1854, puis aux hésitations devant l'annexion d'Hawaii, jusqu'à la guerre d'extermination conduite aux Philippines, de 1898 à 1909, avec une proportion de plus de mille Philippins tués pour un Américain (ces naïfs prétendaient à l'autonomie, en demandant aux Américains de les aider contre les Espagnols, quand il s'agissait de remplacer un colon par un autre !), ce sont plusieurs dizaines d'interventions armées, allant de la guerre à l'expédition ou au raid, qui ont été engagées par les Etats-Unis pour protéger leurs intérêts, recouvrer leurs dettes, ou ouvrir des marchés à leur commerce. Le génocide indien achevé en 1890, peu après le glorieux massacre de femmes et d'enfants par la cavalerie américaine à Wounded Knee, avait bien préparé des armées qui se recyclèrent dans l'extermination des sauvages, partout où le banquier et le marchand les conduisaient. De Théodore Roosevelt à Donald Rumsfeld, une longue théorie de guerres marchandes leur assura pour plus d'un siècle et l'impunité, et les moyens de l'Etat fédéral. »
Hervé Juvin, La grande séparation (2013)


 

14 juillet

 

« Qui, en France, se souvient que le cirque patriotique, les défilés, les bals populaires, liesse et violences, du 14 juillet commémorent la fête de la Fédération qui, en 1790, proclamait l’unité du pays et voulait renier les particularismes ?
On ne pense qu’à la prise de la Bastille, un an plus tôt, et l’on porte aux nues cet étrange fait d’armes qui vit quelques centaines d’hommes et femmes, leurs meneurs pris de boisson, délivrer sans coup férir six ou sept gredins ou demi fous pour, en fin de triomphe, massacrer le gouverneur qui leur avait ouvert les portes. Les manuels sont, sur ce point, très discrets et, de toutes façons, n’y pourraient rien : pour l’opinion, le 14 juillet célèbre la liberté et la victoire du peuple (sic) sur l’oppression. Exemple flagrant vraiment ahurissant du divorce entre ce que les historiens, unanimes depuis déjà des années, présentent dans leurs livres et ce que le public, dans son immense majorité, continue de croire. »
Jacques Heers, l'Histoire assassinée (2006)


 

« La reconnaissance historique due aux troupes américaines par l'Europe s'est transformée en dette irrécouvrable. Au prix d'une manipulation de l'histoire ; dans les années 1950, aucun Européen ne doutait que l'URSS ait à elle seule assuré l'essentiel de l'effort de guerre anti-nazi ; ses trente millions de morts, son économie détruite au tiers en témoignaient. En 2014, les Européens croient que ce sont les Etats-Unis qui ont fourni l'essentiel de l'effort de guerre... alors que l'économie américaine en est sortie deux fois plus riche et plus dominante (notamment en s'appropriant brevets et actifs industriels allemands, soigneusement protégés lors des bombardements), de sorte que la Seconde Guerre mondiale aura été le meilleur placement de toute l'histoire des Etats-Unis ! L'Europe n'aurait-elle été libérée de l'emprise nazie, puis soviétique, que pour tomber sous l'emprise américaine ? Les soldats de La Fayette, eux, n'ont pas colonisé les Etats-Unis qu'ils avaient aidés à conquérir leur indépendance. »
Hervé Juvin, Le mur de l'Ouest n'est pas tombé (2015)



« Personne, à aucun moment, ne reçoit le moindre enseignement sur l’influence de la monnaie sur la société, personne ne sait exactement quelle est la définition de la monnaie. Les spécialistes que pourraient être les économistes ne savent que répéter qu’il est bon que la monnaie soit émise sous forme de crédit car le crédit est indispensable à la prospérité de la société. C’est un peu comme un médecin qui affirmerait que la maladie est bonne parce qu’elle est indispensable pour faire marcher les hôpitaux ! »

Gérard Foucher, Les secrets de la monnaie (2013)


 

« La Chine bute. Pas sur la bulle immobilière, la parité yuan/dollar, ou les manœuvres américaines agressives à son égard. Sur la survie. Si les autorités chinoises chargées de l'environnement en avaient le courage, si les institutions internationales osaient le faire, Pékin, Harbin, et combien d'autres villes chinoises auraient dû être déclarées impropres à la vie humaine et évacuées. "La croissance ou la mort" était le slogan du passé ; "la croissance, et la mort" va devenir le slogan du futur.»

 

Hervé Juvin, le mur de l'Ouest n'est pas tombé (2015)


 

Hyperactivité

 

« L'histoire de ce jeune Anglais, qui allait à l'école à la fin du XIXe siècle et serait aujourd'hui certainement considéré comme hyperactif, et à ce titre serait soigné à coups de médicaments, pourrait faire exemple : afin de calmer son énergie débordante, l'enfant remuant et ses enseignants décidèrent d'un commun accord que le jeune garçon serait autorisé à faire le tour de l'école en courant à la fin de chaque heure de cours, ce qui améliora notablement le quotidien; aussi bien celui de l'élève que celui de ces enseignants. Le héros de cette histoire a par la suite complètement renoncé à la pratique sportive. Son nom : Wiston Churchill.»
Jörg Blech, Les inventeurs de maladies (2003)


 

"Choc des civilisations" entre chrétiens et musulmans ?

 

« Entre 1801 et 1802, sous le règne d'Abdelaziz ben Mohammed ben Saoud, les wahhabites saoudiens attaquèrent et envahirent les villes saintes de kerbala et de Nadjaf, en Irak. Ils massacrèrent une partie de la population musulmane et y détruisirent les tombeaux d'Hussein ibn Ali, le petit-fils de Mahomet et le fils d'Ali (Ali ibn Abi Talib, le gendre de Mahomet). Entre 1803 et 1804, les Saoudiens s'emparèrent de La Mecque et de Médine où ils démolirent des monuments historiques, ainsi que divers sites et lieux saints musulmans - tels que le mausolée construit sur le tombeau de Fatima, la fille de Mahomet. Ils avaient même l'intention de démolir la tombe de Mahomet lui-même, la jugeant idolâtre. En 1998, les Saoudiens détruisirent au bulldozer et brulèrent le tombeau d'Amina bint Wahb, la mère de Mahomet, provoquant l'indignation à travers le monde musulman.»


The Weekly Standard, 30 mai 2005, cité par Peter Dale Scott dans "L'Etat profond américain" (2015)


 

Tribunal de Nuremberg

 

« Telford Taylor, qui a été procureur général au tribunal de Nuremberg sur les crimes de guerre, a fait remarquer que celui-ci poursuivait des crimes rétroactifs, c’est-à-dire qui ne figuraient pas dans les textes au moment où ils se sont produits. Le tribunal devait lui-même décider ce qu’on allait considérer comme crime de guerre, et sa définition opératoire a été claire : tout ce que l’ennemi avait fait et que les Alliés n’avaient pas fait. C’est tout à fait explicite – et c’est pour cela que les bombardements alliés dévastateurs contre la population civile de Tokyo, Dresde et autres centres urbains, par exemple, n’ont pas été classés parmi les crimes de guerre. Les forces aériennes américaines et britanniques avaient beaucoup plus bombardé les civils en zone urbaine que les Allemands. Ils visaient surtout les quartiers ouvriers, les quartiers pauvres. Puisque les Alliés l’avaient pratiqué bien plus intensivement que les puissances de l’Axe, le bombardement des agglomérations n’a pas été inclus dans les crimes de guerre. Le même principe a d’ailleurs joué au niveau individuel. Un amiral allemand – Karl Dönitz, qui commandait les sous-marins – a fait appel, comme témoin de la défense, au commandant en chef des forces navales américaines dans le pacifique, Chester W. Nimitz, lequel a attesté que ce dont on accusait Dönitz en matière de guerre sous-marine, les Américains l’avaient fait aussi. Sur ce chef d’accusation précis, il a été acquitté. »
La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2005)


Europe INC, Collectif (2005)
Europe INC, Collectif (2005)

 

Propagande

 

      "Aussi rose que pu apparaître à l'industrie biotechnologique européenne, il restait à déterminer si les consommateurs, craignant pour leur santé ou l'environnement, allaient ou non accepter les produits génétiquement modifiés. En fait, des tempêtes de protestations éclatèrent dans plusieurs pays lorsque les produits contenant des OGM apparurent dans les rayons. Cette résistance représentait un risque mortel pour les entreprises de biotechnologies, qui doivent vendre leurs produits pour récupérer les sommes énormes investies dans le développement ou l'acquisition de leurs technologies.

C 'est ici que la plus grande firme de relations publiques du monde, Burson-Marsteller  - qui se définit elle-même comme spécialiste de la "gestion d'images" -, fit son entrée. Une semaine seulement après la conclusion du sommet européen de juin 1997, Amsterdam accueillait le premier Congrès européen de la bio-industrie : EuropaBio 97.

Burson-Marsteller recommandait "une stratégie et un programme cohérents aptes à générer des perceptions et des opinions favorables au-delà du milieu des décideurs politiques". Il était expliqué que "les questions d'environnement et de santé sont, en matière de communication, de véritables traquenards pour les bio-industries européennes... Tous les résultats de nos recherches confirment que la présomption de n'obéir qu'à des motifs lucratifs détériore fatalement la crédibilité de l'industrie sur tous ces points". Par conséquent, Burson-Marsteller conseillait à l'industrie des biotechnologies d'éviter de prendre part à tout débat public sur le sujet et de laisser le soin "à ceux qui sont les plus aptes à capter la confiance publique dans ce domaine - politiciens et législateurs - de garantir au public que les produits biotechnologiques ne sont pas dangereux". En plus de rester à l'écart de ces "traquenards", Burson-Marsteller proposait de construire des images positives autour des produits obtenus par techniques génétiques en omettant de mettre l'accent sur la technologie controversée.

Toujours selon notre gestionnaire d'image, "la colère et le ressentiment public envers l'introduction sur le marché d'aliments génétiquement modifiés" proviennent "d'un sentiment d'impuissance devant ce qui est perçu comme des forces malveillantes (et étrangères) menaçant des aspects de la vie tenus pour précieux". Par conséquent, on proposait de faire naître le sentiment général que les entreprises de production alimentaire, les détaillants et les consommateurs pourraient librement choisir d'utiliser, de vendre ou d'acheter des produits génétiquement modifiés ou non. Ceci, affirmaient les grands prêtres de Burson Marsteller, "diminueraient de beaucoup le sentiment d'impuissance du public."


 

Cours de péripatéticienne

 

"On sait qu'en Allemagne, où grâce à la gauche la prostitution est déjà devenue un "métier comme un autre", certaines ouvrières licenciées par le Capital se sont vu logiquement proposer par l'ANPE locale, au titre de leur reconversion, l'emploi d'hôtesse de charme, dans les nouveaux Eros center. Cette manière -appelée à se développer- de résoudre la question du chômage des jeunes ne constitue, toutefois, qu'un des aspects du problème. Si, comme le veulent les borillistes et les iacubiens, la prostitution est bien un métier comme un autre, et si l'une des fonctions de l'Ecole est toujours de préparer la jeunesse à ses futurs métiers, il est, en effet, logiquement inévitable que l'Education nationale prenne en charge, dès le collège, la formation des élèves désireux de s'orienter vers ce métier d'avenir (création des diplômes, filières et options appropriées ; définition des programmes, ainsi que de la nature, théorique et pratique, des épreuves d'examen destinés à valider les compétences acquises ; constitution, enfin, des corps d'enseignants et d'inspection, indispensables pour donner vie à ce projet éminemment moderne). On attend avec impatience la préface de Jack Lang et les éditoriaux enthousiastes de Libération."
Jean-Claude Michéa, L'empire du moindre mal (2007)



La famille

 

« La famille, quels que soient ses défauts, est le lieu structurant de l'échange non-marchand, la structure fondée, non sur la logique du capital, mais sur l'amour. Amour d'un homme et d'une femme qui via le couple, produit des enfants, amour des parents pour les enfants, des enfants pour les parents, soit toute une logique de don. Les parents donnent de l'amour à leurs enfants sans aucune conception de rentabilité, de commerce. C'est pourquoi la société marchande, dans sa phase d'extension maximale, de dégénérescence maximale, doit casser ce dernier bastion de l'échange non marchand, désintéressé, du don. »

Alain Soral et Eric Nolleau, Dialogues désaccordés (2014)


 

Marins de Kronstadt

  

Kronstadt est une ville russe, située sur l’île de Kotline, en mer Baltique, dans le golfe de Finlande, à une vingtaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg – alors dénommée Pétrograd. En ce début de l’année 1921, elle était à la fois une base navale et une forteresse protégeant près de 50 000 habitants. Mais elle fut surtout le terrain d’une révolte contre le bolchévisme de Lénine comme de Trotski, et une tentative populaire d’élaborer un pouvoir radicalement démocratique, c’est-à-dire autonome.

  

Tout commença fin février 1921, à Petrograd, alors affaiblie par les trop nombreux sacrifices de la révolution bolchévique. Dans cette contré nordique, une longue pénurie de vivres et de combustibles devenait rapidement fatale. Inutile de discuter avec le gouvernement : Il réprimait systématiquement la moindre contestation. Malgré tout, les grèves et assemblées générales se multiplièrent, au point d’engendrer de sérieux troubles dans toute la ville.

  

Il est d’ailleurs à noter que Moscou et d’autres grandes agglomérations étaient également sous le coup de pareils ébranlements. Ouvriers et paysans n’avaient pour seule revendication que de décider eux-mêmes de leur destin, et de cesser de se soumettre aux prescriptions toujours plus dictatoriales du régime bolchévique.

  

Radicalement solidaires des revendications hurlées par les malheureux de Petrograd, les hommes de Kronstadt proposèrent crânement une résolution pour pallier aux abus de pouvoir des bolchéviques.

 

Ainsi, le 1er mars, c’est une réunion publique historique qui se tint sur la Place de l’Ancre avec près de 16 000 marins, soldats rouges et travailleurs qui adoptèrent alors à l’unanimité la résolution dite du Pétropavlovsk (du nom du navire sur lequel elle fut esquissée). Nous retiendrons l’emblématique article 7 :

 

« Abolir les offices politiques, car aucun parti politique ne doit avoir des privilèges pour la propagande de ses idées, ni recevoir de l’Etat des moyens pécuniaires dans ce but. » 

 

Le gouvernement de Lénine n’avait, en définitive, qu’une seule ambition alimentée sur le dos du peuple : conserver le pouvoir, sans jamais chercher à le partager. Sous couvert de slogans qui n’engagent que les pauvres hères qui les propagent, comme « pouvoir prolétarien », le régime supprima toute forme d’auto-administration qui de près ou de loin pouvait s’apparenter au soviet, pour installer en lieu et place une organisation étatiste assurée par des fonctionnaires. Refusant aux masses ouvrières et paysannes de s’approprier et d’élargir leur activité de manière propre et autonome, les nouveaux dirigeants russes instituèrent un pouvoir centralisé et dictatorial.

 

Pourtant, le mot d’ordre qui s’imposait à Kronstadt était : « Tout le pouvoir aux soviets locaux ! »

 

A leurs yeux, chaque organisme ouvrier et paysan devait être maître chez lui, puis coordonner son activité avec celle d’autres organisations sur une base fédérative. Une authentique audace démocratique qui incarnait, de fait, une vraie menace à l’encontre de la dictature des communistes. La laisser se propager aurait signé l’arrêt de mort du bolchévisme, en provoquant une nouvelle révolution qui n’aurait pas été animée par des petits-bourgeois lettrés. 

 

Hors de question pour Moscou de régler le conflit par une négociation fraternelle. Trotski, jamais en reste pour profaner la colère populaire, accepta même de prendre la responsabilité de la répression. Il savait pertinemment que « le succès d’une révolution n’était possible que si elle trouvait un appui ». Il fallait donc, au préalable, affaiblir les marins de Kronstadt et ainsi stopper la contagion démocratique. D’où la mise en place d’une propagande acharnée et dévastatrice, dont le gouvernement avait naturellement le monopole, comme tout pouvoir dominant qui se respecte.

 

Une campagne formidablement orchestrée et nourrie de mensonges fut mise en place. Histoire de tromper définitivement l’opinion et de justifier le sang versé promis aux rebelles. Tous les moyens furent mis en œuvre :

 

Ordres militaires, proclamations, tracts, affiches, articles de presse ou appels radiophoniques, tout ce qui pouvait permettre de propager les contre-vérités bolchéviques fut employé. On pouvait y entendre ou y lire que les communistes étaient torturés à Kronstadt, que la révolte des matelots était animée par des espions français, des blancs gardistes, des généraux tsaristes, des menchéviks, des banquiers de Finlande… Bref un condensé guère digeste de toute la panoplie des épouvantails anticommunistes de l’époque. Noyée sous la propagande, chaque ville susceptible de s’associer avec la résistance entamée à Kronstadt s’est refermée sur elle-même, inhibée par ses louvoiements.

 

C’est le 7 mars 1921 que débuta le bombardement de Kronstadt. De nombreux obus percèrent la glace entourant la citadelle, ce qui eut d’abord pour effet de promettre à la noyade une bonne partie des assiégeants. Une dizaine de jours plus tard, les hommes de Toukhatchevsky, un jeune officier commandité par Trotski – celui-là même qui quelques mois plus tard bombardera à l’arme chimique les populations des campagnes de Tambov pour mater leur révolte – massacrèrent les insoumis de la forteresse.

 

Moins de deux semaines auront été nécessaires pour anéantir les fondements d’une démocratie au potentiel révolutionnaire. Les raisons permettant d’expliquer la rapidité de la chute de Kronstadt sont riches de sens. Quelques jours supplémentaires et la forteresse devenait imprenable, car une fois la glace fondue, c’est par voie d’eau qu’il aurait fallu combattre la meilleur flotte du pays ! Il fallait empêcher à tout prix qu’un pouvoir indépendant, autonome et égalitaire soit capable de résister à l’imposture bolchévique. »

 

Collectif Diktacratie.com, Démocratie radicale contre diktacratie (2014)

 

 

 Lawrence d'Arabie

 

« Au cours du premier conflit mondial, il s’élabore au sein des chancelleries occidentales des projets de remaniement complet du Proche-Orient. Ainsi, le 16 mai 1916, les accords Sykes-Picot sont signés. Du nom des diplomates anglais et français ayant conçu ce document, ce texte parcellise l’Empire ottoman en de multiples Etats.

  

La répartition des territoires sous la coupe des deux pays colonisateurs se fait au bénéfice de la Grande-Bretagne qui s’arroge les sols gorgés de pétrole d’Irak et du Koweït, tandis que la France récupère le Liban et la Syrie riches en dattes. La révélation du contenu de ce texte se fit suite à la révolution bolchévique en octobre 1917. En effet, tombant sur une copie de cet accord dans les archives du ministère des Affaires étrangères du gouvernement tsariste, les Bolcheviks transmirent le document au gouvernement ottoman. Ce dernier en profita pour diffuser le texte aux représentants arabes (le chérif Hussein) combattant du côté des Anglais dans les sables de la péninsule sous la direction d’un homme de génie et à la personnalité torturée, Lawrence d’Arabie. Cette diffusion plongea dans l’embarras les dirigeants de Grande-Bretagne. En effet, officiellement, ce pays se battait pour l’émancipation des peuples arabes face au joug ottoman. Les actions héroïques d’un Lawrence d’Arabie aux côtés des tribus arabes, appliquant avec succès les principes de la guérilla, entraient en contradiction avec les volontés réelles de Londres de s’approprier ces terres sans partage. Lawrence d’Arabie le savait fort bien comme il le révèle dans ses Mémoires : « Je risquai la fraude avec la conviction que l’aide des Arabes était nécessaire si nous voulions remporter une victoire rapide et à peu de frais à l’Est et qu’il valait mieux gagner en trahissant nos promesses plutôt que perdre… La motivation arabe était notre levier principal pour gagner la guerre orientale. C’est pourquoi je les assurai que la Grande-Bretagne honorerait ses engagements selon la lettre et l’esprit. Avec cette assurance, ils accomplirent des exploits ; mais, bien sûr, au lieu d’être fier de nos réalisations communes, j’en étais continuellement et amèrement honteux. »

 Pierre Hillard, La marche irrésistible du nouvel ordre mondial (2013, 2ème édition)


 

« Lorsque le vice-président états-unien, Joe Biden, déclare (le 6 juillet 2009) que c’est le droit souverain d’Israël que d’attaquer l’Iran, et que les Etats-Unis ne sauraient entraver une telle action (menée avec du matériel américain) parce que Washington «  ne peut dicter à une autre nation souveraine ce qu’elle est en droit de faire ou non », il ne veut pas dire que, par voie de conséquence, c’est aussi le droit souverain de l’Iran que d’attaquer Israël s’il prend au sérieux les menaces d’agression que lance régulièrement la puissance nucléaire qui règne sur la région, tandis que les Etats-Unis observeront sans broncher. Force est de reconnaître la pertinence de la fameuse maxime de Thucydide : « Tel que va le monde, le droit n’est en question qu’entre égaux en puissance, tandis que le plus fort fait ce que bon lui semble et que les plus faibles subissent ce qui leur échoit. » Ca, c’est le principe fondamental sur lequel repose l’ordre du monde. »
Génocide et propagande, Edward S. Herman, David Peterson (2010)


  

Révolution « marchande »

 

 « Il n’est aucun mouvement révolutionnaire qui, de ses tenants à ses aboutissants, n’ait été déterminé par le processus d’expansion de la marchandise. Enserrée dans le carcan de forme archaïque, l’économie les brise sous le coup de libertés inspirées par la liberté du commerce, où se fondent bientôt, en raison des contraintes inhérentes à la loi du profit, de nouvelles tyrannies.

A la sortie, l’économie reprend à la hausse ce qu’elle a investi à l’entrée. La notion de « récupération » n’exprime rien d’autre. Les révolutions n’ont jamais fait que tourner sur elles-mêmes en se niant à la vitesse de leur rotation.

La révolution de 1968 n’échappe pas à la règle. Tirant plus de profit de la consommation généralisée que de la production, le système marchand précipite le passage de l’autoritarisme à la séduction de marché, de l’épargne au gaspillage, du puritanisme à l’hédonisme, de l’exploitation stérilisant la terre et l’homme à la reconstruction lucrative de l’environnement, du capital plus précieux que l’individu à l’individu comme capital le plus précieux. »

Raoul Vaneigem, Traité de savoir-vivre (1967)



Guerre des races ?

 

« En cette année 1968 aux Etats-Unis, alors que Robert Kennedy et Martin Luther King venaient d'être assassinés à six mois d'intervalle, les grandes usines fuyaient vers les zones de main-d’œuvre non syndiquée à bon marché du Sud ou vers les pays en voie de développement. Les bidonvilles, la drogue et le chômage se développaient, du coup, à une échelle endémique dans les cités du Nord industriel. La politique de désinvestissement du tissu industriel promue ...par Wall Street commençait de montrer ses véritables effets. Les ouvriers blancs qualifiés des cités du Nord furent dressés contre les travailleurs noirs et hispaniques sans qualification, de plus en plus désespérés, confrontés à un nombre d’emplois en diminution. Des émeutes furent délibérément fomentées dans des cités industrielles, à Newark, Boston, Oakland et Philadelphie par des « insurgés » soutenus par le gouvernement, tel Tom Hayden. Il fallait détruire la puissance des syndicats industriels établis dans les cités du Nord en les stigmatisant comme racistes. Ces insurgés de commande étaient financés par le programme Grey Areas (Zones grises), soutenu par la fondation Ford promue en modèle par le président Johnson pour lutter contre la pauvreté.

Le véritable objectif de la guerre de Johnson contre la pauvreté, opération financée par le gouvernement, visait à exploiter le déclin économique créé par la politique de l’establishment anglo-américain. Il fallait briser la résistance de la population américaine face aux nouvelles réductions des salaires qui allaient lui être imposées. L’establishment financier se préparerait à infliger à l’Amérique un pillage dans le style colonial britannique du XIXe siècle. Et la manipulation de la « guerre des races » en était l’arme. »

William Engdahl, Pétrole une guerre d’un siècle (2004)

 


« Il y a un an, je me trouvais dans les montagnes de l’Atlas et, regardant les villages berbères, l’idée me vint que nous avions, peut-être, mille ans d’avance sur ces gens, mais que nous n’étions pas mieux lotis, et somme toute peut-être moins bien. Nous leurs sommes inférieurs physiquement et nous sommes, à l’évidence, moins heureux qu’eux. Nous sommes simplement parvenus à un point où il serait possible d’opérer une réelle amélioration de la vie humaine, mais nous n’y arriveront pas sans reconnaître la nécessité des valeurs morales (common decency) de l’homme ordinaire. Mon principal motif d’espoir pour l’avenir tient au fait que les gens ordinaires sont toujours restés fidèles à leur code moral. »

George Orwell, lettres à Humpry House du 11 avril 1940



L'habit ne fait pas le moine

 

" Le leader spirituel des Frères musulmans, Al-Qaradawi, est établi à Doha où il jouit d’une force de frappe décisive.

Les réseaux d’Al-Qaradawi ne sont pas que religieux. Ils sont aussi financiers. Le prédicateur a contribué à conférer une licéité islamique au prêt à intérêt, normalement interdit par la loi coranique. Al-Qaradawi a servi de caution religieuse, aux princes musulmans souhaitant faire prospérer leur argent sans pour autant passer pour des mécréants, en édictant des avis ou en siégeant au conseil de censure légale de plusieurs banques islamiques, lesquelles ont contourné  la difficulté posée par le Coran en remplaçant le prêt à intérêt par le rachat surévalué, précise le politologue Fiammetta Venner. Grâce à cette caution religieuse inespérée, de grandes banques islamiques ont raflé le marché au détriment de firmes bancaires plus modestes ne pouvant se targuer d’une telle aura coranique.

Beaucoup d’intellectuels portent un regard très critique sur le rôle ainsi joué par Qaradawi. Le Dr Shaker al-Nabulsi, grand intellectuel jordanien résidant aux Etats-Unis, le décrit comme le « conseiller religieux et financier de plus d’une vingtaine de compagnies financières qui opèrent selon les principes financiers islamiques, connues pour avoir détruit les entreprises de beaucoup de petits investisseurs en Egypte ». Il rappelle que la fortune du prédicateur s’élève aujourd’hui à plusieurs dizaines de millions de dollars."

"Une France sous influence" de Vanessa Ratignier (2014)


L'Etat profond américain, Peter Dale Scott (2015)
L'Etat profond américain, Peter Dale Scott (2015)

 

Projet jugement dernier

 

" Depuis la Seconde Guerre mondiale, le secret a été utilisé aux Etats-Unis pour accumuler de nouveaux pouvoirs bureaucratiques classifiés, sous couvert de la planification d'urgence censée répondre aux désastres nationaux. Au sein même comme en dehors de l'Etat, ce programme est connu sous le nom de code de "Projet Jugement dernier". Au début de la présidence Reagan, cette planification a été rebaptisée par une appellation trompeuse, la "Continuité du Gouvernement" (COG). Notamment développée par Oliver North, Donald Rumsfeld et Dick Cheney depuis le début des années 1980, la COG est en fait devenue le vecteur d'un important changement de gouvernement depuis son instauration le 11 septembre 2001. A l'origine, les pouvoirs répressifs extrêmes qui avaient été accumulés dans le cadre du Projet Jugement dernier furent développés afin de contrôler le reste du monde. A présent, les Etats-Unis eux-mêmes sont traités comme s'ils étaient un territoire occupé - et ce à un degré sans précédent.

 

Ces plans - initialement centrés sur une éventuelle décapitation du gouvernement des Etats-Unis à la suite d'une attaque nucléaire -, furent progressivement recalibrés afin de gérer le problème de la désobéissance civile, et plus particulièrement de la résistance de l'opinion publique états-unienne aux campagnes militaires à l'étranger.

En effet, les plans de la COG furent modifiés sous l'administration Reagan afin de traiter le peuple des Etats-Unis comme une forme d'ennemi. Devant les Comités restreints du Congrès sur l'affaire Iran-Contra, Oliver North avait déclaré  "Nous n'avons pas perdu la guerre au Vietnam, nous l'avons perdue ici-même, dans cette ville [c'est-à-dire Washington]."

Ainsi, le Projet Jugement dernier a repris et élargi les directives de l'opération Garden plot développées par l'armée US. Ce programme était destiné à gérer des manifestations anti-guerres et des émeutes urbaines, qui, après l'assassinat de Martin Luther King Jr, avaient abouti à la création de ce que l'on appelle la "salle de guerre intérieure" du Pentagone (domestic war room). Les stratèges de la COG y ont également incorporé des plans du Département de la Justice, qui organisaient la mise en place d'un système de centres de détention pour des milliers de dissidents - ces derniers ayant été fichés pour être immédiatement arrêtés en cas d'urgence nationale.

 

Le résultat de cette planification de la COG fut un ensemble de mécanismes répressifs, préparés pendant deux décennies par un groupe très restreint et très élitiste, puis instaurés à partir du 11-Septembre. Cet ensemble de mesures comprenait 1) la surveillance extrajudiciaire, ce qui a été confirmé par les révélations d'Edward Snowden ;

2) la détention arbitraire, incluant des dérogations sans précédent au droit de ne pas être emprisonné arbitrairement (l'habeas corpus);

3) des mesures inédites favorisant la militarisation de la sécurité intérieure et l'érosion du Posse Comitatus Act (une loi de 1876 interdisant au gouvernement fédéral d'avoir recours à l'armée dans l'application civile de la loi).

 

Depuis 2008, une brigade de combat de l'armée US a été déployée de façon permanente aux Etats-Unis Sa mission principale consiste à être "mobilisée pour assurer la gestion des troubles civils et le contrôle des foules." Visiblement, la plupart des gens n'ont pas conscience que les citoyens des Etats-Unis ont vécu depuis 2002, comme la brigade en question, sous l'autorité d'un commandement militaire de l'US Army appelé le NORTHCOM."


La république des censeurs, Jean Bricmont (2014)
La république des censeurs, Jean Bricmont (2014)

 

"Le problème posé par la loi Pelven (1972) est sérieusement aggravé du fait que cette loi reconnaît à toute association qui se propose, "par ses statuts, de combattre le racisme" et est "déclaré depuis cinq ans au moins", le droit de se constituer partie civile dans tout procès relié à cette loi.

Cette loi est loin de faire l'unanimité parmi les spécialistes, même plusieurs décennies après son adoption. La juriste Anne-Marie Le Pourhiet qualifiait en 2005 ces associations, privilégiées par la loi Pelven, "d'associations vindicatives et sectaires" et écrivait que le terrorisme de ces croisés de l'hygiénisme mental consiste désormais à qualifier de phobie (homophobie, lesbophobie, handiphobie, islamophobie, judéophobie, mélanophobie, etc.) toute expression d'une opinion contraire à leurs prétentions ou revendications." Elle n'en demandait pas moins qu'"une remise à plat de l'arsenal répressif accumulé depuis la loi Pelven de 1972 et un retour aux principes initiaux et libéraux de la loi de 1881 sur la presse".


L'Insurrection, Pierre Lévy (2014)
L'Insurrection, Pierre Lévy (2014)


Postface de Jean Bricmont :


"Lorsque la gauche arrive au pouvoir en 1981, elle porte un programme apparemment ambitieux, incluant en particulier un ensemble substantiel de nationalisations. Mais l'époque n'est pas à ce type de réformes. Les nouveaux héros se nomment Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Le vent d'ouest l'emporte clairement sur le vent d'est. En France, la découverte du Goulag dans les années 1970 et l'interprétation qu'en donnent les "nouveaux" philosophes" ont créé un climat idéologique particulièrement peu favorable à la gauche, l'idée même de progrès étant devenue "suspecte" de tentation totalitaire.

Mettre en œuvre un tel programme dans un seul pays, et à contre-courant de l'idéologie dominante, aurait nécessité une ferme volonté politique, d'autant que les contradictions économiques s'aiguisent : l'augmentation des salaires entraine une augmentation des déficits publics (minuscules néanmoins par rapport à ce qu'ils sont aujourd'hui) et de la balance des paiements.

Très vite, le nouveau pouvoir fait donc face à un dilemme :sortir du système monétaire européen, c'est à dire en fait rompre avec l'intégration européenne qui a alors pour nom Communauté économique européenne, prendre des mesures protectionnistes, ou bien adopter le "tournant de la rigueur", option finalement choisie en 1983.

Faute d'avoir le courage, ou l'honnêteté, de quitter le pouvoir du fait de l'abandon de son programme initial, la gauche est restée aux manettes, tout en faisant, de façon croissante, le contraire de ce pourquoi elle avait été élue, avec notamment l'accélération des privatisations et de la libéralisation de l'économie. Il a bien fallu justifier tout cela et c'est pourquoi on a "inventé" la "gauche morale". [...]

Il fallut aussi se trouver un ennemi. On pouvait difficilement attaquer le capitalisme, puisqu'on avait admis qu'il était indépassable. Un premier adversaire fut trouvé avec l'émergence du Front National et le "fascisme". Cela coïncida d'ailleurs avec l'apparition de l'holocauste comme référence centrale de la vie culturelle en France : on est passé autour de 1968, d'un "récit" sur la Seconde Guerre mondiale centré sur la résistance gaullo-communiste à un autre récit, centré sur la collaboration vichysto-antisémite, les deux étant d'ailleurs des descriptions partielles et idéologiquement biaisées d'une réalité complexe." "

Jean Bricmont, Extrait de la postface du livre "l'insurrection" de Pierre Lévy (2014)


Jihad made in USA, Mohammed Hassan (2015)
Jihad made in USA, Mohammed Hassan (2015)

 

Occident et islamisme

 

"Les impérialistes ont toujours craint de voir les peuples du Sud s'unir. Avec leur vision sectaire, les islamistes réactionnaires avaient et ont toujours le profil de l'allié idéal.

Par ailleurs, ces dictateurs féodaux totalement déphasés avec notre époque ne peuvent compter sur un soutient massif des populations pour rester au pouvoir. Ils sont donc totalement dépendants de l'appui et de la protection que leur apportent les impérialistes.

Ainsi, les puissances occidentales, qui prétendent défendre la démocratie et les droits de l'homme à travers le monde, entretiennent des rapports ultra-privilégiés avec des pays comme l'Arabie saoudite."


Trahison Otanesque


« Pour gagner des voix, le candidat François Hollande avait, durant sa campagne présidentielle de 2012, critiqué la réintégration de la France dans l’OTAN, opérée par son prédécesseur : « Il fallait sans doute y voir une sorte d’adhésion idéologique, au nom du « retour dans la famille occidentale » prôné par Nicolas Sarkozy, à l’Amérique des années Bush. Cette décision hâtive n’a pas permis à la France de renforcer son influence au sein de l’Alliance. L’E...urope de la défense a été délaissée. Le temps est venu de procéder à un bilan complet de cette réintégration. Nous favoriserons sur cette base un rééquilibrage politique, dans l’intérêt de la France et de la défense européenne. »

Mais, une fois élu, le président François Hollande a fait exactement le contraire : aucun bilan et même une aggravation de cette complicité « otanesque », allant jusqu’à déclarer son amour au président des Etats-Unis en ces termes : « Il y a une décade, peu auraient pu imaginer deux pays collaborant aussi étroitement de tant de façons. Mais dans les dernières années, notre alliance s’est transformée. Depuis le retour de la France dans le commandement militaire de l’Otan, il y a quatre ans, et de façon consistante avec notre engagement pour renforcer le partenariat OTAN – Union européenne, nous avons renforcé notre coopération par-delà les océans. »
Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)



Gouvernement mondial

 

"Le problème n'est pas tant de savoir si un "gouvernement mondial" est souhaitable ou non, mais de savoir qui en serait à la tête, si ce nouveau souverain serait en mesure de développer une prospérité commune et le progrès social. A en juger par les pratiques sociales des élites, au cours des deux cents dernières années, le grand public ne semble pas placer ses espoirs dans leurs promesses. Après avoir subi de nombreuses guerres et récessions, les gens o...nt enfin compris plusieurs choses : il n'existe pas de liberté économique ; la liberté politique n'est qu'une façade ; et il n'y a pas non plus d'égalité économique. Le système démocratique s'est éloigné de ses fondamentaux et il est devenu malgré lui un accessoire pour les jeux d'argent "très spéciaux". Si l'on dit que l'essence de la liberté est le pouvoir du peuple de choisir, la route vers le futur gouvernement mondial n'emprunte alors qu'une seule direction, et l'élite mondiale l'a déjà choisie pour lui."
Hongbing Song, La guerre des monnaies (2013)


La danse avec le diable, Günther Schwab (1964)
La danse avec le diable, Günther Schwab (1964)

 

Günther Schwab donne la parole au Diable en personne dans "La danse avec le Diable" (1958), pour parler du Progrès  :

 

 « - J’ai forgé l’idée du progrès tout-puissant et l’ai diffusée parmi les humains. Je leur ai enseigné à louer le progrès et à fonder sur lui tous leurs plans et toutes leurs réflexions. Je les ai entraînés à mépriser ce qui est éternel, à sourire de ce qui est calme et pondéré, à dédaigner ce qui est au-dessus du temps, stable et immuable, je les ai poussés à se moquer de ce qui mûrit lentement en une évolution riche de sens. J’ai semé dans l’être humain le besoin hystérique de la dernière nouveauté.
Un contradicteur rétorque au Diable que le progrès a fait de l’homme un être digne de ce nom. Lui, s’attache aux faits :
- Les pays civilisés ce sont ceux où l’on rencontre le plus fort pourcentage de suicides, de dépressions nerveuses, ceux où il y a le plus d’hôpitaux et le plus d’asiles psychiatriques. Ce qui tend à prouver que le système nerveux de l’individu n’est plus à la mesure des exigences de votre monde artificiel et mécanisé. »


 

Sionisme contre assimilation

 

« L'ennemi principal, pour les dirigeants sionistes c'est l'assimilation. Ils rejoignent en ceci la préoccupation fondamentale de tout racisme, y compris hitlérien : la pureté du sang. C'est pourquoi, en fonction même de l'antisémitisme systématique qui les animait jusqu'à poursuivre le dessein monstrueux de chasser tous les juifs d'Allemagne puis d'Europe lorsqu'ils en furent les maîtres, les nazis considéraient les sionistes comme des interlocuteurs valables puisqu'ils servaient ce dessein. De cette collusion existent les preuves. La Fédération sioniste d'Allemagne adresse au parti nazi le 21 juin 1933, un mémorandum déclarant notamment :

"Dans la fondation du nouvel Etat, qui a proclamé le principe de la race, nous souhaitons adapter notre communauté à ces nouvelles structures... notre connaissance de la nationalité juive nous permet d'établir des relations claires et sincères avec le peuple allemand et ses réalités nationales et raciales. Précisément parce que nous ne voulons pas sous-estimer ces principes fondamentaux, parce que nous aussi nous sommes contre les mariages mixtes, et pour le maintien de la pureté du groupe juif... Les Juifs conscients de leur identité, au nom desquels nous parlons, peuvent trouver place dans la structure de l'Etat allemand, car ils sont libérés du ressentiment que les Juifs assimilés doivent éprouver; ... nous croyons en la possibilité de relations loyales entre les Juifs conscients de leur communauté et l'Etat allemand. Pour atteindre ses objectifs pratiques, le sionisme espère être capable de collaborer même avec un gouvernement fondamentalement hostile aux Juifs... La réalisation du sionisme n'est gênée que par le ressentiment des Juifs à l'extérieur, contre l'orientation allemande actuelle. La propagande pour le boycott - actuellement dirigée contre l'Allemagne - est, par essence, non sioniste..." »
 Source : Lucy Dawidowicz, A Holocaust Reader (1976), p. 155.


La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2014)
La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2014)

 

La tromperie de la "main invisible"

 

« Adam Smith, que nous sommes sensé vénérer mais pas lire, postulait déjà que la sympathie était la valeur humaine centrale, et qu'il fallait donc organiser la société de façon à satisfaire cet élan naturel des êtres humains pour la sympathie, le soutien mutuel.

En fait, son argument crucial en faveur des marchés était là : dans des conditions de liberté parfaite, ils conduiraient à l'égalité parfaite. La célèbre expression de Smith "la main invisible", que tout le monde utilise totalement de travers, n'apparaît qu'une seule fois dans La Richesse des nations, et c'est dans le contexte d'un raisonnement contre ce que nous appelons aujourd'hui le néolibéralisme. Smith dit que, si les industriels et les investisseurs anglais importaient de l'étranger et investissaient outre-mer plutôt que chez eux, ce serait nuisible à l'Angleterre. Autrement dit, s'ils suivaient ce que nous appelons aujourd'hui les principes d'Adam Smith, ce serait nuisible à l'Angleterre. Mais, poursuit-il, il n'y a aucune raison de redouter ce scénario, car " à égalité de profits ou à peu près, tout marchand en gros préfèrera, individuellement, utiliser des biens produits sur le territoire national et investir dans son pays. Ainsi, comme s'il était "conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions", il conjurera la menace de ce qu'on appelle aujourd'hui le néolibéralisme.

L'économiste David Ricardo a avancé un argument tout à fait semblable. Smith et Ricardo avaient tous deux compris qu'aucune de leurs théories ne fonctionnerait s'il y avait libre circulation et libre investissement des capitaux. »
Noam Chomsky, La doctrine des bonnes intentions (2003)


Kou l'ahuri, Jacques Duboin (1934)
Kou l'ahuri, Jacques Duboin (1934)

 

La machine ou les hommes

 

« J'ai visité le barrage de Sarrans, dans la Creuse où 450000 mètres cubes de terre et de cailloux viennent d'être déplacés sans avoir été effleurés par une seule main d'homme. Quelques ouvriers seulement, installés dans des cabines de commande, ont assuré ce gigantesque travail. Mais dès que cette œuvre de Titans va être achevée, le lac emprisonné se transformera, lui-même, en une force astronomique qui filera, en moins d'un millième de secondes, là où son travail viendra relever les muscles des hommes. Ce courant fractionné, coupé, raccordé, esclave d'un réseau follement enchevêtré, ira s'offrir pour être utilisé à l'illumination des villes, des chaumières. Il servira aussi à actionner les turbines, à mouvoir les machines-outils. Il se faufilera partout et fera marcher des petits moteurs domestiques et même l'aiguille de la machine à coudre ;  il traira les vaches et fera le beurre ; il écorchera le sol en profonds sillons ; il  écrasera des tonnes de raisins, de pommes ; il moudra la farine ; il sciera le bois ; il hissera le foin dans la grange... et les hommes se croiseront les bras. Mais comme ils ne peuvent actuellement consommer que dans la mesure où ils travaillent..., alors ils ne te paieront plus, ô puissant consortium de l'électricité ! »

Black list, Kristina Borjesson (2006)
Black list, Kristina Borjesson (2006)


Putsch de la cocaïne


"Le 17 juillet 1980, des narcotrafiquants prennent le pouvoir en Bolivie. C'est "le putch de la cocaïne". A cette époque ce pays fournit pratiquement 100% de la cocaïne qui pénètre aux Etats-Unis. A l'occasion de ce coup d'Etat, le plus sanglant de l'histoire du pays, des mercenaires et des "narcos" recrutés par la CIA (et surnommés "les anges de la mort") renversent la présidente démocratiquement élue, Lidia Gueiler (une "gauchiste" selon la CIA), que Washington ne veut pas voir à la tête du pays. Arrivés au pouvoir, les "narcos" profitent de l'occasion pour liquider leurs concurrents, ainsi que tous les informateurs présumés de la DEA. Ils intensifient la culture de la coca, afin de satisfaire la hausse vertigineuse de la demande américaine. Pour mener à bien leur projet, ils créent une organisation tentaculaire, bientôt surnommée La Corporacion, qui n'est rien moins que "l'Opep de la cocaïne".

Au lendemain du coup d'Etat, la production de cette drogue progresse dans des proportions spectaculaires, au point de bientôt dépasser la demande. Les prix baissent, les Etats-Unis ont le nez dans la coke, et bientôt c'est le crack qui déboule dans les quartiers populaires. Le 17 juillet 1980 marque un jour noir dans l'histoire des Etats-Unis : peu d'évènements, en effet, lui ont infligés des dégâts aussi profonds et durables que le putsch des "narcos" boliviens."


Osons dire la vérité à l'Afrique, Bernard Lugan (2015)
Osons dire la vérité à l'Afrique, Bernard Lugan (2015)


Afrique et immigration choisie

 

"En 2008, le président sénégalais Abdoulaye Wade s'insurgea contre l'idée d'"immigration choisie", qu'il qualifia de "pillage des élites des pays en voie de développement", ajoutant "ce n'est pas honnête de vouloir prendre nos meilleurs fils". Le président Wade faisait ainsi fort justement allusion à un véritable scandale, une honte même, dont l'exemple le plus inacceptable est celui des médecins ; en 2008, le Center for Global Development chiffrait ainsi à 135 000 les personnels médicaux africains exerçant hors d'Afrique. L'illustration de ce scandale a été donnée le 26 novembre 2014, quand, compte tenu de l'absence de médecins africains sur place, pour tenter d'enrayer la propagation du virus Ebola, la Commission européenne proposa de mobiliser 5000 médecins européens. Le commissaire à l'Aide humanitaire, M. Andriukaitis déclara ainsi qu'il avait "appelé les ministres des quatorze Etats membres pour les exhorter à envoyer plus de personnel médical dans les pays frappés par Ebola".

Histoire des Banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)
Histoire des Banques centrales, Stephen Mitford Goodson (2015)


La Banque du Dakota du Nord

 

"En 1919, les 48 états des Etats-Unis se virent offrir l'opportunité de mettre en place leur propre banque d'Etat. Le Dakota du Nord fut le SEUL Etat à accepter cette offre.

Contrairement aux 49 autres Etats qui souffrent d'un taux de chômage toujours croissant, celui du Dakota du Nord a baissé et est actuellement le plus bas du pays, à 2,7%. L'Etat est également celui qui détient le taux de faillite d'entreprise le plus bas des Etats-Unis.

En septembre 2012, le Dakota du Nord dégageait un surplus budgétaire de 1,6 milliards de dollars.

Le secret de son succès réside dans sa banque d'Etat. La mission de la banque est de fournir un service financier qui soutient l'agriculture, le commerce et l'industrie. Selon la loi, l'Etat doit déposer tous ses fonds auprès de la banque, qui lui paie un taux d'intérêt compétitif.

La banque reverse à l'Etat l'intégralité de ses profits, lesquels en 2011 se montèrent à 60 millions de dollars. Plus de 460 millions de dollars ont été versés à l'Etat sur les 11 dernières années. La plupart de ces fonds sont utilisés pour compenser les réductions d'impôts. La banque fournit également un marché secondaire pour les emprunts immobiliers, des garanties aux nouvelles entreprises et des crédits aux fermiers à un taux d'intérêt d'1% par an. Le Dakota du Nord n'a pas connu de crise du crédit ni de gel des crédits, car la banque fournit à l'Etat son propre crédit.

En ayant établi sa propre souveraineté économique, le Dakota du Nord est devenu l'Etat le plus prospère et financièrement viable de tous les Etats-Unis."

 

La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2004)
La doctrine des bonnes intentions, Noam Chomsky (2004)

 

Propagande

 

"En 1933 l'universitaire wilsonien libéral et progressiste Harold Lasswell, fondateur d'une bonne partie de la science politique moderne, a rédigé l'article de l'Encyclopedia of the Social Sciences intitulé "Propagande". On employait ouvertement le mot à l'époque, il n'était pas encore associé aux nazis. Aujourd'hui, on recourt à divers euphémismes. Le message de Lasswell était clair : nous ne devons pas succomber au "dogmatisme démocratique qui prétend que les hommes sont les meilleurs juges de leurs intérêts". Ils ne le sont pas, ce sont les élites. Puisque les gens sont trop stupides et ignorants pour comprendre leurs intérêts véritables, nous avons le devoir - parce que nous sommes animés d'un profond souci humanitaire - de les marginaliser et de les contrôler, pour leur bien. Et le meilleur moyen de le faire, c'est par la propagande. Il n'y a rien de négatif dans la propagande, expliquait Lasswell. Elle est aussi neutre qu'une poignée de porte. Elle peut servir au bien comme au mal. Et puisque nous sommes des esprits nobles, des gens merveilleux, nous allons l'utiliser pour le bien, pour garantir que les masses ignorantes et stupides resteront marginalisées, n'auront aucune capacité de décision.

On trouve à peu près la même pensée dans les théories léninistes. Les nazis aussi ont repris ces idées. Si on lit Mein Kampf, on voit à quel point Hitler était impressionné par la propagande anglo-américaine. Il soutenait, non sans raison, que c'était elle qui avait gagné la Première Guerre mondiale, et jurait que la prochaine fois les Allemands seraient prêts aussi - qu'ils auraient leur propre système de propagande, modelé sur celui des démocraties. Depuis, bien d'autres s'y sont essayés. Mais les Etats-Unis restent à la pointe, parce qu'ils ont la société la plus "libre", où il est donc beaucoup plus important de contrôler les mentalités et les opinions."



« Jésus-Christ osa s'opposer aux "changeurs de monnaie", et pour cela, il fut assassiné. Aussi longtemps que le Christ limitait son enseignement au domaine de la morale et de la justice, il ne fut pas dérangé; il ne le fut pas jusqu'à ce qu'il s'en prît au système économique établi et renversât les tables des changeurs, c'est à cause de cela qu'il fut condamné. Jésus a accusé « les changeurs de monnaie» d'avoir transformé le Temple en « une caverne de voleurs». (...) Le lendemain de sa contestation du système monétaire, il fut interrogé. Le jour suivant il fut trahi, jugé le jour d'après et le quatrième jour, il fut exécuté. »

  Frederick Raphael Burch, The True Function of Money & the False Foundation of Our Banking System Bank, (1923)

 

Deux poids, deux mesures

 

« Archétype du massacre du XXIe siècle, le conflit du Darfour a été si efficacement présenté comme un « génocide » que dans son rapport de décembre 2008, la Genocide Prevention Task Force désignait le « prodigieux niveau d’engagement public dans la crise du Darfour » comme la meilleur des recettes pour « s’assurer un soutien unanime et permanent pour la prévention des génocides et des atrocités de masse » - en d’autres termes, la manière dont l’establishment américain a géré la crise du Soudan devrait servir de modèle pour montrer la meilleur façon de médiatiser un conflit estampillé d’office comme « génocide » afin de mobiliser l’élite et l’opinion publique en faveur d’une intervention militaire contre l’Etat incriminé.

Pourtant, durant seulement le double d’années, une crise que les chercheurs les plus renommés dans ce domaine appelèrent «  le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondial » faisait près de 20 fois plus de morts en République démocratique du Congo (RDC), soit environ 5,5 millions entre août 1998 et avril 2007. Mais le Congo n’est pas un pays musulman et les pays qui l’exploitent sont les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, et d’autres Etats africains alliés des grandes puissances occidentales (en particulier le Rwanda et l’Ouganda). De fait, c’est bien ce nombre infiniment plus grand de victimes congolaises qui pendant plus de dix ans est resté délibérément ignoré, tandis qu’à peine plus au nord, le Darfour devenait une « cause célèbre en Amérique » avec d’avantage d’ONG, de célébrités, d’étudiants, entre autres activités mobilisées sur Internet, et de tourisme compassionnel s’apitoyant sur le sort du Darfour, qu’il n’y en eut jamais pour aucune crise similaire de notre époque. Pour les deux auteurs américains, Steven Fake, et Kevin Funk, à l’inverse des « efforts déployés pour mettre un terme aux catastrophe humanitaires soutenues par l’Occident, comme le bain de sang irakien ou l’occupation israélienne, qui n’attirent ni le soutien financier des multinationales ni les serments compatissant du Bureau ovale », la mobilisation pour le Darfour ne cesse de croître parce qu’elle est puissamment enracinée dans des idéaux bénéfiques à l’establishment, comme une certaine «  pureté des armes » occidentales, qui dédaigne la recherche de solutions négociées et penche ouvertement pour le langage de la force, et en l’occurrence le recours à la force d’occidentaux bienveillants et autodésignés pour protéger des victimes noires de leurs agresseurs arabes et musulmans ». Au vu de telles variables, la campagne pour mettre fin au monumental bain de sang congolais peut attendre et le sang peut toujours couler à flot en Irak, en Afghanistan, au Pakistan ou en Palestine, avec d’autant moins d’interruptions. »
Extrait du livre "Génocide et propagande" d'Edward S. Herman et David Peterson (2012)


 

Qui derrière l'U.E ?

 

"Dès 1962, les milieux politiques influents dans l'administration Kennedy avaient proposé une alternative à l'affirmation d'une Europe indépendante incarnée par la collaboration grandissante entre l'Allemagne d'Adenauer et la France du Général De Gaulle.

Un groupe de conseillers politiques, provenant de l'administration américaine et de la CIA, formulèrent une contre-proposition à la vision franco-germanique d'une Europe forte et indépendante. Ils l'appelèrent leur "Grand projet atlantiste".

Avec une rhétorique chaleureuse favorable à l'Europe de Jean Monnet, l'essence de la politique de Washington consistait à ouvrir le nouveau marché commun aux importations américaines et à l'arrimer fermement à l'alliance militaire de l'OTAN dans laquelle les voix américaines et britanniques prédominaient. Le plan de Washington impliquait aussi un soutien à la candidature britannique au marché commun des six nations, une manœuvre à laquelle De Gaulle avait de très bonnes raisons de s'opposer avec intransigeance.

A l'époque de la rencontre de janvier 1963 entre De Gaulle et Adenauer, la politique d'opposition de Washington coordonnée avec celle de la Grande-Bretagne était pleinement opérationnelle. Le Département d'Etat de Kennedy montrait son extrême déplaisir face à l'accord franco-allemand.

L'ambassade américaine à Bonn avait reçu des instructions pour exercer un minimum de pression sur certains parlementaires allemands.

Le 24 avril 1963, deux jours avant la lecture officielle du traité franco-allemand au Bundestag, Ludwig Erhard, ferme opposant à De Gaulle et atlantiste avéré favorable à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun, fut élu pour succéder à Adenauer. La ratification de l'accord franco-allemand, qui devait être le point culminant de tout le projet politique de la vie d'Adenauer, lui fut confisqué au dernier moment par les intérêts anglo-américains.

A la suite de quoi le contenu de l'accord, bien que formellement ratifié, resta lettre morte. Le chancelier Erhard présida inefficacement un parti divisé. En juillet 1964, De Gaulle lui-même, interrogé par la presse sur le progrès de l'accord franco-allemand, dépeignit l'état maussade des relations entre les deux pays. "On ne peut pas dire", déclara De Gaulle avec amertume à propos de ses relations avec le successeur d'Adenauer, "que l'Allemagne et la France se soient accordées pour une politique commune et on ne peut contester que cela résulte du fait que Bonn n'a pas cru, jusqu'à présent, que cette politique devait être européenne et indépendante."

Les milieux influents de Londres et de Washington avaient ainsi réussi à bloquer provisoirement la perspective, dangereuse pour eux, d'une Europe continentale puissante et indépendante des desseins anglo-américains. L'Allemagne "occupée" d'après-guerre, qui était le maillon faible de l'Europe, avait été provisoirement brisée. Comme dans les années d'avant 1914, la stratégie britannique "d'équilibre des forces" contre l'Europe continentale n'avait pas changé. Cette fois, la Grande-Bretagne avait rétabli son "équilibre" grâce à l'arme déléguée du département d'Etat américain. Il restait désormais aux Anglo-Américains à traiter directement du cas De Gaulle. Cela ne devait pas être simple."


Le meilleur des mondes, Aldous Huxley (1932)
Le meilleur des mondes, Aldous Huxley (1932)


"Si l'on faisait en sorte que les enfants se missent à hurler à la vue d'une rose, c'était pour des raisons de haute politique économique. Il n'y a pas si longtemps, on avait conditionné les Gammas, les Deltas, voire les Epsilons, à aimer les fleurs - les fleurs en particulier et la nature sauvage en général. Le but visé, c'était de faire naître en eux le désir d'aller à la campagne chaque fois que l'occasion s'en présentait, et de les obliger ainsi à consommer du transport.

- Et ne consommaient-ils pas de transport ? demanda l'étudiant.

- Si, et même en assez grande quantité, mais rien de plus. les primevères et les paysages ont un défaut grave ; ils sont gratuits. L'amour de la nature ne fournit de travail à nulle usine. On décida d'abolir l'amour de la nature, du moins parmi les bases clases, mais non point la tendance à consommer du transport. Car il était essentiel, bien entendu, qu'on continuât à aller à la campagne, même si l'on avait cela en horreur. Le problème consistait à trouver à la consommation du transport une raison économiquement mieux fondée qu'une simple affection pour les primevères et les paysages. Elle fut dûment découverte. Nous conditionnons les masses à détester la campagne, mais simultanément nous les conditionnons à raffoler de tous les sports en plein air. En même temps, nous faisons le nécessaire pour que tous les sports de plein air entraînent l'emploi d'appareils compliqués. De sorte qu'on consomme des articles manufacturés, aussi bien que du transport."


Fractures françaises, Christophe Guilluy (2010)
Fractures françaises, Christophe Guilluy (2010)

 

Du social au sociétal

     

"Laboratoire sociologique et idéologique, les grandes métropoles montrent leur capacité à gérer une société de plus en plus inégalitaire en substituant la question ethnoculturelle à la question sociale. Cette opération vise à désamorcer par avance tout conflit de classes, potentiellement très coûteux. Paradoxalement, dans ce système, les inégalités socioculturelles favorisent la cohabitation. Les différences de classes entre couches populaires immigrées et catégories supérieures disparaissent, tandis que les différences culturelles sont valorisées. La diversité culturelle des grandes métropoles participe ainsi à un efficace brouillage de classe qui permet aux couches supérieures urbaines de maintenir leur domination. On comprend dans ce contexte l'attachement de plus en plus marqué des classes dominantes des pays développés à une diversité qui rend acceptable les inégalités en faisant disparaître toute concurrence. la lutte des classes pour l'égalité sociale laisse ainsi la place à un combat pour la diversité et à une légitimation de l'inégalité. On comprend donc que, dans les métropoles, l'immigration soit majoritairement perçue comme un processus positif. Elle empêche toute résurgence du conflit de classes, assure la pérennité d'un système de plus en plus inégalitaire socialement pour un cout relativement modeste en comparaison des bénéfices tirés de la mondialisation économique.

Débarrassé d'une "question sociale", aujourd'hui délocalisée dans les espaces périurbains et ruraux où se concentrent désormais la majorité des ouvriers et des employés, le champ politique des métropoles s'avère particulièrement apaisé. Les débats politiques se focalisent sur les sujets de société où les socialistes et les verts excellent. Des majorités vertes et roses se sont ainsi constituées dans la plupart des grandes métropoles et confirment le choix d'une "gestion sociétale" de la ville inégalitaire."


 

Vomir le capitalisme

 

"Aussi longtemps que le peuple mordra à l'appât en sacrifiant au culte de veau d'or, il devra payer par un travail de plus en plus aliénant, des achats de plus en plus coûteux, de moins en moins utiles, de plus en plus décevants. Il faut avoir le courage de lui dire : halte, cela suffit. Dans votre intérêt, mais aussi dans celui des autres qui se refusent à mener vitre vie, mais que vous empoisonnez avec votre béton, vos autoroutes, vos jérémiades, tout un système que vous n'avez pas créé, dont vous êtes les victimes, mais dont vous risquez de devenir les complices. Et ne croyez pas qu'il existe des faux-fuyants. On ne vous demande pas de faire vœu de pauvreté, mais de refuser cette prétendue consommation pour briser l'engrenage. Alors, ayant changé de vie, donc de mentalité, vous en viendrez à lutter contre le système pour un vrai bonheur qui ne sera pas fondé sur un bien-être matériel exclusif et illusoire. Mais aussi longtemps que vous n'aurez pas changé votre fusil d'épaule, vous ne ferez que vous débattre et vous épuiser dans la nasse. le capitalisme vous tient par un leurre. Il ne fallait pas l'avaler. Mais puisque le mal est fait, il est encore temps, pas pour longtemps d'ailleurs, de le vomir."



 

Qatar et terrorisme

 

« HBJ [Hamad ben Jassem Al-Thani, Premier ministre du Qatar et ministre des affaires étrangères jusqu’en juin 2013] a transformé Doha en station de repos pour la plupart des extrémistes du globe. La seule condition d'admission est d'être islamiste. Outre un bureau de représentation des Talibans, on trouve le Front islamique du salut algérien, plusieurs branches de fous de Dieu Tchétchènes, des Syriens intégristes, et la liste de ces avatars est sans limite. Vladimir Poutine est le seul à mal digérer cet œcuménisme. Enragé de savoir que l'ancien président tchétchène, le terroriste islamiste Zelimkan Iandarbiev, a ouvert une antenne à Doha, le patron du Kremlin envoie une équipe du FSB, le successeur du KGB, pour lui régler son compte [le 13 février 2004]. A l'heure du repas, une explosion met fin à la vie de ce saint homme. La fumée de la dynamite dissipée, deux agents de Poutine sont rattrapés par une patrouille : à Doha la police est rapide, elle roule en Porsche ou en Lamborghini. Quelques temps plus tard, imprudent, HBJ laisse partir pour Moscou une équipe sportive qui doit représenter le Qatar. Bien informé, Poutine lui-même téléphone à HBJ : "Si vous voulez retrouver votre équipe au complet, relâchez nos deux  Russes !" Et Doha a docilement laissé filer les exécuteurs du Tchétchène. »


Le vilain petit Qatar, N. Beau et J-M Bourget (2013).




Arabie Saoudite, origines

 

« La Grande-Bretagne d’abord et les Etats-Unis ensuite ont apporté tout leur soutien à l’Arabie saoudite et à la vision rétrograde de l’islam que ce pays défend : le wahhabisme. Une attention toute particulière a été portée à ce courant religieux dès sa création au 18è siècle par le religieux Mohammed ben Abdelwahhab, lui-même soutenu par Mohammed Ibn Saoud, un prince de la péninsule arabique. Avec ces deux familles, l’une porteuse d’un nouveau coura...nt musulman, l’autre avide de pouvoir, Londres voyait une belle occasion d’affaiblir l’Empire ottoman en y créant des divisions.
C’est ainsi qu’au début du 19e siècle, Abdulah Ibn Saoud et le petit-fils d’Abdelwahhab tentèrent un soulèvement. Accusant les chiites de diviniser Ali, quatrième calife et gendre du prophète Muhammad, les deux compères allèrent jusqu’à détruire les sanctuaires de Kerbala, de la Mecque et de Médine. L’Empire Ottoman dépêcha alors les troupes du Pacha d’Egypte, Mohammed Ali, qui écrasa le soulèvement. Abdelwahhab et Saoud furent arrêtés et condamnés à mort. Leurs corps furent exposés au bout d’une potence durant plusieurs jours. Mohammed Ali refusa ensuite qu’on les enterre, avançant que les corps de ces deux agitateurs contamineraient la terre sainte de l’islam. Ils ont donc été découpés en morceaux puis jetés à la mer. Voilà l’origine des Saoud ! »
Extrait du livre "Jihad made in USA" de Mohammed Hassan (2014)



La propagande d'Hollywood et de la presse américaine

 

Pour faire accepter à l'opinion publique que les USA entrent en guerre, dans le même camps que les communistes soviétiques, contre l'Allemagne Nazie, il fallut le concours de la presse et d'Hollywood :

"Les soviétiques furent l'objet d'une métamorphose tout aussi remarquable, en passant de bolcheviks "sans-dieu" à d'héroïques patriotes "russes". Hollywood, qui n'avait manifesté que peu d'intérêt et encore moins de sympathie pour l'Union soviétique avant la guerre, donna le ton - de toute évidence à la suite d'un signal donné par Washington - avec des films pro-soviétiques tels que Mission à Moscou, L'étoile du nord et La chanson de Russie. Les magazines populaires américains comme Life, le Saturday Evening Post et le Reader's Digest, qui avaient auparavant diffusé avec enthousiasme de la propagande anti-communiste et anti-soviétique et qui le feront à nouveau après la guerre comme l'écrivent les historiens Clayton R. Koppes et Gregory D. Black, et publièrent des articles pro-soviétiques de leur cru. Les habitants du lointain "paradis des travailleurs", jusque-là décrits des spécimens résolument sinistres, étaient désormais présentés comme des gens braves, diligents, modestes et décents qui, comme le prétendait Life en 1943, "ressemblent aux Américains, s'habillent comme les américains et pensent comme les Américains". Staline devint même la coqueluche des magazines américains qui, pour ainsi dire, l'adoptèrent dans la grande famille américaine sous le nom d'"Oncle Joseph". Des photos flatteuses de Staline furent publiées en couverture des magazines et en 1943, Time le proclama "l'homme de l'année"."


Les secrets de la monnaie, Gérard Foucher (2012)
Les secrets de la monnaie, Gérard Foucher (2012)


Les secrets du FMI


" La conscience populaire croit, et c'est bien ce que les éléments de communication externe du FMI tendent à laisser croire, que le FMI est un centre de regroupement de fonds destinés à être prêtés aux pays en difficulté. Les Etats se cotisent, en quelque sorte, pour constituer un genre de pot commun, où chacun pourra puiser en cas de besoin. C'est une belle légende, qui correspond à une vision très généreuse de la finance internationale. Mais ce n'est pas du tout comme ça que ça marche.

En fait, le FMI fonctionne exactement comme s'il était soumis au régime de réserve fractionnaire : les fonds que versent les Etats sous forme de "cotisation" ne sont jamais utilisés, ils servent seulement de garantie aux montants de monnaie qui peuvent être crées. Résultat, quand le FMI "prête" de l'argent au Burkina Faso ou à la Grèce, c'est comme vous quand vous achetez votre appartement. Hop, une ligne d'écriture dur l'ordinateur, et le Burkina Faso est endetté pour trente ans, avec de l'argent qui n'existait pas avant, et qu'il va devoir rembourser le double ou plus. Rembourser avec quoi ? Ce qu'il veut, peu importe : travail, ressources, services publics, richesses du sous-sol, terrains, édifices, monuments, ports, aéroports. Tout ce qui rapporte. Le système est un gigantesque aspirateur. Un trou noir.

Résumons :

1. La Banque Mondiale crée des reconnaissances de dettes (obligations).

2. Les banques commerciales prennent ces obligations en gage et créent de l'argent en contrepartie pour les acheter.

3. l'argent nouveau rentre dans les caisses de la Banque Mondiale.

 

Le prêt est consenti sous réserve que l'utilisation de l'argent soit connue et vérifiée, mais en plus, attention, la destination de l'investissement est obligatoire, imposée par le créancier. Vous êtes grec ou burkinabé et vous voulez investir dans le bonheur et le bien-être de votre peuple, construire des écoles, implanter des puits dans les villages, acquérir des outils de culture maraîchère ? Débrouillez-vous ! Pas de prêt pour ça, désolé. Non, les prêteurs vous imposent bien autre chose, car il n'est pas question que cet argent créé de toutes pièces serve à autre chose qu'à enrichir le financier, pour ne pas dire l'usurier.

Les fonds accordés le sont seulement à une condition : que les montants soient redépensés au profit exclusif des créanciers ! Un pays pauvre ou appauvri ne peut emprunter au FMI que si, et seulement si, il s'engage en même temps à acheter des biens ou des services aux pays qui lui ont prêté ! "
Extrait du brillant ouvrage "Les secrets de la monnaie" de Gérard Foucher (2012)


Les confessions d'un assassin financier, John Perkins
Les confessions d'un assassin financier, John Perkins


Assassin financier

 

"C'est ce que les assassins financiers font le mieux : construire un empire global. Ils constituent un groupe d'élite d'hommes et de femmes qui utilisent les organisations financières internationales pour créer les conditions permettant d'assujettir d'autres nations à la corporatocratie formée par nos plus grandes compagnies, notre gouvernement et nos banques. Comme leurs homologues de la Mafia, les assassins financiers accordent des faveurs. Lesquelles ? Des prêt pour développer les infrastructures : centrales électriques, autoroutes, ports, aéroports ou zones industrielles. Ces prêts sont octroyés à la condition suivante : ce sont des compagnies d'ingénierie et de construction américaines qui doivent réaliser tous ces projets. On peut donc dire qu'en réalité l'argent ne qui jamais les Etats-Unis, mais qu'il est simplement transféré des banques de Washington aux compagnies d'ingénierie de New-York, Houston ou San Francisco.

Bien que l'argent retourne presque immédiatement aux compagnies membres de la corporatocratie (le créancier), le pays récipiendaire doit tout rembourser, capital et intérêts. Si l'assassin financier a bien travaillé, les prêts sont si élevés que le débiteur faillit à ses engagements au bout de quelques années. Alors, tout comme la Mafia, nous réclamons notre dû, sous l'une ou l'autre des formes suivantes : le contrôle des votes aux Nations Unies, l'installation de bases militaires ou l'accès à de précieuses ressources comme le pétrole ou le canal de Panama. Evidemment, le débiteur nous doit encore l'argent... et voilà donc un autre pays qui s'ajoute à notre empire globale."

Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)
Le mythe de la bonne guerre, Jacques R. Pauwels (2000)

 

Les affaires d'abord !

 

"Une semaine après Pearl Harbor, le président Roosevelt adopta discrètement une mesure permettant aux entreprises américaines, moyennant une autorisation spéciale, d'avoir des relations d'affaires avec les pays ennemis ou avec des pays neutres, amis des pays ennemis. Cet ordre exécutif contrevenait évidemment aux lois, prétendument très strictes, contre toutes formes de "relations commerciales avec l'ennemi" et contraste fortement avec la manière dont des lois similaires sont appliquées aujourd'hui encore, par exemple en ce qui concerne Cuba : les citoyens américains ne peuvent même pas faire entrer aux Etats-Unis des cigares de La Havane achetés au Canada."

 


L'entraide, Pierre Kropotkine (1902)
L'entraide, Pierre Kropotkine (1902)


Entraide

 

"Aujourd'hui on considère comme suffisant de donner à son voisin l'adresse de l'hôpital public le plus proche. Dans la société barbare, le seul fait d'assister à un combat entre deux hommes, survenu à la suite d'une querelle, et de ne pas empêcher qu'il ait une issue fatale, exposait à des poursuites comme meurtrier ; mais avec la théorie de l'Etat protecteur de tous, le spectateur n'a pas besoin de s'en mêler : c'est à l'argent de la police d'intervenir, ou non. Et tandis qu'en pays sauvage, chez les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appelé à haute voix trois fois pour demander s'il n'y a personne qui désire partager votre nourriture, tout ce qu'un citoyen respectable doit faire aujourd'hui est de payer l'impôt et de laisser les affamés s'arranger comme ils peuvent. Aussi la théorie, selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris des besoins des autres, triomphe-t-elle aujourd'hui sur toute la ligne. C'est la religion du jour, et douter de son efficacité c'est être un dangereux utopiste. La science proclame hautement que la lutte de chacun contre tous est le principe dominant de la nature, ainsi que des sociétés humaines."

 


L'empire du moindre mal, Jean-claude Michéa (2007)
L'empire du moindre mal, Jean-claude Michéa (2007)


Novlangue

 

"Dans le figaro magazine de 6 janvier 2007, Alain-Gérard Slama écrit que "les deux valeurs cardinales sur lesquelles repose la démocratie sont la liberté et la croissance". C'est une définition parfaite du libéralisme. A ceci près, bien sûr, que l'auteur prend soin d'appeler "démocratie" ce qui n'est en réalité que le système libéral, afin de se plier aux exigences définies par "les ateliers sémantiques" modernes (on sait ainsi qu'aux Etats-Unis on désigne les officines chargées d'imposer au grand public, à travers le contrôle des médias, l'usage des mots le plus conforme aux besoins des classes dirigeantes). Ce tour de passe-passe, devenu habituel, autorise naturellement toute une série de décalages très utiles. Si, en effet, le mot "démocratie" doit être, à présent, affecté à la seule définition du libéralisme, il faut nécessairement un terme nouveau pour désigner ce "gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple" où chacun  voyait encore, il y a peu, l'essence même de la démocratie. Ce nouveau terme, choisi par les ateliers sémantiques, sera celui de "populisme". Il suffit, dès lors, d'assimiler le populisme (au mépris de toute connaissance historique élémentaire) à une variante perverse du fascisme classique, pour que tous les effets désirables s'enchaînent avec une facilité déconcertante. Si l'idée vous vient, par exemple, que le Peuple devrait être consulté sur tel ou tel problème qui engage son destin, ou bien si vous estimez que les revenus des grands prédateurs du monde des affaires sont réellement indécents, quelque chose en vous doit vous avertir immédiatement que vous êtes en train de basculer dans le "populisme" le plus trouble et par conséquent, que la "bête immonde" approche de vous à grands pas. En "citoyen" bien élevé (par l'industrie médiatique), vous savez alors aussitôt ce qu'il vous reste à penser et à faire."

 


Comprendre l'Empire, Alain Soral (2012)
Comprendre l'Empire, Alain Soral (2012)


Gauche - Droite

 

      "Cette confusion de la Gauche et de la Droite vient aussi de la confusion de leur définition. Il y a deux façons de définir la Gauche et la Droite :
Il y a d'abord, historiquement, la définition de la Droite qui nous vient de l'Ancien Régime. Définition qui voit dans la Droite les valeurs positives d'honneur, de morale, de respect des anciens et de la hiérarchie. la Gauche étant alors la destruction de ces valeurs par le libéralisme montant qui débouchera sur la Révolution Française.

Il y a ensuite la définition de la Gauche qui nous vient du Marxisme de la Révolution d'Octobre, pour qui ce qui définit la Gauche et la Droite est le rapport Capital / Travail. Selon cette définition bien comprise, un patron de PME est donc de Gauche, puisque du côté du travail productif ; un actionnaire du MEDEF est de Droite, puisque du côté de la rente, de l'exploitation et du parasitisme. On remarquera au passage que les valeurs de la Révolution Française, formellement de Gauche, puisque fondées sur un égalitarisme abstrait et déclaratif mais pratiquement de Droite, puisque triomphe du Libéralisme montant.

On peut conclure qu'un mouvement populaire qui défend à la fois les valeurs morales et le monde du travail est de Droite selon la première définition et de Gauche selon la seconde.

Il existe une Droite morale qui est, si on y réfléchit bien, l'alliée de la Gauche économique et sociale. Et, à l'inverse, une Gauche amorale qui s'est révélée être la condition idéologique de la Droite économique dans sa version la plus récente et la plus brutale. Un libéralisme-libertaire qui n'est rien d'autre que la Gauche sociétale au service de la Droite d'affaires, afin de détruire à la fois la Gauche sociale et la Droite morale unies par le CNR jusqu'à Mai 68." 


L'être contre l'avoir, Francis Cousin (2012)
L'être contre l'avoir, Francis Cousin (2012)


"Pendant que l'OTAN arme ses bombardiers et prépare des missiles de croisière funèbres, l'émotion occupée de l'opinion publique des pays occidentaux est, elle, massivement préparée médiatiquement à la nécessité morale hollywoodienne de l'intervention militaire pour la défense affermie des droits de l'homme toujours plus marchandisés.

De cette manière, après l'abracadabrante invention des nouveau-nés koweïtiens jetés de leur féeriques couveuse par les forces de Saddam Hussein, après les ahurissants charniers sensationnels de l'ex-Yougoslavie portés au compte des Serbes, après les fabuleuses pilules de Viagra distribuées par Kadhafi à ses troupes pour encourager les viols des opposantes, voici venu le temps mirifique des enfants-boucliers de l'armée syrienne qui vient achever le pont  sensationnel entre les anciennes et nébuleuses armes de destruction massive irakiennes, et les nouvelles et indiscernables menaces nucléaires portées au crédit de l'Iran.

La véritable guerre économique que livre aujourd'hui Washington au reste du monde au travers des conflagrations commerciales, financières, monétaires et militaires en tout lieu développées et orchestrées, ne fait que confirmer le caractère mortel de la crise inhérente au fonctionnement du système capitaliste en entier ; mortel dans le sens où celui-ci pour essayer en vain de s'en sortir ne peut qu'entraîner l'Humanité dans une nouvelle guerre mondialisée, et donc dans un accroissement considérable d'abjection, d'épouvante et de charognes."

Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)
Jihad made in USA, Grégoire Lalieu et Mohamed Hassan (2014)


"Alors que les Tunisiens et les Egyptiens étaient parvenus à faire tomber leurs dictateurs par la seule force des protestations, l'opposition libyenne, par contre, a eu besoin d'un sérieux coup de pouce de l'Otan. Toujours prompte à secourir les peuples en détresse, l'alliance serait intervenue pour empêcher un massacre. Bilan ? Des dizaines de milliers de morts, des villes dévastées et une résolution ("no fly zone") de l'ONU complètement bafouée. Depuis le passage des bombardiers et du fait de l'armement important fourni aux islamistes, la Libye est en proie au chaos. Et les télévisions ne passent plus des images de Libyens en liesse scandant : "One, two, three, thank you Sarkosy ".

Le Bahrein ensuite. Moins médiatisé, le soulèvement populaire qui a défié la dictature des Khalifa n'a pas obtenu les faveurs de chancelleries occidentales. Par contre, L'Arabie Saoudite a envoyé son armée pour aider le roi à réprimer des manifestations totalement pacifiques.

Pas médiatisées du tout, ces monarchies absolues que sont le Qatar et l'Arabie saoudite. On y lapide la femme adultère. On y décapite les travailleurs immigrés après un simulacre de procès. Et personne ne s'étonne que ces pays participent activement à faire triompher "la démocratie" et "les droits de l'homme" dans des pays voisins. Quant à l'Egypte, notre vision idyllique du printemps arabe a pris un sérieux coup avec l'éviction du président démocratiquement élu, Mohamed Morsi. Son successeur, le général Abdel Fattah al-Sissi, a condamné à mort des centaines de partisans de son rival. Silence gêné du côté des gouvernements occidentaux qui, au même moment, condamnaient la répression politique en Syrie.

La Syrie, parlons-en ! Depuis les premières manifestations de 2011, le printemps a déchanté également. Avec un tas de contradictions. On disait que les vaillant héros de la révolution feraient triompher le bien, mais ils mangent des cœurs face caméra et jouent au foot avec la tête de leurs victimes. On disait Bachar el-Assad honni par tout un peuple mais même des réfugiés sunnites, dont les maisons avaient pourtant été bombardées par l'armée syrienne, soutiennent leur alaouite de président. On pensait que le dictateur avait franchi la ligne rouge en utilisant des armes chimiques, et pourtant Obama n'est pas intervenu. On pensait que les Etats-Unis étaient en guerre contre le terrorisme, mais leurs armes tombent étrangement entre les mains...des terroristes. On pensait que pour éliminer notre nouvel ennemi, l'Etat islamque (Daesh), il faudrait le couper de ses rentrées financières. Daesh reste malgré tout une entreprise florissante qui écoule son pétrole jusqu'en Europe."

 

A nos amis, Comité invisible (2014)
A nos amis, Comité invisible (2014)

 

La Terre au centre

 

"La gauche de la gauche, quand on lui demande en quoi consisterait la révolution, s'empresse de répondre : "mettre l'humain au centre". Ce qu'elle ne réalise pas, cette gauche-là, c'est combien le monde est fatigué de l'humain, combien nous sommes fatigués de l'humanité ; cette espèce qui s'est crue le joyau de la création, qui s'est estimé en droit de tout saccager puisque tout lui revenait. "mettre l'humain au centre", c'était le proet occidental. Il a mené où l'on sait. le moment est venu de quitter le navire, de trahir l'espèce. Il n'y a pas de grande famille humaine qui existerait séparément de chacun des mondes, de chacun des univers familiers, de chacune des formes de vie qui parsème la terre. Il n'y a pas d'humanité, il n'y a que des terriens et leurs ennemis ; les Occidentaux de quelque couleur de peau qu'ils soient. Nous autres révolutionnaires, avec notre humanisme atavique, ferions bien de nous aviser des soulèvements ininterrompus des indigènes d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud, ces vingt dernières années. Leur mot d'ordre pourrait être : "Mettre la Terre au centre". C'est une déclaration de guerre à l'Homme. Lui déclarer la guerre, ce pourrait être une bonne façon de le faire revenir sur terre, s'il ne faisait le sourd, comme toujours."

 

Kou l'ahuri, Jacques Duboin (1934)
Kou l'ahuri, Jacques Duboin (1934)

 

Economie de guerre

 

"La gaîté disparut lorsque l'un de nous fit allusion aux intentions de ceux qui proposent de combattre la misère à coups de matraque et de faire cracher du pouvoir d'achat aux mitrailleuses.

- Et la possibilité d'une guerre ? lança un autre par une association d'idées qui nous parut assez naturelle.

Ce fut Adéodat qui répondit. - La guerre ?... Entre les grandes nations industrielles, n'est-ce pas ?... Entre les nations qui viennent d'entrer dans l'ère de l'abondance ?... On se battait autrefois comme des chiens qui n'ont qu'un os à ronger. Va-t-on se battre, demain, parce qu'il y a trop de tout pour tout le monde ? Ma foi, c'est bien possible, puisque les hommes sont aujourd'hui au-dessous des crétins de jadis. Cependant, je ne peux pas le croire. Quel en serait le but ? Le vainqueur ajouterait à ses stocks invendables tous les stocks invendus du vaincu ? Voilà un genre d'opération qui ne devrait pas tenter ceux qui inspirent la politique extérieure. Qu'ils la prépare d'accord, puisque cela leur procure des commandes, mais qu'ils la fasse faire par les copains !... Pourquoi les anciens combattants français et allemands, qui savent ce que c'est, ne s'entendent-ils pas pour l'apprendre aux autres ?

- Moi aussi, je me refuse à croire à la guerre, dis-je à mon tour. Ceux qui y songent sont des bêtes fauves qui n'osent même pas dire leur pensée. Mais je ne dis pas que certains bénéficiaires de la rareté ne seraient pas enchantés qu'une bonne petite épidémie, frappant adroitement au foyer de tous les chômeurs, vienne éliminer gentiment les trente millions de sans-travail, avec leurs femmes, les gosses et les vieux parents à leur charge. C'est leur disparition, soudaine et définitive, qui permettrait une belle déflation massive du budget des dépenses de tous les Etats ! On pourrait alors procéder à de fameux allègements fiscaux ! Quelle reprise !"

  

La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, Pierre Hillard (2013)
La marche irrésistible du nouvel ordre mondial, Pierre Hillard (2013)

 

Mondialisme

 

"Toutes les époques ont eu leur idéologie. Cependant, il en existe une qui surnage et perdure sur le fond d'idéal religieux : le mondialisme. Tout d'abord, il faut distinguer cette idéologie du fait purement historique : la mondialisation. Cette dernière n'exprime que l'exigence d'échanges économiques, culturels, ou encore d'information entre collectivités humaines. Le phénomène a toujours existé. Il n'a fait que prendre une accélération considérable, depuis la révolution industrielle puis de l'informatique, facilitant les échanges et les déplacements. En se projetant dans l'avenir, on peut aisément imaginer la création de colonies humaines sur de nombreuses planètes entraînant des échanges multiples. Il sera alors possible d'évoquer l'existence d'une mondialisation interplanétaire. Il en va autrement avec le mondialisme qui est plus qu'une idéologie ; c'est une mystique. Cette spiritualité globale se caractérise essentiellement par la volonté de soustraire l'autorité politique des Etats au profit d'entités supranationales et de faire disparaître les frontières en faveur d'une "région monde" où l'humanité constituerait une sorte de grande tribu mondiale assujettie, en d'autres termes, la Cité de l'Homme. Cette expression n'est pas une vue de l'esprit. Elle anime les réflexions de nombreux penseurs panthéistes soucieux de porter la lumière de cet idéal. [...]

Ce mondialisme s'est retrouvé dans des courants apparemment aussi divers que le libéralisme et le marxisme. En fait, par des voies différentes et même en entretenant des liens de coopération derrière une façade d'opposition, ces promoteurs ont toujours à l'esprit la disparition des Nations parce que à la base, ce sont des internationalistes. La chute du mur de Berlin a été un accélérateur d'un processus poursuivi depuis longtemps. Il s'agit de créer de grand bloc géo-économiques standardisés européens, nord-américains, sud-américains, asiatiques,...au sein desquels les nations seront broyées et dont la réunion constituera l'armature générale d'une gouvernance mondiale. Comme le rappelle Jacques Attali dans son ouvrage Dictionnaire du XXIème siècle : "Après la mise en place d'institutions continentales européennes, apparaîtra peut-être l'urgente nécessité d'un gouvernement mondial". Ainsi, ces blocs corsetés par la même idéologie et dont les populations auront au préalable les structures mentales alignées sur les critères édictés au sommet accoucheront d'une humanité unie, interchangeable et nomade. Cependant, l'aboutissement de ces ambitions longtemps prophétisées se doivent de passer par des étapes bouleverssant les structures politico-économiques des sociétés, accompagnées de conséquences militaires. Dans ces évènements, la vie humaine comptera peu."

  



Notre "ami" le Qatar est-il Charlie ?


" "Le Qatar ne s'ingère pas dans les affaires du Mali et ne soutient aucune partie contre une autre déclare le ministre des affaires étrangères qatari (HBJ) lors  d'une conférence de presse à Doha le 29 janvier 2013. le Qatar a apporté assistance humanitaire au mali, l'année dernière avec l'aide du Comité international de la Croix-Rouge, et nous avons été accusé de distribuer des armes. Ce sont des fausses allégations, et notre mission n'a été qu'humanitaire."

Vraiment ? Le lendemain, Le Canard enchaîné, relayant les affirmations des services allemands et de militaires français, lâche une nouvelle bombe : "Deux avions gros-porteurs, en mission pour le Croissant-Rouge qatari, ont quitté précipitamment l'aéroport de Gao alors que les troupes militaires françaises se dirigeaient vers cette ville du Nord-Mali." "Ils étaient censés ne plus intervenir pour le moment", précise un membre du CICR - confirmant en creux l'intervention. Malgré la teneur de l'information, rares sont ses relais médiatiques. "L'affaire des deux avions de transport C-130 du Qatar pose la question centrale et récurrente du financement du terrorisme islamiste, de ses filières de recrutement et des camps d'entraînement, insiste Richard Labévière qui rappelle l'âpre bataille que se livrent Riyad et Doha pour le leadership de l'islam radical sunnite."