Frontières

« Le sans-frontiérisme est sympathique, mais pèche par orgueil. La frontière, c’est la modestie : je ne suis pas partout chez moi. J’accepte qu’il y ait de l’autre et pour faire bon accueil à un étranger, il faut avoir une porte à ouvrir et un seuil où se tenir, sinon ce n’est plus un hôte mais un intrus. Un monde sans frontières serait un monde où personne ne pourrait échapper aux exécuteurs de fatwas ou aux kidnappeurs de la CIA. Vous n’auriez plus d’endroit où vous réfugier. »

Régis Debray, le JDD.fr, 13 novembre 2010